ARGENTURE AVEC LE COTON-POUDRE
obtenu, par la création de cet art nouveau, une des plus belles applications des principes de la chimie, application qui, non-seulement nous fournira, pour nos appartements, des glaces d’un plus bel effet et d’un pouvoir de réflexion plus grand, mais qui donnera à l’optique un moyen de perfectionner ses instruments, et enfin qui affranchira une classe d’ouvriers des inconvénients attachés à l’emploi d’un procédé insoluble. »
Fabrication des miroirs et glaces argentés ait moyen du coton-poudre.
M. H. Volil, dit le Teclmologiste^ tome 10, page 3ti9, vient de découvrir qu’une solution de coton-poudre dans une lessive caustique, jouissait à un haut degré de la propriété de précipiter l’argent de ses dissolutions sous forme métallique. En effet, si on met en cotitact de la poudre-coton et une lessive caustique de potasse d’une force suffisante, ce coton se dissout dans la lessive en dégageant une chaleur assez considérable et de l’ammoniac, et fournit une liqueur brun foncé, parfois un [teu épaisse, qui, quand on y verse un acide, donne lieu à une vive effervescence avec dégagement d’acide carbonitiue et d’acide azoteux.
La manière dont le coton-poudre se comporte dans ce cas démontre que celte substance ne se dissout pas comme telle, mais doit éprouver une décomposition dans laquelle les atomes d’oxygène de l'acide azotique doivent se combiner avec l’atome de carbone du coton et donner naissance a de l’acide carbonique qui, de même que l’acide azoteux provenant de l’acide azotique, se combine avec une partie de la potasse. Une nouvelle décomposition de sel azoteux par la potasse, en présence de substances hydrogénées, fournit l’ammoniac.
La propriété la plus remarquable de cette solution alcaline est la suivante :
Si, dans la solution, on verse quelques gouttes d’une dissolution azotique d’argent, et qu’on ajoute de l’ammoniac, jusqu’à ce que l’oxyde d’argent qui s’est formé soit redissous, puisqu’on chauffe avec lenteur le mélange dans le bain-marie, il arrive un moment où la liqueur se colore en brun noir, où il se manifeste une effervescence, et où tout l’argent se précipite sur les parois du vase sous la forme d’un beau miroir. Le miroir ainsi obtenu surpasse de beaucoup en éclat celui qu’on produit par les huiles éthérées ou l’aldéhyde ammoniacal, et sa production facile donnera certainement lieu prochainement à des applications techniques importantes.
Il n’y a pas que le coton-poudre qui jouisse de cette propriété : on la retrouve encore dans le sucre de canne, le sucre de lait, la mannité, les gommes et autres matières qui j peuvent être rendues explosibles quand on les traite par l’acide azotique. L’acide picro-azotique lui-même produit, dans \ les mêmes circonstances, une surface métallique réfléchis- 1 sanie, et il paraît que cette réaction a lieu avec tous les corps qui, traités par l’acide azotique, ne fournissent pas de produits de l’oxydation, mais une autre série de corps qui admettent l’acide azotique, comme tel dans leur constitution, puisqu’ils abandonnent en même temps un équivalent d’eau.
Nouvelle méthode pour argenterie verre , parM. H. Weickert.
Lorsqu’à une dissolution récemment préparée de 510 à 450 parties d’arsénite de cuivre dans 1,700 parties d’ammoniac caustique liquide (d’un poids spéciliqué de 0,960) on en ajoute une autre composée de 170 parties d’azotate d’argent dans 1,020 parties d’ammoniac caustique et 1,020 parties i d’eau distillée, en ayant soin d’agiter, et qu’on verse ce mélange dans un autre vase en verre, qu’on ferme aussitôt avec un bouchon, on s’aperçoit que ce vase, au bout d’un certain temps, par exemple de 6 à 12 heures, pendant lesquelles on l’a abandonné au repos dans une position inclinée, s’est argenté bien uniformément sur toute sa surface supérieure, tandis que la paroi où la liqueur s’élève plus haut sur le verre s’est recouverte d’une poudre grisâtre. Si on redresse le vase verticalement, la poudre noire se mêle à la portion argentée et miroitante et la recouvre aussitôt de taches.
Cette argenture repose sur la propriété de réduction que possède l’arsénite de cuivre, sous l’influence duquel l’oxyde d’argent se décompose; l’oxygène mis en liberté se porte sur l’acide arsénieux qu'il converlit en acide arsénique, lequel forme avec l’oxyde de cuivre présent et l’amaioniac un sel basi(|ue d’arséniate de cuivre ammoniacal.
Quant à ce qui concerne l’argenture des plateaux ou des glaces en verre, voici un procédé que j’ai trouvé et qui me paraît efficace et praticable :
On se procure une caisse en tôle de forme rectangulaire à bords peu élevés, présentant une ouverture d’environ 1 centim. (5 lignes), et ([ui, sur toute sa longueur et des deux côtés, est pourvue à l’intérieur d’une rainure ou coulisse, d’une manière à pouvoir y insérer une plaque de verre de grandeur convenable. Celte plaque se trouve ainsi posée fermement, puisqu’elle repose par sa surface sur toute la paroi