DESSINS EN PAYSAGE ET HERBORISATIONS
sions avec, des étiquettes vitrifiées qui offrent le double avantage d’être iualtérables , très-visibles et d’un prix très-modéré.
Dessins en paysage et herborisations gu on peut former entre deux verres réunis par la fusion.
M. Pelouze a donné un article sur ce sujet qui nous a paru rempli d’intérêt: nous allons le faire connaître.
D'abord on peint son sujet sur un verre plat, que l’on dépolit en le passant à l’émeri , afin de rendre le travail plus facile. Ce verre est ensuite placé dans le foin neau , porté sur une brique bien cuite , bien dressée et presque polie. On applique sur ce verre peint un autre verre qui recouvre exactement le premier, et la brique portant les deux plaques reste dans le fourneau. On charge le tout d’une autre brique semblable à la première ; on donne la chauffe, ayant attention de retirer de temps à autre des mnnires du four, pour s’assurer de l’état de ramollissement plus ou moins avancé du verre. Il ne faut pas, pour notre travail , une fusion trop grande , qui noierait la couleur et nuirait à l’exactitude du dessin. Il est nécessaire seulement d'une chaleur capable de souder ensemble les deux plaques. Pour bâter cet effet, on charge assez fortement la brique supérieure avec une ou plusieurs autres briques.
Après le refroidissement du fourneau, et quand on en retire les plaques de verre, les deux ne semblent plus en faire qu'une, et le dessin semble faire partie de la masse où il se voit à l’intérieur; mais il est indispensable de polir, soit l’une seulement ou les deux faces du verre, car dans le fourneau il perd inévitablement son poli primitif.
On peut varier beaucoup l’effet de ces dessins , soit en peignant sur une plaque déjà colorée, recouverte d’un verre blanc , soit en peignant une partie du sujet sur l’une des plaques, et l’autre partie sur la seconde plaque. En général, hormis dans ce dernier cas , la plaque destinée à recouvrir le dessin , et au travers de laquelle il se laisse apercevoir, doit être tenue beaucoup plus mince que celle du fond ; mais cette différence ne doit être que le résultat d’un enlèvement de matière plus grand lors du doucissage et du polissage; car pour que le soudage s’opère bien régulièrement , il est toujours bon d’abord de ne joindre ensemble que des plaques d’égale épaisseur et d’une fusibilité égale.
On a tenté aussi d’imiter, au moyen de la soudure du verre, les camées tirés de pierres naturellement bi-colorées. Cela offre quelques difficultés , mais on les surmonte avec de l’at-
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tention et de l’adresse. D’abord on se procure une empreinte de verre , de couleur quelconque , par le procédé que nous avons indiqué plus haut. Il faut, pour réussir, que cette empreinte, tête ou autre sujet, ait été formée du verre le plus dur, le moins fusible qu’il sera possible de traiter dans notre fourneau : le verre sur lequel il s'agira de fixer l’empreinte , et qui sera d’une autre couleur, doit se choisir, au contraire, parmi les plus fusibles. Après avoir paré au touret ou sur la glace à l’émeri les bords des deux pièces à souder, on applique entre elles une poudre fine, délayée à la gomme, d’une composition extrêmement tendre et de la plus grande fusibilité, telle, par exemple, que celle-ci : borax calciné, 3 parties ; nitre, 2 parties ; minium, 6 parties ; oxyde de bismuth, 6 parties; sable siliceux, 2 parties : le tout préalablement fondu, pulvérisé et lavé. Pour garantir encore davantage l’empreinte de l’atteinte du feu, on la recouvrira d’une pâte de craie délayée dans de l’eau. Tout étant ainsi disposé, on introduira le sujet dans le fourneau, et on restera extrêmement attentif aux progrès de la fusion. Pour juger du moment précis où il conviendra de retirer l’empreinte sur le devant du fourneau, à l’aide des pincettes appelées hruxelles^ on aura soin de placer à côté du sujet des petites soucoupes contenant, en plusieurs portions, du fondant indiqué ci-dessus. D’instant en instant on retirera du feu, comme nnontre^ une des soucoupes. Aussitôt qu’mi y trouvera le fondant complètement ramolli, il faudra retirer l’empreinte qui, étant refroidie, sera débarrassée par le lavage de la craie qui la recouvrait. Les deux parties se trouveront très-exactement soudées, et il sera impossible d’y distinguer le point de jonction. Mais comme, dans cette opération, le verre inférieur aura perdu son poli, 11 faudra le lui restituer.
Yeux artificiels.
Nous allons faire connaître le mode de fabrication d’yeux artificiels, par M. Bax.
L’opération se réduit: 1® à fondre les lentilles de verre; 2“ à les user et les polir ; 3® à les peindre.
« 1" Pour fondre les lentilles, mon appareil, dit l’auteur, consiste en une boîte de tôle confectionnée sans soudure. Celle dont je fais usage est construite ainsi qu’il suit : 22 centim. (8 pouces) de longueur, lU centim. (5 pouces) de largeur, et li centim. (1 pouce 1?2) d’épaisseur. Ces proportions ne sont point rigoureuses. Cette boîte peut être comparée à un étui de livre; elle n’est ouverte que d’une extrémité. J’introduis par cette ouverture un plateau ou tiroir de même
métal, large de 13 centim. sur 22 (-1 pouces Zih sur 8) de long; ses bords sont relevés d’environ li millini. (G lignes'; il doit entrer et sortir librement; on lui adapte une anse ou queue pour le saisir. La boîte sert à garantir le verre en fusion des corps cinérés ; de pins, elle concentre la chaleur. L’intervalle qui existe entre la voûte et le plateau laisse voir l’état du verre pendant l’opération.
» Je taille autant de morceaux de verre circulaires que je désire fondre de lentilles. Le diamètre de chaque morceau est relatif à l’épaisseur du verre et à la grandeur des yeux que j’ai dessein de faire. Pour tailler le verre, je trouve plus expéditif d’appuyer le morceau que je veux arrondir sur un corps solide et anguleux ; puis, à l’aide d’un marteau, dont je ménage les coups, je brise tout autour les saillies qui bordent la circonférence; pour les grosses espèces, on pourrait employer le grugeoir des vitriers. Le meilleur verre est celui de glace, qui présente upe teinte verte dans sa cassure ; à défaut de celui-ci, les cristaux et le verre de vitre ; toutefois, il convient d’éviter, autant que possible, de réunir plusieurs qualités de verre dans la même cuite, afin que la fusion s’opère uniformément.
» Ainsi façonnés, je place ces verres sur le plateau, en observant assez de distance entre eux pour prévenir leur agglomération ; et, comme ils pourraient adhérer au plateau, ou lui enlever un oxyde qui troublerait leur transparence, il est indispensable d’enduire celui-ci d’une couche, de blanc de céruse délayé. Il est nécessaire aussi de dessécher cette couche à l’aide d’une chaleur légère. A la céruse on pourrait substituer le tripoli, ou un lit do sable fin. Le plateau dont j’ai fait mention pius haut peut contenir quarante paires de lentilles assorties. Je place horizontalement la boite sur un foyer, en sorte qu’elle puisse être entourée d'assez de charbons pour éprouver une forte chaleur. Le feu étant allumé, je glisse légèrement le plateau dans la boite, en conservant l’arrangement des verres.
» La fusion commence parleur circonférence, qui s’affaisse et s’arrondit ; alors les inégalités résultant de la cassure disparaissent, la face supérieure se bombe, l’inférieure se moule sur le plan où elle repose. Aussitôt que le verre est fondu, on retire le plateau, qu’on peut successivement remplacer par plusieurs autres. Ce moyen, plus expéditif, est aussi plus économique.
» 2« Les lentilles, ainsi fondues, ont, pour la plupart, besoin d’être usées sur leur face plate, ce qui se pratique en les frottant sur un grés uni et humecté, jusqu’à ce qu’elles soient
réduites à un segment de sphère, figurant la chambre anté- i rieure de l’oeil, coupée perpendiculairement à l’iris. Pour | abréger cette opération, on repliera une lame de fer-blanc, ou une feuille de carton, de manière à former un moule ressemblant à un rouleau de serviette. Son diamètre sera proportionné a l’étendue de la surface du grés. Pour s’en servir, on l’appliquera sur un plan uni, comme par exemple une table de marbre ou le dessus d’une assiette. On placera sur ce même plan, dans l’intérieur du moule, une couche de len- »
tilles reposant sur leur face plate ; on coulera ensuite par- (
dessus un mélange de poix et de plâtre, ou tout autre mastic susceptible de former une masse solide en se durcissant, et I capable de retenir assez fortement les lentilles pendant qu’on les use toutes à la fois. Le frottement du verre sur le grès le rend opaque; il suflit de le repolir pour rétablir sa diaphanéité; à cet effet, on frottera les lentilles usées sur un morceau de planche saupoudré de pierre ponce porphyrisée, ou de potée d’étain en usage chez les vitriers et miroitiers.
Pour terminer, on les passera sur un morceau de feutre de chapeau.
» 3° Pour peindre la pupille et l’iris, les personnes habituées â manier le pinceau suivront leur goût ; celles qui sont étrangères à cet art, pourront peindre la face plate uniformément de la couleur iridaire ; ensuite, elles enlèveront au centre un cercle de cette même couleur, grand et configuré comme la pupille; puis elles le remplaceront par la couleur noire, et vice versa, si l’on peignait d’abord tout en noir. Je prends avec une brucelle la lentille que je veux peindre; je [j présente la face convexe à une glace placée devant moi; par conséquent, la face plate est tournée de mon côté. Je dépose ij au centre de cette face une goutte de peinture noire que j’étends jusqu’à ce que je sois parvenu aux dimensions de la pupille que je veux exprimer ; la glace m’indique quand je j
suis parvenu à ce point. La pupille étant sèche, je coloi-e j ■
l’iris. Les couleurs employées devront toujours être broyées à l’huile de lin recuite, comme étant plus siccative. Elles seront assez consistantes pour ne s’étendre pas trop en se desséchant. i
Vabricotion des perles de verre à Venise. j ,
On fabrique à Venise de petites perles connues sous le I nom de calanes, rassades ou racailles, dont il se fait d’immenses exportations, surtout pour l’Afrique et l’Amérique, | et qui sont destinées au trafic avec les Indiens. La disposi- I lion des fourneaux , des creusets et des verreries de Venise I