‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 72 sur 127 · SYSTEME DE FOUR ET DE CREUSETS · texte numérisé non relu

SYSTEME DE FOUR ET DE CREUSETS

pesants, et par des mises de pots à tonnelle ouverte , qui les épuisent de bonne heure.

Le four est un quadrilatère. L’ensemble du système et du travail ne permet pas d’employer plus de quatre pots à la fois sur les deux sièges: ce nombre est de rigueur; il ne peut être augmenté qu’en faisant deux sièges de tonnelle pour y placer deux pots, comme dans les fours en cristal; mais cette augmentation nuirait au mode de travail adopté.

Fig. 133. Elle représente, dans la partie droite aa, la coupe en élévation de la ligne AA, fig. 137. Le creuset est d’un seul ensemble , à deux compartiments; la partie droite b est couverte d’un chapeau adhérent au creuset; son ouverture avancée s’ajuste dans l’ouvreau g. La partie couverte b est destinée à recevoir le verre au fur et à mesure que la fusion s’opère dans la partie découverte; c’est dans cette portion du creuset , dont la capacité a été difficile à déterminer, que se fait l’enfournement des matières, par un ouvreau d , placé au-dessus du tisard et un peu à droite. La matière fond à la surface du pot , coule le long des parois, jusqu’au fond du creuset, où des ouvertures pratiquées dans la séparation E lui permettent de passer dans la partie du creuset b.

La matière est cueillie par l’ouvreau g, et elle est proportionnellement remplacée par des charges successives et calculées avec la quantité du verre employée par le souffleur. La fonte de cent kilogrammes en composition s’opère dans le même temps qui est employé par le souffleur pour transformer en bouteilles d’un kilogramme cent kilogrammes de verre fondu.

La partie II représente la coupe suivant la ligne B de la figure 137.

Les lettres III, etc., représentent les ouvertures des cheminées dans le four, et leurs lunettes d’introduction dans les arches à fritter F F.

KKK, etc., indiquent les cheminées desortie des arches; elles excédent le faitage et portent la fumée du four à une assez grande élévation dans l’atmosphère.

EE représentent la séparation des deux compartiments du pot; on a éprouvé de bien grandes difficultés à établir et à joindre cette séparation aux parois du pot ; on n’y est parvenu qu’avec beaucoup de peine et de temps.

E’ représente la voûte du four (la couronne).

W’ représente la naissance des places des souffleurs.

Les lettres T représentent, sur toutes les figures, les armatures des fours.

Fig. 134, élévation, du côté du tisard G, des lunettes d’ar elles à fritter H H, et des couvertures à enfourner dd.

Fig. 135, coupe du four suivant les lignes D D de la figure 136.

F indique la coupe longitudinale d’une arche; dans la figure 133, les mêmes lettres indiquent une coupe transversale.

La lettre M représente le pont.

NNN, etc., représentent les sièges; 00, lestisards; PP, la courbe des pots à la fosse ; P’ P’, le chapeau du pot sur la partie b, fig. 133.

Fig. 136, gg, ouvreaux par lesquels l’ouvrier prend le verre dans le compartiment b du creuset P, fig. 135.

Fig. 137, plan du four, suivant la ligne AB de la fig. 133.

Les lettres Q Q Q, etc., représentent les grilles du foyer.

Fig. 138, plan du four, suivant la ligne CG’ de la fig. 135.

Fours à cornues de verrerie, par M. Hutter.

M. Hutter, de Rive-de-Gier (Loire), a pris, en 1826, un brevet d’invention pour un nouveau système de fours à cornues pour les verreries , dont nous allons donner la description;

Fig. 139, vue de face.

Fig. 140, vue de côté.

Fig. 141, coupe par 1,2, 3, 4 de la figure 143.

Fig. 142, coupe par 5, 6, 4.

Fig. 143, coupe par 7, 8.

Le but principal que nous nous sommes proposé d’atteindre par cette application nouvelle, a été une production plus grande dans une même usine, sans augmentation de capital.

Ce résultat , nous l’avons obtenu par l’adjonction des cornues de soufflage , qui suppriment les deux tiers des ouvertures pratiquées dans les anciens fours.

Jusqu’à présent, le nombre des souffleurs qui achèvent le manchon était limité au nombre d’ouvreaux, tandis qu’avec nos cornues nous pouvons occuper seize ouvriers avec des fours de huit à douze ouvreaux.

Le four indiqué en A est un four ordinaire et qui peut varier dans ses formes. Les cornues seules constituent l’application nouvelle.

A chacun des quatre angles du four sont placées deux cornues en a et b, fig. 143, communiquant entre elles parc etc?, et recevant par le conduit e la chaleur du four à la hauteur indiquée en f, fig. 142 ; mais lorsque la flamme, qui vient du four, ne suffit pas entièrement à l’opération du soufflage , il

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est adjoint, à chaque couple de cornues, une petite grille supplémentaire indiquée en l, fig. 140, qui permet de compléter régulièrement la quantité de flamme nécessaire.

Au-dessus des deux cornues placées à chaque angle du four, se trouve une cheminée g, fig. 139, dont l’orifice intérieur est indiqué en m, fig. 143, et qui sert d’appel à la flamme venant du four.

Par cette disposition, les ouvreaux 4, fig. 139, 141, sont réduits au diamètre strictement nécessaire pour puiser le verre dans les creusets*, fig. 142, 143.

Les cornues sont spécialement affectées à l’allongement des manchons, et chacune d’elles est occupée successivement par deux ouvriers , dont l’un prépare, en dehors du four, la paraison du manchon qu’il va allonger dans la cornue, aussitôt que celui qui l’occupe a fini cette même opération.

Un aide sert à puiser le verre dans les creusets *, et suffit au soufflage de deux ouvriers occupant une cornue.

De cette manière et par une succession régulière de travail, les huit cornues permettront la participation , au travail de fabrication , de seize ouvriers souffleurs et de huit aides , et l’opération du soufflage qui , jusqu’à présent , nécessitait pour la fabrication de deux mille feuilles de verre à vitre , dixhuit à dix-neuf heures de travail , se fera facilement en six ou sept heures seulement.

Aux avantages que présente notre application , il faut donc ajouter celui de l’économie du combustible , résultant de la diminution de durée d’un travail qui, en obligeant les ouvriers souffleurs à rester dix-huit et même vingt heures consécutives devant le feu , altérait leur santé et les forçait dé bonne heure à la retraite.

Système de fours à vitre, par M. Anchiaux, à Paris.

Le système dont il est question, breveté en 1841, consiste :

1° Dans l’emploi de l’air chaud pour alimenter les fours à vitre ;

2° Dans l’utilisation du calorique perdu de ces fours, pour chauffer l’air employé à la combustion ;

3° Dans un tirage artificiel réglé de manière à soulager les ouvriers souffleurs.

Par ce nouveau système de chauffage, on aura, même avec des houilles très-inférieures, des terni ératures plus élevées dans les fours, et par conséquent on pourra employer des mélanges vitrifiables plus réfractaires, ou gagner du temps sur la fonte, ce qui donnera une économie sur les matières vitrifiables, ou bien sur le temps et le combustible simulta-

Dénient, double économie que, estimée en combustible seulement, nous croyons pouvoir porter à 33 pour 100.

On ne sera pas étonné de ces résultats, si on pense que les fours de fusion des verreries, sont ceux qui utilisent le moins le calorique développé.

En effet, d’après MM. A. Perdonnet et Coste, l’effet utile des fours de fusion des verreries, n’est que de 3 à 4 pour 100, tandis que dans les hauts fourneaux on utilise 7 à 8 pour 100 à air froid, et cependant, par l’application de l’air chaud, on a trouvé une économie de 30 à 40 pour 100.

Du reste, il est facile de réduire en chiffres l’économie que nous annonçons.

En effet, en calculant que l’air chaud employé à la combustion n’aurait que 480 degrés (température qu’on obtiendra sans difficulté, et qu’on pourrait même porter à 360 degrés) ; pour un four qui consomme 600 kilog. par trente heures, cela représente 12 chevaux ou 50 kilog. par heure.

En outre, sur seize à dix-huit heures que dure la fusion, on gagnera un temps notable, ce qui donnera encore une économie en combustible.

Ainsi, en portant à 33 pour 100 l’économie probable de combustible, nous pensons encore être au-dessous des résultats que l’on obtiendra.

Mais, dans ce nouveau système bien combiné et bien établi, il en résultera encore un bien grand avantage sous le point de vue philanthropique.

En elfet, les ouvriers souffleurs surtout, qui, par l’ancien système, sont exposés à une température si élevée durant un si long et si rude travail, sont en outre, continuellement plongés dans une atmosphère de gaz, provenant de la combustion des houilles ordinairement sulfureuses ; ce qui détériore tant leur santé, que tous ou presque tous, se laissent mourir jeunes et misérables.

Or, par le nouveau système, comme il est facile de l’entrevoir en l’examinant avec soin, les ouvriers n’auront pas à respirer les émanations de la combustion, puisque ces produits de la combustion seront aspirés par une cheminée d’appel ou tout autre moyen ; et de plus, par ce même motif, le calorique émanera peu à l’extérieur, sera plus concentré, et par conséquent fatiguera bien moins les ouvriers.

Un perfectionnement ajouté en 1842, consiste à employer la chaleur perdue de l’air brûlé du four de fusion :

1" Au platissage du verre soufflé en cylindres, tout en chauffant ou ne chauffant pas l’air qui doit alimenter le four de fusion ;

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