‹ Nouveau manuel complet du verrierChapitre 76 sur 194 · MISE EH PLOMB DES VITRAUX · texte numérisé non relu

MISE EH PLOMB DES VITRAUX

Les différentes parties d'une verrière ayant subi le feu qui doit fixer les émaux à leur surface, il faut alors les réunir pour en former l'ensemble qu'elles doivent constituer. Cette opération se pratique au moyen de baguettes de plomb que nous allons décrire.

Le plomb se compose de deux bandelettes étroites réunies par le milieu d'une de leurs faces, et suivant leur longueur, par une lame mince transversale. De la disposition de ces trois pièces, il résulte de chaque côté un espace qui sépare les bords libres des bandelettes, et que Ton appelle chambre. Les quatre parties libres des bandelettes sont nommées les ailes. La lame transversale est Vâme ou le ca*vr. On comprend que les chambres sont destinées à recevoir les bords des deux pièces de verre contiguës qui seront recouvertes par les ailcs^ et séparées par le cœur. Le plomb se fabrique en baguettes de plusieurs décimé-

224 PEINTURE SrU VERRE

très de longueur. On lui donne depuis A millim. 1/2 jusqu'à 13 millimètres 1/2 de face, et depuis 4 millimètres 1/2 jusqu'à 9 millimètres de chambre.

Le calque qui a servi à tailler les pièces de verre, sert aussi à les mettre en place pour les unir avec les plombs. On commence par un point quelconque du panneau qu'il s'agit de former. La première pièce qu'on se propose de fixer, est disposée au lieu qu'elle doit occuper; on la retient de plusieurs côtés par des pointes que l'on fixe dans la table. Ces pointes, ou clous sans tête, remplissent ce but par l'intermédiaire de petits morceaux de plomb tiré, qu'on interpose entre elles et le verre. On prend alors une baguette de plomb dont on circonscrit un des côtés de la pièce de verre. Après lui en avoir fait suivre tous les contours en le poussant avec soin à l'aide de la tringlette, on en retranche ce qu'il y a de trop avec le couteau à plomb. On y ajoute immédiatement une seconde pièce que l'on retient comme la première avec des pointes, jusqu'à ce qu'on y ait adapté une baguette de plomb. On rabat les ailes de la première avec la tringlette, et on continue ainsi jusqu'à ce que le panneau soit complet.

Il faut ensuite procéder au soudage : cette opération consiste à faire couler sur toute la surface du plomb une couche de métal nommé soudure. Elle a pour but de réunir les différents morceaux de plomb entre eux, et de donner une plus grande solidité au réseau qu'ils forment. La soudure est un alliage de plomb et d'étain moins flexible que le métal des plombs lui-même, à qui, par conséquent, elle communique plus de résistance. L'étain et le plomb y sont combinés à parties égales. Avant de se servir de

CCISSO:^ DE LA PEINTIRE :22S

la soudure, il iàut la préparer à être employée commodèmeot. Ou fait fondre du plomb dans une marmite de fer. Dès qu'il est en fusion, on ajoute une pareille quantité d'étain. Quand le mélange est achevé, on le maintient à une température modérée, et on y projette une petite quantité de résine ou de graisse qui, en désoxydant le métal, lui i*end toute sa fluidité; on enlève ensuite Toxvde ot les niatit^n^s étrangères qui surnagent la soudure, et on la coule. Elle doit être coulée en bandelettes minces, qui, par leur forme et leur souplesse, sont plus commodes à manier. Ces bandelettes s'obtiennent en versant de petites quantités de soudure sur une planchette pourvue de cannelures tt disposée en plan incliné. L'inclinaison de ce moule doit être telle, que les bandelettes obtenues soient assez souples, sans être trop minces. Lorsqu'on est muni d'une suffisante quantité de soudure, on la met en œuvre. La soudure s'applique au moyen du fer à souder. Cet instrument consiste en une masse de cuivre, de forme conique, et dont la base offre un prolongement qui lui sert de manche. Ce manche est tenu à la main au moyen de deux pièces de bois concaves et mobiles, qui, réunies, lui forment une enveloppe. Le fer à souder pourrait être en fer. Il serait ainsi plus durable peut-être, mais le fer parait moins disposé à prendre la soudure que le cuivre. Le fer à souder doit être préalablement étamé à son extrémité. Dans ce but, il est aussi besoin d'avoir une planchette garnie d'une feuille de tôle étamée, légèrement concave. Le fer ayant été échauffé dans un fourneau convenable, on en déroche l'extrémité en la passant sur un morceau de sel ammoniac, et Qn la frotte ensuite sur la feuille de tôle

226 PEINTUBE SUR VKRRE

dont nous avons parlé, après avoir jeté un peu de résine pour en désoxyder l'élain. Le fer alors s*approprie une partie du métal de la plaque; il est étamé. Chaque fois qu'on le retire du fourneau, il est utile de mettre à vif son extrémité étamée, en la passant sur la plaque, dont on renouvelle le métal quand il est nécessaire.

Le fer étant convenablement chauffé et étamé, on l'approche du plomb préalablement saupoudré d'une petite quantité de résine. Dans cette position, on fait fondre de la soudure que Ton présente de la main qui n'est pas armée du fer. On l'étalé d'une manière égale et régulière en promenant la pointe du fer sur toute la surface du plomb. Le fer doit être à une température convenable ; trop chaud, il peut faire fondre le plomb; trop froid, il donne à l'étamage un aspect rugueux, désagréable à l'œil, qui résulte de la fusion incomplète de l'alliage. On étame le plomb d'un seul coté ou des deux côtés également, suivant le degré de solidité qu'on veut lui donner. Quand- l'étamage est achevé, on débarrasse le plomb de la résine dont il est souillé, en le lavant avec un linge imprégné d'essence de térébenthine.

Le fourneau qui sert à échauffer le fer est une boite de tôle ronde, sans grille ni courant d'air. Il est ordinairement porté par trois pieds qui l'élèvent à une hauteur commode pour l'usage. C'est la marmite du ferblantier. I e charbon dont on le remplit n'est alimenté d'air que par un soufflet à main.

La mise en plomb est rendue aujourd'hui beaucoup plus facile par l'emploi des fers à souder chauffés au gaz. On a pu ainsi supprimer le fourneau qui encombrait la table de travail, et d'autre part, l'ouvrier a

CCISSOK DE LA PEDO'l'KE 227

toujours à sa disposition on fer en étal, dont il lui est très facile de modifier la t-empfrature. Ce fer, bien connu, se compose d'un fer d apparence ordinaire, dont le manche creux est raccordé par un tuyau de caoutchouc avec une conduite de jraz d'éclairage, qui vient brûler autour de la partie supérieure du fer et le porte au degré de chaleur convenable. L'ne disposition accessoire et ingénieuse permet de régler automatiquement la dépense du gaz, qui ne brûle qu'à l'état de petit jet veilleuse quand le fer ne sert pas, et ce qui rend également impossilile un trop grand échauffement, si le temps d'inartivilé se prolongeait. Ce résultat s'obtient à l'aide d'une sorte de s^Mipape limitant l'arrivée du gaz et qui est naturellement ouverte par la pression de la main de l'ouvrier sur le manche, quand il saisit le fer pour en faire usage.

La soudure étant terminée, on fera bien d'enduire les points blancs et brillants qu'elle laisse et qui détruiraient les effets du tableau, avec une couleur à rhuile d'une teinte rembrunie, ou ce qui est mieux, avec de l'acide sulfurique très étendu qui ternit aussitôt réclat des métaux.

On établit aujourd'hui des quantités considérables de vitrages, où la mise en plorub forme en quelque sorte la seule opération de main d'œuvre. Ce» vitrages sont obtenus par la combinaison, suivant des dessins variés, de morceaux de verre de couleur colorés dans la masse, que les verreries livrent découpés suivant des formes généralement polygonales. Leur combinaison entre eux par l'emploi de verres rouges, jaunes, bleus, verts, et du verre légèrement verdâtre, permet d'obtenir les effets les plus variés- On emploie beaucoup également des pièces rondes, dites culs ô^

bouteilles, parce que, en effet, elles représentent très exactement ces objets, par suite d'une série de nœuds concentriques qu'elles portent sur leur surface.

Ce genre de verrières, qui est une restauration de décoration très employée dans les Flandres, a encore subi de nouveaux perfectionnements. Aux culs de bouteilles, en verre noir vei'dâtre, on a ajouté des objets de même forme mais en verre opalin, soit blanchâtre, soit coloré, formés par un verre fondu avec de rémail dans la masse.

ARMATaRE DES VITRAUX

L'armature a pour destination première de donner au vitrail assez de solidité et de résistance aux violences extérieures. En effet, le réseau de plomb qui enserre les pièces de verre ne peut les maintenir puissamment qu'autant qu'il a peu d'étendue, ou qu'il est soutenu de distance en distance par des barres ou des tringles de fer. Mais, quelquefois, cet appareil de fer concourt lui-même à Teffet de la décoration.

Nous en avons un exemple dans le vitrail gothique qui se compose de nombreux panneaux de formes variées, disposés avec art, de manière à produire un ensemble gracieux. Tci, l'armature, tout en réalisant les mesures de consolidation qu'il e^^t nécessaire de prendre, paie encore son tribut à l'art. Elle isole les panneaux dont elle fait ressortir les coDioure agréables, pendant qu'elle constitue elle-même, dans ses nombreuses évolutions, un dessin d'un eft'et d'autant plus puissant qu'il se manifeste en noir sur un fond transparent. Dans les vitraux, au contraire, où l'armature n'est plus l'auxiliaire de la peinture, et n'est

là que oHEunit ii»4ivvi <#- i» fi... «. .. . ^ saorait tsia^ nu* xuuffUM*. '..-»-• ,• -

autant ^t lltltSUMf: ^ ^:«hv^ o- «

les omSiref^ t^ ibuib'' nu* •** i« aiu yeoK ^unniF- m n.»*^ * • - -»*^ sous la icrm* l' un* sr -

que firein <wiu^>fn' **s- «u»' -***.. ,**d*éri(i«>f*c.i+. im» «n** . .-j demn>€sru.

P1qs»u^ 'Hysi''ij#«« f-i: ♦• ,.:->*-,•

traDs ^tttuiuu**^.. *:* ém.îï: .» -• contre*. ?iHi*îf «uiMiir i* j-i-^t' ^ ^ reti*TLLT.»tïin w» u*fnji-r- a-^ **- • par âiVun'i Ikj»- *35aiu «Kr-i .-r-.^ .. tôt cet imnet- o^ i*?» - '!•-.*. ^. ^ modi^Ti**. re»'«MN-»ii|- ,-- ^^ ..,-;. ^^ où âl* -wnit iittiiui^ju *«■.>*-. ..*. .. D'ajuâîm* îciit- *niln.. t> f. »•♦ *.

les fMg(IIil»t> ]IU! O*:-- aï;.»" ir »' ...» ..

d'uiM' |«rî «ur i* i^j.'i.;. ** v.. ^.

fabH/**r.itni i'-»-,- «jouii-. •' ,»■> ^, .,„.,. d«-ax iiaiid^ f'.\*^> f /t'î-'ii «j'.t

00 bfttni^ (I mit MfMi* ij.Ui. '*'•.;...,. *. .

qui CHilItti1.au«Qt i^^î- i*fU, l'jir:- «^ ^. '„ ^^ . .

est esottitijvetnent di'^jitfijfjiv,,- . ♦• » j^,. „ „^. ..

L'armature gothique, bien que plus simple, est encore plus coûteuse à établir à cause de la grande force des fers, et à cause des clavettes dont elle s'accompagne. L'armature à tringles avec attaches de plomb, est plus facile à fabriquer, mais elle a moins de solidité. Elle est, en outre, d'un aspect peu agréable.

Lorsque le vitrier a disposé les panneaux dans l'armature, <|u'il a placé soit les clavettes, soit les chevilles, ou fixé les attaches, il garnit de mastic tous les endroits qui peuvent donner passage à l'eau pluviale, et met ainsi la dernière main à l'œuvre.

Page 1