DES GLACIÈRES
établi à x mètre 62 centim. (5 pieds) seulement au-dessus du niveau des plus hautes eaux, et elle n’est enterrée que de : mètre (3 pieds). Mais, suivant les détails que nous a donnés M. de Volney, cette glacière présente quelques différences avec cellés de M. Bordley : 3° au lieu de la petite maison en planches mal jointes pour enclore la cage, on a remblayé les côtés extérieurs de cette clôture jusqu'à la hauteur du bas de la couverture qui est ici en paille ; 2° la cage est recouverte par un toit particulier en planches mal jointes, et cette couverture intérieure n’existe pas dans le premier exemple. D'ailleurs, tout le reste est parfaitement semblable. Doit-on atttribuer ces différences à un perfectionnement où à des circonstances locales ? c'est ce qu'il ne nous estpas possible de décider, n'ayant point encore assez de données sur les propriétés de ces nouvelles glacières.
Autre Glacière. — La forme de ces glacières , communément adoptées en France et en Angleterre, est représentée par la fig. 51. On y remarque, au fond, un espace a, d'environ 65 centimètres (2 pieds), pour évacuer l’eau qui provient de la fonte d’un peu de cette glace, dans un égoût souterrain b, ayant une trappe c pour l'évacuation de l'air. Outre cet espace du fond a , on y place une forte grille en bois, pour faciliter l'écoulement de cette eau. Les côtés de cette glacière d,, d, forment une muraille très-épaisse, d'au moins 65 centimètres (2 pieds) ; la partié supérieure est voûtée, avec une ouverture e, pour y introduire la glace, avec une autre voûte latérale f, pour la prendre. Afin d'éviter l'action ou l'introduction de l'air dans la glacière, la porte doit être construite en 4, dans une cavité souterraine qui conduit à une seconde porte. Cette première entrée est représentée fig. 52. À mesure qu'on ÿ introduit la glace, un homme est employé à l'y tasser fortement, et à faire en sorte qu'il ÿ ait le moins de vide possible. Dans cette fig. 52’, on voit que la glacière est couverte et entourée d'un monticule de terre, qui s'oppose à ce que ni les pluies, ni les rayons solaires , puissent en pénétrer les murs, ni les échauffer.
Autre Glacière. (Fig. 53.) — à, excavation carrée, creusée dans le sol ; ayant 2 mêtres (6 pieds) en tous sens;
b, rigole pratiquée au fond, et servant à l'écoulement de l’eau de la glace ; c, deux pièces de boïs de 135 à 162 millimètres (5 à 6 pouces) d'équarrissage et de 2 mètres (6 pieds) de longueur, placées au fond de l'excavation, appuyant par leurs extrémités sur le sol ;
d, traverses posées sur les poutres c; elles servent à supporter des solives de 54 millimètres (2 pouces) d'équarrissage et de 2 mètres (6 pieds) de long;
f, montants de 8: millimètres (3 pouces) d'équarrissage, s’appuyant par leurs extrémités inférieures sur le fond de la glacière ; ils s'élèvent jusqu'au niveau de l'ouverture;
g, lattes de 41 millimètres (1 pouce 172) d'épaisseur, formant les parois du revêtement de la glacière, et clouées sur les montants f;
h, garniture de paille de 81 millimètres (3 pouces) d'épaisseur, attachée sur les lattes;
i, glace remplissant l’excavation ;
k,k, quatre poutres de 162 millimètres (6 pouces) d’6quarrissage, et 3 mètres (9 pieds) de long, pour soutenir les terres amoncelées au-dessus de la glacière ;
L, lattes posées en trayers sur les poutres précédentes;
mn, lit de paille étendu sur les lattes /;
n, tertre de 1 mètre (3 pieds) de haut, surmontant la glacière;
p, trou carré, creusé dans le tertre, et revêtu de planches, pour former une caisse remplie de paille, et garnie d’un couvercle et d'un fond amovibles; les lignes ponctuées, au-dessus de la caisse, indiquent la quantité de terre à enlever pour y parvenir ;
q , entrée de la glacière, qui doit être au nord et pourvue de quelques marches pour descendre au fond. Cette entrée à 1 mètre (3 pieds) de large, et va en diminuant jusqu'au fond, où elle n'a que la moitié de cette largeur ;
r, bottes de paille très-serrées, formant une porte qu’on ouvre pour en retirer de la glace;
s, trappe fermant exactement l'entrée de la glacière; audedans , elle est revêtue d’un lit de paille;
t, pièces de viande, vases remplis de lait, ete., qui se conservent parfaitement frais entre les portes ret s.
Une telle glacière peut contenir 4 milliers de glace. La dépense en estde 137 fr. 5o c.
Autre Glacière, par M. L. Valcourt. — La figure 54'offre la coupe , et la figure 55 le plan de la nouvelle glacière.
a, a, poutres ou sommiers , sur lesquels reposent la glacière;
b, b, poutrelles disposées transversalement sur les trois sommiers du centre, et sufisamment espacées pour laisser écouler l’eau,
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c, c, 24 poteaux élevés verticalement, et formant la cage dans laquelle on place la glacé; ils ont 108 à 135 millimètres (4 à 5 pouces) d'équarrissage ;
d, d, planches en chêne, formant le revêtement des po- (aux c, tant en dehors qu'en dedans;
e, couche de charbon pilé, qu'on tasse fortement entre les poteaux et les planches d;
f; paille qui tapisse les planches d, de l’intérieur de la cage à glace, ainsi que le dessus des poutrelles b; une couverture de laine est placée entre cette paille et la glace ;
g, 24 poteaux de 93 centimètres(2 pieds 10 pouces) de large sur 16 centimètres (6 pouces) d'épaisseur, formant la galerie qui entoure la cage à glace;
h, planches en chêne, qui recouvrent les deux faces des poteaux 7;
î, charbon pilé, ou tan, bien tassé entre les poteaux g et les planches 4:
j, mansarde tournée au nord, et conduisant au couloir qui aboutit à la trappe {, recouverte d’une porte m, donnant entrée à la cape à glace;
ñ; Cage à glace;
0, porte d'entrée de la mansarde;
P; porte du fond du couloir k, près la trappe l;
4; autre porte pratiquée dans la partie latérale du couloir k; elle donne accès dans le comble, et permet de descendre , à l'aide d’une échelle, dans la galerie fermée r, qui entoure la cage à glace;
85 couche épaisse de paille, formant la toiture de la glacière et de la mansarde: les quatre faces du bâtiment sont également entourées d'un litde paille, serré et cloué sur les planches b ;
t, chevrons de la toiture :
u, couche de décombres de démolition, de tan on de charbon, tassée sur le sol au-dessous de la glacière;
v, sol bien damé’en double dos-d'âne;
, T3 fossé pratiqué autour de la glacière dans lequel coule l'eau de la glace;
y, maçonnerie en terre, rapportée et bien foulée entre les poteaux 4, recouverte en carreaux, pour évacuer l’eau de la pluie dans le Fos
M. Valcourt propose de coller avec du goudron bouillant,
un carton de doublage, les planchies qui revêétent les deux fa= ces des poteaux c et g.
On peut varier les dimensions de cette glacière,
Autre Glacière. — Ainsi que nous l'avons déjà dit ailleurs, on ménage dans le fond de la glacière (fig. 56), un puits recouvert d’une grille et de petits aquedues E, avec des barbacanes F, pour l'écoulement de l'eau de la glace qui se fond.
La glacière ne doit avoir aucun jouret être voûtée en pierre, briques, etc., recouvertes, comme les murailles, d’une bonne couche de mortier, et rendre ces murs et cette voûte trèsépais. Pour l'entrée de la glacière, on construit, à l'extérieur etau-devant, un mur que l'on décore à volonté, et qui sert aussi à soutenir les terres qui la recouvrent. Au demeurant, la description de cette glacière et de ses parties détachées est parfaitement représentée dans la figure 57. On trouve aussi deux autres très-petites glacières à couvercle mobile, servant de voûte, figures 58 et 59 (même ouvrage).
Ces petites glacières sont destinées à conserver des parties de glace, afin de ne pas recourir trop souvent aux glacières, qui peuvent d'ailleurs être loin de l'établissement.
La glace a été connue de tous les temps : pendant celui de Salomon où onl’employait aux délices de la table; du temps du prophète Jérémie on parlait beaucoup de la neige du Mont- Liban; les habitants de la Palestine la ramassent encore aujourd'hui et la transportent au loin pour rafraîchir les boissons. Alexandre-le-Grand en était fort amateur.
Description d'une Glacière anglaise.
La fig. 60 montre la section d'une glacière prise sur le passage qui sert d'entrée.
a est la masse de terre qui la recouvre;
b, le toit voñûté du passage ;
c, la porte de ce passage;
d, l'entrée dans le puits f, dont les murs doubles sont attachés lux à l’autre par intervalles;
g est le conduit qui sert à évacuer l’eau qui se forme.
La porte de la glacière ne doit avoir que tout juste l’espace nécessaire pour qu'on puisse y passer; elle doit être forte et bien fermée. A r mètre 62 cent. ou 2 mètres (5 ou 6 pieds) de distance, on établira une seconde porte qu'on aura toujours le soin de fermer avant d'ouvrir la porte intérieure, quand on ira chercher de la glace.
Quand une glacière est terminée, il faut lui laisser le temps de bien sécher; car des murs très-humides ne peuvent man:
DESCRIPTION D'UNE GLACIÈRE ANGLAISE, aot
quer de dissoudre la glace, Ces murs doivent être très-épais, et, s'il est possible, construits en larges pierres. On place au fond de la glacière un treillage en bois qu'on couvre d'une couche de roseaux, laquelle repose sur une autre couche de menu bois. Les roseaux sont préférables à la paille dont on se sert ordinairement pôur le fond; on l'emploie du reste pour couvrir les parois des murs verticaux avant d'y introduire la glace. Celle-ci doit être coupée en petits morceaux , parce que ceux-ci se soudent plus vite. On les comprime alors pour ne laisser que le moins de vide possible. Si c'est de la neige, on la tasse fortement. Si c'est un mélange de neige et de glace, ôn le recouvre d’un peu d'eau, au moyen d'un arrosoir, afin qu'il se prenne bientôt en masse.
Comparaison des glacières françaises avec les glacières américaines. — Quelqu'opposés que paraissent les principes qui servent de base à la construction de ces espèces de glacières, il n’eu est pas moins constant qu’en France la glace se conserve très-bien, et pendant longtemps, dans celles qui sont hermétiquement closes, lorsque d’ailleurs elles sont construites avec toutes les précautions que nous avons indiquées; mais que, dans les terrains naturellement humides ou exposés aux inondations, leur construction occasionne des dépenses auxquelles l'iromme simplement aisé ne pourtait pas toujours se livrer.
D'un autre côté, il est également prouvé, par le rapport des voyageurs, que dans l'Amérique septentrionale, et sous unë température analogue à la nôtre, on construit d'excellentes glacières sur des priucipes absolument différents, et que leur construction devient comparativement d'autant moins dispendieuse, que les circonstances locales sont plus défavorables à cé genre d'établissement.
En effet, on a vu que, dans les terrains les plus favorables et les plus perméublés à l'éau, la construction d'une glacière ordinaire n'était pas d'une grande dépense. Cépendant, pour que la glace puisse s'y bien conserver , il faut que la fosse ait un certain volume dont le minimum paraît fixé à environ 47 mètres 888 décim. 160 cent. cubes (1400 pieds cubes) ; et pour la consommation d'un ménage d’une aisance ordinaire, 10 niètres 283 décim. 178 cent. ou 13 mètres 610 décimèt. 904 cent. cubes (300 où {00 pieds cubes) de glacé sont plus que suffisants, Dans ce cas il y a donc une dépense superflne de construction et d'entretien qui devient inévitable.
Dans les méines circonstanceslocales, la construction d'une
glacière américaine, d'unë égale capacité , serait tout aussi coûteuse que celle d’une glacière ordinaire, mais elle a sur celle-ci l'avantage de pouvoir être réduite, sans aucun inconvénient, à des dimensions proportionnées aux besoins du ménage; et cette réduction diminuera nécessairement, et dans une proportion quelconque, la dépense de sa construction.
L'adoption de ces nouvelles glacières, même dans les cir= constances les plus favorables, serait donc économique et conséquemment avantageuse.
Mais c'est dans les terrains les plus ingrats que les glacières de M. Bordley présentent le plus d'avantages économiques. Les dépenses de construction sont à peu près les mêmes; quelle que soit li nature du terrain, parce que la clôture extérieure est toujours subordonnée à la commodité du service, qui est constante, et que les dimensions de la cage peuvent toujours être réduites dans des proportions relatives aux besoins de la consommation du ménage, tandis que les dépenses de la construction d’une glacière ordinaire, dans un terrain naturellement humide, augmentent dans la progression de son humidité.
Gouvernement des glacières. — Quelle que soit d'ailleurs la manière dont on aurait construit une glacière, il faut la remplir et la gouverner avec les mêmes soins et les mêmes précautions.
Pour la remplir, on choisit un temps sec et froid, afin que la glace ne se fonde point.
Le fond de la glacière est ordinairement construit à claires voies par le moyen d’un bâtis de charpente. (Dans les glacières araéricaines, le fond de la cage tient lieu de cette charpente.)
Avant que d’y poser la glace, on couvre le fond d’un lit de paille, et on en couvre également tous les côtés en montant, en sorte que la glace ne touche qu'à la paille, et non aux parois des murs on de la cage.
On met donc d'abord un lit de glace sur le fond garni de paille, puis un autre; plus ces lits sont entassés sans aucun vide, et mieux ils se conservent; on bat la glace avec.des maillets sur le bord de la glacière avant de l'y jeter, afin qu’elle fasse corps. Sur le premier lit de glace, on en met un autre, et ainsi successivement jusqu'au haut de la glacière, sans aucun lit de paille entre ceux de la glace. Pour la bien entasser, on la pile avec des mailloches ou des têtes deca=