‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etc (volume 2)Chapitre 20 sur 107 · VERRES A VITRES IMITANT LA MOCSSELINE · texte numérisé non relu

VERRES A VITRES IMITANT LA MOCSSELINE

Potasse caustique à l’alcool. ... 70 —

Verre de borax . 50 —

Calcin de cristal bien blanc. . . . 100 —

Minium purifié . ^80 —

Oxyde blanc d'étain . * 16 —

Peroxyde de manganèse . 158 —

Fondez à un feu violent jusqu’à fusion complète.

Seconde composition pour fimilation des fonds de mousseline .

Sable comme ci-dessus . 100 parties.

Potasse caustique . 70 —

Verre de borax . 50 —

Calcin de cristal . 100 —

Minium purifié . 80 —

Oxyde de cobalt . 1 —

Fondez à feu violent, comme le précédent, coulez dans l'eau froide, pulvérisez, et broyez le plus fin possible.

Les moyens mécaniques propres à mousseliner le verre à vitres consistent à prendre de la première composition une quantité proportionnelle à la grandeur de la surface des vitres que l’on veut mousseliner ; on la délaie dans une dissolution de gomme arabique en suffisante quantité, en ayant soin de l’étendre le [iliis uniment possible.

On fait sécher cette première couche générale : elle est destinée à faire tout le sujet, soit broderie ou décor quelconque.

Lorsque cette première couche est bien sèche, on prend les patrons ou dessins découpés, dont les fonds ont été mis à jour et le sujet conservé; on les applique sur le verre préparé, alors, avec une brosse de poils de sanglier mis en faisceau, on brosse toute la partie du fond qui est demeurée à découvert, ce qui enlève la première couche et rend la transparence à toutes les parties qui doivent servir de fond.

Ensuite on prend également une partie de la deuxième composition; on la délaie dans l’essence de térébenthine bien plus claire que la première couche pour former les fonds , qu’il faut faire sécher après les avoir étendus le plus uniment possible.

Les feuilles de verre ainsi préparées sont portées au four à réverbère pour y recevoir un vif coup de feu nécessaire à leur achèvement, qui n’a lieu que par la vitrification des couches appliquées sur toute la surface du verre, ce qui le termine et lui fait prendre la dénomination de verre à vitres mousseliné.

A la présente demande nous avons joint une feuille de papier verni dont la transparence est très-propre à donner une idée assez exacte de nos produits, ainsi que des décors dont ils peuvent être enrichis.

Sur cette feuille sont tracées et peintes quatre décorations différentes.

La première est du verre fond uni entouré d’une grecque , et dont le centre est orné d’une rosace.

La deuxième est du verre fond uni entouré d’une guirlande de vigne chargée de son fruit ; le centre est occupé par un vase de fruits.

La troisième et la quatrième disposition donnent une idée des nombreux et divers fonds qui peuvent être employés.

Imilaiion du verre mousseline.

Le TecJniologiste, tome 13 page indique pour l’imitation du verre mousseline un procédé qui consiste en ceci :

On prend un morceau de tulle anglais qu’on enduit de matière grasse et qu’on imprime doucement au moyen d’un rouleau d’imprimeur , sur le carreau de verre sur lequel on veut produire le dessin appelé mousseline. On enlève doucement le tulle, puis on soumet aussitôt le verre au procédé ordinaire de mordançage par l’acide fluorhydrique. Au bout de .4 à 5 minutes on voit apparaître un réseau délicat sur un fond mat qui, comme un voile, s’oppose à ce qu’on puisse voir du dehors à travers te verre, tandis qu’on peut tout apercevoir au dedans. En faisant varier la nature du réseau enduit de matière grasse, on peut ainsi produire des verres mousselines de différents genres sans le secours du feu.

Moyen pour percer le Verre.

On a souvent besoin, dans la pratique des arts, de percer le verre, et cette opération, à raison de la dureté et de la fragilité du verre, présente des difficultés. On a trouvé qu’il était avantageux, pour cet objet, d’humecler la pointe du foret en acier dont on se sert avec un peu d’essence de térébenthine dans laquelle on a fait dissoudre un peu de camphre. Le verre se travaille ainsi bien plus aisément, et on peut, sans danger de le faire éclater, y percer des trous d’uu bien plus grand diamètre.

Les mêmes matières peuvent servir à enduire aussi les outils lorsqu’on veut limer, équarrir et travailler le verre d’une Inanière quelconque.

Un physicien, M. Dujardin, a cherché à expliquer cet effet

en supposant que le verre est dans un état de cristallisation confuse, et que l’essence de térébenthine, s’insinuant entre les joints des particules vitreuses, tend à diminuer leur adhérence. M. Dujardin, ayant voulu voir si le même effet aurait lieu sur des silicates naturels, a trouvé que le feldspath, après avoir été plongé dans l’essence, se laisse limer beaucoup plus aisément.

De la taille des verres et des cristaux.

La taille du verre constitue un art particulier que nous n’avons pas entrepris de décrire dans ce manuel. Cependant, pour compléter autant qu’il est en nous ce que nous avons à dire sur la fabrication des cristaux et de la gobeletterie. Nous donnerons ici la description des machines employées à Birmingham, dans les ateliers de M. Bedford, pour tailler, égriser, doncir et polir les verres et les cristaux.

L’invention consiste dans certaines combinaisons de mouvements mécaniques et appareils, dans les machines propres à tailler, adoucir et polir les cristaux. Bacons, et autres vases qui exigent des surfaces plates, creuses ou saillantes, taillées, égrisées, adoucies et polies, comme tailles d’ornement semblables a celles faites ordinairement à la main sur des meules et pierres rotatives.

Description des dessins.

Fig. 200, élévation d’une machine construite suivant mon invention.

Fig. 201, plan de la figure 200.

Fig. 202, 203, 204, 205, 200, 207 et 208, vues séparées de diverses parties de la machine et appareils dessinés sur une plus grande échelle, dans le but de faire comprendre plus promptement leur construction.

Dans chacune de ces figures, les mêmes lettres indiquent les mêmes parties auxquelles elles se rapportent.

а, bâtis de la machine.

б, arbre principal ou conducteur tournant verticalement dans des coussinets convenables aux parties c,c, fixés dans le bâtis a de la machine.

d, tambour ou poulie attaché à l’arbre principal 6, et, par le moyen de la courroie f, venant de quelque premier moteur, le mouvement de rotation est communiqué à l’arbre principal b.

Sur l’arbre principal b est fixée la table ronde tournante ÿ, ou plaque à égriser, adoucir et polir; la nature et l’usage de cette table seront ci-après plus amplement décrits.

10 î TROISIÈME PARTIE.

On verra que l’arbre principal b passe au travers de la , table y et s’étend beaucoup au-delà, où se trouve la roue j dentée h et le pignon i; mais il est à remarquer que la roue j dentée h tourne librement sur l’arbre principal i, pendant que le pignon i est fixé sur cet arbre. .

y, roue dentée fixée sur l’arbre A-, qui tourne dans des coussinets convenables l, attachés au bâtis de la machine.

La roue dentée y engrène dans le pignon i, qui la conduit ; ce pignon est fixé sur l’arbre principal.

7fl, pignon fixé sur l’arbre k; il engrène dans la roue den- : téc h et la fait tourner. Cette roue, ainsi qu’il est dit ci-des- ■ sus, est susceptible de tourner librement sur l’arbre principal.

n, broches tournant dans des coussinets convenables atta- i chés sur le bâtis a de la machine. Elles portent chacune une j roue dentée qui est conduite par la roue dentée A, comme on le voit dans le dessin. ji

Ces broches n sont susceptibles d’être élevées ou baissées, ; et se trouvent ainsi plus ou moins rapprochées de la table ou | plaque tournante g, par le moyen des leviers o, qui ont cha- ! cun une charnière en jo attachée au bâtis de la machine. '

Ces leviers peuvent être garnis de poids pour régler le degré de pression sur la surface, à égriser.

g, vis d’ajustement passant au travers de chacun des leviers j O, et c’est par ces moyens qu’on règle la distance des broches \ à la plaque y, car on verra que sur chacune des broches n. il ; y a des colliers j- entre lesquels sont placés les leviers o, et \ par le moyen des vis d’ajustement y, portant sur le bâtis de i la machine, les broches sont soutenues à telle position qu’on , le désire. ‘

Sur ces broches sont attachés les supports qui retiennent | solideir.ent les flacons, pendant qu’ils sont soumis aux opé- | rations de l’égrisage, adoucir et polir.

Cette partie de la machine étant très-compliquée, je suis | entré dans un grand détail en en dessinant les diverses par- i lies. I

Fig. 202, plan des bâtis s qui forment lesprincipales parties I des supports qui sont attachés sur les broches 71, et qui [ portent les flacons lorsqu’ils reçoivent les opérations de la j taille, de l’égrisage, de l’adouci et du poli.

Ces bâtis s sont susceptibles de recevoir six flacons; l’un d’eux, étant représenté dans le dessin, fera comprendre promptement la manière de le fixer.

On verra que je n’ai pas représenté en entier les supports qui portent les flacons j mais, en même temps, il sera évident

que, comme chacune des parties servant à fixer les flacons dans les bâtis ou supports o est semblable aux autres, il suffira de décrire celle qui est représentée dans les figures 202, 203 et 204.

Fig. 203, flacon vu par le fond, représentant la manière de le fixer sur le bâtis s.

Fig. 204, flacon vu sur sa longueur, qui fera comprendre encore plus aisément la manière de le fi.xer.

i, supports ou grilles sur lesquels sont placés les flacons ; leur construction sera entendue par l’inspection du dessin.

Un flacon est placé sur chacun de ces supports, et, porté par lui, on verra qu’une partie des côtés de chaque flacon passe au travers des supports, et présente cette surface pour être taillée, égrisée, adoucie ou polie, selon que le cas l’exige, et qu’il sera ci-après plus complètement expliqué.

U, bandes sous lesquelles sont placés les flacons.

Ces bandes m sont attachées par des vis aux supports f, comme on le voit dans le dessin, et les supports t, sont fixés, ainsi qu’on le voit aussi, sur le bâtis s.

A la partie supérieure des bandes u sont pratiquées trois rainures pour recevoir les coins u, par le moyen desquels le flacon est solidement maintenu dans les supports i, où les coins peuvent être serrés par trois vis passant au travers des bandes u.

Fig. 205, 206, 207 et 208, autres moyens de fixer les flacons dans les supports ou bâtis s, dont les parties qui servent à fixer sont différentes de celles ci-dessus décrites.

Fig. 205, plan d’un support ou bâtis s, avec un flacon et l’une des pièces servant à le fixer, vus par-dessus.

Fig. 206, vue du côté du goulot dû flacon.

Fig. 207, autre vue du côté du fond du flacon.

Fig. 208, vue sur la longueur du flacon, représentant la manière de le fixer dans la grille t du support s.

On verra que, dans ce cas, la partie du support t est saillante en dehors pour dépasser le bout du flacon, afin de former une base ou arrêt pour la courte-broche », sur laquelle est attachée la plaque circulaire w, qui est dentelée à sa surface.

a?, disque circulaire en cuir portant un bout de liège qui entre dans le goulot du flacon, comme il est indiqué par les lignes ponctuées.

y, plaque ou base, attachée au support s, portant une vis y qui la traverse, et qui sert à fixer et à maintenir solidement le flacon dans la position voulue.

Z, vis qui sert à régler la surface qui doit être taillée, égrisée, adoucie et polie: elle passe au travers de la plaque ou

base y, et entre dans la plaque a, où sont pratiqués des trous pour la recevoir, un à chaque surface. Le tout est destiné pour la taille du flacon.

Sur un côté de cette plaque est attachée une pièce de cuir, laquelle, étant pressée clans la partie taillée du fond du flacon, se tiendra sufiisamment serrée lorsqu’on le tournera pour changer la surface sur laquelle il faut opérer.

i, bras saillant, un sur chaque grille t, des support s : ces bras sont placés sur les broches n , et ils portent des bandes qui pressent la surface des flacons pour les maintenir dans les grilles t.

Les bras h étant pressés par l’écrou c, qui se visse sur les broches w, où des pas de vis sont taillés à cet effet, un flacon étant placé dans un support garni d’un liège, ainsi qu’il a été expliqué ci-dessus , il faut serrer la vis y , par laquelle les deux surfaces de cuir seront fortement pressées contre le flacon, l’une sur le cou ou goulot, et l’autre sur le fond.

Parce moyen, les surfaces de cuir seront aussi pressées, l’une contre la surface dentelée de la plaque w, et l’autre contre la partie taillée du fond du flacon.

L’objet de cette pression est que le flacon, une fois fixé entre ces deux surfaces de cuir, ne pourra plus se déranger pendant qu’on mettra successivement en place ses diverses ' surfaces et qu’on fera tout ce qui sera nécessaire pour cet ; ajustement, savoir ;

Lorsqu’une surface a été travaillée et qu’on désire en mettre une nouvelle à la place, la vis de pression y sera desserrée, de même que la vis z, ce qui permettra de faire tourner le flacon avec la main sur la broche w d'une distance suffisante pour porter le trou voisin de la plaque n en face j de la vis .c , qui doit être alors resserrée, de même que la i vis de pression y au moyen de quoi le flacon se trouvera de i nouveau arrêté.

Il faut toutefois, observer que l’écrou c doit être préala- | blement desserré, pour alléger la pression des bras è, avant de faire tourner les flacons dans les supports, et qu’il faut resserrer cet écrou lorsqu’une nouvèlle surface a été ajustée.

1! est à désirer que les bandes u du bras b soient doublées en cuir, pour empêcher qu’elles n’endommagent le tranchant des arêtes.

Après avoir ainsi décrit la construction et la disposition des diverses parties, je vais expliquer la manière de les mettre en action.

Je suppose, dans cette description, qu’on désire tailler ou égriser dix-huit flacons dans la forme repyésentée par le

taîlle des verres et des èristaux. 10"ï’

dessin, c’est-à-dire ayant dix surfaces unies, taillées ou égrisccs.

Pour cet objet, je place six flacons dans chacun des bâtis s, où ils seront solidement maintenus, ainsi qu’il a été cidessus expliqué ; j’ajuste les vis g, et j'empêche ainsi que les flacons ne soient taillés au-delà de la quantité voulue.

Dans la première machine , la plaque g, pour la taille ou égrisage rude, est en fonte de fer soigneusement tournée à sa surface supérieure ; le mouvement étant donné à la plaque en égrisoir g dans la direction de la flèche , ce même mouvement sera, en même temps, communiqué aux broches n et aux bâtis s, dans la direction de leurs flèches respectives, par la roue Æ, qui engrène dans les roues fixées sur les broches n et les conduit.

On verra par là que le mouvement de rotation est communiqué également aux broches w, et à la plaque ou égrisoir ÿ, d’où il suit conséquemment que, par ce moyen, la plaque ou égrisoir sera toujours également pressé à sa surface par les flacons dont la face est soumise à son action.

C’est une propriété très-essentielle de mon invention :elle dépend du double mouvemeni de rotation par lequel la surface à égriser et celle de l’égrisoir varient constamment dans leur position relative, et l’égrisage est, par ce moyen, également distribué sur toute sa surface.

Pendant la taille ou égrisage, on laisse couler une certaine quantité de sable et d’eau sur la surface de l’égrisoir g, de la même manière qu’on en use pour les roues ou meules ordinaires à tailler ou égriser les cristaux.

Lorsque la première surface de chacun des flacons est taillée ou égrisée, le bâtis ou support s doit être soulevé par son levier o; et un coin placé sous la vis g retiendra les flacons à une distance suffisante au-dessus de l’égrisoir pour qu’il ne puisse point agir sur eux.

La première surface égrisée sur chaque flacon doit alors être tournée en dessus, en telle sorte que le coin du milieu des trois coins v se trouve placé sur cette surface; et lorsque la surface du côté opposé des flacons a été égrisée ou taillée, la première surface taillée doit être placée sous l’un ou l’autre des coins latéraux, et une troisième surface sera taillée à côté de la deuxième.

La première surface taillée doit ensuite être placée sous le troisième coin, et une quatrième surface sera taillée sur le côté opposé à la seconde surface taillée.

Il y aura ainsi trois surfaces taillées sur le côté opposé à la première taillée ; ces trois surfaces doivent être tournées

ÏOS TROISIÈME PARTIE.

en dessus, et elles serviront de gtii des pour tailler les surfaces successives, jusqu’à ce que le nombre voulu se trouve complet.

Ayant décrit ta première machine, je vais maintenant décrire la deuxième, qui est aussi destinée à tailler, égriser ou polir des flacons et autres vases de cristal.

Fig. 209, élévation d’une machine destinée à tailler, égriser ou polir les flacons ou autres vases de cristal.

a, bâtis de la machine, et 6, arbre principal ou conducteur ayant des coussinets convenables en c fixés sur le bâtis a de la machine.

La construction du bâtis a sera évidente par l’inspection des figures.

Sur l’arbre principal b est fixée la plaque à tailler (ou égrisoir ^r), dont la surface, comme on le verra, est angulaire, afin de pouvoir ajuster plus promptement le support des flacons ou autres vases de cristal en contact avec celte surface pendant qu’elle tourne.

Sur l’arbre principal b est fixé le pignon d’angle denté d, qui engrène et conduit la roue d’angle dentée e, placée sur l’arbre ou axe qui tourne dans des coussinets convenables è, lesquels sont supportés par la partie supérieure du bâtis de la machine.

«, pignon denté (représenté dansla figure 209, par des lignes ponctuées) : il est fixé sur l’arbre ou axe f ; il engrène et conduit la roue dentée^, fixée sur l’arbre ou axe /c, qui tourne dans des coussinets attachés au bâtis a de la machine, ainsi qu’on le voit clairement dans le dessin.

Sur l’arbre ou axe k est fixé le disque circulaire f, dans lequel est percée une fente qui sert à l’arrêter à la distance voulue du centre de cet arbre, et ils se meuvent excentriquement.

m, bande sur l’excentrique b, attachée à la tringle n par une vis o, servant à ajuster la longueur de cette tringle au moyen des écrous disposés à cet effet, comme on le voit dans le dessin.

P, plaque circulaire susceptible de monter et descendre sur l’arbre principal, pendant que cet arbre peut tourner sans faire tourner la jilaque p.

La tringle n m liée à la plaque p; ce lien permet à la tringle de se mouvoir de manière à ce qu’elle puisse s’accommoder elle-même au mouvement de l’excentrique, et il faut remarquer que la tringle n est suffisamment courbée ou cintrée pour ne pas toucher au pignon d : ainsi il sera évident que le mouvement étant communiqué au tambour sur

l’arbre principal b, la surface de l’égrisoir g tournera et taillera les flacons ou autres vases de cristal qui viennent en contact avec elle. En même temps la même plaque p montera et descendra continuellement par le moyen de l’excentrique et de la tringle n qui y est attacliée. L’objet de ce mouvement sera plus loin complètement décrit.

s, L leviers qui, dans la présente machine, constituent les supports des flacons et autres vases de cristal.

On verra que, dans la figure 209, j’ai représenté un flacon et un verre à boire seulement, pour montrer qu’on peut tailler, égriser ou polir des vases de diverses formes, en exigeant uniquement que la manière de les fixer dans les supports soit adaptée à des formes.

Chacun des leviers s, t a une charnière en r sur les montants attachés à la plaque p ; en conséquence, l’ascension et la chute de la plaque p feront monter et descendre les surfaces qui sont soumises à la taille, mais en contact avec te plan incliné y. Par ces moyens, ce plan incliné conservera sa position et présentera, dans tous les cas, une surface convenable.

^ Les leviers-supports s, ^ se composent, comme on le verra, d’un châssis ouvert pour recevoir le flacon ou autres vases de cristal; les côtés intérieurs de ce châssis sont inclinés, pour que le vase puisse s’y asseoir solidement, mais néanmoins sans passer au travers.

M, bande de métal doublée en cuir, ouvrant à charnière et arrêtée avec une clavette sur l’autre côté du châssis, comme on le voit dans le dessin. Cette pièce sert à fixer le flacon dans la partie à grille des supports t.

Le verre à boire est fixé de la même manière que le flacon dans les figures 205,206, 207 et 208, c’est-à-dire par un tampon ou liège et des vis que j’ai indiqués parles mêmes lettres de renvoi que dans les figures et la description précédemment données, qui s’appliqueront au cas présent, excepté que le liège ou tampon, s’ajuste facilement dans le verre et est destiné principalement â le presser intérieurement sur le fond.

q, tringles garnies d’un poids, attachées avec les levierssupports t. Ces tringles à poids q passent à travers des ouvertures ou mortaises taillées dans les pièces saillantes v du bâtis O ; ces ouvertures sont assez longues pour laisser joi^r les tringles y, tandis que les côtés de ces mêmes ouvertures ou mortaises leur servent de guides et les empêchent dêtre écartées de leur direction par l’action de la surlace g sur les vases placés dans les supports.

Fabricant de Verre, Tome 2, 10

no TROISIÈME PARTIE.

w, vis d’ajustement passant au travers des pièces saillantes

elles servent à régler la quantité de taille à donner aux flacons ou autres vases de cristal, au moyen de ce que, les leviers s, t arrivant sur les extrémités des vis w et y étant arrêtés, l’égrisage ou taille de la surface sera accompli.

Je décrirai maintenant la troisième machine à tailler, égriscr ou polir une suite de flacons ou autres vases de cristal l sur la circonférence d’une roue à égriser ou meule. '

La manière de fixer les flacons dans cette machine est la | même que celle qui a été décrite dans les figures 205, 206, 207 et 2Ü8, et les supports également semblables à ceux décrits dans la figure 209; il ne sera donc pas nécessaire d’en ; faire une nouvelle description , il suffira seulement de faire î voir que, dans le cas présent, ils sont disposés pour agir si- ! multanément par rapport à la surface de l’égrisoir ou meule r/.

Fig. 211, vue de côté, en élévation, d’une machine con- i struite suivant mou invention.

a, bâtis dont l’inspection ou dessin fera voir la construc- i lion.

b, arbre principal sur lequel la meule est attachée.

Le mouvement est donné par une poulie ou tambour, fixé ' sur cet arbre b, qui tourne dans les coussinets c, comme ou i le voit dans les dessins.

L’arbre principal se meut gn avant et en arrière dans le i sens de sa longueur; la meule recevra avec lui la même im- i pulsion et appuiera ainsi également sur la surface ÿ, comme il sera complètement expliqué dans la machine suivante! mais je n’ai pas jugé nécessaire de dessiner les parties atta- ' chées à la présente afin d’éviter toute complication. i

Les flacons, dans le cas dont il s’agit, sont stationnaires par rapport au mouvement horizontal; mais ils sont susceptibles de se mouvoir de haut en bas, afin de présenter les surfaces qu’on veut tailler ou égriser dans la forme voulue,, ainsi qu’il sera complètement expliqué ci-après.

p, 7, suites de vis à droite et à gauche ayant des portées à chaque bout, afin qu’elles puissent tourner dans des coussinets convenables r, fixés sur le bâtis a de la machine; sur chacune de ces vis, est fixée une roue d’angle dentée s. Ces vis comme on le verra, engrènent l’une dans l’autre ; en sorte que, lorsque le mouvement est donné à l’une d’elles, il est communiqué à sa voisine, et ainsi de suite. Il y a deux vis à chaque support qui agissent sur chacun des bouts.

M, écrous qui glissent de haut en bas entre les guides v, et les supports sont attachés à ces écrous u par des nœuds de Charnière, au moyen desquels les supports s, t (semblaJdes â

TAitLE DES VERRES ET DES CRISTAUX.' 111

üenx de la figure 209) peuvent s’élever et s’abaisser en tournant chacun sur sa charnière.

w, écrous sur le côté opposé de la machine et qui glissent entre les guides w. Ces écrous w sont percés chacun de deux mortaises, pour donner passage aux bouts des supports-leviers s, qui sont fourchus comme on le voit en x; par ce moyen, ils sont susceptibles de glisser au travers des écrous lorsqu’ils s’approchent de l’arbre principal, ou qu’ils passent par la ligne droite et parallèle à cet arbre.

y, fortes manivelles qui sont fixées sur deux vis opposée.s agissant sur le même support ; et, ainsi, il est évident que, lorsque chacun des supports contient un flacon ou autre vase de cristal, quelle que soit la position donnée à celui sur lequel les manivelles y agissent directement, les autres prendront, par l’effet des vis à droite et à gauche, une position semblable relativement à la surface servant à tailler, égriser ou polir.

Il s’ensuit évidemment qu’un homme faisant mouvoir ces manivelles et donnant ses soins à mener le flacon ou autre vase de cristal sur lequel les manivelles y agissent directement peut lui faire prendre la position qu’il voudra, et que les autres flacons prendront simultanément une position pareille, et seront taillés, égrisés ou polis de la même manière, et dans la même forme que celui qui est sous la surveillance immédiate de l’ouvrier et dirigé par le mouvement qu’il imprime aux manivelles y.

Je vais passer maintenant à la description de la quatrième machine, qui est aussi destinée à égriser sur la circonférence d’une meule ; mais dans celle ci, fig. 213 et 214, on voit trois meules, chacune égrisant ou taillant un flacon ou autre vase de cristal.

Les meules se meuvent en avant et en arrière, outre leur mouvement de rotation, dans le but d’égaliser leur frottement.

La vis sans fin d est placée sur l’arbre b; elle est susceptible d’avancer et reculer sur cet arbre, mais elle tourne avec lui ; cette vis sans fin d engrène et conduit la roue e fixée sur l’arbre ou axe f, qui tourne dans des coussinets comme on le voit en è, et sur cet arbre f est fixéé la roue i, qui fait tourner la roue dentée g dans laquelle elle s’engrène.

Cette roue j est attachée sur l’arbre ou axe k tournant dans des coussinets convenables, comme on le voit dans les dessins en l.

Sur cet axe k est fixé le disque circulaire m, percé d’une

112 TROISIÈME partie;

fente ou mortaise qui le rend susceptible d’être arrêté à un degré quelconque d’excentricité par rapport au centre de 1 l’arbre k. i

«, bande placée sur l’excentrique m.

O, tige attachée à l’arbre h par un joint à charnière.

Ainsi il est évident qu’un mouvement étant communiqué à l’arbre principal h au moyen d’une courroie passée sur la poulie ou tambour fixé sur cet arbre, ce mouvement sera > transmis par la vis sans fin tZ à la suite de roues qui, en faisant mouvoir l’excentrique m, imprimeront à l’arbre b un mouvement de va-et-vient dont l’étendue dépendra du degré d’excentricité donné au disque m, par rapport au centre de 1 l’arbre k.

Par ces moyens, les meules iront en avant et en arrière, i ce qui égalisera le frottement de la surface g.

Fig. 213, vue de face, et, figure 214, vue de côté (l’une et l’autre en élévation) d’une machine construite suivant mon invention.

e, bâtis de la machine.

ô, l’arbre principal portant trois meules g.

L’arbre principal reçoit le mouvement par le moyen d’une courroie agissant sur la poulie ou tambour fixé à l’une de ses extrémités.

Les supports des flacons ou autres vases de cristal sont, dans cette macliine, semblables a ceux représentés par les figures 205,206, 207 et 208; mais ici ils sont fixés sur un châssis quadrangulaire a, qui tourne sur les pivots 6, dans des coussinets convenables fixés sur le bâtis quadrangulaire c, qu’on peut appeler le bâtis à coulisse; car, c’est par le mouvement de va-et-vient, imprimé à ce bâtis, que les flacons ou autres vases de cristal doivent être taillés, égrisés ou polis.

d, oreilles attachées au bâtis c : elles sont percées de trous au travers desquels passent les tringles servant de guidée, qui sont fixées dans le bâtis quadrangulaire/’, lequel est immobile pendant que la machine fonctionne, mais qui est susceptible d’ajustement au moyen des trous g percés dans le bâtis de la machine et des vis h.

Les traverses j peuvent être élevées ou baissées, et fixées sur le bâtis a. de la maehine.

Les vis h passent au travers de ces traverses j et peuvent être élevées ou baissées par le moyen de leurs écrous.

Ces vis, étant attachées à la partie inférieure du châssis quadrangulaire, forment les supports de ce châssis et servent en même temps, à ajuster sa position.

On verra que le châssis a étant mobile sur les pivots b , la

partie des supports qui soutient les cols ou goulots des flacons peut être élevée ou baissée, pour adapter la position du flacon à la forme qu’on veut donner à sa taille, i, broches saillantes fixées sur le bâtis a , pour élever Ou baisser les cols des flacons.

Les broches i fonclionnent dans des rainures ou fentes taillées dans les plaques k , qui sont fixées sur chaque côté du bâtis /■, et suivant la direction de ces rainures ou fentes (qui correspondent l’une à l’autre), par rapport à la position des guides et à leur position relative , eu égard à la surface y, le flacon sera promptement taillé ou égrisé par les surfaces yy depuis le goulot jusqu’au fond du flacon, suivant la courbure désirée, comme on le voit dans le dessin ; comme les flacons et autres vases de cristal varient beaucoup dans leurs formes, on ne peut pas donner une règle positive pour tracer les formes des courbures ou rainures, mais en même temps on les obtiendra facilement en plaçant comme modèle dans la machine, un flacon préalablement disposé suivant la forme voulue, et en obligeant les broches i à marquer la ligne des rainures ou fentes, lesquelles forment réellement ce qu’on peut appeler un rail-way.

Le tracé de ce rail-'vay peut être promptement obtenu en tournant lentement la machine et guidant avec ia main le flacon ou autre vase de cristal, on oblige les broches saillantes i à marquer la ligne sur laquelle elles passent, et en faisant une entaille dans les plaques k, suivant cette ligne , on forme alors des rails-ways convenables pour guider les broches i , pour un nombre quelconque de vases de la même forme.

ly arbre ou axe avec des coussinets fixés en m sur le bâtis fl, comme on le voit dans le dessin.

Sur cet arbre l est fixée la roue n, autour de laquelle est passée une corde à poids o.

P, roue dentée fixée sur l’arbre ou axe f>, qui engrène et fait mouvoir la crémaillère dentée q, laquelle est attachée au bâtis à coulissée; conséquemment, la corde à poids sur la roue n a constamment une tendance à tirer vers elle le flacon, mais, comme les meules tournent dans une direction opposée , les flacons ne peuvent pas passer jusqu’à ce que leur surface soit égrisée ou taillée.

Ayant placé trois flacons dans les supports, et la machine étant convenablement ajustée, le mouvement donné à l’arbre principal communiquera aux meules un mouvement de rotation dans la direction de la flèche , et les meules recevront

en même temps un mouvement de va-et-vient, comme il a été ci-dessus expliqué.

La corde à poids est représentée au moment où elle est roulée sur la roue w, et oùles flacons s’approchent des meules en commençant par le fond, et, à mesure que les surfaces sont taillées, les flacons sont tirés en avant vers les meules jusqu’à ce qu’ils aient été taillés dans le goulot au point désiré.

La machine doit alors être arrêtée à la corde à poids remontée sur la roue w, ce qui ramènera les flacons à leur première position.

Alors de nouvelles surfaces doivent être ajustées; en tournant les flacons dans les supports et les y fixant de nouveau, la machine est remise en mouvement, et les surfaces voisines seront taillées successivement delà meme manière jusqu’à ce que le flacon soit terminé.

Fig. 210, partie d’un arbre principal portant trois meules destinées à tailler des surfaces creuses ou bombées.

Ces meules sont applicables à la dernière machine décrite, mais elles sont indiquées ici seulement dans le but de constater que des parties creuses ou bombées peuvent être ainsi formées dans cette machine ; mais je ne réclame pas comme étant de mon invention cette manière de tailler des surfaces creuses ou bombées.

Mon invention, pour tout ce qui concerne cette machine, a rapport seulement à la manière de fixer les flacons ou autres vases de cristal et de les diriger vers les meules.

Il faut remarquer ici qu’en employant dans cette machine ces meules à creuser, le mouvement de va-et-vient de l’arbre principal doit être supprimé.

Dans cette description, lorsque j’ai parlé de la surface à tailler ou égriser ç', je l’ai fait en termes généraux, afin de prévenir toute complication ; mais, dans le but de faire comprendre parfaitement l’effet de mon invention, il est maintenant à propos d’indiquer plus particulièrement la nature de la matière dont cette surface y est composée, ainsique les diverses matières employées dans les différentes parties des opérations que doit subir un flacon ou autre vase de cristal avant d’être achevé pour être livré au marchand, c’est-à-dire la taille ; l’égrisage, la doucie et le poli, semblables aux mêmes opérations lorsqu’elles sont faites à la main.

Lors(|uc l’une des machines est disposée à ce qu’on appelle la taille ou l’égrisage, la surface g est en fer fondu , pareille aux meules ordinaires, et doit être constamment entretenue d’un mélange de sable et d’eau.

Lorsqu’une des machines est disposée pour l’opération ap-

VEHRE SOLUBLE.

pelée l’adoucie, dans ce cas la surface g est en pierre, pareille à celles qu’on emploie pour adoucir les flacons ou autres vases de cristal à la main en la mouillant constamment avec de l’eau.

Lorsque l’une des machines est disposée pour polir, alors la surface g doit être en bois de saule, comme on le pratique pour le polissage à la main, et elle doit être constamment humectée avec un mélange de pierre ponce et de terre pourrie avec de l’eau, et pour la dernière opération du polissage, on doit employer la potée d’étain.

Dans toutes ces opérations, mon invention ne diffère pas des pratiques ordinaires quant aux matières employées.

Après avoir décrit la nature de mon invention pour la manière d’en combiner les diverses parties, je ferai remarquer que j’ai pensé qu’il était désirable de borner ma description principalement aux flacons; mais il est évident que nonseulement les verres à boire, tels que j’en ai donné un exemple dans le dessin, peuvent être assujettis et taillés d’après mon invention, mais qu’une grande variété d’autres vases de cristal peuvent être taillés, égrisés, adoucis et polis par ces machines; un léger changement dans la manière de les fixer dans les supports étant seulement nécessaire et pouvant être promptement exécutés par un mécanicien capable de faire les autres parties de la machine.

Il est évident que ces vases, variés, comme ils le sont, par la forme et les dimensions, non-seulement relativement les uns aux autres entre ceux qui sont désignés par des noms différents, mais encore dans les articles qui portent le. même nom, une description plus étendue ne sera pas nécessaire, parce qu’un léger changement de quelques-uns des moyens ci-dessus décrits, pour les fixer dans les supports, sera applicable aux formes des vases- de cristal autres que celles précédemment indiquées. ♦

l-’erre soluble.

Les anciens verriers et les chimistes, savaient parfaitement depuis longtemps que lorsqu’on force la dose des alcalis dans leur mélange avec les silicates, on obiient une matière d’un aspect vitreux qui se dissout quand on la jette dans l’eau, c’est même là un moyen dont on s’est servi depuis longtemps pour attaquer beaucoup de minéraux qui ont pour base la silice et pour en faire l’analyse, mais jusque vers le commencement de ce siècle, ce moyen n’était pas sorti des laboratoires et on n’avaitpascherchéàen faireuneapplicalion économique. De toutes les indications qui ont été

ÏI6 TROISIÈME PARTIE.

données pour expliquer la fabrication du verre soluble cellô ’ que M. Dumas a insérée dans le tome II de sa Chimie appli- | qiiée avx arts, nous ayant paru la plus complète et la plus satisfaisante, c’est celle que nous reproduisons ici :

« La découverte du verre soluble et de ses usages est due < à M. Fuchs, à qui nous empruntons tout ce que nous allons en dire. Ce verre dissous dans l’eau fournit un liquide qu’oa li applique sur les toiles ou les bois pour les rendre incombustibles. En effet, par l’évaporation de l’eau, il se dépose sur ' ces corps une couche d’une matière fusible par la chaleur et capable de les garantir du contact de l’air nécessaire à leur combustion.

» Préparation. — On peut obtenir le verre soluble en dissolvant de la silice précipitée et bien lavée dans une dissolu- : tion de potasse bouillante. Mais ce procédé, incommode et coûteux, n’est point praticable en grand.

» Quand on chauffe ensemble du sable et du carbonate de potasse, l’acide carbonique n’est jamais entièrement chassé à moins que le sable ne soit en quantité dominante. Mais oiî peut expulser tout l’acide carbonique en ajoutant au mélange de quartz et de carbonate de potasse de la poudre de charbon, en proportions convenables et telles que l’acide carbonique du carbonate non décomposé trouve la dose de charbon nécessaire à sa transformation en oxyde de carbone. Da cette manière, la silice forme d’abord un silicate en proportions convenables et chasse l’acide carbonique; puis, au moyen d’un bon coup de feu, le reste du carbonate de potasse est décomposé par le charbon, l’oxyde de carbone se dégage, et la potasse devenue libre se volatilise ou se combine avec le verre déjà formé.

» Pour obtenir toujours le verre soluble de bonne et de même qualité, il faut prendre plusieurs précautions. La potasse doit être purifiée; si ^le renferme beaucoup de chlorure de potassium, on n’obtient pas un produit entièrement soluble dans l’eau, et il reste un résidu gluant. En outre, le ' verre obtenu est efflorescent. Le sulfate de potasse ne pro- ! duit point de mauvais effet, parce qu’il est décomposé par le charbon quand la fonte est suffisamment prolongée, car, sans cette précaution, le verre renferme du sulfure de potassium qui lui donne également du penchant à l’efflorescence.

» Le quartz doit être pur ; du moins il ne doit pas contenir une quantité notable de chaux ou d’alumine, parce que ces terres rendent une partie du verre insoluble. Üne faible pro- i portion d’oxyde de fer est sans influence. ’

»> On prend la potasse et te quartz dans la proportion de 2 j

VERBE SOLÜBLE,

à 3, et sur 10 patties de potasse et 15 de quartz, on prend b parties de charbon. Il ne faut pas prendre moins de charbon ou le supprimer ; bien au contraire, quand la potasse 1 n’est pas suffisamment pure, il est avantageux il’employer I une plus grande proportion de charbon, Ce corps accélère j beaucoup la fonte du verre, et en éloigne lout l’acide carboj nique, dont, sans lui, il reste toujours une petite partie qui exerce une influence fâcheuse.

I » Du reste, on observe les mêmes précautions que pour la préparation du verre commun. Les matières doivent être d’abord bien mélangées, frittées et ensuite fondues à un feu violent dans un creuset réfractaire jusqu’à ce que la masse soit liquide et homogène. On enlève la matière avec une cuillère de fer et on remplit aussitôt le creuset avec une nouvelle fritte.

» On peut prendre 15 kilog. de potasse, 22 kilog, 500 1 gram. de sable et 1 kilog. 500 grain, de charbon, en prendre pour une fonte, et le mélange doit alors être chauffé pendant 5 à 6 heures,

» Le verre brut ainsi obtenu est ordinairement chargé de bulles; il est aussi dur que le verre commun; il est d’un noir grisâtre et plus ou moins transparent sur les bords. Quelquefois il a une couleur blanchâtre, d’autrefois elle est jaunâtre ou rougeâtre ; ce qui est un indice d’une trop faible proportion de charbon. Si on l’expose plusieurs semaines à l’air, il éprouve de légères variations, qui, pour sa destination, sont plutôt avantageuses que nuisibles. Il attire un peu d’humidité de l’air qui le pénètre peu à peu, sans que son agrégation et son apparence soient changées. Seulement, il se fendille et sur sa surface il se produit une légère efflorescence. Si, après qu’il a éprouvé ce changement, on le met au feu, il se gonfle par suite du dégagement de l’eau qu’il avait absorbée.

» Pour le dissoudre dansreau,on le bocarde; carsanscela, la dissolution se ferait trop lentement. Sur 1 partie de verre en poudre on prend à peu près h à 5 parties d’eau.

» L’eau est d’abord portée à l'ébullition dans une chaudière, et après on y met peu à peu le verre ; il fautconstamnient remuer parce qu’il s’attacherait au fond. H faut que l’ébullition soit continuée 3 ou 4 heures, jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus rien; et la liqueur a acipiis alors le degré de concentration convenable. Si, pendant que la dissolution est encore liquide, on arrête l’ébullition, on donne accès à l’air, et la potasse en attire l’acide carbonique, cc qui produit un effet très-nuisible. Par la même raison, il ne faut point

prendre une trop grande quantité d’eau pour la dissolution; ; car, pendant la longue concentration qui deviendrait néces* ' saire, l’acide carbonique de l’eau se combinerait facilement i ' la potasse, ce qui produirait du sous-carbonate de potasse et un précipité de silice. Quand la liqueur devient trop épaisse avant que tout ne soit dissous, il faut ajouter de l’eau 1 chaude. ‘

J) Quand la dissolution a atteint une consistance sirupeuse i et une dentité de 1,24 ou 1,25, elle est sufQsamment cou- ii centrée et bonne pour l’usage. On la laisse reposer, pour que les parties non dissoutes puissent se déposer ; pendant le re- | froidissement, il se forme sur la liqueur une pellicule co— i riace qui, plus tard, disparaît d’elle-même, ou se dissout I quand on la plonge dans la liqueur. Cette particule se f i montre déjà pendant l’ébullition, à mesure que la liqueur I ' approche de la concentration ; elle sert même à l’indiquer. j

» Quand le verre brut est composé convenablement, qu’il ne contient pas beaucoup de sels étrangers, pas de sulfure I de potassium , on peut le traiter comme on vient de l’ex- t poser. Mais s’il renferme notablement de ces corps, il faut, l avant de le dissoudre, séparer ces substances étrangères; on ji y parvient par la méthode suivante. Le verre bocardé est i*

■ souvent remué; s’il s’agglomère trop, ce qui arrive quand il 1 est humide, il faut détruire les masses qui se forment. Le I verre attire l’humidité de l’air comme nous l’avons déjà dit, ! et les substances étrangères se séparent ou s’eflleurissent. ( Alors il est facile d’en séparer le verre. On l’arrose avec de t l’eau froide et on le remue souvent. Après trois heures, on enlève la liqueur qui contient tous les sels étrangers et trèspeu de silicate de potasse et on lave la poudre avec de l’eau neuve. Le verre traité ainsi se dissout facilement dans l’eau bouillante et donne une dissolution qui ne laisse rien à i désirer.

» Comme le verre soluble est seulement employé à l’état liquide, il est gardé dans cet état pour l’usage. Pour cela, il n’est pas nécessaire d’avoir des soins particuliers, parce que dans un long espace de temps il n’éprouve pas de changements remarquables, quand la dissolution a été convenablement concentrée. Cependant, il ne faudrait pas laisser à l’air un trop facile accès, 1

» On obtient un semblable produit en remplaçant la potasse | par la soude ; il faut alors à peu près, deux parties de sous- 1 carbonate de soude cristallisé pour une partie de quartz. Ce ! verre se comporte de la même manière que celui à base de ; potasse, mais il le surpasse à l’emploi. Les dissolutions de \

%'ERRË SOLUBLE.

CCS deux espèces de verre peuvent être mêlées dans toutes les proportions, et ce mélange rend de meilleurs services dans quelques cas, que chacun d’eux pris séparément.

)i Propriétés. — Le verre soluble, forme une dissolution visqueuse qui, concentrée, est un peu trouble ou opale. 11 a une réaction et un goût alralin. La dissolution se mêle avec I l’eau dans toutes les proportions. Quand la densité de la dis- I solution est de 1,25, elle contient presque 28 p. 0^0 de verre ; quand on la concentre davantage elle devient très-visqueuse et peut se tirer en fils comme le verre fondu. A la lin, la liqueur se prend en une masse vitreuse cassante, dont la cas- . sure est conchoïde, elle ressemble beaucoup au verre ordiuaire, mais n’a point autant de dureté. Quand la dissolution ' a été appliquée sur d’autres corps, elle sèche rapidement à ' la température de l’air, et forme un enduit analogue au Ternis.

» Le verre soluble desséché n’éprouve pas de changements remarquables à l’air, et n’en attire ni l’eau ni l’acide carbonique. Aussi, l’acide carbonique de l’air n’a-t-il point d’action bien prononcée sur la dissolution concentrée, quoiqu’elle se décompose et laisse précipiter de l’hydrate de silice, quand on fait passer à travers un courant d’acide carbonique. Mais la dissolution étendue devient trouble à l’air avec le temps et se décompose entièrement. Lorsque le verre est impur, il SC forme après quelque temps une efflorescence produite par du carbonate et de l’byposullite de potasse ou par du chlorure de potassium.

» Le verre se dissout peu à peu et sans résidu dans l’eau bouillante, mais dans l’eau froide la dissolution se fait si lentement que l’on pourrait croire qu’elle n’a pas lieu, il ne devient entièrement insoluble que quand il renferme d’autres corps, tels que des terres et des oxydes métalliques, etc, , qui forment des sels doubles ou triples, ainsi que cela a lieu pour les verres ordinaires.

a Le verre soluble qui a subi le contact de l’air se boursouffle d’abord avec bruit, et fond assez difficilement, quand on le soumet à l’action du feu. Il perd alors à peu près 12 p. ®îo de son poids. 11 contient donc, même à l’état solide , une quantité considérable d’eau qu’il ne peut point perdre à la simple dessiccation par l’air.

a L’alcool le précipite sans l’altérer, de sa dis.solution dans l’eau. Quand la dissolution est très-concentrée, jil faut peu d’alcool pour le précipiter, et il n’a pas besoin d’être irèsrectifié. On peut donc se servir pour produire du verre soluble pur, d’une dissolution de i erre soluble impur; on

120 troisième partie.'

traite la dissolution par l’alcool, on laisse reposer le préci-^ pité gélatineux, on soutire la liqueur surnageante , on rassemble le dépôt , on le pétrit rapidement après avoir ajouté un peu d’eau froide et on le presse, A la vérité, on éprouve quelque perte, parce que l’eau froide dissout rapidement le verre précipité, à cause de sa grande division.

» Les acides décomposent ta dissolufion du verre, ils agissent aussi sur le verre solide et en séparent la silice à l’état

pulvérulent.

» Coinposition. — D’après M. Fuchs, le verre soluble contient, quand il a été exposé à l’air :

Silice . G2

Potasse . 26

Eau . . . 12

» Ce qui donne pouf le verre lui-même supposé sec ;

Silice.. . 70

Potasse.. . 30

» C’est donc 1 atome de potasse pour 7 à 8 de silice. La proportion de potasse perdue par la volatilisation est peu considérable. En effet, pour s’en convaincre, il suffit de je¬

ter les yeux sur le tableau suivant.

Mélange employé. Verre obtenu.

Silice., ..... 100 . 100

Potasse . 43 . 42

» Ce serait donc une perte d’environ O p. o/o de la potasse employée, en supposant même que celle-ci fût pure, ce qui n’est pas.

» Usages. — Les propriétés du verre soluble en rendent les applications nombreuses et variées. On s’en est servi au théâtre de Munich, comme moyen préservatif contre l’incendie.

» Toutes les matières végétales, les bois, les étoffes de coton, de chanvre, le papier, etc. , sont, comme on sait, combustibles, mais pour brfiler, ces matières ont besoin de deux conditions, une température élevée et le contact de l’air, qui fournit l’oxygène nécessaire à leur transformation en eau et acide carbonique. Une fois enflammées, leur combustion développe la chaleur nécessaire pour que le phénomène continue, pourvu qu’elles aient le contact de l’air; privées de ce

tEURE SOLUBLE, liJl

fcuütact,et ciiautî'ées au rouge, elles fourniraient des produits volatils inflatnniables, il est vrai, mais le charbon qu’elles laissent pour résidu ne brûlerait point, puisqu’il serait privé d’air, et dès lors la combustion s’arrêterait d’elle-mêine. Tel est le rôle que jouent tous les sels fixes fusibles et formés d’ailleurs de substances incapables de céder leur oxygène au rouge cerise tant au carbonate qu’à l’hydrogène. Ces sels fondent quand la matière végétale se trouve écbaulfée : ils lui forment un enduit impénétrable à l’air et préviennent ou limitent son inflammation. Le phosphate, le borate d’ammoniac sont dans ce cas, mais leur solubilité à froid offre des inconvénients qui ne se rencontrent pas dans l’emploi du verre soluble.

» Celui-ci forme un enduit solide et très-durable qui n éprouv e point d altération par l’air, qui n’occasionne pas de grands frais et qui est d une application facile, niais pour ne pas manquer le but, il faut apporter un soin particulier dans sa préparation et son emploi.

U Pour enduire le bois et d’autres corps, il faut une dissolution de verre soluble pur, parce que sans cela l’enduit serait efllorescent et se détacherait après un certain temps Cependant une faible impureté n’a pas d’effet bien sensible' quoique, après quelques jours , l’enduit se recouvre d’une efllorescence pulvérulente qui ne reparaît plus quand on l’a enlevée avec de l’eau. Quand on veut donner au bois un enduit durable, il ne faut pas au commencement employer une dissolution trop concentrée, parce que dans cet état elle ne le pénètre pas, n’en fait pas sortir l’air et ne s’y attache pas solidement. Il est bon de repasser souvent le pinceau sur la même place, et de ne pas étendre trop légèrement l’enduit Pour les cinq ou six dernières couches, il faut employer une dissolution plus concentrée, pourtant pas trop épaisse et autant que possible l’étendre également. Il faut que chaque couche soit bien sèche avant d’appliquer la suivante dans un air sec et chaud ; il faut à peu près vingt-quatre heures Après deux heures , l’enduit paraît sec, mais il est dans uri état tel, qu’il pourrait être ramolli par une nouvelle couche On a alors le même .inconvénient qui a lieu quand on appli-I que une couche épaisse avec une dissolution concentrée Ten- «uit se fond et n’adhèie pas bien au corps. Ceci n’a cêpenoantheu que pour le verre à base dépotasse; celui qui a etc formé avec de la soude ne paraît pas se fendiller » Quoique le verre soluble seul soit déjà très-utile comme

mieux cehm

quanu il est mêlé d’un autre corps incombustible en poudre. fairicant de Verre, Tome 2, 1 j

Dans le mélange, le verre sert principalement comme corps i liant. L’enduit reçoit plus de corps, il devient plus solide et I plus durable et se coagule par l’action du feu en une croûte Irès-adhérente quand le corps additionnel a été convenable- f ment choisi. Les os calcinés, la poudre de verre, etc. , peu- ; vent être employés pour cet objet ; mais on ne peut encore , dire avec certitude lequel de ces corps mérite la préférence.

Un mélange d’argile et de craie paraît être plus convenable i que chacun de ces corps séparément. Les os calcinés forment , avec le verre soluble une masse très-solide et bien tenace. La i litharge, qui forme avec le verre un mélange facilement fusi- | Lie, fournit pourtant avec lui un produit qui n’est pas propre à enduire le bois, parce qu’à la dessiccation, il éprouve j trop de retrait. Il se fend et se détache facilement. Le verre ( de plomb, le verre soluble brut, sont d’excellentes matières < additionnelles. Ce dernier doit être pulvérisé et exposé à I l’air, pour qu’il en attire l’humidité. Si on le mêle à la disso- 1 lution de verre, et qu’on l’applique ensuite sur un corps | quelconque, il donne en peu de temps une enveloppe ayant i la dureté de la pierre, laquelle, si le verre est de bonne qualité, est invariable et résiste bien au feu. ,

» Les scories de fer et de plomb, le feldspath, le spathfluor, | peuvent être employés avec le verre soluble ; mais lequel de ; ces corps est préférable, et dans quelle proportion doit-il | être ajouté? C’est te qui ne peut être décidé que par des i expériences. On conseille de former toujours les premiers enduits avec une dissolution de verre soluble pur, et de re- i passer une couche semblable sur celle à laquelle on aura 1 employé un mélange, surtout quand cette couche sera iné- ! gale et rude au toucher. '

)) Pour l’enduit des bois du théâtre de Munich, on a ajouté | 1210 d’argile jaune (terre Jaune). Apres six mois, l’enduit i | ji’avait éprouvé que peu d’altération; seulement en quelques i endroits il était endommagé et avait besoin de quelques ré- | paradons ; ce qui provenait de ce que le travail devant être j fait en peu de temps, la préparation et l’application de l’cn- I tluit ne furent point faites avec le soin nécessaire.

» Quand on veut employer ce moyen pour préserver du ; feu une maison ou une salle de spectacle, il ne suffit pas de couvrir seulement les parties boisées, il est très-nécessaire de préserver les toiles qui sont les objets les plus dangereux pour le feu. Aucun des moyens proposés jusqu’ici ne paraît aussi avantageux que le verre soluble ; car il n’agit point sur la fibre végétale, et remplit l’espace qui sépare les fils; il se fixe dans le tissu de manière à ne pas s’en séparer, et aug-

De nuit pas à l’usage des rideaux, parce qu’elle se laisse facilement rouler; et relativement à la peinture qu’on applique sur les toiles, le verre forme un fond solide. Mais, pour empêcher les altérations que les couleurs pourraient éprouver par la réaction de l’alcali, par exemple, le bleu de Prusse, les laques, etc., il faut avant de peindre, passer une couche d’alun, et ensuite une couche de craie.

» Il n’y a point de difficulté à vaincre pour donner la coucha de verre soluble sur la toile ; cependant , cette opération n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. Il ne suffit pas de les enduire avec la dissolution ou de les immerger, il faut encore qu’après cette opération elles soient soumises à une forte pression. On atteindrait peut-être mieux le but, en les faisant passer entre deux cylindres qui seraient plongés dans la liqueur. Quand on brûle une toile recouverte seulement à sa surface de verre soluble, elle reste encore incandescente pendant quelque temps après qu’on l’a retirée du feu, ce qui n’a point lieu quand elle a été convenablement imprégnée. On obtient le meilleur effet à cet égard, quand on a ajouté de la litharge à la dissolution. A la dessiccation, la toile obéit au retrait de la matière, et ne peut plus s’en séparer ensuite, comme cela arrive quand le même mélange est employé pour recouvrir le bois.

n Le verre soluble peut avoir beaucoup d’autres applications, principalement comme corps collant; il est supérieur à ceux qu’on a employés jusqu’ici, à l’égard des fragments de verre, de porcelaine, etc.

» On peut se servir de cette matière à la place de la colle, pour appliquer des couleurs, quoique seule elle ne donne pas un vernis capable de conserver sa transparence à l’air. «

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