‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 206 sur 297 · ARTÈRE MAXILLAIRE INTERNE · texte numérisé non relu

ARTÈRE MAXILLAIRE INTERNE

qui commence un peu au-dessus de la racine dn nés» et qui se termine à la protubérance occipitale $ les parties molles seront disséquées vers les cotés jusqu'à la hauteur des oreilles, en enlevant en même temps le péricrâne , de manière à dénuder complètement les os. On ouvre le crâne arec la scie et par une section horisontale, en évitant de blesser la dure -mère, surtout dans la région temporale. La calotte du crâne étant enlevée , on incise la dure-mère des deux cotés de la faux du cerveau, et Ton en abaisse les deux lambeaux vers les côtés. L'extraction du cerveau se fait comme nous lavons dit en parlant de ce viscère , mais ici Ton dirigera spécialement son attention vers les vaisseaux. Les carotides internes seront divisées à une ligne environ de Pend roi t où elles percent la dure-mère.

Un temps assex long s'étant écoulé depuis la mort du sujet jusqu'au moment où Ton en retire le cerveau , cet organe est trop ramolli pour être examiné immédiatement; cette étude ne sera faite qu'après avoir vu le trajet des artères carotide interne et vertébrale. En attendant, on fait durcir le cerveau en le plongeant pendant quelques jours dans un mélange de trois parties d'alcool a dix-huit degrés , et d'une partie d'acide nitrique, ou bien dans une dissolution aqueuse de sublimé corrosif1. Des ligatures seront placées sur les artères carotides et vertébrales divisées, afin d'empêcher la matière à injection de s'échapper.

On sépare l'aponévrose temporale de son attache k l'arcade sygomatique, et, moyennant deux traits de scie, on enlève toute l'arcade avec la portion de l'os de la pommette qui dépasse en arrière la face postérieure de l'os maxillaire supérieur, en ayant soin toutefois de ménager l'artériole qui sort par le trou malaire et qui est ordinairement fournie par l'artère lacrymale, branche de l'ophthalmique.

On comprend ensuite le muscle temporal et les artères qui s'y ramifient dans un lambeau triangulaire à baae supérieure ; on le détache en entier du crâne, en enlevant en même temps le périoste, de crainte de blesser l'artère temporale profonde qui entre dans le muscle par son extrémité inférieure. Ce muscle ne restera attaché qu'à l'apophyse coronoïde et a l'artère ; puis on sépare cette apophyse de la branche de la mâchoire avec une scie à main ou avec des tenailles incisives, en évitant de blesser l'artère massétérine. On désarticule enfin la branche de la mâchoire, en laissant attaché a la tête le cartilage articulaire qui reçoit une art étiole de la tympanique, et l'on emporte cette portion de la mâchoire, après avoir coupé près d'elle les fibres du ptérygoïdien externe, et en laissant l'interne en partie attaché au bord inférieur de cet os. Cette portion d'os enlevée, ainsi que les autres qu'on coupera successivement, pourront être conservées pour être réappliquées plus tard avec des fils métalliques , si l'on veut conserver la préparation.

Sépares des os la dure-mère qui tapisse la région temporale , jusqu'à ce que vous soyez arrivés au tronc de la méningée moyenne; cette séparation se fait, soit par de légères tractions, soit en interposant les doigts ou le manche du scalpel. Faites ensuite dans la «dure -mère deux incisions, de manière à en obtenir un lambeau triangulaire, ren-

1 Le premier mélange est le seul que L'on do ire employer si le sujet a été injecté à la colle.

460 ANGIOTOMIE; ARTÈRES.

fermant les ramifications de l'artère méningée; le sommet de ce lambeau correspond an trou sphéno - épineux. Agrandisses pen k peu ce trou avec le ciseau, aux. dépens de sa demi-circonférence antérieure et externe , jusqu'à ce qu'il ait le diamètre d'une pièce de cinquante centimes. Détaches arec la scie une portion triangulaire d'os , comprenant la portion écailleuse du temporal et une partie de la grande aile du sphénoïde j la pointe du triangle correspondra au trou agrandi. La portion d'os est encore adhérente au ptérygoïdien externe : on coupe ce muscle tout près de son attache au crâne , afin de pouvoir enlever ensuite l'os détaché.

On fait un lambeau de la dure-mère qui tapisse la fosse antérieure du crâne , et dans laquelle se ramifie l'artère méningée antérieure. On aura soin de conserver cette artériole fournie par 1'ophthalmique 5 puis, on enfonoe la paroi supérieure de l'orbite, on sépare arec le manche du scalpel le périoste qui recouvre en dedans la paroi externe de cette cavité, en se rappelant que l'artère lacrymale envoie en avant un rameau qui traverse l'os de la pommette , et qu'il faut ménager. On enlève ensuite avec le ciseau toute la paroi externe de l'orbite, et l'on divise avec la scie l'apophyse montante de Vos xygomatique, au-dessus de l'endroit où passe l'artère malaire, après avoir refoulé en dedans l'oeil et les parties qui l'entourent. Enfin, on détache les parties molles et le périoste qui recouvrent le front et l'arcade orbi taire supérieure, jusqu'en dehors de l'échancrure orbitaire, de manière k conserver Fartère frontale, qui se ramifie dans ce lambeau de parties molles, et l'on divise l'arcade orbitaire en dehors de l'artère frontale, de manière k pouvoir enlever en totalité la portion d'os séparée.

Telles sont les coupes nombreuses qu'il faut pratiquer pour apercevoir la majeure partie de l'artère maxillaire interne. Il nous reste cependant encore k indiquer quelques coupes particulières, relatives k differens rameaux ; mais avant il convient de faire observer que , le ptérygoïdien externe empêchant beaucoup de voir la division de l'artère, il faut peu k peu enlever ce muscle presque en totalité, en n'en conservant que quelques petits paquets isolés qui ne tiendront plus qu'aux artérioles qui s'y rendent. Remarquons encore que la marche de l'artère maxillaire interne est très - tortueuse , et qu'on la coupe par conséquent très -facilement, si Ton ne dissèque pas avec précaution.

artère tjrmpanique. Il faut la suivre k travers la fente de Glaser, au moyen du ciseau.

Artère méningée moyenne. Sa distribution principale se voit aisément ; mais le rameau qu'elle envoie dans le rocher avec le nerf pé- , treux, est très-difficile k suivre; on se conduira, dans cette préparation, comme dans celle du nerf pétreux lui-même. La dissection en est plus aisée sur une tête d'enfant, ou sur une portion de tête d'adulte dont les os ont été ramollis par l'immersion dans un mélange «l'eau et d'acide nitrique ; mais alors il faut de nouveau laisser dégorger les parties dans l'eau souvent renouvelée, pour enlever l'acide qui attaquerait les instrumens.

Artère maxillaire inférieure. Pour voir son rameau mylo-hyoïdien , il faut scier la mâchoire dans sa symphyse, et la renverser ensuite un peu en haut.

Page 1