‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 75 sur 194 · CCISSON DE LA PEINTURE · texte numérisé non relu

CCISSON DE LA PEINTURE

toujours dans les mêmes conditions de lumière, Ainsi, quand Tatelier est très éclairé, le moulle porté au rouge paraît plus sombre ; quand il Test moins, le rouge semble plus intense; de sorte que l'expérience d'un jour trompe souvent pour le lendemain. C'est pourquoi on doit s'attacher, au moyen de rideaux placés aux fenêtres, à s'éclairer d'une manière à peu près égale.

On se guide aussi d'après des échantillons d'émail que Ton introduit par les ouvertures du moufle; mais ces sortes d'épreuves sont peu concluantes, et n'indiquent qu'une température locale. Un essai obtenu dans une partie du moufle n'apprend rien sur l'état des autres parties. Cependant, si l'on veut faire usage de ce moyen, il faut avoir soin de rester toujours audessous de la température exigée, et arrêter le feu avant que l'échantillon d'essai ne soit tout à fait au point de fusion convenable ; car on a la certitude que la température s'élèvera davantage au centre, et qu'elle est déjà plus élevée vers les parois. C'est le carmin que l'on emploie ordinairement pour les essais de ce genre. Les changements de coloration qu'il subit à mesure qu'on le chaufl'e davantage, le rendent très propre à cet usage. Peu cuit, il est d'un violet sale : il passe ensuite au carmin pur ; et, enfin, quand on le chaufie trop, il devient jaune à la lumière réfléchie, et violet à la lumière réfractée, c'est-à-dire que, s'il est appliqué sur un corps opaque, tel qu'un morceau de porcelaine, il paraîtra jaune : il paraîtra violet, au contraire, sur un morceau de verre vu en transparence.

Enfin, on peut apprécier la température au moyen des instruments spéciaux imaginés pour mesurer la

chaleur des fourneaux : tels sont le pyromètre de Wedgwood et celui de M. Brongniart.

Lorsqu'on commence le feu, il est important d'établir un léger courant d'air au travers du moufle, pour dégager promptement les gaz qui doivent s'y former par la combinaison des substances fixatives employées dans la peinture, et ceux qui, venant du foyer, traversent les parois du moufle. Pour cela, on tient entr'ouverle l'une des ouvertures antérieures, ainsi que le trou de la partie supérieure. On adapte, en outre, à celui-ci, un tuyau de poêle de quelques décimètres de longueur, qui, en s' échauffant, appelle l'air intérieur du moufle, et détermine son mouvement ascensionnel. C'est au commencement du chauff'age que les gaz extérieurs les plus nuisibles entrent en plus grande quantité. Quand le moufle est rouge, ils sont plus complètement détruits à l'extérieur. Ces gaz exercent toujours sur la peinture une influence fâcheuse dont il importe de la préserver.

11 n'est pas moins utile de produire le courant d'air dont nous venons de parler, pour éviter un accident qui, sans cette précaution, arrive fréquemment : nous voulons parler du grippage. Voici en quoi il consiste : au commencement du chauffage, il pénètre quelquefois par le trou de la voûte du moufle, une grande quantité de fumée. Le verre est encore froid quand les parois du moufle sont déjà chaudes : il condense la vapeur aqueuse de la fumée, qui se dépose en gouttelettes à sa surface. Quand le verre commence à s'échauff'er à son tour, Teau qui le recouvre bouillonne avant de se réduire en vapeur. Elle finit par attaquer la peinture avec laquelle elle est en contact. Il en résulte une sorte de tressaillement particulier

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LûTs^j'je ie m«>ii3e est parveou au rouire-hmn, qn'oB roît s'affaisser les épr»»uvetle< en veriv, et que les monlPËS qu'on a tirées et quV^n a fait n^froiiiir lentement sar le convercle du fourneau sont bien fondues et d'un bel aspeot, ce qui doit avoir lieu vers la sûûème ou la septième heure de feu, alors on n^tire le feu par la porte du foyer du fourneau, avec autant de promptitude que possible, mais nêanmtùns avec précaution pour ne pas faire bouger le moufle ou pour ne pas le heurter, on ferme celle porte, ainsi que l'ouverture aux montres, on bouche celle du couvercle; puis, on abandonne au refroidissement, qui est opéré complètement au bout de ii à 30 heures.

Les charbons qu'on retire sont jetés dans un pot où on les étouffe pour en faire usaçe une autre fois.

Après le refroidissement, on retire les verres du moufle, on les nettoie avec une brosse et de l'eau tiède et on fait sécher avec soin.

La peinture sur verre qui s'exécute avec des émaux

PÉIISTCRE SUR VERRE

colorés n'est pas terminée dès qu'elle a subi un premier feu. Ordinairement, la fusion des émaux fait baisser le ton des couleurs en général. Les émaux de première classe surtout, quand ils reçoivent une chaleur trop élevée, perdent de Tintensité de leur coloration. Après le premier feu, il est nécessaire de rendre de la vigueur aux parties qui en manquent, et de donner à l'ensemble l'harmonie désirable. Il est même quelquefois utile de faire de nouvelles retouches après le second feu. Un troisième est donc nécessaire dans ce cas; mais la peinture ne saurait en supporter davantage; car une grande partie des émaux seraient gravement compromis par l'action réitérée du calorique, et tendraient à disparaître. Lorsqu'une peinture doit subir un nouveau feu, et qu'il est nécessaire de rétablir l'harmonie entre les différentes pièces qui en font partie, l'artiste les réunit ordinairement dans la position qu'elles doivent garder plus tard, pour pouvoir juger de leur ensemble. Pour cela, il les fixe dans leur place respective sur la glace du chevalet, ou sur un châssis vitré d'une grandeur appropriée.

Deux moyens se présentent pour maintenir les morceaux de verre en rapport' l'un avec l'autre. On peut les coller sur la glace avec de la cire que Totî file entre les doigts, et que l'on roule sur une table; la cire tient la place du plomb et bouche tous les intervalles. On peut enfin les mettre en plomb provisoirement. La mise en cire offre en sa faveur l'avantage d'être matériellement moins dispendieuse que la mise en plomb; mais elle manque de solidité. Lorsqu'il fait chaud, la cire se ramollit tellement, qu'elle supporte difficilement les pièces ; de nombreux acci-

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dents en sont la suite. Un tra^nil de longue haleine peut être perdu en un instant. Il est difficile aus^^i de débarrasser complètement le verre de la cire dont il est impré^é, sans perdre beaucoup de temps; et ce a>st pas sans dummage p^*ur la peinture, lorsqull en reste quelque part. En outre, le prix plus élevé de la mise en plomb n'est qu'illusoire, si ce nVst le peintre lui-même qui met en cire: car la viileur de son temps compense avec excès la dépense de la mise en plomb, puisque celle-ci est faite par un simple vitrier qui se borne à souder les exlréuiités des plombs. Quoi qu'il en soit, la mise en cire est seule pratiquée à Sèvres; à Munich, on préfère la mise en plomb.

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