‹ Nouveau manuel de droit ecclésiastique franc̜aisChapitre 19 sur 110 · DÉCRET QUI INSTITUE DES FÊTES DÉCADAIRES · texte numérisé non relu

DÉCRET QUI INSTITUE DES FÊTES DÉCADAIRES

(18 florëal an II, 7 mai 1794).

Article premier. — Le peuple Français reconnoît Texislence de rÊt)*e suprême et l'immortalité de Tâme.

Art. 2. — Il reconnoît que le culte digne de l'Être suprême est la pratique des devoirs de l'bomme.

Xf(T, 3. — Il met au rang de ces devoirs, de détester la mauvaise foi et la tyrannie, de punir les tyrans et les traîtres, de secourir les malheureux, de respecter les faibles, de défendre les opprimés, de faire aux autres

tout le bien qu'on peut, et de n*ètre injuste envers personne.

Art. 4. — Il sera institué des fôtes pour rapi^eler l'homme à la pensée de la divinité et à la dignité de son être.

Art. 5. — Elles emprunteront leurs noms des événements glorieux de notre révolution, des vertus les plus chères et les plus utiles à Thonmie, et des plus grands bienfaits de la nature.

Art. 6. — La République française célébrera tous les ans les fêtes du 14 juillet 1789, du 10 août 1792, du 21 janvier 1793, du 31 mai 1793.

Art. 7. — Elle célébrera, aux jours de décadi, les fêtes dont Ténumération suit:

A rÊtre suprême et à la Nature, au Genre bumain, au Peuple français, aux Bienfaiteurs de Thumanité, aux Martyrs de la liberté, à la Liberté et à TÉgalité, à la République, à la Liberté du monde, à TAmour de la patrie, à la Haine des tyrans et des traîtres, à la Vérité, à la Justice, à la Pudeur, à la Gloire et à Tlmmortalité, à l'Amitié, à la Frugalité, au Courage, à la Bonne-Foi, à THéroîsme, au Désintéressement, au Stoïcisme, à TAmour, à TAmour conjugal, à l'Amour paternel, à la Tendresse maternelle, à la Piété filiale, à TEnfance, à la Jeunesse, à TAge viril, à la Vieillesse, au Malheur, à T Agriculture, à llndustrie, à nos Aïeux, à la Postérité, au Bonheur.

Art. 8. — Les comités de salut public et d'instruction publique sont chargés de présenter un plan d'organisation de ces fêtes.

Art. 9. — La Convention nationale appelle tous les talens dignes de servir la cause de l'humanité, à Thon-

neurde concourir à leur établissement par des hymnes et par des chants civiques, et par tous les moyens qui peuvent contribuer à leur embellissement et à leur utilité.

Art. 10. — Le comité de salut public distinguera les ouvrages qui lui paraîtront propres à remplir cet objet et récompensera leurs auteurs.

Art- il. — La liberté des cultes est maintenue, conformément au décret du 18 frimaire.

Art. 12. — Tout rassemblement aristocratique et contraire à Tordre public sera réprimé.

Art. 13. — En cas de troubles dont un culte quelconque seroit l'occasion ou le motif, ceux qui les exciteroient par des prédications fanatiques ou par des insinuations contre-révolutionnaires, ceux qui les provoqueroient par des violences injustes et gratuites, seront également punis selon la rigueur des lois.

Art. 14. — Il sera fait un rapport particulier sur les dispositions de détail relatives au présent décret.

Art. 15. — Il sera célébré, le 20 prairial prochain, une fête en Thonneur de l'Être suprême.

David est chargé d'en présenter le plan à la Convention nationale.

La Ck>nvention nationale décrète que le présent décret et le rapport qui Ta précédé, seront imprimés et envoyés, en format ordinaire et en placard, à toutes les communes, armées et sociétés populaires de la République, pour être lus et affichés sur toutes les places publiques et dans les camps; elle décrète pareillement que le rapport et le décret seront traduits dans toutes les langues, et distribués au nombre de six exemplaires k chacun des membres de la Convention.

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