RÉGIME DES CHEVAUX EN YO\'AGE
quand on n'en a pas soin. Il faut donc, aussitôt que le cheval s'est un peu rafraîchi, prendre d'une main une éponge mouillée, une petite brosse de l'autre; et, tandis qu'on lui fera couler l'eau de l'éponge le long des jambes, les frotter en tous sens avec la brosse; ce que l'on continuera jusqu'à ce que l'eau n'entraine plus rien.
Ces lavages faits avec soin ne servent pas seulement à entretenir les jambes propres, mais encore à les raffermir*, leur donner du ton, favoriser la libre circulation, et prévenir les engorgements auxquels cette partie est si disposée. La plupart des valets ne prennent pas tant de soin, et se contentent de frotter les jambes de leurs chevaux avec un balai trempé dans un seau d'eau : il est inutile de faire remarquer combien cette méthode est vicieuse.
Quand on a outré des chevaux par une course forcée, il faut, pour éviter les suites funestes qui pourraient en résulter, leur abattre Aussitôt la sueur, les bien bouchonner, leur laver les jambes comme il vient d'être dit, et les promener ensuite pendant une demi-heure pour leur laisser prendre doucement haleine. Lorsqu'ils n'auront plus chaud, ils seront menés à la rivière, dans laquelle on les introduira jusqu'aux genoux et aux jarrets, l'espace d'une ou de deux heures; puis à leur retour à l'écurie, on les fera déferrer, et on leur appliquera sur les pieds de ia terre glaise détrempée dans une solution de couperose verte (sulfate de fer) ; on les couvrira bien, on leur fera une bonne litière, on leur donnera de la paille et de l'eau bianebe tiède. Si, malgré l'emploi de ces moyens, ils devenaient fourbus, on emploierait le traitement convenable à cette maladie; mais on se gardera bien de leur donner du vin, delà muscade, etc., et autres échauffants de cette nature, ainsi qu'on le pratique communément. On conseille encore de leur frotter les jambes avec du vinaigre et du selj de leur couler dans les pieds de l'huile de laurier chaude et de mettre de la filasse par-dessus (1).
Quand, après avoir échauffé un cheval à la course, on est dans le cas de s'arrêter, il faut le promener pendant quelques instants, et éviter de le tenir dans un endroit humide, ou sur un terrain en pente où les pieds de devant soient plus bas que ceux de derrière. Enfin, on ne doit jamais se remettre en route sans s'être assuré que ses chevaux ont été pansés à fond, qu'ils ont mangé l'avoine, qu'il ne manque
(i) I/cau-de-ife camphrée cuar C (Fe de lai-oo, ou le Uniment reaoliHlF «"Indra Ire, employai en frialom mr les jambei, (oui trij-proprta à rjarnniir cet pariie» doi lui loi de lafaUgLc.
rien à leur ferrure ni à leur harnais ; surtout no les faire sortir (Je l'écurie qu'au moment de partir, et éviter de les laisser exposés aux intempéries de l'air quand ils ne marchent pas.
Quand un cheval revient d'un voyage long, pénible, et qu'il est fatigué ou échauffé, il faut oter deux clous aux talons des pieds de devant, et même des quatre pieds s'il y a lieu, Ibs remplir de bouse de vache, et les graisser en dehors avec l'onguent de pieds ; mais on ne doit les parer ni changer la ferrure qu'au bout de quelques jours. On frottera les jambes matin et soir avec de l'eau-de-vie camphrée, ou avec une forte lessive de cendres chaudes; on saignera le cheval s'il y a lieu, et on le tiendra pendant quelques jours au régime.
Il est une infinité d'autres précautions à observer tant en voyage qu'à l'écurie, que les circonstances seules ou l'habitude de soigner les chevaux suffiront pour indiquer.