OS : EXCAVATION ET BLANCHIMENT
ensuite la macération, en changeant d'eau tous les huit jours, comme nous Pavons indiqué.
La durée de la macération varie de trois à huit mois, suivant l'âge du sujet et la saison pendant laquelle se fait l'opération; on juge qu'elle est assez avancée, quand les ligamens se détachent facilement des os. Alors, après avoir laissé écouler l'eau de macération, on place tous les os dans de l'eau fraîche, et l'on recherche avec soin au fond de la cuve, si l'on n'y a pas laissé quelques osselets au milieu des débris de parties fibreuses qui s'j trouvent. C'est là surtout que l'on peut se procurer sans peine des osselets de l'ouie, qui se perdent toujours si Ton n'y fait pas spécialement attention. On nettoie enfin les os, en enlevant avec une rugine en forme de scalpel, les portions ligamenteuses qui y adhèrent, et en les frottant sous l'eau avec une brosse trèsrude; après quoi on les fait sécher.
On conseille un procédé plus expéditif, et au moyen duquel les os, dit-on, deviennent plus blancs même que par celui que nous employons ordinairement; il consiste à mettre les os, encore en grande partie recouverts de leurs parties molles, dan* un baquet dans lequel on ne met que deux ou trois litres d'eau, et dont on lute avec soin le couvercle. La dissolution , putride des parties molles se fait dans l'air humide qui les entoure, en six semaines ou deux mois. On ouvre ensuite le baquet, on le remplit d'eau, et au bout de huit à dix jours l'es os sont suffisamment macérés.
Nous avons dit plus haut que l'on met le sternum de côté; en effet, cet os ne doit pas macérer avec les autres, parce que les cartilages des côtes qui lui sont unis, et qui, dans la confection du squelette, doivent de nouveau être articulés avec les côtes, s'en détacheraient par une macération prolongée. On enlève donc soigneusement le périoste qui recouvre le sternum et les cartilages, à l'exception d'une petite bande que l'on laisse subsister à l'endroit où ceux-ci s'insèrent à l'os. On fait ensuite dégorger la pièce pendant une quinzaine de jours dans de l'eau renouvelée toutes les vingt-quatre heures; puis on la sèche, en tâchant de maintenir les cartilages des côtes dans leur direction naturelle, pour les empêcher de se racornir pendant la dessiccation. On y parvient en suspendant la préparation dans un cadre et en la fixant solidement par des ficelles croisées dans upe foule de directions, ou bien on la conche sur une planche, la face antérieure en haut, et l'on rembourre exactement avec quelque corps mou, par exemple du crin, le creux formé par la cour-
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bure des cartilages ; pois on fixe solidement toutes les parties de la pièce au moyen de ficelles attachées à chaque cartilage et maintenues en position par des clous enfoncés dans la planche.
En soumettant les os à l'ébullition, on les obtient décharnés au bout de quelques heures; mais on emploie rarement cette méthode, parce que les os ainsi préparés conservent souvent une teinte jaunâtre, et qu'une plus ou moins grande quantité de moelle reste ordinairement déposée dans leur intérieur, finit par suinter par leurs pores , et leur donne en rancissant une odeur désagréable. Ce moyen d'ailleurs ne peut être employé que pour les os d'adultes; car les épiphyses des jeunes sujets se sépareraient, et leurs os, en général beaucoup plus spongieux, seraient en grande partie altérés. II peut se faire cependant que Ton aie besoin de suite d'os préparés, et alors l'ébullition est un moyen précieux pour arriver à ce but À cet effet on place les os ' grossièrement décharnés dans une cuve d'eau que l'on renouvelle souvent, en les faisant macérer pendant quelques jours, jusqu'à ce que la plus grande partie du sang qu'ils retenaient em ait été extraite; puis on les plonge dans une chaudière remplie d'eau, dont on entretient la chaleur au degré de l'ébullition, pendant huit ou dix heures, selon les sujets. On enlève de temps en temps l'écume et la graisse qui surnagent, surtout pendant b première heure. A mesure que l'eau s'évapore, on y verse de nouvelles quantités d'eau chaude, afin que les os ne soient jamais à sec. Une heure avant la fin de l'opération, on peut ajouter à l'eau du sous-carbonate de potasse ou de soude, dans la proportion d'une demi -. livre à une livfe pour un hectolitre de liquide; cette addition a pour but de séparer la graisse que les os retiennent, en formant un savon par sa combinaison arec l'alcali. La potasse ou la soude sont préférables à la chaux, qui décompose le tissu osseux et le rend fragile. Quand on juge que l'ébullition a été assez long -temps continuée, on laisse entièrement refroidir la chaudière; puis on enlève la graisse figée qui surnage, on retire les os, on les lave dans une eau qui tient en dissolution une très- petite quantité d'alcali, on les rugine»,*»1 les brosse, et avant de les dessécher, on les met à macérer, pendant un jour ou deux, dans de l'eau souvent renouvelée,
Avant de laisser sécher les os qui ont été préparés par la rozcération, quelques anatomistes les soumettent à une ébnllibon
1 Comme dans le procédé par macération, le sternum sera préparé a p*n avec les cartilages des cotes.