‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 123 sur 127 · FABRICATION DO VERRE · texte numérisé non relu

FABRICATION DO VERRE

Tous les fabricants de verre ont reconnu que plus les fourneaux sont susceptibles de donner un grand degré de chaleur, plus on peut augmenter la quantité de sable. Il est donc bien évident que la prospérité d’une verrerie est attachée, en très-grande partie, à la bonté des fourneaux, ainsi qu’au choix du combustible.

Verre sans potasse ni soude, par M. Jaek.ee.

M. Jaekel a proposé de substituer Je feldspath à la potasse et à la soude. Voici la composition qu’il donne, tant pour le beau verre que pour le cristal :

Feldspath . 16 kil. 590 gram.

Chaux . \ K

Sel marin.. . . i aa‘ * ** 8

Sable . 19 — 180 —

Peroxyde de manganèse. » — 125 —

Procédés nouveaux de fabrication du verre, par MM, W. H. Balmain et C. A. Parnell.

On trouve dans le Technologiste, 11e année, page 185, un mémoire de deux chimistes habiles, sur un mode nouveau de fabrication du verre. Ce mémoire nous paraît présenter un si grand intérêt pour les verriers, que nous le reproduisons ici en grande partie.

« 1» Nous nous occuperons d’abord, disen t les auteurs, de la préparation des silicates simples de soude, de potasse et de baryte, et des silicates doubles de ces bases que nous préparons en chauffant leurs sulfates respectifs avec du sable et une matière charbonneuse, parce que nous croyons qu’il est plus avantageux de fabriquer le verre avec ces silicates que par les procédés communément en usage.

» Pour préparer le silicate de soude, à 20 pour 100 de cette base, on mélange à 150 kilog. de sable, 100 kilog. de sulfate de soude sec et en poudre fine et 7 à 8 kilog. de charbon de bois réduit en poudre fine, et on chauffe le mélange dans le four qui sera décrit plus bas , ou par les moyens ordinaires. A mesure que le silicate tombe du fourneau, on le reçoit dans un vase rempli d’eau , ce qui le rend plus facile â pulvériser, et en dissolvant le sulfate en excès, le présente sous une forme plus commode pour être recueilli.

« Pour faire le même silicate à 12 pour 100 de soude, on mélange 3 parties de sable, 1 de sulfate de soude et on chauffe en agitant de temps à autre dans un four à réverbère ordinaire. Si le feu est convenablement conduit, le pouvoir désoxydant de la flamme suffit pour effectuer la dé- Fabricant de Verre , 2a

composition du sulfate sans addition dê matière charbonjieuse, et par une exposition à une chaleur rouge sombre pendant six à dix heures pour obtenir un silicate parfait.

» Pour préparer un silicate de potasse a 26 pour 100 de base, on prend 175 kilog. de sable, 125 kilog. de sulfate de potasse et 8 kilog. de charbon, et pour un silicate à 14 pour 100, 125 kilog. de sable et 150 kilog. de sulfate de potasse.

» Quand on veut préparer des silicates doubles, on procède de la même manière en adaptant la proportion de sable et de charbon aux équivalents combinés des deux bases, et employant, quand les matières sont en fusion dans le four nouveau, un seul équivalent de charbon pour chaque équivalent de sulfate et trois équivalents de sable pour base.

» Dans quelques cas, on trouvera qu’il est plus avantageux d’employer l’une des bases à l’état de sulfate et l’autre à celui de carbonate ou bien à l’état combiné. Dans ce cas, on se servira du mélange de sulfate, sable et charbon, dans les proportions données ci-dessus, et on y ajoutera la base ou son carbonate avec une quantité équivalente de sable, mais sans charbon additionnel, ce dernier n’étant utile que lorsqu’il y a un sulfate à décomposer : par exemple, pour préparer le silicate double de soude et de baryte, on peut faire usage de l’un ou de l’autre des mélanges suivants :

N" 1. Sable . 275 parties.

Sulfate de soude . 72 —

Sulfate de baryte . 117 —

Charbon . 12 —

îsT° 2. Sable . 275 parties.

Sulfate de soude . 72 —

Sulfate de baryte . 99 —

Charbon . 6 —

a Quand on veut que le produit soit fondu ou vitrifié , on chauffe dans le four qui sera décrit, et si la chose n’est pas nécessaire, on chauffe dans un four à réverbère ordinaire.

» Des circonstances en apparence indifférentes, telles que la rapidité du travail, la force du vent, etc., peuvent rendre nécessaire la diminution de la dose du charbon. C’est à l’ouvrier intelligent à régler ce point. Un coulage de sulfate indique un défaut de charbon, une couleur brune un excès de ce dernier, ou, dans les deux cas, une température trop basse. La température la plus favorable esL le rouge blanc bien franc.

» De 8 à 10 pour 100 de sel commun ajoutés au mélange brut facilitent notablement la fusion des matières, sans altérer le résultat. Enfin le sulfate alcalin a besoin d’être à l’état de poudre fine et pa$çé an tamis de 29 à 2A trous au ceutim. carré.

FABRICATION DU VERRË. 291

» 2° La substitution d’un sulfure ou d’un iiyposulfi te au charbon, comme agent de désoxydation pour décomposer le sulfate dans la fabrication du verre, est parfois une chose économique et d’ailleurs avantageuse, parce qu’il y a un dégagement moindre de gaz que quand on emploie le charbon , et que la combinaison des matières a lieu rapidement. Nous substituons donc le sulfure ou l’hyposullite au charbon dans les mélanges ci-dessus indiqués, en réduisant la quantité de sulfate, ou augmentant celle du sable proportionnellement à celle du sulfure ou de l’hyposulfite employé. Un demi-équivalent de sulfure ou un équivalent d’hyposulfite peuvent remplacer un équivalent de charbon. Ainsi 20 parties de sulfure. de sodium remplaceront 6 parties de charbon, ou bien on peut faire un silicate à 20 parties de soude avec 40 parties de protosulfure de sodium , 144 parties de sulfate de soude, et 418 parties de sable.

» On peut, dans la fabrication du verre ou d’un silicate double, employer l’une ou l’autre des deux bases sous forme de sulfure. De là les applications variées qu’il est possible de faire de ce principe. Par exemple, pour produire un verre de soude de chaux, en employant un sulfure d’après ce principe, on pourra se servir d’un des mélanges suivants:

» 1. Sable, sulfate de soude , sulfure de sodium et chaux.'

» 2. Sable, sulfure de sodium , sulfate de chaux et sulfate, de soude.

» 3. Sable, sulfure de calcium (ou hyposulfilede chaux) et sulfate de soude.

» Lorsque le sulfure est facilement soluble dans l’eau , on le mélange aux autres matériaux sous forme de solution concentrée, ce qui permet de l’y incorporer plus intimement ; mais s’il n’est pas d’une solution facile , on le réduit en poudre grossière par un moyen quelconque.

» On se procure les sulfures par l’un des procédés connus. Pour préparer le sulfure de soude, nous chauffons le sulfate de soude et le menu du charbon dans le four de fusion qui sera décrit ci-après. Si les matières employées sont suffisamment exemptes- de fer, le sulfure obtenu peut être appliqué à la fabrication d’un silicate ou du- verre , sans autre préparation que d’être réduit en poudre. Mais par suite de la présence du fer, et aussi pour extraire le carbonate de soude qui est présent de la manière qui sera indiquée plus loin , il vaut mieux dissoudre le sulfure à la manière ordinaire , et faire bouillir la solution jusqu’à précipitation de tout le carbonate, le sulfate ou l’hydrochlorate présents, pour obtenir une solution à peu prés pure de sulfure (avec un peu d.e bisulfure) d.e sodium.

» Lê sulfure de baryum, qu’on peut économiquement préparer et facilement obtenir en cristaux , a l’avantage sur le carbonate et le sulfate naturels de ne pas contenir de fer.

» Le sulfure de calcium ou hyposulfite de chaux impur produit dans l’épuration à sec du gaz d’éclairage, est une source où l’on peut puiser avantageusement ce produit. Les résidus des usines à gaz ont déjà été employés a la fabrication des bouteilles ordinaires mais jusqu’ici comme moyen économique de se procurer de la chaux, sans égard à leur propriété désoxydante , qui est plus ou moins altérée par leur exposition à l’air.

» On peut se servir de ces résidus pour fabriquer du verre en une seule opération comme à l’ordinaire, ainsi qu’on en a donné un exemple ci-dessus pour la fabrication du verre soude et chaux; mais dans quelques cas, particulièrement dans la fabrication du ilint-glass , il vaut mieux diviser le travail avec les matériaux ci-dessus en deux opérations, c’està-dire faire d’abord un silicate ou une fonte dans un four, puis, après, fondre ou affiner ce silicate ou ce verre dans un pot comme d’habitude, mélangé ou non à d’autres matières, suivant le cas. Ce mode admet aussi des modifications trèsvariées, parmi lesquelles nous citerons comme exemple la fabrication d’un flint-glass , consistant dans la préparation d’un silicate double de baryte et de soude.

» A cet effet, on mélange intimement 84 parties de sulfure de baryum cristallisé, 114 de sulfate de soude et 410 de sable, et on chauffe au blanc dans le four ci-après. Le produit est un silicate double de baryte et de soude qui renferme, si l’opération a été bien faite , environ 14 pour 100 de soude et 11 pour 4 00 de baryte dans un état qui est propre à la fabrication du Ilint-glass de qualité inférieure, si on le mêle avec les proportions de sable , de minium, etc., adoptées dans les verreries.

» 3° Voici maintenant la description du four que nous employons à la fabrication du verre et des silicates:

» Fig. 181, section longitudinale du four.

» Fig. 182, section horizontale par la ligne a b , fig. 181.

» Fig. 183, section verticale par la ligne cd, fig. 181.

» Ce four consiste en un foyer n construit comme celui des fours à réverbère ordinaire, et deux soles inclinées oo, en briques réfractaires, soutenues sur des barres de ferjojD, encastrées des deux côtés dans la maçonnerie. L’inclinaison et la longueur de ces soles varient avec la nature des matériaux qu’on traite , leur fusibilité et le temps requis pour Faction chimique. Avec une matière très-fusible , la sole pourrait

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