‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 7 sur 194 · GRAVURE AU JET DE SABLE · texte numérisé non relu

GRAVURE AU JET DE SABLE

En Gouvraat la surface du verre d'un patron fait d'une manière souple ou élastique, telle que le papier, le ruban, le caoutchouc, etc., on peut graver tous genres de dessins.

On fabrique une sorte de verre coloré en coulant une couche mince de verre coloré sur une des faces d'une feuille de verre blanc. Si, après avoir placé un patron convenable sur la face colorée, on l'expose au jet de sable, le patron sera reproduit dans la couche . colorée dans un temps qui variera de 3 à iO minutes, suivant son épaisseur.

On calcule que la vitesse théorique d'un courant d*air (sans tenir compte du frottement) à la pression de i pouces d'eau, est d'environ 135 pieds par seconde; dans ce cas, évidemment, la vitesse du sable est beaucoup moindre.

Si Ton emploie un courant d'air moins rapide, c'est-à-dire d'une pression d'un pouce d'eau environ, des matières très délicates, telles que dçs feuilles vertes de fougère, résistent assez longtemps au jet de sable fin pour permettre à toutes leurs lignes de se graver sur le verre.

En graduant convenablement le temps de l'exposition, de manière à laisser le sable entamer les parties minces des feuilles, en ne conservant que les côtes centrales et leurs ramifications plus épaisses, on produira l'effet d'une gravure ombrée. Une pellicule de gélatine bichromatée, employée comme un négatif photographique, sera d'une résistance suffisante pour qu'on puisse graver un dessin sur le verre au moyen d'un jet de sable fin lancé avec une vitesse très modérée.

Pour entamer la pierre, l'inventeur se sert de la

vapeur comme propulseur du jet de sable; Teffet produit est d'autant plus rapide qucî la pression est plus forte, et que la vitesse imprimée au sable est d'autant plus grande.

Supposons qu'on emploie de la vapeur à 100 livres de pression; — on introduit le sable par un tube en fer central d'environ 3/16^ de pouce de calibre, tandis qu'on fait sortir la vapeur d'un passage annulaire qui entoure le tube à sable. Il se produit ainsi un certain courant d'air paj aspiration, qui attire le sable du tube central dans le jet de vapeur ; celle-ci entraîne avec elle le sable, auquel elle imprime sa vitesse, à travers un tube d'environ 6 pouces de long, et vient finalement frapper sur la pierre, placée à peu près à un pouce de l'extrémité du tube.

L'effet est d'autant plus considérable qu'on laisse écbapper une plus grande quantité de sable et de vapeur. Cependant, si l'on pratique un trou d'un diamètre un peu plus grand que celui du jet de vapeur, on remarque que la vapeur et le sable se contrarient et diminuent l'efficacité du jet.

Dans des conditions favorables, et en employant une force de vapeur égale à 1 cbeval i/2, sous une pression d'environ 125 livres, on peut tailler par minute 1 pouce 1/2 cube de granit, ou 3 pouces cubes de marbre, ou 10 pouces cubes de grès brun tendre.

Le sable quartzeux, lancé avec une grande vitesse, entame des substances plus dures que lui, et même le corindon. On a pu percer, en 10 minutes, un trou d'un pouce de long sur 1/4 de pouce de large, dans une lime d'acier trempé, avec un jet de vapeur à une pression de 100 livres.

GRAVURE AU JCT DE SMZ 31

Parmi les exemples curieux ûfi yerre ^'-t.,* a *v procédé, M. Wahl présenta un iiiorceaic dr vtry • vitres ordinaire qui, recouvert d'une V...^ 2r>r-i...que, avait été complètement percé a jo-r. et :fr*.: l'aspect d'un tamis de verre, a%ec d<^* ^^'..^.^•v^ t^f/12® de pouce, séparées par de» maî..e* u *>*;:: -. .«^ 1/16" de largeur.

Examinées au microscope, les f»îui..r* -v «^rfr-r :^polies par cette méthode montnfnt uri^ :'.r'..v i^ creux formés par les arêtes des çtîj.li^ 'ie ♦*.%>- *< paraissent plus uniformes que le> aijrf<i/"^ >*#-^^ j^i/ les procédés ordinaires.

Un fait curieux, qui se rattache a la ;;..«^ <rr. œuvre du procédé, c'est que Iorï*qu'une *i^rf;iç^. y, .r être sculptée en creux ou en relief, est pr/»/-;^'^^ ;#:».•tiellement par des armures ou patrons #rrj î.'.'-u!. ceux-ci prennent une courbure de bas en ha .* «y. «^ les coups des grains de sable, de i>orle que -^ patrons en papier sont plus durables que d^« p^t.' vri^ découpés dans le bronze. Il en est de mér;:e jf^>;r des plaques d'acier trempé, qui ne réaisieijt f><ï^ davantage à l'action des particules une» du «^loîe, a moins qu'elles ne soient revêtues de matières élastiques. La dentelle fine peut servir à protéger le verre dans l'opération du dépolissage, et elle laisse le-< lignes polies de ses dessins en saillie sur la surface dépolie.

A une réunion de la Société photographique de Philadelphie, M. Tilghman a présenté quelques spécimens de gravure sur verre préparé par ce procédé au sable. On fait sur verre le négatif d'un dessin à la gélatine bichromatée, on le soumet ensuite à l'action d'un jet de sable, sous une pression de i

à 4 pouces d'eau ; la pellicule de gé^tine protège le verre, et le sable n'attaque que les parties laissées j^ découvert. L'opératioa est complète dans trois à dix minutes. Les plus beaux spécimens ont été produits en employant du sable fin passé au tamis, sous une pression de 3 centimètres environ, avec une exposition un peu plus longue de la surface à graver.

Nous allons donner quelques détails sur ce procédé :

Une plaque de verre bien dressée- et bien polie est enduite d'une couche de gélatine bichromatée, avec toutes les précautions qui sont décrites' dans le Manuel de Photogravure, et sur lesquelles nous n'insisterons pas. Cette préparation se fait dans \e cabinet noir.

Si c'est un dessin que l'on veut graver, on le décalque ou on le trace sur du papier calque avec de l'encre de Chine ; ou le retourne et on l'applique sur la glace gélatinée. Si c'est une photographie, on place le cliché sur la plaque après l'avoir ou non retourné.

Dans les deux cas, on insole dans le châssis à exposer comme il est dit à propos de la photogravure. Toutes les parties insolées correspondant aux blancs du dessin sont devenues insolubles. On feve la plaque à l'eau chaude (80°) jusqu'à ce que toutes les particules de gélatine non insolées aient été dissoutes et que les portions de verre qu'elles recouvraient soient mises à nu. On expose alors la plaque à l'action du jet de sable dans un appareil tel que celui qui est représenté figure 229.

Le sable fin (sable de Fontainebleau) est mis dans une trémie a, d'oti il s'écoule d'une façon continue

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