CHAPITRE VI
De la ferrure.
Les anciens ne connaissaient pas la ferrure que nous employons pour préserver le sabot de nos cbevaux d'une usure surnaturelle. Dans certaines circonstances peu nombreuses, lorsque leurs chevaux avaient l'ongle tendre, usé ou blessé, ils leur mettaient des espèces de souliers ou de bottes de cuir ou de joncs, fixés dans les paturons et sur les canons par des courroies; le fer, l'or ou l'argent entraient quelquefois pour quelque chose dans la construction de ces chaussures. Les accidents auxquels étaient exposés les pieds des chevaux sont la cause de l'attention scrupuleuse qu'ils mettaient dans le choix de ces animaux relativement à la forme et à la dureté des sabots. Ils considéraient comme première qualité d'un cheval, la dureté de l'ongle et le bruit qu'il faisait dans la battue.
Le sabot croit toute la vie de l'animal : celui des chevaux qui sont dans l'état sauvage ne s'use pas plus vite qu'il ne croît; maïs dans l'état de domesticité, il est exposé à des frottements violents sur les pavés, et il devient indispensable de le garnir d'une lame de fer. sans quoi il serait bientôt hoiisde service. Néanmoins, cette nécessité de ferrer présente des différences, suivant la nature du sol, du travail et de la aon formation du sabot du cheval. Les chevaux qui ne travaillent pas habituellement sur des chemins pavés ou ferrés
peuvent se passer d'être ferrés, surtout quand ils ont le pied bon et quand ils habitent un pays sablonneux ou un terrais sec, dur et uni, parce que leur corne y acquiert un degré de dureté suffisant pour résister à l'influence destructive des agents extérieurs.
La nécessité de garantir l'ongle des chevaux a donné naissance à. l'art de la maréchalerie, c'est-à-dire, à celui qui a pour but de forger les fers propres aux chevaux et de iea fixer par des clous. Cet art n'est pas un des moins importants de la chirurgie vétérinaire. Il a des règles nombreuses basées sur des connaissances anatomiques et physiologiques, dans lesquelles l'étendue de cet ouvrage ne nous permet pas' d'entrer. Nous nous bornerons aux notions suivantes.