‹ Nouveau manuel complet du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 72 sur 191 · MÉLANGES · texte numérisé non relu

MÉLANGES

Abaissement du thermomètre.

précédents,

parties.

Phosphate de sonde, 5 de — 52 | Nitrate d'ammoniac. 5 à — 36.

Acide nitrique étendu. 4 Phosphate de sonde, 3 de — 36 Nitrate d’ammoniac. 2 à 46 Acides mêlés etétendus. 4 A C Neige, 3 de — 52 Acide sulfurique étendu. 2 à — 45.

“Neige. 8 do:== 93 Acide sulfurique étendu, 3 : 16 Acide nitrique étendu. 5 AE SAS Neige. de — 27 Acide nitrique étendu, 1 à — 41.

Neige. 5 de — 7 Hydrochlorate de chaux. 4 à — 44.

Neige. 0 4 de — 12 Hydrochlorate de chaux. 5 à — 48.

EL RE rer Neige, el" dé == 9 | Hydrochlorate de chaux. % à — HN —— Neige. 1 E | Hydrochlorate de chaux de — 54 cristallisé. 2 à — 54.

Neige.

Hydrochlorate de chaux de — 40 cristallisé, 3 à — 58 RE Neige. 8 de — 54 Acide sulfurique étendn. 40 à — 64.

Nota. Les substances désignées dans la première colonnedoivent être refroidies, avant leur mélange, à latempérature requise, au moyen de lune des compositions frigorifiques désignées dans les tableaux

= = Degrés de froid produits.|

Re

Expérience, — Sel réfrigérant.

M; Vauquelin a analysé un sel réfrigérant anglais, qu'il a trouvé composé de la manière suivante:

Hydrochlorate de potasse. . . . . . . 5»

— d'ammoniac: :=.mszs33 — ABIPOLABSEE + + 222 T0

Ce sel, agité promptement dans quatre parties d'eau ; fait descendre le thermomètre de Réaumur de 20 + 0 à 5 — 0.

Un mélange salin, fait avec les mêmes proportions, à produit le même effet.

. Wollaston a décrit un instrument fort ingénieux qu'il a nommé Crysphore, pour faire geler l’eau avec facilité, dans les-vaisseaux fermés, par son évaporation. IlLse compose d'un tube de verre (fig. 50), dont le diamètre intérieur est d'enviton 81 millimètres (3 pouces) ; il ést récourbé à angle droit, à 14 millimètres (172 pouce) environ de chaque boule. On met de l'eau dans une de ces boules, énvirôn aux deux tiers; on fait bouillir pour faire sortir l'air; on bouche ensuite hermétiquement le tube capillaire qui est au bout de l’autre boule ; en plongeant alors la boule vide dans un mélange de neige et de sel, la vapeur s'y condense si promptement que l’eau de l’autre boule se gèle,

Conservation de la glace.

Il est bien reconnu que l'eau, ne se convertissant en glace que par labaissement de température, doit repasser à l'état liquide quand celle-ci vient à augmenter. Pour éviter ce grave inconvénient, on 4 construit des puils secs souterrains qui pussent préserver, la glace des atteintes de la chaleur. Ces puits portent le nom de glacières, Nous allons en donnér la déscription.

Des Glacières.

Tout le monde sait qu'une glacière est un ouvrage d'art , spécialement destiné à conserver de la glace pendant les plus grandes chaleurs de l'été. Les glacières ne doivent pas être tout-à-fait regardées comme des ouvrages de luxe; car l'usage des boissons à la glace est absolument nécessaire dans les départements méridionaux, pour pouvoir y supporter sans peine les plus grandes chaleurs. Il produit cet effet sur les hommes, non pas ainsi qu'on le croit communément, parce

DES GLACIÈRESS 191

ue cela rafratchit, mais parce que cet usage donne du ton à l'estomac et remonte tousles-ressorts de la machine

Une glacière offre encore un autre avantage, qui est inape préciable pour ceux qui vivent à-la campagne pendant l'été : c'est celui de pouvoir y conserver les viandes et autres provi: sions, qui ‘se corrompent partout ailleurs, et souvent dans la journée même, pendant cette saison.

D'ailleurs, lorsque le local s'y prête, la construction d’une glacière n'est pas coûteuse; et nous ne voyons pas pourquoi, dans une semblable position , l'homme aisé se priverait d’une chose à la fois utile êt agréable.

Nous allons indiquerdes travaux que sa construction exige, suivant lanature plus ou moins favorable du terrain, afin que les propriétaires soient à même d'évaluer les dépenses qué ces différentes circonstances pourront leur occasioner.

Nous parlerons aussi des glacières nouvellement exécutées dans l'Amérique septentrionale, et-qui sont construites dans des principes contraires à ceux admis jusqu'ici dans cette espèce de construction.

Détails des constructions des qlacières, telles qu'on est dans l'usage de les exécuter enFrance. — Les qualités qui consti+ tuent.une bonne glacière de cette espèce; sont : 1° d'être toujours saine ét sans aucune humidité; 2° de jouir constamment d'une températute assez froide pour empécher que laglace ne s'y fonde; 39-de n'avoir aucune communication immédiate avec l'air extérieur, lors même que l'on est obligé d'y pénétrer pour en retirer la glace destinée à la consommation journalière,

Pour obtenir les: qualités essentielles, on choisit un terrain sec qui ne soit pointau qui soit peu exposé au soleil. On y creuse une fosse de 4 à 5 mètres (r2 à 19 pieds) de diamètre par le haut, et finissant en bas commie un pain de sucre ren+ versé, dont la pointe aurait été un peu tronquée. Sa profondeur ordinaire’est d'environ 6 inètres{18 pieds). Plus une glacière est profondeet large, et mieux-la glace et la neige s'y conservent. >

Il est bon de revêtir cette fosse, depuis le bas jusqu'en haut, d'un petit mar de moellons de xà 3 décimètres ( à 11 pouces) d'épaisseur, bien endnit avecdu mortier, et de percer dans le fond un puits de 2 tiers de mètre (2 pieds) de diamètre, et de r'mètre 173 (4 pieds)‘de profondeur; On garuit ensuite le dessus de ce: puits d'un grillage devfer, pour laisser passer l'eag qui s'écoule du massif de glace,

Au lieu du mur dont on vient de parler, quelques-uns rés vêtissent la fosse d’une cloison de charpente garnie de chevrons lattés, et font descendre la charpente jusqu’au bas de la glacière, au fond de laquelle ils pratiquent le petit puits pour l'écoulement de l'ean,

D'autres n’y font point de puits; mais, pour en tenir lieu, ils ne font descendre la charpente que jusqu'aux trois qnarts de la profondeur de la glacière. Is ménagent ensuite, à 8 on 10 décimètres (2 pieds 5 pouces à 3 pieds) du fond, un bâtis de charpente en forme de grille, sous laquelle l'eau s'écoule quand les grandes chaleurs font fondre la glace.

Si le terrain où est creusée la glacière, est bon et bien ferme, on pent se passer de charpente, et mettre la glace dans le trou sans rien craindre ; mais il faut toujours garnir le fond et les côtés avec de la paille, afin que la glace ne soit pas en contact immédiat avec le terrain de la fosse.

On couvre le dessus della glacière en-paille attachée sur une charpente élevée en pyramide, de manière que le bas de cette couverture pende jusqu'à terre.

Pour entrer dans la glacière, on pratique, au nord de sa position, un vestibule d'environ 2 mètres 273 (8 pieds) de longueur, sur 8 à 10 décimètres (à pieds 5 pouces à 3 pieds) de largeur intérieure, et on le couvre également en paille, Ce vestibule est garni de deux portes, l'une intérieure , l’autre extérieure : elles servent à entrer dans la glacière, et à en sortir, sans permettre aucune.communication directe de l'air extérieur avec l'air intérieur ; et, c'est dans ce vestibule où, en été, on peut très-bien conserver les viandes, le beurre, etc.

Enfin, on a l'attention d'éloigner les eaux pluviales de la glacière, en les détournant par des rigoles convenablement disposées.

Tels sont les moyens les plus économiques de construire une glacière dans les terrains les plus favorables. Ils sont particulièrement employés dans les places de guerre: les glacières y sont placées dans le terre-plein des bastions, ou des ouvrages avancés, et elles ÿ sont ombragées par des plantations : la glace s'y conserve très-bien; mais leur service est un peu géné par la position de la charpente sur le bord même de la fosse.

Pour obvier à cet inconvénient, on construit dans son pourtour, et à 5 ou 7 décimétres (1 pied 6 pouces à 2 pieds

DÉS GLACIERES, 198

à pouces ) de son hord , un mur circulaire de 2 mètres (6 gieds) de hauteur et un demi-mètre (1 pied 6 pouces) d'épais= seur, qui lui procure une clôture encore plus fraîche, et forme , autour de ceite Fosse, un marche-piéd très-commode pour les ouvriers. C'est alors, sur ce mur extérieur, que l'on pose la charpente:du toit, et on la prolonge sur le terrain envirounant , comme nous venons de l'indiquer.

Lorsqu'on ne craint pas la dépense, on voûte le dessus de la glacière : elle en devient meilleure. On peut alors la couvriren paille, comme: dans la construction précédente; ou mieux ; et lorsque céla est possible, on en recouvre extérieurement toute la maçonnerie, d'abord avecun!lit de glaise bien corroyée, d'un demi-mètre (1 pied 6 pouces) d'épaisseur, et ensuite avec un lit de terre végétale de la plus grande épaisseur possible , afin de préserver la couche des effets de la sécheresse.

Cette construction devient plus dispendieuse que la première ; mais la glacière est bien meilleure, et elle présente la facilité de l'entourer de plantations de grands arbres, et méme de garnir sa partie supérieure en arbustes à racines déliées, qui assureront à l'air intérieur de la glacière une température toujours également fraiche. D'ailleurs, ces mondrains décorés de semblables plantations, font un effet pittoresque dans.les jardins d'agrément.

Jusqu'ici, la dépense de construction d'une glacière n'est pas assez grande pour excéder les facultés pécuniaires de l'homme aisé, parce que nous la supposons placée dans un terrain de qualité favorable. Mais, lorsque le sol est naturellement susceptible d'humidité, la dépense augmente dans la proportion de son-intensité, parce que, pour pouvoir y conserver la glace, il faut encore plus de précautions et des travaux d'autant plus multipliés, que le terrain devient plus ingrat.

Du moment que le sol ne peut plus absorber promptement ét naturellément l'humidité, il faut, pour ainsi dire, isoler la fosse de tout le terrain environnant, afin de pouvoir procurer à l'air intérieur de la glacière une température constamment sèche. A cet effet, on est quelquefois obligé, partiou- Bèremert dans les terrains argileux et marneux, d'élever un sécond mur autour du cône ,} à 6 ou 8 décimètres (x pied 10 pouces ou 2 pieds 5 pouces) de distance, et de remplir l'entre-deux de ces murs d'argile fortement corroyée. De plus,

Limonadier, 17

dans ces naturès de terrain, le puits du fond du cône ne peuë pas absorberles eaux qui s'écoulent de la glace, comme dans les sols perméables : il est donc nécessaire de procurer un écoulement extérieur à ces caux, car le puits pourrait en être rempli, et leur contact avec la glace la ferait fondre.

Mais, pour pouvoir effectuer cet écoulement, il faut que le fond du puits se trouye à un-niveau un peu plus élevé que celui d'une partie de terrain environnant; autrement, il serait impossible de procurer une pente convenable än condnit sonterrain qui doit dégorger les eaux de ce puits. D'un autre côté, ce conduit, où raie couverte, établil nécessairement une communication directe entre l'air extérieur et celui de l'intérieur de la glacière , et cette commünication peut quelquefo avoir une influence fâcheuse sur sa température intérieure : c'est du moins ce qui est arrivé à la glacière de Pont- Chartrain, et que feu M. Parcieux est parvenu à corriger d'une manière simple-et ingénicuse, La simplicité de ce procédé trop peu connu, la facilité de son exécution, nous engagent à en donner ici la description.

11 faut une cuvette de pierre ayant 48 centimètres (18 pone ces) de longueur intérieure, 33 centimètres {r pied) de largeur, et 62 millimètres (6 pouces) de profondeur au milieu.

Le bord ou dessus de l’un des bouts de cette cuvette (c'est celui qui doit être placé du côté du puisard) est de 54 millimètres (2 pouces) plus bas que les trois autres côtés du pourtour de la cuvette.

Ce petit bassin doit être posé de nivean dans l'épaisseur da mur, et à la hauteur du payé intérieur, ou de Ja rigole par laquelle les eaux arrivent dans le puisard; de manière qu'il faut qu'elles passent par la cuvette avant qne d'arriver au puisard.

On fait à chacun des grands côtés de la cuvette, une entaille de 81 millimètres (3 pouces) de profondeur, autant de largeur, et seulement de 54 millimètres (2 pouces) dans l’'épaisseur des flancs. Ges entailles doivent être un peu plus près du bout de la cuvette qui est du côté du puisard, que de l'autre. On pose de champ, dansces entailles, un morceau de dalle de pierre dure, de 81 millimètres (3-pouces) d'épaisseur, de 44 centimètres (16 pouces) de largeur et d'autant de hauteur environ ; et on achève de maçonner autour de cette dalle ainsi posée, pour ne laisser d'autre passage à l'air, du dehors au dedans , que par le bas de la cuvette, sous la pierrg de champ,

Page 1