‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 42 sur 127 · OXT DE DE COBALT · texte numérisé non relu

OXT DE DE COBALT

une grande capsule en verre ou en porcelaine; on l’étend dans une certaine quantité d’eau, et l’on y verse une solution de sous-carbonate de soude, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; on décante et on lave ce précipité à plusieurs reprises dans l’eau bouillante; on filtre et on le fait sécher soigneusement. En cet état, on le triture dans un mortier de porcelaine avec trois fois son poids de nitrate de potasse bien sec; on verse le mélange dans un creuset chaud, et l’on y plonge un charbon incandescent. Il ,se produit alors de petites explosions ; lorsqu’elles ont cessé, on porte le mélange au rouge ; on le retire ensuite; et, lorsqu’il est froid, on le pulvérise , et on lave à plusieurs eaux pour dépouiller l’oxyde de la potasse et du peu de nitrate non décomposé avec lesquels il est uni. Cet oxyde, ainsi préparé, est trèsbeau et le meilleur que l’on puisse employer pour colorer les pierres précieuses, les émaux, les verres, etc.

Si le cobalt contenait du fer, on ferait dissoudre, dans l’acide hydrochlorique, le précipité obtenu par la décomposition du nitrate de ce métal par le sous-carbonate de soude ; il faudrait ensuite précipiter l’oxyde de fer par l’ammoniac, filtrer, concentrer la solution par l’évaporation , et précipiter l’oxyde de cobalt par la potasse caustique. Ce précipité, bien lavé et sec, est alors mêlé avec trois fois son poids de nitrate de potasse, et l’on continue l’opération comme nous venons de l’indiquer.

Préparation de l’Azur.

L’azur est, à proprement parler, un verre coloré en bleu par l’oxyde de cobalt, et réduit ensuite en poudre. Nous donnerons seulement ici une idée de la fabrication de ce produit, nous proposant par la suite d'y revenir avec tous les détails convenables, etc.

On tire le minerai de cobalt, on le broie, on le crible et on le lave sur des tables; en le grillant fortement dans un fourneau a réverbère, le soufre passe à l’état d’acide sulfureux et s’évapore; l’arsenic se sublime à l’état de deutoxydo; enfin, le cobalt et le fer restent sur le sol à l’état d’oxydes. Après cette opération, on crible le minerai grillé, on le réduit en poudre, et l’on en prend une partie que l’on mêle avec deux ou trois fois son poids de sable siliceux et presque autant de potasse; on introduit ce mélange dans un creuset. Par la fusion, on obtient un verre bleu auquel on donne le nom de smalt; on jette ce verre tout chaud dans l’eau, on le broie ensuite entre deux meules, et l’on obtient ainsi des poudres plus ou moins fines. Le procédé pour le

préparer consiste à introduire le smàlt broyé dans des tonneaux remplis d'eau, à les agiter et à décanter l’eau à des in* tervalles plus ou moins éloignés.

Il est aisé de concevoir que l’azur est d’autant plus bleu qu’il contient plus d’oxyde de cobalt et moins d’oxyde de fer. Le prix en est fort élevé ; il varie de 50 à 60 fr. le kilog. Malgré cela, il vaut mieux employer l’oxyde de cobalt, parce que la couleur est plus belle et qu’il ne contient point de fer. Ajoutez à cela cpie comme l’azur est un verre coloré, ilfaut, pour la coloration des verres, etc., en employer beaucoup plus que lorsqu’on recourt à l’oxyde pur.

Nous avons indiqué les analyses des deux oxydes de cobalt; il paraît que les chimistes ont varié sur leur composition, puisque le terme moyen de Proust et de Roflioff donnent les termes suivants :

Protoxyde. Pentoxyde.

Cobalt. ..... 84.58 . 75

Oxygène . 15.62 . 27

Mais la véritable composition admise aujourd’hui par tous les chimistes est :

Protoxyde. Peroxyde.

Cobalt. ..... 78.68 .... 71.1 Oxygène . 21.52 ... . 28.9

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