NERF GRAND SYMPATHIQUE
Plexus cardiaques. On en distingue deux : le plexus cardiaque superficiel ou antérieur, plus spécialement formé par le nerf cardiaque superficiel, est placé au devant de l'aorte et en* . voie ses ramifications à cette artère et dans le péricarde.
Le plexus cardiaque postérieur on profond, beaucoup plus considérable que l'antérieur, est formé par les anastomoses multipliées des deux nerfs cardiaques profonds des deux côtés, tant entre eux qu'avec des filets fournis par le nerf vague et par sa branche récurrente : il n'est pas rare de trouver dans ce plexus un ganglion appelé cardiaque. Le plexus cardiaque profond est situé entre la crosse dé l'aorte et la division de la trachéeartère. Il envoie des subdivisions dans les plexus pulmonaires, sur l'aorte et principalement sur le cœur ; ces dernières forment deux plexus secondaires, appelés coronaires; le plexus coronaire postérieur est le plus fort; il descend vers la base du cœur sur l'artère pulmonaire gauche', et arrivé près de l'artère coronaire postérieure, il forme autour d'elle des réseaux qui l'accompagnent jusque dans ses dernières divisions. Le plexus coronaire antérieur, plus petit, passe entre l'aorte et l'artère pulmonaire, et se jette sur l'artère coronaire antérieure, dont il suit les ramifications.
Préparatioh. On commencera la dissection des nerfs dont il a été question dans ce chapitre, après avoir achevé celle des nerfs cervicaux , en la faisant dn même côté où ces derniers auront été préparés, ce qui facilitera beaucoup le travail. Si cependant on voulait commencer cette préparation sur un sujet encore entier, il faudrait mettre à découvert le sternq-cWido- mastoïdien, en conservant l'anse nerveuse qui l'entoure, le couper à ses attaches inférieures et le rejeter en dehors et en haut, en avant grand soin de ménager le nerf accessoire de Willis qui le traverse vers son tiers supérieur. On désarticule la mâchoire inférieure après Pavoir sciée dans sa symphyse, et on l'enlève en laissant la glande sous-maxillaire , la langue et le pharynx en rapport avec le cou. De cette manière on gagne l'espace nécessaire pour disséquer les troncs nerveux placés sous le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien , après avoir toutefois coupé l'apophyse styloïde a sa hase et l'avoir renversée en avant avec tous les muscles qui syf insèrent, mais en ménageant les filets nerveux qui entrent dans ces muscles. Il est inutile de donner des règles spéciales pour la dissection des nerfs qui nous occupent ; il suffit de recommander de conserver soigneusement les communications qu'ils ont, soit entre eux, soit avec les nerfs cervicaux. Les branches antérieures des nerfs cervicaux pourront d'ailleurs être en partie enlevées, si elles gênent pendant la préparation.
Pour la dissection des nerfs dans la poitrine, il faut ouvrir cette cavité après avoir désarticulé les clavicules.
Les filets nerveux qui exigent le plus d'attention pendant la préparation, sont:
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i.° Les filets pharyngiens du nerf vague, qui eu naissent k peu prés à la hauteur du plexus gangliforme et au -dessus du nerf* laryngé supérieur; on les trouve plus facilement, si Ton tire le pharynx en avant • et de coté; mais il faut se garder de .prendre pour un de ces filets le .nerf glosso-pharyngien , uni au nerf vague k sa sortie du crâne, et qui, quoique peu volumineux, Test cependant beaucoup plus que les (Heu pharyngés de ce dernier.
2.° Le rameau auriculaire du nerf vague : étant très-profondément situé, il est bien difficile de le disséquer autrement que sur une portion de tête sur laquelle on exécute une coupe spéciale : la coupe la plus avantageuse consiste k diviser le crâne verticalement en travers, immédiatement derrière la veine jugulaire interne. On met à découvert .tout le trajet de cette veine jusque dans l'intérieur du crâne : puis on la fend en long par sa paroi postérieure , et Ton voit alors k travers se» tuniques une légère- saillie transversale, due au rameau auriculaire qui passe au devant de la veine. Ce ramean étant mis k nu, on en dissèque aisément l'origine; sa distribution, au contraire, exige l'emploi du ciseau et du marteau, avec lesquels on enlève peu k peu la partie postérieure de l'apophyse mastoïde jusqu'à l'aqueduc de Fallope.
3.° Les Jilets cardiaques superficiels, que le nerf vaguer fournit depuis la partie moyenne jusqu'à la partie inférieure du cou.
4*° Le filet cardiaque superficiel du ganglion cervical supérieur , et auquel viennent s'unir. cTautres filets, fournis par le ganglion cervical moyen (s'il existe), et ceux du nerf vague. Il descend ordinairement renfermé dans la gafne de l'artère carotide.
5.° Le filet qui du ganglion cervical supérieur va an ganglion du glosso-pharyngien , et le filet anastomotiquè de Jacob* on , qui de ce dernier ganglion va dans l'intérieur du rocher. Pour disséquer ce dernier rameau il faut faire au crâne des coupes analogues k celles que nous avons indiquées pour la préparation des nerfs maxillaires inférieur et supérieur; il faut en outre ouvrir la cavité du tympan par ses parois externe* et supérieure, en enlevant la membrane du tympan et toute la moitié antérieure et supérieure du conduit auditif. Toute la préparation exige les soins les plus minutieux, k cause de la délicatesse des filets nerveux et du grand nombre de canaux osseux qu'il faut ouvrir pour les mettre k découvert.
6.° Les rameaux carotidiens dn grand sympathique, et surtoutles filets des nerfs mous qui accompagnent les vaisseaux, vont anx ganglions otique et maxillaire : il conviendra donc de conserver les artères dans cette préparation.
7.0 Le rameau descendant de r hypoglosse, qui, après s'être détaché de la convexité du tronc, s'anastomose avec un filet fourni par le deuxième et le troisième cervical.
8.° Les nerfs cardiaques profonds, fournis en avant par les ganglions cervical inférieur et premier thoracique.
g.° V anse nerveuse de Vieussens, qui unit le ganglion cervical inférieur au premier thoracique ; elle est placée au devant de l'artère sous-clavière , qu'il faut par conséquent laisser intacte.
io.° Dans la poitrine, le nerf récurrent fourni par le nerf vague. Ce nerf contourne a gauche la crosse de l'aorte et k droite l'artère
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innominée, et remonte derrière ce* vaisseaux, collé sur l'œsophage, pour se porter au larynx. Il faut surtout ménager XtsJiUu cardiaques, qui s'anastomosent avec ce nerf. Au reste, le nerf vague sera facilement disséqué .dans la poitrine, où il donne les plexus pulmonaires et œsophagiens j pour cela il sera nécessaire de renverser le poumon vers le côté opposé. Les filets nerveux des plexus œsophagiens qui se rendent à l'estomac, seront disséqués avec la portion abdominale du grand sympathique.
ii.° On trouve le plexus cardiaque profond en séparant avec précaution la crosse de l'aorte de Partére pulmonaire, après avoir enlevé préalablement le péricarde ; on est même étonné du volume considérable qu'acquièrent ces nerfs en cet endroit : ils y ont une couleur grisâtre et un aspect corné. Pour bien voir leur trajet, il faut diviser l'artère innommée et la récliner à gauche.