OXYDES MÉTALLIQUES
Les oxydes métalliques sont le produit de l’union d’un métal avec le gaz oxygène (1). Plusieurs métaux n’en absorbent qu’une seule proportion, tandis qu’il en est d’autres qui, en s’unissant à plusieurs, constituent divers oxydes qu’on dési-
fi) Le gaz oxygène est un gaz incolore, inodore, insipide, d'nn poids spécifique qui est i celui de l’air comme 1,1025 est à 1000 ; il est le seul propre à la combustion et à U respiration; il entre dans la composition de l'air pour 0,21 ; les autres 0,79 sont dl Fizcte, 11 est aussi connu sous les noms d'air vital, air pur, etc,
gne par les mots proto, deuto , irito et per, suivant leurs de grés d’oxygénation ; ainsi, proto annonce le premier degré, et per le summum ou le dernier.
La plupart des oxydes métalliques furent connus en mêirtemps que leurs métaux, quelques-uns même avant eux ; •' leur avait donné le nom de chaux ou terres métallique", Stahl et ses sectateurs les regardèrent comme des métaux p:' vés de phlogistique, qu’il suffirait de leur rendre, au moyt du charbon, pour les revivifier. Lavoisier et tous les chimiae modernes ont reconnu que les oxydes métalliques, bien U' d’être des métaux dépouillés d’un corps, étaient au contrai; des combinaisons, en diverses proportions , de ces même métaux avec l’oxygène. C’est donc à Lavoisier que nous de, vons les connaissances les plus précieuses sur la nature d ces composés ; après ce célèbre et infortuné chimiste, Da\ démontra, par un grand nombre d’expériences, que les terri et les alcalis étaient des oxydes métalliques. Berzélius a con piété leur histoire, en annonçant que les proportions di verses d’oxygène, dans la combinaison des oxydes d’unmênr genre, étaient soumises à des lois invariables.
Nous connaissons plus de cent oxydes, qui ont été plus o moins étudiés. Nous allons présenter leurs principales pro priétés physiques et chimiques, afin qu’on puisse acquérii des connaissances suffisantes pour les reconnaître.
Propriétés physiques.
Les oxydes métalliques sont tous solides et cassants; ré doits en poudre, ils ont un aspect terne, à l’exception de ce lui de l’osmium; ils sont inodores, presque tous insipides, le plus grand nombre diversement colorés, d’un poids spé cifique supérieur à celui du métal et à celui de l’eau, -ceux d». potassium et de sodium exceptés. Ils n’exercent aucune action sur l’infusion de tournesol, à moins qu’il n’ait été rougi par un acide : alors, en le neutralisant, ils rétablissent sa couleur. Certains colorent en vert le sirop de violettes et fon passer au rouge la couleur jaune du curcuma.
Propriétés chimiques.
Soumis à l’action du calorique, il est des oxydes qui n’éprouvent aucun changement; d’autres perdent une partie de leur oxygène, tandis que d’autres s’oxydent encore plus ; enfin il en est qui se revivifient. Deux oxydes seuls sont volatils: ce sont ceux d 'arsenic et à! osmium. Il en est qui sont infusibles dans nos meilleurs fourneaux de forge ; de ce nom Pm Btmt lès protoxydes de barytét do ds etronitone,
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et plusieurs autres qui, avant de se fondre, abandonnent leur oxygène. En général les métaux très-fusibles donnent des oxydes qui partagent celte propriété; 1 e. bismuth, le/domS, le potassium, le sodium, etc., nous en offrent un exemple.
La lumière n’agit que sur les oxydes qui abandonnent facilement l’oxygène, comme ceux d'or, d’argent; encore même cette action n’est pas bien démontrée.
A l’exception des prétendus oxydes de la première section de M. Thénard, tous les autres peuvent être décomposés par une pile d’environ cent paires ; quant à l’action du fluide magnétique, on n’a encore trouvé que lesproto et dcutoxydes de fer qui fussent magnétiques.
Action de l'oxygène et de l'air. Ce gaz humide est absorbé à froid par quelques oxydes ; sec, on n’a aucune connaissance de cette absorption, à moins de citer l’action du protoxyde de potassium sur ce gaz qui se convertit en deutoxyde, ce que Thénard attribue à la chaleur qu’il suppose se développer lors de la formation du protoxyde, et qui doit favoriser la nouvelle oxydation. Au rouge cerise, plusieurs oxydes s’emparent d’une autre quantité d’oxygène qu’ils retiennent avec beaucoup de force à cette température, tandis qu’il en est d’autres (ceux de la sixième section) qui l’abandonnent. L’air agit également sur les oxydes, avec cette seule différence, que ceux qui sont susceptibles de se combiner avec l’acide carbonique, absorbent celui de l’air, et passent à l’état de sous-carbonates et même de carbonates.
Action du gaz hydrogène. A froid, elle est nulle; à une température plus ou moins élevée, il est sans action sur ceux de la première section, fait passer à l’état de protoxydesr les deuto et peroxydes de la seconde, et réduit presque tous les autres. Il se forme alors de l’eau, par la combinaison de l’hydrogène avec l’oxygène des oxydes. Dans le Manuel de Minéralogie, àeY Encyclopédie- Ror et, nous avons donné les moyens à pratiquer pour ces opérations.
Action du carbone. L’action de ce combustible sur les oxydes est d’autant plus intéressante à reconnaître, qu’elle est de la plus haute importance tant pour l’exploitation des mines, que pour savoir le rôle qu’il joue dans certains mélanges employés à la fabrication du verre et des glaces. L’expérience a démontré que le charbon végétai qui, sauf quelques substances étrangères, constitue le carbone, réduit tous les oxydes métalliques à un degré de température plus ou moins élevé, à l’exception cependant de ceux de la première section, qu’on ne place parmi les oxydes que par analogie.
ÏO PREMIÈRE PARTIE.'
ainsi que les oxydes de baryum , de calcium , de lithium et de strontium, dont les deutoxydes, à l’exception de celui de lithium, passent à l’état de protoxydes. En agissant sur les oxydes, le carbone s’unit à leur oxygène, et ferme deux composés, suivant les proportions d’oxygène qu’il absorbe ; ainsi :
1° Il passe à l’état d’oxyde, si l’oxyde métallique est difficile à réduire, quelles que soient d’ailleurs les proportions de charbon qu’on ait employées; ou bien si cette réduction M’est pas bien difficile, et qu’on mette un excès de charbon.
2° Il passe à l’état d’acide carbonique, si la réduction est facile, comme si la quantité d’oxyde l’emporte sur celle du charbon. Il est des cas où il se produit en même temps du gaz oxyde de carbone et du gaz acide carbonique.
Nous ne pousserons pas plus loin l’examen des propriétés chimiques des oxydes ; nous renvoyons à notre Manuel de Chimie, faisant partie de Y Encyclopédie-Roret ; nous nous bornerons à dire qu’on divise les oxydes en terreux, alcalins, et non alcalins. Nous allons examiner ceux qui entrent comme principes constituants du verre, ou comme matières colorantes.
OXÎDES TERREUX.
Les oxydes terreux sont au nombre de sept : ce sont les oxydes de
Silicium ou silice, Yttrium ou yttria.
Zirconium ou zircone , Glucinium ou glucine.
Thorinium ou thorine. Magnésium ou magnésie.
Aluminium ou alumine.
Il est aisé de voir qu’on a changé la terminaison de ces terres en ium, qu’on a donnée aussi aux métaux nouvellement découverts. La silice , Y alumine et la magnésie sont les seules qui sont employées dans la vitrification, et principalement la silice, qui est la base principale du verre. A cause du rôle important qu’elle joue dans cette combinaison, ce sera la première terre dont nous nousoccujperons.