MANIERE DE MENER LES CHEVAUX
a le soin de mettre le plus fort dans les timons. Le charretier se tient à la tète de celui-ci, à gauche, et une longue corde qui passe dans un -anneau du collier des autres pour aller s'attacher à la tête de celui du devant, lui sert à les conduire tous. Le limonier est fait pour reculer, tourner, retenir la charrette dans les descentes; mais il doit tirer fort peu : c'est a celui du devant et ensuite à ceux qui l'accompagnent, §. mettre la machine en mouvement.
On fait claquer le fouet de temps à autre, surtout dans les endroits difficiles, pour donner du cœur aux chevaux; mais il faut ne le leur faire sentir que le plus rarement possible. On voit les chevaux envers qui on n'abuse pas du fouet, rassembler tous leurs efforts au moindre bruit de cet instrument, tandis que les autres semblent insensibles aux coups, on se défendent avec opiniâtreté.
Dans-tous les cas, il. ne faut jamais frapper un cheval à la tête, lui donner des coups de pied dans le ventre, ni se servir d'un bâton pour le corriger : out(e qu'une semblable brutalité ne tend qu'à abrutir tout-à-fait le naturel des chevaux, elle peut leur occasionner des maladies mortelles.
Quand il s'agit de monter une pente rapide, il faut ménager d'avance les chevaux, puis les faire partir au trot en les aidant du fouet jusqu'à ce qu'ils soient bien lancés ; mais si leurs forces se refusent évidemment à cet effort, il faut, autant que possible, leur donner des auxiliaires plutôt que d'exiger d'eux ce qu'ils ne peuvent, faire. Si le limonier vient à s'abattre, il faut sur-le-champ faire un contre-poids au derrière de la voiture, et tacher de soulever les brancards, tandis que, relevant le cheval de la main gauche, on fera jouer le fouet de la main droite.
Le cocher, le postillon ou le charretier doivent se précautionner, quand ils entreprennent un voyage, de tout ce qui peut être nécessaire pour parer à un accident imprévu : fers de rechange, clous de fers et. de roues, cordes, marteaux, tenailles, onguent de pied, cure-pied, etc. Chaque fois qu'ils mettront les chevaux à l'écurie, leur premier soin sera de les panser à fond et de leur donner tout ce qu'il leur faut; le second sera de mettre tout leur équipage en bon état.
Beaucoup de conducteurs maladroits, ne sachant pas étudier le caractère de chacun de leurs chevaux, croient souvent reconnaître dans l'un d'eux des dispositions vicieuses, parce qu'il n'obéit pas aussi promptement que les autres : alors le pauvre animal est maltraité, négligé, et sera bientôt perdu si on ne se hâte de le confier à des mains plus habiles. D'autres font agir le fouet à chaque instant et sans raison,
surtout quand ils sont de mauvaise humeur. Les chevaux ainsi tourmentés se jettent en avant comme pour éviter les coups, et appuient fortement sur leurs barres, ce qui les leur gâte en peu de temps. D'ailleurs, encore une fois, ces chevaux sontsujets à devenir ramingues^ ombrageux, ou à. tomber sérieusement malades.