DESCRIPTION D'UNE CLACIÈRE ANGLAISE
gnées, on jette un peu d'eau de temps en temps, afin de remplir les vides par de petits glaçons, en sorte que le tout se congelant fait une masse .que Jon est obligé de casser ensuite par morceaux pour s’en servir.
La glacière étant remplie, on couvre la glace avec de la paille par le haut comme par le bas et par les côtés; pardessus cette paille, on met des planches que l'on charge de grosses pierres pour tenir la paille serrée.
La neige se conserve aussi bien que la glace dans les glacières. On la ramasse en grosses pelotes, on les bat et on les pressele plus qu’ilest possible, on les range et on les accommode dans la glacière , de manière qu'il n’y ait point de jours entre elles, en observant de garnir de paille le fond et les côtés comme pour la glace. Si la neige ne peut pas se serrer et faire corps, ce qui arrive quand le froid est grand, il fandra jeter un peu d'eau dessus, elle se gèlera aussitôt avec la neige, et pour lors il sera aisé de la réduire en masse. Elle se conservera bien mieux dans la glacière, si elle est pressée, battue, et un peu arrosée de temps en temps. Il faut choisir de bcaux jours et un temps sec pour la neige, autrement elle se fondrait à mesure qu'on la prendrait. Il ne faut pourtant pas qu'il gèle trop fort, parce qu'on aurait trop de peine à Ja lever.
Il y a des glacières naturelles dans certaines grottes, c'est-àdire qu'il y a des lieux souterrains où la glace se conserve na= turellement toute l’année et par le même principe ; c'est pen= dant l'hiver que cette glace fond le plus.
I] n'y a de véritables glaciers en France que dans les Alpes. Il n'est aucun de ceux qui ont séjourné dans leurs basses vallées, et je suis du nombre, qui n'ait éprouvé ces variations subites de température qui sont occasionées par le froid déversé par les vents qui ont passé sur les glaciers, variations qui nuisent nécessairement aux cultures de ces vallées. C'est à eux probablement que les vents d’est et de nord-est doivent d'être si froids dans le climat de Paris et même dans Ja plus grande partie de la France. Qui ignore combien ces vents sont nuisibles à la végétation quand ils durent long-temps ? Et de tous les vents, ce sont ceux qui, en France, ont cette faculté au plus haut degré. La sécheresse qui les accompague presque toujours est indépendante des glaciers : elle est due à l'élévation de la chaîne des Alpes.
Un autre effet des glaciers est d'entretenir les grands fleu-
304 TROISIÈME PARTIE GLACIBN.
ves. Le Ahône, le Rhin, etc., sortent de ceux des Alpes : f'a mazone, l'Orénoque, etc., de ceux des Cordelières,
Les glaciers fondent par-Jessous, pendant l'hiver, par suite de la chaleur de la terre qui s'est accumulée pendant l'été, et qui n'arrive à son miniqum qu'au commencement du printemps, SOUS les glacier d’après les belles observations de Saussure. Pendant l'été, ils fondent par-dessus, moins par l'effet direct de rayons du soleil, effet très-peu considérable dans ces hautes régions, que par celui des vents chauds et des pluies.
P'ases rafraïîchissant l'eau. — Dans le levant on fabrique des vases destinés à rafraîchir l'eau, qu'on nomme bardaques; ceux qui sont également confectionnés en Espagne, pour cet usage, sont appelés alcarazas. La propriété qu'ont ces vases, c'est d'être poreux et de laisser transsuder une partie de l'eau qu'ils contiennent. Quand cette eau: les a traversés et qu'elle se trouve sur leur surface extérieure, elle est vaporisée en enlevant une partie du calorique dont elle a besoin pour cela. L'eau ou la liqueur contenue dans la bardaque où l'alcaraza , par cette perte de calorique , voit Sa température s'abaisser, En France, M. Fourmy a fabriqué des vases semblables.
Nous devons ajouter que, dans le midi de la France, où arrive au même but par un autre moyen, qui cependant se rattache à la même théorie, Ainsi, les paysans mettent leur boisson dans une bouteille de fer-blanc qu'ils entourent d'un linge mouillé et qu'ils exposent ensuite au soleil. L'eau du linge. en s'évaporant, emprunte du calorique à la boisson et la rafraîchit.
Pour terminer ce que nous avons à dire sur l’eau, nous avons joint ici ce que le limonadier, le confiseur, etc., doivent connaître sur les eaux distillées aromatiques.
Eaux distillées.
Les eaux distillées résultent en général de Ja distillation de l'eau sur quelques principes végétaux qui s'emparent de leurs principes volatils, consistant le plus souvent en huiles essènz tielles ; le produit de ces distillations est donc une eau püré plus ou moins saturée de ces mêmes principes; mais, comme les règles à suivre se rattachent à celles qu'on met en usage pour l'extraction de certaines huiles volatiles, nous y retis voyons nos lecteurs.