‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 24 sur 127 · EXTRACTION DE IA POTASSE DE CENDRES · texte numérisé non relu

EXTRACTION DE IA POTASSE DE CENDRES

Le tronc des arbres donne moins d’alcali que les branches, celles-ci moins que les fruits, et ceux-ci moins que les feuilles. Il est aussi bien démontré que les arbres à moelle l’emportent sur les arbres durs; l’on peut même ajouter que la quantité de potasse semble être en raison inverse de leur dureté. M. Th. de Saussure, qui a fait un travail étendu sur ce sujet, a démontré que les plantes qui transpirent le plus sont aussi celles qui en fournissent une plus grande quantité; que l’écorce en donne beaucoup plus que l’aubier, et celui-ci plus que le bois; enfin, que les arbres toujours verts sont moins riches en alcali que ceux qui perdent leurs feuilles en hiver.

On a disputé longtemps pour savoir si les alcalis existaient tout formés dans les plantes, ou s’ils étaient le produit de la combustion. Les travaux de Rouelle, Duhamel, Margraaff, Deyeux, Vauquelin, etc., l’ont évidemment démontré. D’ailleurs les cendres des bois qui séjournent longtemps dans l’eau, et que, pour cette raison, on appelle lois flottés , en sont une nouvelle preuve, puisqu’elles ne donnent pas d’alcali. Nous ajouterons cependant à cela que la combustion paraît en augmenter la quantité. J’ai fait connaître aussi que les plantes qui avaient subi un commencement de putréfaction végétale en fournissaient davantage.

Extraction de la Potc sse de Cendres.

Le procédé pour l’extraction de la potasse varie suivant les substances d’où on la retire. Ainsi, lorsqu’on emploie la lie du vin (1), on doit la laisser bien égoutter, et la mettre ensuite dans des petits sacs en toile pour l’exprimer et en former des pains qu’on fait sécher pour les brûler ensuite. Il en est de même de la vinasse, qui offre le double avantage de servir auparavant de combustible pour l’évaporation de la liqueur alcaline.

Lorsqu’on se propose d’extraire la potasse des végétaux, on doit choisir de préférence ceux ou les parties de ceux que nous avons indiqués. Il vaut mieux recueillir les plantes à l’état de maturité et ne pas attendre qu’elles soient parfaitement sèches; car, ainsi que l’ont annoncé MM. Lavoisier et Chaptal, la combustion augmente la quantité d’alcali ; mais, si elle est trop rapide, elle en donne moins que lorsqu’elle est lente. On doit donc mettre les plantes en tas, avant qu’elles soient bien sèches, et creuser dans la terre des fosses

(*) ta lie de Tin brûlée et fortement calcinée est connue sous le nom de cendre» gjraïelées. Elle contient beaucoup de potasse et de sous-carbonale de potasse , qui ptidstsusat dikdécoepoîiüsa ds le c Hw ds tarira qu’sli» rsafenaei

ÏS6 PREMIÈRE PARTIE.

de 1 mètre (3 pieds) de profondeur sur 2m.60 (8 pieds) de diamètre, que l’on enduit de terre glaise. Cette méthode est préférable à celle de les brûler en tas, parce que la combustion est plus lente, et que le vent n’emporte rien des produits; il est même inutile de surmonter les fosses d’une grille, parce qu’on retombe alors dans l’inconvénient que nous venons de signaler. Lorsque les fosses sont bien sèches, on y brûle peu à peu les plantes, et quand elles sont pleines, on les tasse avec des billots de bois. Dès qu’elles sont froides, on les lessive à l’eau froide, en y ajoutant cinq pour cent de chaux pure, l’on filtre et l’on fait évaporer la liqueur pour la réduire aux deux tiers (1). On la coule dans des baquets oit on la laisse déposer pendant huit jours une grande partie des sels moins sQlubles, et les substances étrangères qu’elle contient. On décante alors, et on fait évaporer cette lessive dans des pots de fer, et à siccité. Le résidu, qui porte le nom de salin , est soumis à la chaleur d’un fourneau de réverbère, où la partie extractive est consumée et l’eau surabondante évaporée; aussi le salin acquiert alors une couleur plus ou moins blanche, et perd de 10 à 15 pour cent de son poids : c’est ce qu’on appelle potasse. Dans cette calcination, il faut éviter que le sel ne se fonde, parce que la matière extractive ne serait pas totalement brûlée, et que la potasse s’unirait avec les parties terreuses pour former une espèce de substance vitreuse très-difficile à dissoudre.

Quelle que soit la beauté de la potasse ainsi obtenue, elle est cependant bien loin d’être pure, ainsi qu’on pourra en juger par l’exposé des principes constituants des cendres des végétaux.

Analyse des Cendres végétales.

Les cendres des végétaux renferment un grand nombre de principes salins, d’oxydes métalliques, etc. De ce nombr* sont :

Parmi les oxydes, ceux de

Alumine. Manganèse.

Fer. Silice.

Parmi les sels ,

Les carbonates de chaux. — Potasse.

— de magnésie. — Soude.

(i) On donne le nom do charrèe ou résidu de la lessive des cendres qui reste dans les cuviers ; elle est composée de silice, d'alumine, de sous-carbonale de chaux et de quelques sels à base de potasse ou de soude, suivant les lieux d'où proviennent les plantes brûlées. Cette cbarréo est employée à la fabrication des bouteilles etdoi verre! k vitre communs; on y ajoute un pou do soude, etc.

ANALYSE DES CENDRES VEGETALES. St

Les hydrochlorates de chaux. — Potasse.

— de magnésie. — Soude.

L’hydriodate de potasse (1).

Les nitrates de chaux. —Potasse.

— de magnésie.

Les sous-phosphates de chaux. — Potasse,

— de magnésie. —

Les sulfates de potasse et de soude.

Le soufre.

Tous ces principes salins ne se trouvent pas en même temps dans le même végétal ; ceux qu’on y trouve le plus généralement sont : les sous-carbonates et phosphates, les hydrochlorates et sulfates de potasse, ainsi que les sous-carbonates et sous-phosphates de chaux, le sous-phosphate de magnésie, l’hydrochlorate de soude, la silice et les oxydes de fer et le manganèse.

Les plantes dites marines, telles que les salsola, les fucus, etc., au lieu de sous-carbonate et de sulfate de potasse, etc., donnent du carbonate et du sulfate de soude. M. Chaptal et moi avons reconnu que certains végétaux, tels que le tamarix gallica, etc., cultivés sur les bords ou à 2 kilom. de distance de la mer, donnaient des sels à base de soude, tandis que, cultivés à un rayon de 4 myriam., ils produisaient des sels à base de potasse.

D’après les connaissances des principes constituants des cendres, il est aisé de voir que la potasse contient toujours une quantité plus ou moins grande de substances étrangères impropres à la fabrication des savons et du verre.

Pour reconnaître leur force ou leur pureté, on a inventé un instrument nommé a Icalimètre, que nous ferons connaître bientôt. Nous dirons, en attendant, que ces substances étrangères qui altèrent sa pureté lui donnent des propriétés différentes; aussi les teinturiers ont-ils bien reconnu que les couleurs varient suivant la quantité des potasses qu’ils emploient. Nous devons à l’illustre Vauquelin une analyse trèsexacte des diverses potasses du commerce, qui est du plus grand intérêt pour la fabrication du verre. D’après cet habile chimiste, toutes les potasses du commerce contiennent du sulfate et du muriate de cet alcali; relativement à la quantité de potasse qu’elles contiennent, sur 1152 parties, elles doivent être ainsi rangées :

(*) Ea «apposas! «sec M. Gaullier-Claubrj que l’iode etl dans ce! état «alin dant !« »ar«eh.

Potasse d’Amérique . . , . 857

— de Russie . 772

Perlasse (1) . 754

— de Dantziclt . 603

— des Vosges . 444

— de Trêves . 251

Voici leur composition moyenne sur 100 parties prises sur un grand nombre d’échantillons des potasses d’Hlyrie, suivant M. L. T. Bley :

(Carbonate de potasse. . . 78.75 \

C“S,ae,edfj«.e.a:“ H.50

Silice et gypse ( ?).. . . 8.75/

r Carbonate de potasse. . . 82.85\

Tit-nv,;.,... ; Carbonate de soude et sel I ,nf. nr.

Deuxieme essai. de Glanber . 12 .50 100-0()

V Silice, sable et gypse (?). 4.65/

La potasse de Kasan a donné à M. Hermann, dans une analyse complète :

Dans la portion soluble :

Acide carbonique .

Potasse .

Soude .

Sulfate de potasse .

Chlorure de potassium. . . .

Bromure de potassium. . . .

traces. \

Phosphate de potasse. . . .

Dans la portion insoluble

Chaux .

Alumine .

Acide manganique .

Silice. ..........

Une nouvelle analyse des potasses faite par le moyen de

(î) En Angleterre, on consacre le nom de perlasse, pearl ashes, cendre-perlée, à uDe potasse très-blanche qui provient des Etats-Unis de l’Amérique; celle de première aorte est la plus forte du commerce. Ou assure cependant que celle que l'on fabrique en Toscane est encore plus forte*

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