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CHAPITRE XXVIII FABRICATION DES PERLES

Sommaire. — I. Perles de Venise. — II. Perles soufflées.

Les perles sont ou sphériques ou à facettes, en verre de difi*érentes couleurs et grosseurs, et servent à confectionner des colliers, des chapelets et divers ouvrages de dames.

• Leur fabrication consiste dans l'étirage de tubes cylindriques ou prismatiques de verre blanc ou de verre de couleur, à la grosseur voulue, dans le cou-

FABHICilTIO^ DES PFRLEti

page en petits mori,paii\ dans 1 arroodissage des vives arêtes i,t dans I enfilage

L'élirage d^î tubes t. obtient duant la lampe d"ématlleur nu bien dans un petit rechau I (lig i^j en

Fig. 238. — Fourneau pour l'étiraRC des

terre plaatiqueciiite, alimenté au coke ou au charbon de bois. Ce récliaud est surmonté d'un couvercle en forme de dilme à cliemînôe, ayant latéralement denï ouvertures lubuJaires, en regard l'une de l'autre, qui permettent d'y introduire horizontalement un tube de verre que l'on veut ramollir partiellement à.

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.A chaleur du réchaud. Dans la devanture du dôme i' y- a un regard servant à observer le degré de ramollissement du verre

On peut opérer l'étirage à la main ou bien se servir du banc à étirer suivant, qui fournit un moyen di- produire des tubes de thermomètres et de baro- .iMrës parfaitement calibrés.

On introduit un tube de verre dans les ouvertures iibulaires du réchaud, de manière que le bout sor- :aat puisse être saisi par une pince qui est portée par un petit chariot roulant sur deux rails parallèles, lesquels sont fixés sur un banc à étirer à plan incliné. Ce chariot est mû par une chaîne sans fin passant sur deux rouleaux dont Tun est mû par une .n H nivelle. La pince se présente ouverte tout près <lu réchaud et elle se ferme immédiatement lorsqu'elle est forcée par la chaîne de s'en éloigner.

La partie du tube exposée à la chaleur concentrée ^ous le dôme, se ramollit promptement ; c'est le n) ornent que l'ouvrier attend pour éloigner la pince .lu réchaud en tournant la manivelle d'une main «l'un mouvement très régulier, tandis que de l'autre inain il avance insensiblement dans le réchaud le t ibe à étirer afin de fournir incessamment de la nouvelle matière à mesure que le chariot s'éloigne.

Toute l'attention doit se porter vers le ramollissement à point de la matière et le règlement de la vitesse de la traction, suivant le degré de ramollissement du verre, que l'on peut apprécier en jetant un coup d'œil par l'ouverture qui se trouve dans la face du dôme.

Aussitôt que la pince est arrivée au bout de la' table à étirer, le chario* -»'«--*—— de la chaîne et

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revient promptement par son propre poids à son point de départ pour ressaisir le bout du tube; aussitôt que le chariot est sur le point d'échapper, un fil de laiton, tendu sur le banc, agit sur un petit levier qui humecte le bout du tube près de la sortie du réchaud, en môme temps que la pince lâche l'autre bout. Ce tube tombe dans un chenal en bois au moment où le chariot exécute sa course descendante.

Après avoir calibré, assorti par grosseur et coupé les tubes à longueur d'un mètre, on les livre au « menu ».

On fabrique à Venise ou plus exactement à Murano, de petites perles connues sous le nom de ralanes, rassoies ou rocailles dont il se fait d'immenses exportations surtout pour l'Afrique et l'Amérique et qui sont destinées au trafic avec les Indiens.

La disposition des fourneaux, des creusets et des verreries de Venise est la même que partout ailleurs; les matières premières sont : la soude, la potasse et un sable siliceux qu'on trouve en abondance sur la côte la plus voisine de Venise. Les matières colorantes sont toutes empruntées au règne minéral, et tellement variées, que l'on confectionne des perles de plus de deux cents nuances différentes. Voici le procédé en usage :

Lorsque la matière est en fusion dans le creuset, l'ouvrier en prend une masse grosse comme les deux poings au bout d'un tube de fer d'environ deux mètres de long, nommé canne ; dans cette masse, à l'aide d'un instrument de fer, il fait un large trou, contre lequel un autre ouvrier applique rextréniltô d'une autre canne, garnie d'une certaine quantité de matière également incandescente ; puis les deux ou-

vriers s'éloignent l'un de l'autre à reculons, en courant aussi vite que possible sur un chemin en planches ménagé à cet effet. La matière s'allonge et prend la forme d'un fil plus ou moins délié, selon que la course des ouvriers a été plus ou moins rapide, et selon la longueur de l'espace qu'ils ont pu parcourir avant le refroidissement. Le fil est alors cassé par morceaux d'environ 60 centimètres de longueur, et chacun de ces morceaux, quelle que soit sa finesse, a conservé dans toute sa longueur le trou qui primitivement avait été ménagé dans la masse. On fait quelquefois, par curiosité et devant les étrangers, de ces tubes forés d'un bout à l'autre, presque aussi fins que des cheveux et de plus de 30 mètres de longueur.

Les tubes passent alors dans la main de l'ouvrier margariter qm les coupe en menus morceaux.

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