‹ Nouveau manuel complet du vétérinaire par m. LebeaudChapitre 52 sur 120 · DO REGIME DES CHEVAUX EN VOYAGE · texte numérisé non relu

DO REGIME DES CHEVAUX EN VOYAGE

Lorsque l'on se dispose à faire un voyage d'une certaine étendue avec les mômes chevaux, il faut d'abord s'assurer du bon état de la ferrure; leur donner un mors le plus léger possible, afin de ménager leur bouche ; voyager d'abord il petites journées, et aller tous les jours en augmentant jusqu'au maximum de leurs forces, lin cheval bien ménagé et point trop chargé peut faire par jour 48 à 56 kilomètres de poste, qu'il faut tâcher de diviser en deux parties à peu près égales, ou bien fournir la plus longue course le malin et réserver la plus courte pour l'après-midi.

Quand l'on trouve chemin faisant une belle eau, il est bon d'abreuver le cheval, de le baigner pendant quelques instants pour lui laver et rafraîchir les jambes, et de le faire marcher après un peu plus vite, afin qu'il ne so refroidisse pas. Mais cela ne se fera pas si le chevat a très-chaud.

Il est nécessaire de ralentir un peu le pas en approchant des gttes, afin de commencer à rafraîchir un peu les chevaux et de les reposer. Cette attention permettra de leur donner plus tôt à manger, et préviendra les inconvénients du refroidissement subit. S'ils ont bien chaud en arrivant, on les promènera pendant quelques instants, puis on leur abattra la sueur, on les bouchonnera, et on leur lavera les jambes avant de les mettre à l'écurie : on aura soin de ne pas leur mouiller le ventre toutes les fois qu'on tes fera entrer dans l'eau ayant chaud.

On les attachera au râtelier avec la selle ou le harnais sur le dos; on ne leur laissera pas leur bride sous le spécieux prétexte de leur donner de l'appétit et de leur rafraîchir la bouche; maison pourra leur laver cette parlies'ilsout humé de la poussière. Il faudra dégager la croupière, et si l'on juge à propos do desserrer les sangles, glisser un peu de paille sous la selle : enfin, on lèvera successivement les quatre pieds pour les curer et pourvoir s'il manque quelque clou, ce qu'il faudrait réparer sur-le-champ.

Quand l'on jugera les chevaux assez refroidis, on jettera du foin dans le râtelier; quelques instants après, ou leur donnera l'avoiuc; mais s'ils la refusent, on la retirera sur-lechamp pour leur donner du son mouillé. Les chevaux qui ne sont pas faits à la fatigue sont sujets à se dégoûter de l'avoine : on prévient ce dégoût en la leur ménageant pendant

les premiers jours; et, s'il persiste, on le dissipera en leur faisant prendre 31 grammes de thériaque, ou 6Ï grammes de foie d'antimoine daus du vin ; mieux encore en leur mettant un mastigadour d'assa-fetida ou autre.

Si les chevaux ont encore chaud quand on les débride, on leur donne l'avoine avant de les faire boire, sinon on fait le contraire. On peut se remettre en route au bout de deux ou trois heures de repos.

On observera, en approchant du gîte ou l'on doit coucher, les mêmes soins, les mêmes précautions qu'au premier. Quand il sera temps de desseller et de débrider, on donnera un coup d'étrillé et l'on couvrira bien les chevaux. On donnera succ'essivement l'avoine, l'eau et le foin; après quoi l'on examinera les pieds avec encore plus de soin que le matin, soit pour les curer, soit pour réparer la ferrure s'il y a Ueu.

Lorsqu'un cbeval se couche aussitôt qu'il est débridé, et qu'il a d'ailleur-s l'œil bon et ne refuse pas de manger, c'est signe qu'il souffre des pieds , ce que l'on reconnaît encore lorsque cette partie est chaude et sensible au toucher : il faut alors le déferrer, et si l'on voit en-dedans du fer un endroit plus luisant que le reste, signe évident que cette partie porte sur la sole, il faut la parer en cet endroit; et, après avoir rattaché le fer, couler dans le pied de la térébenthine ou de la poix noire, ou du goudron fondu avec du suif, et contenir ce remplissage avec des étoupes.

Avant de sortir de l'écurie le soir, il faut faire nno bonne litière, laisser les longes assez longues pour que les chevaux puissent se coucher à l'aise. Quand ils sont très-fatigués et échauffés, rien n'est plus utile que de leur jeter de la paille fraîche sous le ventre pour les engager à uriuer.

Chaque fois que l'on débride un cheval il faut laver avec soin le mors et les embouchures, afin qu Us ne contractent pas de mauvaise odeur; faire sécher les panneaux de la selle s'ils sont trempés de sueur, et les battre avec UDe gaule avant de la remettre, afin de les assouplir; examiner si les porte-mors sont en bon état, et si aucune des parties du harnais ne blesse lécherai. Si la gourmette ou la selle causaient des écorebures, il faudrait doubler la première avec un morceau de cuir ou de feutre, et faire cambrer la seconde daus l'endroit où elle poito. Quand lesbCtes de somme sont enflées sous le bât, ce qui arrive fréquemment, il faut appliquer sur la partie souffrante un sac de mauves bien chaudes.

La boue qui s'attache aux jambes des chevaux est la cause la plus ordinaire des maux qui se jettent sur cotte partie

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