GLACE ARTIFICIELLE
Les diverses manipulations qui viennent d’être indiquées exigent quelques précautions, afin de ne pas faire rejaillir sur ses vêtements, et surtout sur son visage, quelques portions du mélange frigorifique, Une seule goutte de ce mélange, composé d'acide sulfurique, qui s'introduirait dans les yeux, pro duirait un effet funeste, et les vêtements qui en seraient atteints seraient brûlés.
Enfin, on devra apporter quelques soins dans le choïx du sulfate de soude, et éviter d'employer celui qui serait effleuri. L'inobservation de cette recommandation a dû contribuer à faire échouer l'opération.
Si on ne voulait pas faire immédiatement usage de la glace, on l’envelopperait avec un morceau d’étoffe de laine, ou avec de la paille, et on la placerait dans le lieu le plus frais dont on pourrait disposer.
Expérience pour faire de la glace en grand'et dans toutes
les saisons.
On prend 2 kilogrammes 500 gram. (5 livres) de sulfate de soude, et 2 kilogrammes (4 livres) d’acide sulfurique à 36 degrés: on les mêle ensemble dans un baril eton y plonge ensuite un vase en verre ou en métal, rempli d’eau : l'on péparé déux autres mélanges semblables et on y réitère de.x aütres fois l'immersion du même vase; dès-lors, l'eau est congelee. Si l'on opérait avec une grande dose de mélange, la congelation aurait lieu à l'instant même, tandis qu'avec les quantités prescrites, le baril et le vase lui cèdent une partie de leur calorique.
Il est aisé de voir. que le froid produit est dû au calorique qu'absorbe le sulfate de soude en S’unissant à l'acide sulfurique et passant à l'état liquide. On peut tirer parti de ces mélanges en saturant l'acide sulfurique par la soude, et faisant évaporer cette solution jusqu'à une très-légère pellicule; le produit sera du sulfate de soude qui pourra être employé pour de nouvelles expériences.
Procédé de M: Leslie, pour la congélation artificielle.
On met de l'eau dans le vase poreux (fig- 49), placé au-déssus du grand vase 2 qui contient de l'acide sulfurique concentré ; l'appareil étant ensuite placé sur le plateau 3 de la machine pneumatique, on fait le vide ; si l’on soulève ensuite le couvercle 4 du petit vase, la congélation.de l'eau a lieu tout-à-coup, parce qu'une portion de ce liquide, vaporisée
dans le vide et ensuite absorbée par l'acide, enlève le calori= que ambiant (environnant).
Il arrive souvent qu’on a besoin d'opérer des degrés de froid extraordinaires, sans le secours de la glace : afin de pou. voir obvier au défaut de la glace, nous allons faire connaître les formules des mélanges frigorifiques.
Méthode pour produire des degrés de froid extraordinaires.
On produit des degrés de froid considérables par le simple mélange de la glace eu de la neige avec les sels déliquescents, ainsi qu'avec quelques acides, tels que le nitrique , le sulfarique, etc.; c'est sur cette “propriété qu'est fondé l'art du glacier. Nous allons exposer les mélanges les plus efficaces.
19 Une partie d'acide sulfurique avec quatre de glace produisent un degré de froid de 20 degrés au-dessous de zéro.
2° Sept parties de neige et quatre d'acide nitrique produisent un abaissement de température de — 43°; et un mélange de six parties de sulfate de soude, quatred'hydrochlorate d'ammoniac, deux d’hydrochlorate de potasse et quatre d’acide nitrique, porte la température à 42 ; — 3° parties épales de sel de cuisine ( hydrochlorate de soude) et de neige, ou de glace, abaïssent la température à 18°. Ce sont ces proportions que les limoriadiérs emploient pour la préparation des glaces.
4° Si l'on expose séparément dans le mélange n° 2 deux parties de neigeet trois d'hydrochlorate de chaux , et, qu'après avoir attendu qu'elles aient été portées à la température de ce mélange, on les mêle, le froid qu'elles produisent est de 27 degrés.
5° En exposant dans ce dernier mélange frigorifique, et sèparément, une partie de neige et deux de ce sel, on obtientun degré de froid de 54 degrés.
6° Si l'on fait les mêmes expériences avec huit parties de neige et dix d'acide sulfurique affaibli, l'abaissement de la température est porté à son maximum, qui est 68 degrés.
Cette production de froid est facile à expliquer : les corps solides ne peuvent passer à l’état liquide qu'en absorbant du calorique qu'ils prennent aux corps avec lesquels ils sont en contact. Or, ici les sels, en se fondant, en enlèvent à la neige ou à la glace, eten abaissent la température à tel point qu'on peut porter celle de la glace jusqu'à 50°; elle devient si dure, que, réduite seulement à — 20°, on peut la tailler et la réduire en poudre, Nous allons joindre ici les tableaux des mélanges frigorifiques de M. Walker.