Préparations corrodées
Ces préparations sont destinées à représenter la distribution des vaisseaux dans l'intérieur des organes, dont le tissu a été détruit par divers procèdes. En se servant d'acides minéraux plu» ou moins étendus, on obtient des préparations corrodées proprement dites; au contraire, si l'on abandonne les organes à la putréfaction, on obtient des préparations dites macérées. Quoi qu'il en soit, les résultats de ces diflérens procédés sont les mêmes, seulement le premier est-il plus expéditif, tandis que le second présente l'avantage de fournir des pièces plus complètes; mais on l'emploie moins souvent, à cause de la mauvaise odeur qui s exhale pendant l'opération : cependant il est le seul qui puisse être mis en usage si l'on s'est servi d'une injection attaquable par les acides , comme le sont par exemple les injections métalliques.
Les matières dont on se sert pour les préparations corrodées ou macérées doivent être dures, mais ductiles, afin que l'arbre \asculaire ne s'affaisse pas sous son propre poids quand il n'est plus soutenu par des parties molles, et que d'un autre coté il ne se brise pas trop facilement par les moindres violences extéîieures. La matière à corrosion qui réunit le mieux ces conditions , m'a été indiquée par feu Bogbos.
On fait bouillir, pendant quatre à cinq heures, une partie de térébenthine de Venise; dans trois parties d'eau; on verse ensuite le tout dans de l'eau froide, en avant soin de malaxer la térébenthine cuite à mesure quelle se refroidit, et en ajoutant de nouvelles quantités d'eau, jusqu'à ce que le refroidissement soit pariait Dans cet état, la térébenthine contient une certaine quantité d'eau, dont il fant la purger : à cet effet on la met dans un vase que l'on expose à un feu modéré; il s'en dégage bientôt une écume très-abondante, produite par l'eau qui tend à s'évaporer. On continue cette opération jusqu'à ce qne l'écume ait entièrement disparu, ayant soin de remuer continuellement la masse à l'aide d'une spatule.
Pour former la matière à injection, on fait fondre au bain*
7*6 „ PREPARATIONS DE CABINET.
marie, hait onces de térébenthine cuite avec deux onces de cire blanche ou jaune. Lorsque le mélange est dissous, on y ajoute trois onces de vermillon ou une once de bleu de Prusse broyé à l'huile; après quoi on passe l'injection à travers un tamis pour s'en servir.
La préparation de cette matière à injection étant très-longue et très- difficile, j'ai trouvé qu'on peut la remplacer avec avan» tage par le mélange suivant : colophane, trois parties; cire blanch% et térébenthine de Strasbourg, de chacune une partie; blanc de baleine ,. un tiers ou une demi-partie, selon que l'on veut avoir une masse plus ou moins cassante.
Le plâtre délayé simplement dans l'eau, ou, mieux, dams de l'eau gélatineuse pour en diminuer la fragilité, peut aussi être employé pour des préparations macérées; mais il convient beaucoup moins que la masse que nous venons de faire connaître.
En parlant des injections à corrosion, nous ferons enfin mention des alliages métalliques fusibles que l'on employait autrefois à cet usage, mais qui sont beaucoup njoins avantageux que les autres masses, en sorte qu'on pourrait sans inconvénient les rayer de la liste des matières à injection. Quoi qu'il en soit, on peut les composer de la manière suivante : bismuth, 8 parties; étain et plomb, de chacun 4 parties: ou bien, bismuth, 5 parties; étain, 3 parties; plomb, 2 parties: ou bien encore, bismuth, 8 parties; plomb, 5 parties; étain, 3 parties. Ces alliages deviennent beaucoup plus fusibles en y ajoutant un peu de mercure; cependant ils ne peuvent guère être employés que pour l'injection de la trachée-artère et des bronches; les tuniques des vaisseaux ne résistent pas au degré de chaleur nécessaire pour les fondre. On conçoit que ces pièces doivent être préparées par macération et non pas par corrosion.
Les organes sur lesquels on fait le plus ordinairement des préparations corrodées, sont la glande thyroïde, les poumons, le cœur, le foie, la rate, les reins, le pénis et le placenta. On infecte sur ces organes les vaisseaux sanguins des différentes espèces et le conduit excréteur, s'il y en a un. La réplétion de ces vaisseaux se fait d'après les règles que nous avons établies en parlant des injections en général; seulement faut-il chauffer un pe* davantage l'eau, ainsi que la matière à injection, parce que la tnatière à corrosion exige un plus haut degré de chaleur.
L'injection étant faite, on dépose la pièce à corroder dans on vase en verre ou en porcelaine , et l'on y verse un mélange de trois parties d'acide hydrochlorique ou nitrique et d'une partie
d'eau ; on laisse ainsi reposer la pièce pendant trois à quatre semaines et plus, selon son volume et selon le degré. de tempéra-» ture de l'air. Quand les parties molles sont en grande partie converties en une substance pultacée, on laisse écouler la liqueur par une ouverture dont le vase doit être percé dans son bas, et sans déplacer la pièce; on fait ensuite tomber sur elle un trèspetit filet d'eau, afin d'entraîner toutes les parties molles qui ont déjà été détruites par l'acide. S'il reste encore des, parties adhérentes, on verse une nouvelle portion d'acide sur la pièce, jusqu'à ce que les tuniques des vaisseaux soient entièrement détruites. On lave enfin la préparation à différentes reprises pour en enlever tout l'acide, et on la fait sécher en la plaçant sur une couche épaisse de laine, recouverte d'un linge fin. La préparation étant desséchée, on la suspend au moyen d'un ruban assez large, dont on entoure les principales branches vasculaires à leur naissance du tronc; le ruban doit être large, afin qu'il ne coupe pas la matière à injection. On vernit ensuite la pièce avec soin, en laissant couler sur elle une nappe de vernis. Quand celui-ci est desséché, on place la préparation sur un pied à large base, percé d'un trou dans son milieu pour y recevoir les troncs vasculaires.
Les préparations macérées se font d'après la même méthode , excepté qu'on ne les recouvre que d'eau de pluie et qu'on les abandonne ainsi à la putréfaction.
Art. 2. De F injection et.de la préparation des vaisseaux lymphatiques. l
Outre les vaisseaux lymphatiques, on injecte souvent aussi, par les procédés que nous allons décrire, divers conduits excréteurs, et surtout celui du testicule, comme nous l'avons indiqué en parlant de cet organe.
i.° Instrumens.
Ils sont en général de deux sortes : au moyen des uns (par exemple des seringues en acier ou en verre, des réservoirs en
1 Voyez mon Mémoire sur les vaisseaux lymphatiques des oiseaux et sur la manière de les préparer. Annales des sciences naturelles, 1824, tom. 111, pag. 381 , avec fi g.
V. Fobmavn , Mémoire sur les vaisseaux lymphatiques de la peau, des membranes muqueuses, séreuses du tissu nerveux et musculaire. Liège, 1833, in-4.0 avec fi g.
Consultez en outre les Traités de Haase. Werher et Fellea, CnmKsnA?x} Mascaghi , etc.
yi8 PRÉPARATIONS DE CABIKET.
gomme élastique qu'on comprime avec la main , etc. ) on fait avancer le mercure dans les vaisseaux par une pression extérieure; au moyen des autres, le mercure avance uniquement en vertu de son propre poids. Ceux-ci ont sur les premiers l'avantage de donner, par la hauteur de la colonne, l'exacte mesure de la force avec laquelle entre le mercure, en sorte que c'est cette espèce d'appareil qui est la plus généralement répandue, et que nous décrirons plus spécialement. .' Depuis quelque temps on a proposé de se servir du vide produit par la machine pneumatique pour faire avancer le mercure, comme nous l'avons indiqué à la page 712. Bien que ce procédé ne nous ait pas présenté d'avantages signalés dans les essais que nous en avons faits, nous ne voulons pas encore le rejeter, attendu que ce n'est que par ce moyen que l'on parvient, diton, â remplir les conduits sécréteurs du rein. Mais à coup sur la machine pneumatique ne sera jamais employée que dans quelques cas particuliers, parce qu'elle est plus difficile à manier que les appareils ordinaires.
L'appareil le plus simple se compose d'un petit tube horizontal effilé, adapté à un tube en verre vertical, long de vingt-quatre à trente pouces et évasé à sa partie supérieure. A ces deux pièces essentielles on interpose, pour faciliter les manœuvres, un robinet en acier, et quelquefois une canule flexible.
Les tubes effilés sont en verre ou en acier ; les premiers sont ceux que l'on employait de préférence en France, jusqu'à l'époque où j'y ai fait connaître les tubes fabriqués â Heidelberg, par Gœbck. En se servant des tubes en verre, on a l'avantage de pouvoir leur donner le degré de ténuité qu'on désire, parce qu'on parvient aisément à les filer soi-même à la flamme d'une bougie, mais leur extrême fragilité fait qu'ils ne peuvent jamais être <Tun usage général, et qu'ils ne doivent ètje employés que quand on veut injecter des vaisseaux très-fins; encore verrons-nous que ces tubes pourraient être remplacés par ceux confectionnés d'après le procédé de Straus-Durckheim.
Haasb se servait de tubes en verre garnis à leur eitre'œilè d'une pointe en acier taillée en bec de flûte, qu'il introduisait dans les vaisseaux sans les avoir préalablement ouverts avec la lancette; mais ces tubes ont l'inconvénient de défoncer le vaisseau au moindre mouvement qu'on leur imprime.
Les tubes en acier dont je me sers habituellement, sont tresd^liés à leur extrémité, et recourbés à angle droit; ils augmentent un peu en épaisseur vers le haut, où ils sont soudés à «*
ITUECXIOti DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. 719
petit montant qui se visse à nn robinet, le tont en acier. Depuis quelque temps Gœrck, à Heidelberg, fait aussi des tubes en platine , qui ont l'avantage de ne pas être sujets à s'oxider comme les autres. Les tubes de Gœrck sont parfaitement bien travaillés, et plusieurs anatomistes de Paris s'en servent aujourd'hui.
Mascagni fabriquait lui-même ses tubes en acier, et Straus- Durckbeim a perfectionné le procédé de cet anatomiste en faisant les tubes coniques et en les rendant presque aussi fins que les tubes en verre : un ressort de montre1, long de douze à quinze lignes, parfaitement détrempé, est retenu suivant sa longueur par un étau, de manière à laisser dépasser la moitié de la largeur. Il est avantageux de placer le ressort entre deux cartes, parce qu'on court moins de risques de le casser que s'il se trouve en contact immédiat avec l'étau. Moyennant de légers coups de marteau donnés sur la partie du ressort qui dépasse, on la replie à angle droit sur celle qui est retenue. Dans la gouttière qu'on obtient ainsi, on place un mandrin en fer on en acier détrempé, conique, et aussi acéré que possible A petits coups de marteau on recourbe de plus en pins les bords sur le mandrin, de manière à ce que, ceux-ci venant à se toucher, on obtienne un canal complet. On diminue avec une petite lime la trop grande largeur du ressort à l'endroit qui doit correspondre à l'extrémité acérée du tube, et Ton finit ensuite de rapprocher les deux bords. Le tube étant achevé, on diminue l'épaisseur de ses parois au moyen 4e la lime, et Ton retire le mandrin. Ainsi préparé, il est reçu dans un petit montant en ivoire, percé d'une ouverture en forme de cène tronqué. Cette ouverture se trouve par là parfaitement en rapport avec le tube qu'on veut y fixer. Le tube, dont la grosse extrémité est entourée d'un peu de papier a lettre, est introduit dans le montant par son extrémité effilée; quelques légers coups de marteau le retiennent comme un coin. Si l'on désire avoir des tubes courbés, on n'a qu'à placer dans l'intérieur un fil de fer, pour empêcher le canal de s effacer, et ati moyen d'une pince dont les extrémités sont garnies de papier, on le courbe à volonté, ayant soin de placer la fente du tube à la partie convexe.
Breschet a imaginé de faire confectionner des tubes métolli-
1 La principale difficulté dans la confection de ces tubes c'est que, quelque bien trempé que soit l'acier, il durcit de nouveau après les premiers coups de marteau, et se rompt si Ton n'a pas le soin de le détremper de temps en temps. On remédierait à tous ces inconveniens en employant une lame de platine au lieu d'un ressort de montre; le mode de fabrication serait le même.
710 PRÉPARATIONS DE CABIKET.
ques d'après un procédé différent, peu dispendieux, et qui permet de leur donner toute la ténuité désirable : un mandrin extrêmement délié est placé au centre d'une lame très-mince de tôle bien décapée et recourbée en gouttière, qu'on tire successivement par des ouvertures de plus en plus petites; le tube s'alonge, et le canal intérieur conserve toujours le même calibre, qu'il doit au mandrin qui le remplit. On obtient de cette manière ua tube dune certaine longueur, parfaitement cylindrique, et qu'on découpe alors pour l'usage en fragmens d'un pouce environ, que Ton fixe avec de la cire d'Espagne dans de petits montans en ivoire. Ces tubes sont encore plus fins que ceux de Heidelberg, mais comme ils sont également minces à leurs deux extrémités, ils ont l'inconvénient d'offrir bien moins de résistance qoe les autres, qui sont légèrement coniques, et qui eh outre petvent être plus solidement fixés au montant destiné à les recevoir. Cependant je crois qu'il ne serait pas difficile de donner une forme conique aux tubes obtenus par ce procédé : après avoir alongé le tube de manière à ce qu'il ait partout l'épaisseur qu'on voudrait lui voir conserver à la base, il faudrait le découper en autant de morceaux qu'on voudrait faire de tubes ; puis on n'aurait plus qu'à limer ces fragmens de tube pour les effiler vçn leur extrémité libre.
La manière d'après laquelle les robinets avaient été construits jusqu'à ce jour, exigeait qu'ils fussent tournés avec la main gauche (le tube étant soutenu par la main droite) ou bien par un aide, si cette main était employée ailleurs. Pour remédier à cet inconvénient, un jeune Grec, Maurocordato, vient d'en faire construire qui peuvent être tournés moyennant une petite roue, placée verticalement, ce qui permet de les mouvoir facilement avec un des doigls de la main qui tient le tube.
Les canules flexibles que l'on place entre le robinet et le tube vertical, sont communément faites avec une sonde ordinaire de gomme élastique, longue de douze à quinze pouces; ces canules facilitent beaucoup les mouvemens, et elles sont indispensables si l'on veut suspendre le tube pendant l'injection par des moyens autres que le fixateur. Il importe de choisir des cathéters de bonne qualité, à parois assez épaisses, faute de quoi ils auraient l'inconvénient de laisser transsuder le mercure. On avait essayé, pour s'opposer à la sortie du métal , d'entourer ces sondes de peau de chamois que l'on avait collée dessus; procédé qui a dn être abandonné, parce que les canules sont devenues tropraides. Mais une bonne sonde est parfaitement imperméable et elle dure
trois à quatre ans avant de se crevasser. Dans le cas où Ton ne pourrait pas se procurer des sondes de bonne qualité, il vaudrait mieux de faire comme Bogeos, qui choisissait pour cet usage un morceau de veine saphène qui ne recevait pas de branches, ou de prendre un uretère, qui est également imperméable tant qu'il est frais. On fixe alors soi-même ces parties à l'appareil toutes les fois qu'on en a besoin; dans ce cas-là on pourrait se passer de robinet, car il n'y a qu'à comprimer l'uretère avec deux doigts si l'on veut intercepter te cours du mercure.
Le tube rempli de mercure devenant très-incommode par son poids, toutes les fois que l'injection dure long- temps, il est convenable de se servir d'un appareil de suspension approprié. En injectant avec la canule flexible, je me sers de l'appareil suivant : deux fils de fer, longs de dix à quinze pieds, sont tendus horizontalement à la partie supérieure de deux murs parallèles ; un antre fil de fer est fixé par ses extrémités à la partie moyenne des deux précédons. Du milieu de ce troisième fil descend une ficelle, au moyen de laquelle on suspend le tube en verre, de ' manière à ce que, celui-ci étant rempli de mercure, son extrémité inférieure ne soit élevée que de trois à quatre pouces audessus du niveau de l'endroit où l'on injecte, et qu'une partie de la canule, qui porte à son bout le robinet avec le tube en acier, soit courbée sur la table. On conçoit que le jeu des diverses pièces qui composent cet appareil, doit produire toute l'élasticité désirable , et qn'en même temps le poids du mercure se trouve parfaitement soutenu sans ftrtfguer la main de l'anatomiste. Pour introduire le tube dans un lymphatique, on saisit le robinet comme une plume à écrire, en laissant passer la canule flexible sur le dos de la main, de manière à lui faire décrire une courbe semblable à un C\J
En injectant sans canule flexible, je .me sers du fixateur du professeur Edrmann, qui permet aisément tous les mouvemens, et qui retient ensuite le tube dans une position fixe et déterrai-* . née sans qu'il soit nécessaire d'y toucher. Ce fixateur se compose du.te colonne de fer de trente pouces de hauteur et de sept lignes de diamètre, bien écrouie au marteau, afin de pouvoir résister au poids qu'elle doit supporter. Elle est montée à son pied sur une agrafe donnante, ayant à sa partie inférieure une vis de pression, qui permet de la fixer à une table. 'A cette colonne se trouve un bras à potence de huit pouces de longueur, pouvant tourner horizontalement autour de la colonne qui lui sert d'axe, et être monté et descendu à volonté; il est arrêté
par une vis de pression. Une pince terminée par deux déni» cylindres concaves, servant par leur rapprochement à maintenir le tube en verre, s'articule en genou avec l'extrémité du bras i potence. Une première vis maintient les deux bras de la pince rapprochés, et une deuxième arrête les mouvemens de Tarde* lation en genou. Pour se servir de cet instrument, on procède de la manière suivante : la vis qui retenait la boule étant* relâchée, on place le tube en verre entre les branches destinées i le recevoir, sans trop le serrer, de manière à ce qu'on poisse encore lui imprimer quelques mouvemens. De cette façoi on laisse pendre le tube dans une direction qui ne s'éloigne de l'horizontale qu'autant qu'il le faut pour que le mercure ne coule pas par le bout évasé. En laissant ainsi le tube parfaitement mobile, on a l'avantage de le tenir toujours prêt à être introduit dans le vaisseau que l'on veut injecter. Le tube étant placé dans un vaisseau 9 on l'y maintient avec une main, et avec l'antre m resserre d'abord la vis qui rapproche les branches de la pince; mais il faut avoir soin d'établir le parallélisme entre le tube et la pince qui le retient, sans quoi l'on risque de le voir sortir di vaisseau ou le soulever. C'est là la partie de la manipulation qui exige le plus de soin, car après il n'y a plus qu'à serrer la vis qui retient la boule, pour maintenir tout l'apparejl en parfaite immobilité. Maintes fois, après avoir introduit le tube dans un vaisseau du pied, je mé suis absenté pendant des heures, et j'ai trouvé à mon retour le système lymphatique rempli jusqu'à son entrée dans la veine sous-clavière, un aide ayant eu^oin, pendant mon absence, de verser du mercure dans le tube toutes les fois que la colonne n'était plus asser haute.
Bogros employait un appareil très- ingénieux pour l'injection des vaisseaux lymphatiques. Il se compose d'un tube vertical en verre, que l'on suspend à une hauteur voulue; d'une cannle flexible, et d'un robinet en acier, terminé en bas pat un tube en acier, recourbé à angle droit et garni d'une yis à son extrémité. Un autre petit tube en acier, garni d'un écrou à l'une de ses extrémités, est destiné à être vissé au premier. Les tubes que l'on introduit dans les vaisseaux sont en verre, longs d'un pouce et demi, épais d'une ligne et demie, non courbés sur leur longueur et effilés à l'une de leurs extrémités. On entoure ces tubes, à trois lignes de distance de leur extrémité non effilée, d'un bourrelet fait au moyen de quelques tours de fil ciré. Cette extrémité doit être introduite dans le tube en acier coudé, et leboutefilé du tube en verre doit l'être dans le second tube en acier, qu'on
INJECTION DES VAISSEAUX LYMPflATlQUES. J2$
?isse alors sur le tube coudé, de manière que la pointe du tube en verre ressorte par l'extrémité du tube en acier et la dépasse de quelques lignes. En vissant ces tubes l'un sur l'autre, le bourrelet de fil qui entoure le tube en verre est fortement comprimé entre eux, et l'appareil se trouve par là hermétiquement fermé. La promptitude avec laquelle on peut remplacer les tubes en verre cassés, fait qu'on éprouve moins les inconvénient de leur fragilité, si l'on a soin d'en avoir toujours plusieurs prêts à être employés. Au reste, ces tubes sont beaucoup moins cassans qu'on ne pourrait le croire, si Ton choisit pour les confectionner des tubes à parois assez épaisses. Je me sers avec avantage de cet appareil toutes les fois que j'ai à faire des recherches délicates. Pn. PnoBus emploie une modification de l'appareil à injection de Bogros, soutenu par un fixateur qui a l'avantage d'être très- peu cher et d'être dune facile application. La colonne de mercure est renfermée dans une série de quatre cylindres creux en verre, articulés entre eux d'une manière mobile, surmontés en haut d'un entonnoir, et se continuant en bas avec un fobinet Chacun de ces cylindres a une longueur de six pouces et demi; il est fait au moyen d'un fragment de tube à baromètre, à parois épaisses, et dont chaque extrémité offre un petit bourrelet circulaire saillant à l'extérieur. Les cylindres sont unis entre eux par un bout de canule en gomme élastique que Ton obtient de la manière suivante : les extrémité» de deux cylindres qui doivent être articulés, étant rapprochées l'une de l'autre à 3 lignes de distance environ, on les entoure d'une lame de gomme élastique que l'on tend par-dessus; puis on coupe avec des ciseaux l'excédant de largeur de la lame aux deux bords, de manière à ce que les deux lèvres rafraîchies se touchent tout juste. En pressant pendant quelque temps l'une contre l'autre ces deux lèvres, elles unissent par adhérer entre elles d'une manière tellement intime, que l'on n'a plus à craindre de les voir se séparer de nouveau ; mais il importe, pour obtenir cette adhésion, de réunir immédiatement les bord coupés et de se garder surtout de les toucher avec les doigts. Après cela on fixe la canule flexible au moyen de toinrs de ficelle que l'on place les uns au-dessus, les autres au-dessous des bourrelets qui entourent les extrémités des tubes en verre. Les lames de gomme élastique des articulations supérieures, celle surtout entre l'entonnoir et le tube supérieur, pourront être minces, parce qu'elles n'ont pas à supporter une pression bien considérable; mais aux deux articulations inférieures, il faut qu'elles soient plus épaisses, et le plus souvent il conviendra
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de renforcer les quatre articulations inférieures an moyen de viroles en gomme élastique larges de 3 à 3 lignes, et que Foi obtient en suivant la méthode déjà employée pour faire les canules. Au reste, l'articulation mobile placée entre le tube inférieur et le robinet, pourrait sans inconvénient être supprimée, parce que la force que l'on est obligé de donner ici à la gomme élastique rend la mobilité presque nulle. On conçoit que le tube ainsi construit, joint une flexibilité suffisante à une grande solidité. Il serait d'ailleurs facile d'ajouter au tube un cylindre de plus, au moyen duquel on obtiendrait une colonne de plus de trente-six pouces. L'entonnoir est surmonté par une anse munie d'un crochet qui sert à accrocher tout le tube à une ficelle descendant du plafond, où elle contourne une petite poulie, poar redescendre par son autre extrémité vers l'endroit où Ton opère, et où on la fixe contre un clou; il est facile alors, en tirant sur ce dernier bout , de monter ou de descendre le tube à injection, et de le soutenir à toute hauteur voulue. La partie inférieure de l'appareil est le tube à injection de Bogros, mais dont la courbure forme un angle obtus, au lieu d'être à angle droit, et muni du robinet de Maurocoubato. Pour donner de la fixité a cet appareil, Phobus emploie un fixateur en bois monté sur une agrafe dormante. La partie de la colonne cylindrique qui surmonte cette dernière a douze à quinze pouces de hauteur, sa 10 lignes de diamètre; elle est retenue dans l'agrafe par un pivot cylindrique qui entre dans cette dernière à frottement dur, mais qui permet néanmoins de la tourner sur son axe. A cette colonne se trouve un bras a potence horizontal, mobile, cornue dans le fixateur que nous avons décrit en premier lieu; il est formé par un prisme quadrangulaire, épais de 20 lignes environ; à partir de son extrémité libre, l'intérieur de ce bras est creusé d'un canal cylindrique de 10 lignes de diamètre, dans lequel entre avec facilité un cylindre surmonté de la pince, et qui s'y prolonge dans l'étendue de sept pouces. On voit que ce cylindre peut tourner sur son axe, qui est horizontal, et de plus êtreplw ou moins tiré au dehors, de manière à alonger le bras* à poteice. Une vis de pression, qui traverse le bras a potence, retient le cylindre dans la position voulue. La pince elle-même doit être en fer: ses deux branches, parallèles entre elles, auront à leur base un écartement à peu près équivalent à l'épaisseur du tube, et elles se composent chacune d'une lame métallique droite, plane, large d'un pouce environ sur cinq pouces de longueur, et garnies chacune intérieurement d leur extrémité d'un coussinet assea mot
pour retenir solidement le tube dans la direction verticale ou oblique voulue. Les branches sont maintenues rapprochées par une vis ou par un coulant. Le haut du tube étant suspendu comme nous l'avons dit plus haut, on saisit avec le fixateur l'extrémité foute inférieure du tube, immédiatement au-dessus du robinet.
SniACs-DuacKHEiM a imaginé un appareil qui peut servir non-seulement aux injections mercuri elles, mais encore à celles de tout autre liquide. On se procure un flacon ayant à sa partie supérieure trois tubulures; dans l'une des tubulures, on lute un tube en verre de vingt à vingt-quatre pouces de longueur, dont J'extrémité inférieure touche le fond du flacon, sans cependant s'y adapter assez hermétiquement pour empêcher le passage du mercure du tube dans l'intérieur du flacon; on lute date une autre tubulure un petit tube en acier évasé en entonnoir et muni d'un robinet; dans la troisième tubulure on lute un tube en acier coudé, auquel s'adapte une canule flexible avec un robinet, et terminée par un tube effilé en verre ou en acier : ces dernières pièces de l'appareil sont les mêmes que celles que nous avons décrites précédemment. Le flacon a une quatrième tubulure à sa partie inférieure pour y recevoir un tube en acier avec un robinet, qui permette d'évacuer le liquide contenu dans le flacon. Pour se servir de cet appareil, on remplit en entier le flacon du liquide que l'on veut injecter, en le versant par l'entonnoir en acier. Tous les robinets de l'appareil étant fermés, on verse dans le tube du milieu la quantité de mercure nécessaire pour obtenir la pression voulue; la colonne du métal agit ensuite sur la masse du liquide contenu dans le flacon, et le fait sortir dès que le robinet du tube effilé est ouvert. Si la colonne de mercure était trop haute, on la fait aisément baisser en ouvrant le robinet de la tubulure inférieure.
Un appareil beaucoup plus facile à construire, mais un peu moins commode, se compose simplement d'un flacon à large ou* verture que Ton peut fermer exactement au moyen d'un bouchon en liège; on fait passer à travers ce bouchon le tube qui contiendra la colonne de mercure, et un autre tube auquel on adapte la canule flexible. Le liquide à injecter sera versé dans le flacon avant qu'on ait placé le bouchon.
L'injection des lymphatiques doit se faire sur une table dont le plateau, formé d'une seule pièce, est creusé de manière à avoir des bords saillans, afin de pouvoir recueillir le mercure qui s'échappe pendant la. préparation. La table sera légèrement in* clinée, de manière à ce que la partie vers laquelle se dirigent
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les troncs des lymphatiques soit plus dédire, afin de faciliter b progression du mercure. *