‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 104 sur 120 · MAKIKRE DS MONTER ET DE SE TENIR A CHEVAL · texte numérisé non relu

MAKIKRE DS MONTER ET DE SE TENIR A CHEVAL

Avant de monter à cheval, il faut visiter d'un coup-d'œil tout son équipement; cet examen, qui est l'alfaire d'un instant quand on en a l'habitude, peut prévenir bien des accidents. Un examinera d'abord si la sous-gorge n'est point trop serrée ou la muserolic trop lâche; si le mors n'est pas trop haut, ce qui ferait froncer les lèvres, ou trop has, ce qui le ferait porter sur crochets; si la gourmette porte bien à plat; si la Belle n'est ni trop en avant, ni trop en arrière ; si les sangles ne sont pas trop lâches, ce qui ferait tourner la selle sous le ventre, ou trop serrées, ce qui les ferait casser ou pourrait suffoquer le cheval ; si le poitrail est bien placé, la croupière ni trop ni p;is assez tendue; si les ôtrivières ne sont ni trop longues ni trop courtes, etc.

Cet examen fait, il faut s'approcher de l'épaule gauche du cheval, en lui disant oh pour l'avertir, de crainte qu'il ne s'effarouche : on tiendra la gaule dans la main gauche, la pointe en has ; on passera les rênes dans cette main, après les, avoir ajustées avec la main droite, ainsi qu'une poignée de crin prise de 216 ou 270 millimètres au-dessus du garrot. Prenant alors l'étrivière avec la main droite, on lèvera la jambe sans baisser le corps, pour engager le pied dans l'étrier, en prenant garde de toucher le ventre du cheval : après avoir

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pris un second point d'appui en empoignant l'arçon de derrière avec la main droite, le plus souvent possible, on s'élèvera à la hauteur de la selle sans ployer le corps; on étendra la jambe droite, que l'on passera pur-dessus la croupe après avoir lâché l'arçon de derrière, avançant les hauebes et creusant les reins, et l'on tombera en selle sans secousse et sans cesser de tenir le corps droit. Ces divers mouvements doivent être exécutés avec grâce, aisance, sans précipitation, et sans toucher le cheval ni avec la pointe du pied gauche ni avec la jambe droite.

Après avoir lâché la crinière et enfourché" la selle, il faut passer la gaule dans la main droite par-dessus l'encolure du cheval; prendre le bout des rênes avec la même main pour les égaliser, et les ajuster dans la gauche en les tenant sê-

Farée3 avec le petit doigt et laissant tomber le bouton sur épaule droite du cheval ; reployer le bout des doigts dans le creux de la main, Les ongles en-dessus, et étendre le pouce sur les rênes pour les assurer; enlin, se raffermir sur le siège, la ceinture et les fesses éloignées de l'arçon de derrière, les reins pliés et fermes sans raideur.

La belle posture du cavalier ne lui donnant pas moin* d'avantage pour gouverner son cheval, que de grâce, c'est la première qualité qu'un élève doit s'attacher a acquérir. La grâce ne consiste pas à se tenir à cheval immobile- comme un terme et raide comme un piquet, ni à affecter une attitude étudiée; mais bien à savoir s'abandonner à propos ou résister aux divers mouvements de son cheval; à conserver cet équilibre et cet aplomb dans lesquels on ne peut plus être maître ni de soi ni de son cheval ; à conserver dans tous ses mouvements le naturel, la liberté et l'aisance qui leur sont propres.

Le corps d'un cavalier peut se diviser en trois parties, dont deux, la partie haute et la partie basse, doivent être mobiles, et la troisième immobile. La partie haute comprend la tâ te et le corps jusqu'à la ceinture. La tète doit être droite et haute sacs affectation, libre entre les épaules, et regardant entre les oreilles du cheval; la poitrine élargie, les épaules libres, parallèles, bien effacées, un peu renversées en arrière.

Les bras doivent tomber perpendiculairement le long du corps, sans y être collés ; les avant-bras tendus en avant sans raideur. La main de la bride gouverne l'avant-main : elle doit être placée à la hauteur du nombril, a quatre ou cinq travers de doigt du ventre, de manière que les phalanges qui lient les doigts à la main soient perpendiculaires à l'arçon ; la

main droite doit être placée à. la hauteur et près de la gauche; la pointe de la gaule toujours tournée en bas, et tombant entre l'épaule du cheval et la cuisse du cavalier.

La partie moyenne du corps est immobile et forme naturellement le point d'appui du cavalier. Pour que cet appui soit parfait, il faut avancer la ceinture et les hanches ; tenir les cuisses tendues et tournées eu dedans, retirer et fermer les genoux, et s'asseoir sur le croupion.

De la position de la partie basse du corps dépend principalement cet aplomb si nécessaire à un homme de cheval; ces parties servent d'ailleurs à gouverner le corps et l'arrièremain. Il faut que les cuisses et les jarrets soient tournés en dedans, ainsi qu'il a été dit, afin que le plat de la cuisse soit pour ainsi dire collé le long des quartiers. La véritable position des jambes est de tomber d'aplomb, du genou en bas ; et d'être tout à la fois libres et assurées; car sans cette ■assurance elles ballotteraient contre le ventre du cheval et le tiendraient dans uue inquiétude continuelle; trop écartées du ventre, elles ôteraient la facilité d'aider ou de châtier le cheval à propos; trop avancées, elles répondraient à la poitrine au lieu du ventre; trop en arrière, elles correspondraient aux flancs ; enfin, si on les tenait trop raccourcies, on serait enlevé de la selle quand on pèserait sur les étriers.

La pointe du pied doit être un peu tournée en dedans, un peu plus basse que le talon sans l'être trop, et déborder l'étrier de 27 à 54 millimètres tout au plus; tous les mouvements des diverses parties du corps doivent être souples, liants, peu étendus. On met pied à terre d'après les mômes principes que l'on a observés en montant a cheval, et on détache de suite la gourmette.

Les premières leçons d'équilation doivent avoir pour unique but d'apprendre à l'élève à se bien tenir en sello,et à s'y maiutenir dans tous les mouvements que son cheval pourra exécuter. Rien n'est plus eilicace pour cela que la leçon du trot, parce que cette allure étant celle qui secoue le plus le cavalier, les autres ne sont qu'un jeu après celle-là. Après avoir acquis dans l'école cet aplomb et cette fermeté dont on vient de parler, il faut s'exercer sur de jeunes chevaux pleins d'ardeur et de vivacité, alin d'être bien sûr de soi.

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