DES GLACIÈRES
Le bord'du bout de cette cuvette, qui est du côté du pui= sard, n'étant que de 54 millimètres (2 pouces) plus bas que le restant du pourtour, et les entailles de la pierre de champ descendant de 81 millimètres (3 pouces), il en résulte que cette pierre plonge de 27 millimètres (1 pouce) dans l'eau, quand la cuvette en est remplie : ce qui ôte toute communication d’air du dedans du puisard au dehors, parce que la cuvette doit toujours être pleine d’eau. 1l est nécessaire de prolonger, le plus qu'il est possible, l'issue de cette raie couverte, et d'en recouvrir l’empierrement avec une couche de terre d'épaisseur convenable.
Enfin, dans les terrains exposés aux inondations, on ne peut pas creuser en terre le cône d’une glacière, les eaux y pénétreraient à la longue, malgré les précautions que l'on pourrait prendre pour l'en préserver. Le puits même doit en être élevé au-dessus du sol, afin d'assurer l'écoulement des eaux de glace qui sy réunissent. Il faut donc s'attendre à unetrès-grande dépense si l’on veut se procurer une bonne glacière dans des localités aussi ingrates, du moins en conservant la forme qu’on est dans l'usage de leur donner en France,
Nous examinerons plus loin s'il ne serait pas possible d'en adopter une autre, -
. Nous terminerons donc, en faisant observer que , quelquefois, la glace fond dans une glacière. nouvellement con= struite, parce que ses murs ne sont pas assez secs; mais que,
lorsqu'elle a été bien faite, la glace n’y fond plus la seconde année
Détails de construction d'une glacière américaine. — Ceux que nous allons donner ici sont tirés des travaux de M. Bordley. Nous les devons à M. le sénateur Volney, qui a vu ces glacières sur les lieux,
« En 1771 (c'est M. Bordley qui parle), je construisis, dans la péninsule de la Chesapeach, une glacière sur un terrain plat, dont le niveau était seulement élevé de 17 pieds audessus des plus hautes inondations d'une rivière salée, et à 80 yards (le yard est de 33 pouces 9 lignes 13 de France) de ses bords. J'eus un soin particulier, selon l'usage alors dominant, d'empêcher que l'air n'y pénétrât. La capacité de la fosse était de 1728 pieds cubes: on put y arranger jusqu'à 1700 pieds cubes de glace ; mais Ja glace se fondit, même avant l'été, parce que la fosse était trop humide; l’on aperçutun
peu d'humidité au fond, et, pour une glacière, un peu est trop. La moindre humidité, soit au fond, soit sur les côtés, s'élève en vapeurs, aux parois du dôme, par l'effet d’une chaleur qui est encore de beaucoup supérieure au degré de congélation ; car, dans les-puits les plus profonds ét les plus frais, le thermomètre marque environ 9 degrés de température audessus de-o;et, la glacière. étant bien close, les vapeurs retombent sur la glace, faute de soupirail par où s'échapper. D'où il résulte : 10 que, si une glacière bien close n’est pas souvent ouverte, elle devient tout-à-fait-chaude, et que la glace se ramollit à la suñace comme dela neige; 2° qu'aucune profondeur ne. peut préserver la glace de fusion, et même que c'est, en voulant donner trop de profondeur à une glacière, qu'elle est plutôt exposée à cetté moiteur du sol ; qui la fait fondre:
«“ Quelques années après, je fis une autre glacière, à 150 yards de la précédente ; mais je procédai sur d'autres prir pes. Mon principal objet fut d'avoir de l'air et de larventila= tion ; et, afin d'obtenir sécheresse et fraîcheur, je conçus l'idée d'isoler du terrain la masse de glace, en la mettant dans une cage de bois éloignée d’un pied par en bas, et de deux pieds à deux pieds ét demi par en haut, de la elôture de la glacièfe, La fosse fut creusée dans un lieu exposé au vent et au soleil ; afin de la rendre bien sèche : la profondeur fat de neuf pieds anglais, la cage fut placée dans cette fosse, et.le vide entre ses parois et celles de la cage fut rempli avec de la paille bien sèche ethien foulée, comme étant le plus mauvais conducteur de la chaleur; cette cage contenait à peine 700 pieds cubes de glace, c’est-à-dire la moitié des glacières ordinaires. Je la couvris d’une petite cloison de planches mal jointes pour la préserver de la pluie plutôt que pour la clore. Les côtés de celte maison étaient élevés de cinq à six pieds, et je laissai au faite du toit un soupirail recouvert. Le dessus de Ja cage fut aussi couvert de paille après avoir été rempli de glace.
L'on use largementet sans économie des 300 pieds-cubes de glace , et cependant elle dure , sans se fondre , aussi longtemps que la quantité double de la glacière d'Union-Street, à Philadelphie, dont le terrain, élevé en tertre, est totalement sec et graveleux, mais qui est fermé selon les principes ordiaires. »
Une autre glacière, construitessuivant les principes. de M. Bordley; est celle de Glocester:Point, Le fond de saçaisse est