‹ Nouveau manuel complet du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 8 sur 191 · CANNELLE · texte numérisé non relu

CANNELLE

feuilles à nervure ; sa saveur est astringente et amère, laissant un arrière-goût agréable ; sa couleur est d'un brun rougeâtre , tirant sur le noir; il est luisant et n'offre pas de petites semences ; il est assez pur et de bonne qualité dans le comerce : les sophistiqueurs le réduisent en poudre, le pétrissent avec l’eau et y ajoutent de l'amidon. Cette fraude est facile à reconnaître, en ce que le cachou se dissout presque en entier dans l'eau, et que l’amidon y est insoluble. Si l'on prend d’ailleurs le résidu insoluble , et qu'on le traite par Veau bouillante, il se forme une bouillie qui précipite par l'iode , etc.

Davy, qui a analysé le cachou du Bengale et de Bombay, les a trouvés composés, pour 200 parties, de :

Cachou du Bengale. Cachou de Bombay.

Ta D SL OT ES RATER RES TO E Extractif . . . TR ST 0e TU Mucilagee 7" 100 5... ,..: 1.

Résidu formé de chaux Sable et chaux , . 10,

et d'albumine. , 14.

ps

Pour avoir le cachou plus pur, on en fait un extrait en le dissolvant dans l'eau , le passant et le faisant évaporer en consistance d'extrait.

Café, (Voyez l’article Limonadier.) Cannelle.

C’est l'écorce, dépouillée de son épiderme , des branches du laurier-cannelle, Laurus cinamomum (Lin.), famille des fau rinées. Le tronc de cet arbre s'élève jusqu'à 6 mètres 50 cent. et même 8 mètres 1 3 cent. (20 et méme 25 pieds), et a jusquà 42 centimètres (18 pouces) de diamètre; son écorce est gr tre au dehors et rougeâtre ‘au dedans ; les feuilles sont opposées, ovales, lancéolées, de 108 à 135 millimètres(4 à 5 pouces) de longueur, à pétioles courts et canaliculés, coriaces, lisses, offrant trois nervures longitudinales; fleurs jaunâtres, panicules lâches et axillaires. Cet arbre croît dans les Indes orientales, et surtout à Ceylan. 11 se divise en plusieurs variétés qui produisent une écorce plus où moins estimée; voici les plus connues :

Cannelle de Ceylan.

Elle est en paquets très-longs, composés d'écorces trèsminces roulées les unes dans les autres; d’un brun un peu jaune, d’une odeur suave particulière , saveur sucrée, pi-

quante, chaude et aromatique, très-cassante : c'est la plus recherchée, Elle doit son odeur à une huile volatile très-estimée, On connaît à Ceylan plusieurs variétés de cet arbre ; on assure cependant qu'on n'exploite que les quatre suivantes :

1° La cannelle miélée ou royale : c'est l'espèce la meilleure ; les naturels la nomment rase curundu.

2° La cannelle-serpent, qu'ils appellent nai curundu.

3° La cannelle camphrée : elle a l'odeur du campbre; sa racine en donne par la distillation ; il paraît que c’est le Laurus camphora de Linné.

4° La cannelle amère, ou cahatte eurundu des naturels.

Cannelle de la Chine.

Cette espèce, quoique fort bonne, est inférieure à la précédente; les écorces sont plus épaisses, plus rougeâtres, plus rudes , plus denses, et la cassure plus courte; son odeur et sa saveur sont plus fortes, aussi en retire-t-on beaucoup plus d’huile que de celle de Ceylan. Cette dénomination de cannelle de Ceylan et de la Chine ne doit pas être résérvée aux cannellesde ces deux pays, car, d'après M. Guibourt, les cannelliers de tous les pays peuvent fournir ces deux sortes d'écorces qui varient suivant l'âge des branches, leur exposition et leur préparation.

Cannelle mâle.

C'est celle qu’on extrait du tronc des arbres : elle a jusqu'à 5 millimètres (2 lignes) d'épaisseur, n'est presque pas roulée, et d'un jaune pâle, luisant ; un peu rugueuse, à Cassure fibreuse, d'une odeur et d'une saveur faibles.

Cannelle de Cayenne.

On en connaît deux variétés : la première provient des cannelliers transportés de Ceylan : elle est plus pâle et à plus grandes écorces que celle de cette île ; celle qui provient de Jeunes branches s'en rapprohe beaucoup. La deuxième se retire d'un cannellier venu de Sumatra ; elle a beaucoup d’analogie avec celle de la Chine; son odeur et sa saveur sont très-fortes ; elle conserve une partie de son épiderme, et est très-mucilagineuse. Voici l'analyse comparative qu'en a donnée M. Vauquelin.

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