RÉGIME DES CHEVAUX A L'ÉCURIE
n'aura pas été salie; on balaiera avec soin les places de l'écurie, et l'on sortira le fumier.
On mettra ensuite une cavessine ou un filet au cheval 0 u le sortira de l'écurie si le temps le permet, pour le paus'er a fond; sinon on l'attachera au poteau, et on le pansera dans 1 écurie même : le pansement fait, on curera le pied, on mettra au cheval sa couverture; on le' fera boire, on lui donnera l'avoine après avoir nettoyé la manecoire une seconde fois et l'on jetera de la paille dans le ràteiier.
On donnera la seconde ration do foin à midi et l'on époussettera le cheval pendant qu'il le mangera; ensuite on le fera boire, on donnera l'avoine après avoir nettoyé la mangeoire, et on laissera le cheval tranquille pendant (rail la mangera.
A six heures du soir, on se comportera en tous points comme le matin, et l'on donnera les deux autres tiers de la ration de paille; à neuf heures on otera la couverture on fera la litière, ou on la rafraîchira si elle est faite depuis le matin.
A cet effet, on tire avec la fourche la paille mise en réserve sous la mangeoire, on l'étend jusqu'aux pieds de derrière et l'on délie ensuite une botte de paille fraîche que l'on répand par-dessus. Si l'on fait la litière dès le matin, on n'ajoutera à celle de la nuit qu'une demi-botte de paille, on la relèvera avec la fourche chaque fois que l'on entrera dans l'écurie, et on la fera le soir comme il vient d'être dit.
On attache les chevaux en place, avec un licol pourvu de deux longes que l'on passe dans les denx anneaux de la mangeoire, puis dans une boule de bois percée d'un trou, au-delà duquel on arrête par un nœud l'extrémité des deux longes; cette boule a pour objet de tirer par son propre poids le licol, pour que le cheval ne s'enchevêtre pâs, c'est-à-dire pour qu'il ne se prenne pas la jambe de derrière entre les denx longes lorsqu'il veut se gratter la tête; on peut aussi attacher pendant le jour l'une des deux longes en haut du râtelier pour empêcher le cheval de manger sa litière.
La conservation des pieds demande des soins tout particuliers^ puisqu'ils sont sujets à se détériorer très-proniptement. On a remarqué que ceux de derrière ne sont jamais mauvais, c'est-à-dire ni encastelës ni mal nourris, ce que l'on attribue à l'humidité de la fiente sur laquelle ils reposent constamment dans l'écurie, ot qui les conserve en bon état; ou recommande en conséquence de tenir également sous ceux de devant du crottin mouillé, dans le même but.
Il parait cependant qu'on ne doit point attribuer la bonté
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de la corne des pieds de derrière au séjour qu'ils font dans la fiente, mais bien plutôt à la forme qu'elle affecte dans ces pieds et à sa nature qui y est plus liante et plus souple que dans ceux de devant. Ce qui vient à l'appui de cette assertion, c'est que dans les écuries bien tenues, où on enlève le crottin aussitôt qu'il est aperçu sur la litière, le sabot n'en est pas moins bon. Au reste, les pieds dont la corne est sèche,, cassante et trop rigide, ont besoin d'être graissés avec de l'onguent de pied, et, à son défaut, avec du saindoux ou autre graisse : on devra surtout oindre la partie de la paroi on muraille qui touebe la couronne. Quant à ceux dont la corne est molle et tendre, l'onguent ordinaire et tous les autres corps gras ne feraient qu'accroître cette disposition; en y faisant entrer une plus grande quantité de résine, on le rend propre tout à la fois à nourrir la corne et à la raffermir.
11 faut tâcher de mener les chevaux au moins une fois le jour h l'abreovoir : cela les promène, les rend gais, et leur fait plus de bien que de les abreuver au seau. D'ailleurs, il est très-bon de leur laver les jambes; mais il faut leur en faire écouler l'eau avec la main et les bouchonner avant de les remettre à l'écurie.
Quand l'on rentre un cheval couvert de sueur, il faut la lui abattre avec le couteau de chaleur : c'est une vieille lame ou une sorte de couteau de bois, que l'on 'prend à deux mains et que l'on passe sur toutes les parties du corps, dans le sens du poil, pour en faire couler la sueur; ensuite on essuie bien les oreilles, la tète, les jambes, et l'on bouchonne les autres parties jusqu'à ce que'-le cheval soit sec; on lui met alors sa couverture et on ne lui donne à boire et à manger que quand il est refroidi.
A l'égard des chevaux de course ou de chasse, il faut les traiter comme il vient d'être dit, mais ne pas les desseller pendant qu'ils ont très-chaud, dans la crainte qu'il ne survienne de l'enflure sous la selle. C'est pour prévenir cet accident, que les postillons mettent de la paille sous la selle des chevaux qu'ils ramènent. Il est môme prudent, lorsque l'on redoute ces engorgements, de resserrer tes saDgles immédiatement après l'arrivée.
Il ne convient pas de frotter pendant longtempsles jambes tant qu'elles sont échauffées, parce que l'on y attirerait ainsi les humeurs, mais il convient de le faire quand elles sont refroidies. Il faut surtout soigner celles des chevaux de trait et de tous ceux qui ■marchent beaucoup sur le pavé et dans la boue.