‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 44 sur 120 · DE L'ÉCURIE ET DE LA LITIÈRE · texte numérisé non relu

DE L'ÉCURIE ET DE LA LITIÈRE

La santé des chevaux dépend beaucoup de la manière dont ils sont logés. Ces animaux craignent extrêmement l'humidité; le grand froid ne leur est pas moins nuisible quand ils rentrent couverts de sueur; enlin, l'air étouffé et chargé de vapeurs qu'ils respirent dans certaines écuries situées audessous du sol, les expose à toutes les maladies qu'eDgendre le concours de la chaleur avec l'humidité.

Lorsque l'on est maître de choisir l'emplacement et de régler à son gré les distributions intérieures d'une écurie, il . faut y rechercher principalement la salubrité et la commodité.

Sous ce double rapport, une écurie, pour être bonne, devra être située de préférence au levant, bien aérée } sèche, suffisamment spacieuse et bien percée. Ses dimensions seront telles, que chaque cheval ait un emplacement de 1 mètre 62 centim. au moins de large sur une longueur de 2 mètres 60 centim. (I), et que l'on puisse circuler librement sans craindre les coups de pied. La hauteur sera proportionnée aux autres dimensions, mais telle toutefois que l'air ne soit pas étouffé.

On fait des écuries simples en profondeur, et d'autres qui sont doubles. Les premières sont plus commodes, en ce que les chevaux étant rangés sur une même ligné, on a tout un côté libre pour les portes,, fenêtres, et pour ranger tous les objets nécessaires au service de 1 écurie; celles-ci 'doivent avoir de 7 mètres 15 centim. à 7 mètres 79 centim. de largeur.

Dans les écuries doubles , les chevaux sont rangés sur

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denx lignes opposées , la croupe tournée en dedans. Il doit régner au milieu un intervalle d'au moins 3 mètres 25 centim. de large, afin de pouvoir circuler librement; et si l'écurie est très-vaste, elle devra être peruée de distance en distance d'un nombre suffisant de portes et de croisées ; sinon ces ouvertures seront placées au* deux extrémités.

Les places des chevaux, seront séparées par des barres et poteaux, afin qu'ils ne puissent se blesser entre eux; ou mieux encore par des cloisons ou stalles, ainsi qu'on le pratique aujourd'hui à l'imitation des Anglais. Chaque place doit être pavée en pente douce , tant pour faciliter l'écoulement des urines vers la rigole pratiquée au milieu de l'écurie, qu'afin que le cheval avant le devant un peu plus relevé que la croupe, H pèse moins sur les épaules (1).

Les mangeoires se construisent quelquefois en pierre, mais plus souvent en bois ; les premières auraient sur les secondes l'avantage de pouvoir se laver, d'être plus solides . de ne pas laisser perdre le grain à travors les jointures, nï offrir des retraites aux souris. Les mangeoires de bois doivent être construites le plus solidement possible, et bordées d'une bande do tôle devant les chevaux qui ont l'habitude de tiquer ou de ronger.

Le bord des mangeoires doit être élevé d'environ 1 mètre 14 centim. au-dessus du sol ; on leur donne environ 271 à 325 millimètres de creux et un peu plus de largeur; le dessous reste libre, et l'on place de distance en distance des supports ou racineaux, en ayant soin qu'ils se trouvent à l'endroit des cloisons ou poteaux, car si un racinal se trouvait au milieu d'une place, le cheval pourrait s'y blesser le genou.

L'élévation des râteliers est subordonnée à la taille des chevaux, mais on les place communément à 813 millimètres audessus de la mangeoire; on les fait penchés en avant ou droits : ceux-ci ont 650 millimètres de profondeur, et avancent d'autant sur- l'écurie ; le fond doit être à claire-voie, afin que la poussière et autres immondices qui sortent du foin paissent tamiser, au travers. Les râteliers inclinés prenant moins de place, puisqu'ils sont au-dessus de l'espace occupé par les chevaux, on en fait beaucoup plus de cette façon que de l'autre; mats ils ne sont ni aussi propres ni aussi gracieux à la vue. '

Les roulons ou barreaux des râteliers doivent être espacés de 108 millimètrjjs, afin que les chevaux puissent tirer le

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fourrage avec facilité. C'est dans le môme but qu'on les fait ronds et tournant sur eux-mêmes.

Le côté opposé aux mangeoires et râteliers, dans les écuries simples, doit être percé d'une oh plusieurs portes et de plusieurs fenêtres; celles-ci seront -vitrées ou tout au moins garnies d'un châssis en treillis, et disposées de manière à ce que la lumière ne frappe pas directement les yeux des chevaux ; il serait même bon de mélanger un peu d'ocre dans le crépissage des murs, afin d'en corriger la trop grande blancheur. Les espaces libres seront garnis de tablettes et de porte -manteaux servant à déposer tous les objets nécessaires au service. Quant aux harnais, il faut autant que possible les déposer dans une pièce voisine et ne servant qu'à, cet usage, / parce que l'humidité do l'écurie les détériorerait promptement.

Le palefrenier doit coucher auprès de ses chevaux et entretenir toute la nuit une lampe enfermée dans une lanterne de corne, de crainte d'accidents. Son premiei soin doit être, tous les matins, de nettoyer les mangeoires, panser ses chevaux, balayer l'écurie, enlever les fumiers et les toiles d'araignées, etc. Pour que les chevaux soient bien soignés, il ne faut guère en confier que cinq à six à chaque palefrenier, et il sera assez occupé.

Lorsqu'une écurie sera évidemment humide et malsaine, on l'assainira autant que possible, en perçant de nouvelles ouvertures si elle n'est pas assez aérée, et en garnissant les murs de planches. Lorsqu'un cheval sera mort de maladie contagieuse, i! faudra nettoyer tout ce qui lui a servi, laver le râtelier et les mangeoires à l'eau seconde des peintres, reblanchir l'écurie avec un lait de chaux et en répandre abondamment sur le pavé.

C'est une mauvaise habitude de laisser entrer des volailles dans les écuries. La présence de ces animaux inquiète les chevaux qui n'y sont point habitués, et leurs excréments en salissent les aliments, ce qui les dégoûte. C'est une habitude encore plus pernicieuse d'y conserver les araignées, et de laisser pourrir le fumier sous les pieds des chevaux. Les eaux des jambes, la pourriture de la fourchette, les chancres, crapauds, et la plupart des autres maladies du pied, n'ont pas d'autre cause que cette dernière ; d'ailleurs l'humidité ramollit la corne.

La litière est formée par la paille que les chevaux laissent tomber du râtelier, et par celle qu'on leur donne pour cet objet. Elle sert non-seulement à les garantir de la dureté du pavé, mais encore à les préserver du froid, de l'humidité

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