‹ Nouveau manuel complet du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 90 sur 191 · FABRICATION AMÉLIORÉE DU CHOCOLAT · texte numérisé non relu

FABRICATION AMÉLIORÉE DU CHOCOLAT

Jnsque-là, M. Legrand n'a pas fait plus que M. Poincelet, si ce n'est que sa machine, moins dispendieuse, est susceptible d'être mise-à la portée d'un plus grand nombre de Fabricants; mais, après avoir obtenu ce résultat, il a imaginé de procurer , avec les pieds ,,le mouvement de va-et-vient au « lindre, Pour cet effet, il a adapté une bielle à une traverse mobile surses axes, et ajustée au châssis de bois, #quelquescentimètres au-dessous du cylindre. Cette bielle tient, par l'autre extrémité, à une équerre placée derrière la machive, et tournant aütour d'un axe fixé au plancher; cette équerre est mue par quelques leviers de renvoi formant deux pédales placées sous les pieds. L'ouvrier, en foulant ces pédales, communique à l'équerre un mouvement oscillatoire quidonne à la bielle lé mouvement de va-et-vient, et par conséquent au cylindre: Comme il occupe, dans cette opération, la-place où il doit étre pour soiguer le chocolat, il pent employer ses deux mains, qui sont libres, à retirer la matière broyée, et à la ramener sous le cylindre.

De plus, la bielle est disposée de manière qu’elle faitexécuteraucylindre, à l'aide d'un encliquetage trés-simple, la portion de révolution nécessaire à chaque coup.

Mousles moyens mécaniques que M. Legrand a imaginés nousontparu bien conçuss ils sont aussi simples-que possible, etproduisent parfaitement les résultats qu'il en attendait.

11 n'ya aucun doute que la trituration obtenue par le mécanisme. qui régit le cylindre soit plusparfaite ; mais il reste à savoirsi celui qui procure le mouvement de va-et-vient économise les forces de l'onvrier. 11 faudrait pour cela qu'il fût prouvé qu'un ouvrier travaillant avec les pieds éprouve moins de fatigue que celatquitravaille avec les mains; mais cé qu'il ya de certain;; c'est que, dans la machine de M. Legrand, celui qui travaille avec les pieds doit employer-plus de force:que celui qui-agit avec les mains ; car il a de plus le mécanisme de renvoi à mettré en mouvement.

Nous avons demandé à M. Legrand quelle différence il trouvait entre l'emploi de ces deux moyens. Il nousa dit que l'ouvrier qui faisait mouvoirsa machine avec les mains broyait très-bien 7 kilogrammes 500 gram. ( 15 livrés) de chocolatpar

jour, mais qu'il en broyait le-double au même degré ‘en la

faisant agir avec les pieds: Cetté’assertion'aurait besoin d'être constatée par l'expérience.

Quoi qu'il en soit, il n’en-estpas moins vrai que’le méca=

nisme de M. Legrand est fort ingénieux ; et, comme il offre généreusement d'en donner connaissance au public, votre comité des arts mécaniques a l'honneur de vous proposer de voter des remerciments et des éloges à M. Legrand pour sa communication, et de faire connaître son procédé, qui pourra être utilement employé par beaucoup de petits fabricants!, en autorisant l'insertion d'une description et d'une gravure de sa machine,

Description de la machine 4 broyer le chocolat, de M. Legrand,

La machine inventée par M. Legrandse compose d’une caisse à en bois À, figure 62, garnie intérieurement en tôle, et divi= sée en trois cases B B° B”, séparées par des-cloisons de tôle, figure 64; celle du milieu B recçoitla poële à feu; les deux au- B’ B” forment des étuves où l’on dépose le chocolat pilé et prét à être broyé. On place dans ces cases une sorte derayon où } grille composée de trihgles à crochet K, et destinée à recevoir la poêle et les bassins remplis de chocolat. La case du-milieu est ouverte de chaque côté à sa partie supérieure, afin que la chaleur se distribuée sous toute l'étendue de la pierre, ou plutôt du baïn de sable sur lequel cette pierre repose. On voit, dans la figure 64, la direction que prennent les feuilles de tôle € t, lesquelles, après avoir formé les cloisons de séparation, se ploient et constituent le plafond des cases latérales. Des bouches de chaleur ww, pratiquées à chaque extrémité de la caisse en bois , servent au dégagement de la vapeur produite par le poussier de charbon contenu dans la poële ; on les ferme pendant l'opération.

La caisse A porte, à l'une de ses extrémités , deux colonnes CC, surmontées d'un entablement D, dont la partie antérieure est soutenue par un chässis E, qni porte le cylindre à broyer le chocolat. L'ensemble apparent de la machine de M. Legrand a quelques rapports avec celle de M, Poincelet; mais elle en diffère par le mécanisme qui donne le mouvement au rouleau, et surtout par la manière dont la force de l'homme estemployée.

L'auteur a pensé que l'homme exerçait une action plus puissante avec les pieds qu'avec les mains; ce qui peut être vrai dans certains cas, et surtout lorsque le travail dure peu de temps : alors l'ouvrier agit par son poids, eten faisant mouvoir alternativement les deux jambes:

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