FACILITÉ D'EXÉCUTION
Une seule clef, la clef de sol ; une seule gamme, celle de do naturel ; un seul accident, le bémol placé sur le si, rarement sur le mi; quatre figures de notes, la blanche ( f=>)ï la noire ( f), la noire pointée (f) et la croche ( Ç) : voilà tout ce dont nous nous sommes servi. Comme les mélodies du plain-chant sont toutes écrites dans le genre diatonique, l'étude du solfège, dans ces conditions, devient d'une extrême facilité. En deux mois un élève ayant quelque talent pour la musique, ,peut se rendre maître des intonations : les intonations propres au plain-chant sont, en général, si faciles, si naturelles ; en un instant il peut se rendre compte de la valeur relative des quatre figures de notes déjà nommées. Reste ensuite à unir dans le chant la valeur relative des notes aux intonations, c'est-à-dire nonseulement à faire les intonations avec justesse, mais encore à donner aux diverses notes les valeurs relatives qu'elles possèdent. Trois ou quatre mois d'exercices suivis suffisent. En cinq ou six mois donc, avec un peu de patience et de zèle, on peut rendre même des enfants (nous avons l'expérience du fait) capables de chanter avec intelligence et précision. On le voit, de là à la notation carrée, avec ses clefs multiples, ses transpositions et l'équivoque de son rythme, il y a loin.
Toutes les formules mélodiques peuvent se ramener &
PRÉFACE
quatre : la noire suivie de deux croches :
ia noire pointée suivie d'une croche :
La noire suivie de quatre croches :
La noire pointée suivie de trois croches :
La combinaison de ces quatre
formules si simples et si naturelles suffit pour donner aux traits mélodiques toute la variété et tout l'intérêt que l'on peut désirer. La blanche sert à marquer les divisions entre les formules.
Ce n'est pas ici le lieu de répéter tout ce qui a été écrit sur la variété et la beauté des hymnes. Seulement nos livres liturgiques ne donnent le plus souvent sous la note que le premier verset. Très souvent le lecteur est obligé de revenir sur ses pas et tourner la page pour trouver la musique qui correspond aux paroles. Il est résulté de là que la plupart des églises ont mis ces chants de côté pour adopter un seul air qu'elles appliquent à toutes les hymnes de même mètre. Comme nous avons eu soin de mettre la musique en regard de chaque verset pour toutes les hymnes qui ne sont pas universellement connues, l'occasion s'offre donc de revenir facilement à des mélodies qu'on n'aurait jamais dû abandonner.
Nous n'entreprendrons pas ici de traiter au long la question du dièze. Nous dirons seulement que les premières écoles de musique religieuse en France et en Allemagne, puis, la Société de Sainte-Cécile en tout lieu, le rejettent.