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DIVERS ORGANES

L’accroissement des os en longueur se fait aux e.xtrémités , tandis que le corps de l’os conserve sa première dimension. Pour se convaincre de la vérité de cette proposition , on n’a qu’à faire des ouvertures sur deux points différents de la diaphyse d’un os long; si l’on tue l’animal quelque temps après, on trouvera les ouvertures à la même distance l’une de l’autre, quoique l’os ait augmenté depuis en longueur. De même, la garance pi’ise avec les aliments ayant la propriété de colorer les os en rouge , on n’a qu’à en faire prendre pendant quelque temps à un jeune animal ; on observera alors que les os longs seront surtout rouges vers leurs extrémités ; c’est donc là principalement que la nouvelle substance osseuse a été déposée, et non pas dans le corps de l’os. L’accroissement des os en épaisseur se fait par l’addition de couches nouvelles extérieures , tandis que les couches internes de l’os sont peu à peu absorbées , et c’est de celte manière que se forme la cavité médullaire. Pour s’en assurer , il suffit de scier en travers un os pris sur un jeune animal nourri pendant quelque temps avec de la garance; on verra alors que cet os est rougeâtre en dehors, tandis qu’il est parfaitement blanc vers la cavité médullaire ( à moins que l’usage de la garance n’ait été très-longtemps continué ). On obtint des os ayant des couches alternativement rouges et blanches , en donnant tantôt de la garance à un animal , et tantôt en suspendant l’usage de cette substance.

Les OS’ larges du crâne étant très-minces, comme membraneux , dans les points qui ne sont point encore ossifiés , et cette ossification s’irradiant du centre vers la périphérie de l’os , il en résulte que chez le fœtus à terme où la conversion en substance osseuse n’est pas encore achevée, on rencontre vers le point d’union de plusieurs os des espaces membraneux, appelés fontanelles. Le plus grand de ces espaces, qui est la fontanelle antérieure, a une figure quadrilatérale; on la trouve entre la jonction des deux pariétaux avec les deux pièces qui forment alors le frontal, ha fontanelle postérieure est triangulaire ; elle est située entre l’angle supérietir de la portion squameuse de l’occipital et les portions correspondantes des deux temporaux. On trouve en outre de chaque côté de la tête une fontanelle plus petite et plus irrégulière, entre le frontal, le pariétal , la portion écailleuse du temporal et la grande aile du sphénoïde; et une autre entre le pariétal , la portion mastoïdienne du temporal et les portions écailleuse et condyloïdienne de l’occipital. On ne remarque pas de diploë dans les os larges du crâne du fœtus , mais la face externe de ces os est spongieuse; c’est elle qui représente à proprement parler le diploë , la table externe n’étant pas encore

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formée , tandis que l’interne est déjà distincte.

Les os des fœtus et des jeunes sujets sont extrêmement vasculeux. On y voit les épiphyses encore cartilagineuses parcourues d’un grand nombre de vaisseaux qui partent tous en rayonnant du centre vers la périphérie, en sorte que ce ne sont que les cartilages permanents dans lesquels on n’ait pas encore pu démontrer que bien peu de vaisseaux.

L’apparition des os se fait de la manière suivante. De la troisième à la cinquième semaine on voit paraître les rudiments cartilagineux des corps des vertèbres et le commencement des côtes. Cette formation du squelette avance rapidement , en sorte que dans la septième semaine on trouve déjà une grande partie du squelette cartilagineux ; mais les arcs postérieurs des vertèbres ne sont pas encore fermés alors. Le périoste est très - distinct. A la même époque paraissent les premiers points d’ossification aux clavicules et à la mâchoire inférieure. Dans la huitième semaine , il y en a un à la mâchoire supérieure, au fémur, quelquefois aussi au frontal et à la partie squameuse de l’occipital. Alors aussi apparaissent le sternum cartilagineux et une masse cartilagineuse sans cavité , qui formera plus tard le bassin. Dans le courant du troisième mois lunaire la base du crâne est cartilagineuse ; sa voûte , membraneuse au commencement du mois, prend peu à peu plus de consistance , en sorte que l’on remarque des points d’ossification à tous les os larges de la tête. L’ossification de l’arcade zygomatique commence ; celle de la voûte palatine est presque complète. Les apophyses articulaire et coronoïde de la mâchoire se dessinent et elles contiennent des points d’ossification ; le menton ne commence à se former qu’à la fin du mois. Les corps des vertèbres s’ossifient et les lames des vertèbres sont formées , mais cartilagineuses. On aperçoit la courbure de la clavicule dans la dixième semaine , et l’omoplate a un point d’ossification à la même époque ; l’épine de cet os ne se forme que dans la douzième semaine. Dans la neuvième semaine l’ossification est assez avancée dans l’humérus, tandis qu’elle ne fait que commencer dans le radius et le cubitus. La main égale l’avantbras en longueur, et l’on aperçoit des points d’ossification dans les deuxième, et troisième os métacarpiens , et dans les troisièmes phalanges de tous les doigts. Le bassin a un point d’ossification de chaque côté , dans la dixième semaine. L’ossification des membres inférieurs est un peu plus lente; cependant celle du fémur fait des progrès et ses extrémités grossissent. On trouve des points d’ossification au tibia et au péroné, et à la fin du mois un autre dans le deuxième métatarsien. Au quatrième mois l’ossification des os de la tête continue ; l’angle de la mâchoire inférieure se dessine et son condyle s’allonge ; les trous mentonnier et sous-orbitaire paraissent ; l’ossification commence dans les parties latérales des vertèbres et à la fin du mois aussi dans le sternum. Celle de l’humérus a encore fait des progrès, ainsi que celle des os de l’avant-bras. Les os du métaearpe sont ossifiés; les premières phalanges des doigts commencent à l’être. Le sacrum • s’ossifie dans ses deux vertèbres supérieures; le bassin sé développe ; la formation des os des extrémités inférieures devient plus rapide; la rotule est cartilagineuse ; les métatarsiens, les troisièmes phalanges des orteils s’ossifient. Enfin , l’ossification , déjà très-avancée au cinquième mois, se perfec-

tionne toujours encore dans les mois suivants , sans que , toutefois , ses progrès soient à beaucoup près aussi rapides que dans les quatre premiers mois de la gestation.

Le mode de développement des dents diffère tellement de celui des os , que ce n’est pas sans raison qu’on a préféré , dans les derniers temps , de les assimiler aux poils. Dès le milieu du troisième mois de la gestation on commence à apercevoir dans l’intérieur de chacune des mâchoires , de petits sacs ou follicules composés de deux membranes, et dans lesquels se trouve une gouttelette de liquide. Ces follicules s’ouvrent sur le rebord alvéolaire par des orifices très-étroits. Les follicules qui se forment alors sont pour les incisives et les petites molaires. Au quatrième mois on voit s’élever du fond de ce sac une papille pulpeuse, appellée germe on pulpe dentaire , et qui reçoit par sa base de nombreux rameaux vasculaires et nerveux. Le sommet de cette papille ne tarde pas à prendre la forme que doit avoir la couronne de la dent ; à la même époque on voit paraître les follicules des dents canines et au cinquième mois ceux des troisièmes molaires. Alors aussi les papilles commencent à sécréter la substance de la dent, qui se moule sur leur surface. La dent représente ainsi exactement la forme de la papille, et elle se compose par conséquent de couches successivement superposées , en sorte que la portion libre qui correspond à la couronne a été la première formée , tandis que la racine ne se développe qu’en dernier lieu. L’émail qui recouvre la substance o.sseuse de la dent ne paraît pas être sécrété par la papille, mais il semble plutôt qu’il l’est par la face interne du feuillet intérieur du follicule , en sorte qu’il est peu à peu déposé sur la face externe de la substance osseuse , à mesure que celle-ci est formée. La dent , continuant à grossir , distend le follicule et la gencive qui la recouvrent, en élargit le petit orifice et devient enfin visible sur le bord alvéolaire , comme nous l’avons dit à l’occasion de l’éruption des dents.

2o. Système fibreux. Il se développe aussi tard que le système osseux; d’abord il est mou, extensible, comme gélatineux, très-vasculaire, et ce n’est que vers la fin de la gestation qu’il se revêt des caractères propres que nous lui connaissons.

3». Système musculaire. Dans les premiers temps de la formation de l’embryon , les muscles et les tendons n’offrent qu’une masse homogène , blanchâtre , muqueuse, dans laquelle on ne distingue pas de fibres. Vers le troisième ou le quatrième mois ces fibres commencent à paraître, et un peu plus tard on peut distinguer la chair musculaire de la fibre tendineuse ; mais même dans le fœtus parfait , les muscles sont encore beaucoup plus mous, plus pâles et plus gélatineux qu’ils ne le sont chez l’adulte.

4". Système nerveux (1). Ce système est un des premiers qui se forment , et dans l’origine il est rc-

(1) TiBDentiiNif , jénat. m. Bildungsgeschichte des Gehims %m Vcctus des Menschen, Nuremberg», 1816, in-4o., avec fig.; trnd. par JoTiROA^n. Paris , 1823.

Uui.AHDO, Sur le développement du cerveau, Diziunario jieriodico di medicina ; 1822 cl suiv.

Mscrel, Uehor die EnUcickïnng der Centraltheile des Ae»x'cnsystoms ; Archiv fur Phgsiol, Tom. 1, pog* 334 et 589.

lativement beaucoup plus développé que dans la suite. D’abord on voit paraître la moelle épinière ; bientôt après on aperçoit le cerveau ; le système ganglionnaire et les nerfs rachidiens et cérébraux ne paraissent être formés que plus tard. La substance nerveuse est d’abord grisâtre , extrêmement vasculaire, et ce n’est que par la suite que l’on aperçoit la substance blanche.

La moelle épinière du fœtus occupe d’abord toute l’étendue du canal vertébral. Jusqu’à la cinquième semaine on voit à sa place un canal transparent qui n’est peut-être que le rudiment des méninges; à partir de celte époque , de la substance nerveuse est déposée sur la partie antérieure de ce canal , puis sur les parties latérales, en sorte que la moelle a d’abord la forme d’une gouttière , ouverte le long de la face postérieure, mais qui se ferme peu à peu. Au troisième mois la moelle s’est transformée en un cylindre renfermant un canal ; une fente très-étroite indique encore l’ancienne gouttière postérieure : au quatrième mois la moelle commence à devenir fibreuse, à l’exception de son centre où le canal existe; enfin, ce dernier est très-rétréci au septième mois, et il disparaît bientôt après. Au quatrième mois on aperçoit le croisement des pyramides et au sixième les éminences olivaires.

L'e?icéphale se forme d’une manière analogue : jusqu’à la cinquième semaine on trouve à sa place une série unique de vésicules , placées les unes audevant des autres ; ces vésicules , que quelques anatomistes prennent pour les rudiments de l’encéphale lui-même , n’en sont probablement que les enveloppes. A partir de la cinquième semaine la masse nerveuse est déposée à la base des vésicules , puis latéralement , puis en haut. On voit donc que le devéloppement du cerveau se fait en voûte de bas en haut et de dehors en dedans vers la ligne médiane , en sorte qu’on remarque maintenant des organes pairs. Les hémisphères forment alors de petites poches minces , qui ne prennent que plus tard de l’accroissement, de manière à recouvrir en arrière les couches optiques au troisième mois ; les lobes antérieurs sont seuls formés alors, les autres ne sont qu’ébauchés. Au quatrième mois les hémisphères recouvrent une partie des tubercules quadrijumeaux, quelques enfoncements paraissent à leur surface, et la scissure de Sylvius se forme. Au cinquième mois , les hémisphères recouvrent les tubercules quadrijumeaux et le cervelet, et ils dépassent ce dernier au septième mois ; alors aussi ils sont partout recouverts de circonvolutions. Les hémisphères cérébraux n’étant d’abord que des cavités à parois très-minces, les ticnlricules sont par conséquent très-développés alors et on n’y distingue pas encore la sous-division en trois cornes ; même au septième mois de la gestation les ventricules latéraux sont très-amples. Le troisième ventricule , qui n’est d’abord pas séparé des deux autres , n’est traversé par la commissure molle de couches optiques que dans le quatrième mois.

Au troisième mois il n’existe encore du corps calleux que le genou antérieur ; au cinquième mois il s’étend jusque sur les corps striés ; il dépasse la partie antérieure des couches optiques au si.xièrae mois , et au septième il est arrivé à les dépasser en arrière. Les piliers antérieurs de la voûte s’élèvent des tubercules mamillaires au troisième mois; mais ils ne se réunissent pas encore en arrière, et la voûte ellemême ne s’étend pas au delà des couches optiques.

Au quatrième mois la voûte se continue en arrière dans la corne d’Ammon. Les tubercules mamillaires , d’abord réunis, ne se séparent qu’au septième mois. La cloison transparente se forme au cinquième mois; son ventricule s’ouvre dans le troisième ventricule. Les deux commissures du cerveau sont visibles au troisième mois.

Les tubercules qtiadri jumeaux sont au nombre de deux au troisième mois , creux à l’intérieur et séparés sur la ligne médiane , où l’on remarque une fente au-dessus de l’aqueduc de Sylvius , qui forme une grande cavité. Les tubercules sont réunis au quatrième mois, au sixième leur cavité a diminué, et au septième il n’en existe presque plus de trace par suite de l’augmentation de la masse des tubercules qui rétrécit beaucoup l’aqucduc. Une gouttière transversale sépare alors les tubercules en antérieurs et en postérieurs. Le pont de Varole se forme au quatrième mois; il est d’abord très-étroit.

On voit paraître le cervelet dès la sixième ou septième semaine sous forme de deux petites élévations , qui se réuhissent sur la ligne médiane dans le troisième mois , de manière à fermer en haut le quatrième ventricule. Le cervelet grossit , et son corps ciliaire se forme au quatrième mois. Les principales sous-divisions du cervelet commencent à s’établir au cinquième mois , et au sixième on voit paraître ses lames transversales. Les lobules des nerfs vagues et les valvules de Tarin ne se forment qu’au septième mois. Le développement du cervelet est plus lent que celui du cerveau ; car même chez le fœtus à terme il n’est proportionnellement pas à beaucoup près aussi développé que lui.

5°. Système VASCULAIRE sanguin (1). Les vaisseaux paraissent se développer en même temps que le système nerveux, mais leur première formation n’a pas encore pu être observée chez l’embryon humain. Il est toutefois permis de remplir cette lacune en nous guidant d’après l’analogie de l’œuf incubé. Il est en conséquence très-probable qu’il se développe d’abord sur le blastoderme des ptoints satiguins, qui se réunissent peu à peu de manière à former un réseau veineux , lequel s’agrandit bientôt au point de se ramifier sur toute l’étendue du blastoderme , de manière à donner ainsi lieu à laformation de la vésicule ombilicale. De ceréseau se détache ensuite une veine, la veine omphalo-mésentérique , qui se dirige vers l’embryon. Bientôt l’extrémité de cette veine , qui plus tard deviendra le cœur (punctum saliens), se recourbe sur elle-même , et se continue avec V aorte, dont les principaux rameaux se dirigent de nouveau dans le réseau veineux de la vésicule ombilicale pour former ainsi un cercle vasculaire tout simple.

Telle est à peu près aussi la disposition que l’on rencontre chez l’embryon humain vers la quatrième semaine : le cœur, très-volumineux, reçoit une veine cave et donne l’aorte ; la première , outre quelques très-petits rameaux venant du corps de l’embryon , est surtout formée par la veine omphalomésentérique, venant de la vésicule ombilicale : cette

(1) lyiucKEL , Beytraeje zur Btldungsgcschichte des Iferzcns and der Lungen ; arc/iiü /ür Tom. Il , paj;. 402 , avec fig. — Jonrn. compi . du Dict. des sciences mdd . Tom. I, pag, 259.

RotANDO, Mémoire sur la formation du cœur. Journal compl. tom. XV, pag. 323; et tom. XVI, pag. 34.

Kilian. Ueher den Kreislauf des Blutes im Kinde n-elchcs noch fiickt gcathmet kai . Karlsruhe, 1826, in-4"., aveefij}.

veine , avant de s’unir à la veine cave, se ramifie en grande partie dans le foie, lequel ne paraît pas avoir existé dans les premiers temps. L’aorte donne quelques rarauscules au corps et se termine par l’artère oinphalo-mésentérique. Les vaisseaux ombilicaux ne se forment qu’un peu plus tard. Dans la sixième semaine, le cœur est sous-divisé en oreillette et en ventricule ; dans la septième , il y a deux ventricules , communiquant par une ouverture étroite située à la partie supérieure de la cloison; dans la huitième semaine, ils sont tout à fait séparés; en même temps la cloison inter-auriculaire commence à se former. La veine cave est beaucoup plus grosse que l’aorte. Cette dernière , dans la septième semaine, naît encore des deux ventricules ; son intérieur présente une cloison continuée de celle des ventricules , qui la sous-divise en deux canaux; dans la huitième semaine , on distingue aussi à l’extérieur la séparation de l’artère primitive en deux canaux , qui sont l’aorte et l’artère pulmonaire , provenant chacune de son ventricule. On aperçoit dans la huitième semaine de petits rameaux que l’artère pulmonaire donne aux poumons.

Dans le troisième mois , le péricarde est bien formé. La moitié droite du cœur est plus grande que la gauche. Le cœur , qui dans les premiers temps était vertical, a maintenant sa pointe inclinée à gauche. La valvule de Dotal se forme; celle d’Eustaclie, qui est une continuation de la paroi antérieure de la veine cave inférieure, est très-grande; elle empêche le sang de la veine cave supérieure d’arriver à l’inférieure et dirige le sang de cette dernière presque en totalité vers le trou ovale. Le sang de la veine cave supérieure va directement dans le ventricule droit. L’artère pulmonaire monte d’abord directement et s’unit à l’aorte vers le milieu de sa crosse; plus tard elle se recourbe à gauche et s’unit à l’aorte au-dessous de la sous-clavière gauche : elle est réellement l’aorte descendante qui se termine par les artères ombilicales , lesquelles ne donnent que de petits rameaux aux extrémités inférieures et au bassin.

Au quatrième mois , le cœur est encore plus oblique; les oreillettes sont devenues plus minces, et elles ne sont plus supérieures en capacité aux ventricules. Le trou ovale a diminué ; sa valvule le recouvre à moitié. Le sang de la veine cave inférieure ne se porte plus si exclusivement dans l’oreillette gauche; mais la majeure partie y va toujours , parce que le trou ovale s’est placé juste devant la veine. L’artère pulmonaire augmente , et le canal artériel diminue et se porte directement en arrière. La veine cave inférieure s’est placée plus haut au cinquième mois, en sorte qu’il passe moins de son sang dans le trou ovale. On remarque au sixième mois que le cœur a beaucoup diminué en proportion du corps : il a une forme plus allongée; les oreillettes sont plus petites en les comparant aux ventricules. A partir de cette époque on ne remarque plus que des changements peu notables jusqu’au terme de la gestation.

Dans le fœtus à ternie, la veine ombilicale, naissant du placenta , parcourt le cordon ombilical , passe dans le bas-ventre du fœtus , et se dirige le long de sa paroi antérieure vers le sillon longitudinal du foie, où elle donne quelques rameaux à ce viscère. Là elle se divise en deux branches ; l’une s’unit à la branche gauche de la veine porte, pour se ramifier avec elle dans le foie; l’autre continue,

sous le nom de cariai veineux , à marcher dans le sillon longitudinal pour se jeter dans la veine cave inférieure. Cette veine cave s’ouvre dans le cœur entre les deux oreillettes , de manière , toutefois , à appartenir davantage à l’oreillette droite qu’à l’oreillette gauche ; tandis que la disposition inverse avait eu lieu dans les premiers temps. Mais l’oreillette droite communiquant librement avec la gauche par le trou de Dotal , et la valvule d’Eustache étant disposée de manière à changer la direction du sang de la veine cave inférieure , une grande partie de son sang entre toujours encore dans l’oreillette gauche; tandis que le sang de la veine cave supérieure est dirigé par la valvule d’Eustache dans le ventricule droit en même temps que la partie du sang de l’autre veine cave qui n’a pas pénétré dans l’oreillette gauche. Le sang arrivé dans le ventricule droit passe dans l’artère pulmonaire , qui se termine dans l’aorte par le canal artériel , après avoir donné deux branches aux poumons. Le sang de la veine cave inférieure, quand il est arrivé dans l’oreillette gauche, passe dans le ventricule gauche et de là dans l’aorte , qui , après avoir fourni ces trois branches ascendantes, s’unit au canal artériel pour former avec lui l’aorte descendante. Celte artère, quand elle est arrivée au bas de la région lombaire , se divise en artères iliaques primitives , qui à leur tour se divisent en deux branches ; la plus petite est l’iliaque externe; la plus grande, qui forme la continuation du tronc , est l’artère hypogastrique. Cette artère , après avoir donné les diverses branches que nous lui connaissons , monte sur les côtés de la vessie, sous le nom A'artcre ombilicale, et sort par l’ombilic avec l’artère du côté opposé, pour se distribuer dans le placenta, où ses dernières ramifications donnent naissance aux radicules de la veine ombilicale.

fio. Système lympathiqüe. On ne connaît rien de précis sur l’époque de formation de ce système et sur sa disposition chez le fœtus; seulement est-il certain que les glandes lijmpalhiques y sont beaucoup moins nombreuses que dans l’adulte, et que beaucoup d’entre elles n’y existent encore qu’à l’état de plexus , parce que les vaisseaux qui les constituent ne sont pas encore unis entre eux par du tissu cellulaire serré.

7°. Larynx ; trachée-artère ; poumons. Les poumons n’entrant en action qu’après la naissance, le fœtus a dû être pourvu d’autres organes respiratoires ; et comme le nouvel être est plongé dans des liquides , sa respiration se fait par des organes branchiaux, comme chez les animaux aquatiques. Ces organes sont, 1) les branchies cervicales, qui paraissent dans la troisième semaine sous forme de petites ouvertures placées sur les parties latérales du cou, communiquant avec l’arrière-bouche ; dans leur intérieur la muqueuse forme des duplicatures , sûr lesquelles se ramifient des branches de Paorte; elles disparaissent à la fin de la quatrième semaine ou au commencement de la cinquième; 2) V allantoïde , qui se forme de suite après les branches cervicales , et qui disparait aussi rapidement qu’elles , comme poche distincte, chez l’embryon humain ; 3) \cplacenta, qui se forme après , et qui persiste pendant toute la vie fœtale. Nous avons vu, en parlant de l’allantoïde, que le placenta en est à proprement parler une dépendance , et que ces deux organes peuvent

être considérés, physiologiquement parlant , comme n’en formant qti’un seul.

Le rudiment du larynx paraît dans la sixième semaine , mais on n’y distingue les cartilages que dans la semaine suivante. Les cartilages thyroïde et cricoïde se forment de deux parties latérales , qui deviennent peu à peu cartilagineuses : cette réunion est achevée pour le cartilage thyroïde dans le quatrième mois ; celle du cartilage cricoïde se fait plus tard ; le volume relatif du larynx qui était très-considérable d’abord , a diminué dans le quatrième mois. Au cinquième , le larynx et la trachée sont remplis de mucus ; l’épiglotte est alors encore trèsmolle. Le larynx est très-petit dans le fœtus à ternie et même dans l’enfant; il ne se développe complètement qu’à l’époque de la puberté.

La trachée-artère est dans la sixième semaine un filament délicat, aplati; on y aperçoit dans la huitième semaine les ébauches des cerceaux cartilagineux, qui sont mieux formés dans le troisième mois; dans le quatrième , ce conduit à pris une forme cylindrique.

hespoumotis sont visibles dans la sixième semaine, sous forme de petits amas de vésicules ; au troisième mois ils sont divisés en lobes par des scissures profondes, et les lobules sont aussi un peu séparés les uns des autres , ce qui n’a plus lieu dans le mois suivant ; alors les poumons ont pris une couleur rougeâtre et ils ont grandi ; au cinquième mois ces organes sont plus rouges encore et plus compactes : caractères qui ont augmenté dans le sixième mois; il est très-difficile alors de les insuffler. Les bronches ont des plaques cartilagineuses. Les poumons ne reçoivent d’abord leur sang que de l’aorte ; ce n’est que plus tard que paraissent les véritables artères pulmonaires. Dans le fœtus à terme qui n’a pas respiré , les poumons sont toujours refoulés vers la colonne vertébrale, compactes, non crépitants, ne surnageant pas à l’eau. Leur couleur est d’un rouge plus foncé qu’après la naissance.

8°. Glande thyroïde. La première trace de la glande thyroïde s’aperçoit , vers la sixième ou la septième semaine , sous forme de deux petits corpuscules , qui grandissent peu à peu , en sorte qu’au quatrième mois les parties latérales sont toujours réunies et que la glande a une forme allongée : son tissu granuleux est alors visible. L’augmentation relative du volume de la glande a lieu jusque dans le cinquième mois ; mais au sixième , ce corps cesse de se développer plus fortement que le reste du fœtus, quoiqu’il augmente toujours encore de volume. Peu à peu la glande thyroïde prend une forme plus arrondie. En général , elle est relativement plus développée chez le fœtus que chez l’adulte.

9”. Thtmüs. Le thymus est un corps glanduleux, irrégulièrement divisé en deux lobes à sa partie supérieure , placé dans la cavité du médiastin antérieur, immédiatement derrière le sternum et au-devant des gros troncs vasculaires de la poitrine : il monte souvent dans le cou jusqu’à la glande thyroïde. Sa couleur est rosée ; il est mou , composé de granulations unies entre elles et formant des lobules et des lobes. Ces granulations contiennent une humeur blanchâtre et assez épaisse ; d’ailleurs le thymus n’a pas de conduits excréteurs. Il commence à paraître au troisième mois de la gestation , et bientôt

il prend un accroissement considérable jusqu’au moment de la naissance. Depuis cette époque il reste presque stationnaire dans son développement, et à la fin delà première année il commence à diminuer, en sorte qu’on n’en trouve ordinairement plus de traces dans les enfants de douze ans.

Les usages du thymus sont inconnus; cpielques physiologistes pensent que le suc qu’il contient est destiné à la nutrition du fœtus, d’autres supposent que cet organe remplace les poumons pendant la vie intra-utérine.

lOo. Organe de la vision. Les yeux paraissent être originairement des prolongements extérieurs des vésicules membraneuses qui occupent la cavité crânienne. Ils sont visibles dans la quatrième semaine sous forme de points noirâtres , recouverts en dehors par la substance muqueuse, qui tient lieu de téguments. La partie de l’œil maintenant formée, semble être la sclérotique avec la cornée, renfermant dans leur intérieur le rudiment du cristallin. Bientôt des vaisseaux venant à pénétrer dans l’œil , la rétine el\o choroïde se forment. Ces membranes n’existent d’abord qu’à la partie supérieure et externe du globe de l’œil ; peu à peu elles s’étendent plus loin, mais de manière à ce qu’il y subsiste pendant quelque temps une fente longitudinale vers la partie inférieure interne de l’œil. Cette fente finit à son tour par se souder vers la septième semaine. Pendant la formation de la rétine et de la choroïde, la gaine membraneuse et creuse du nerf optique s’est remplie de substance nerveuse. Le coips vitré apparaît bientôt après. Le cercle ciliaire se forme- vers la sixième semaine , et l’on aperçoit Viris dans la septième , sous la forme d’un cercle très-étroit, décoloré ; sa couleur noire ne paraît qu’une semaine plus tard, en même temps que le cercle s’élargit. Le cristallin , très-volumineux, qui avait été trouble jusqu’ici , est devenu tout à coup transparent vers la fin du deuxième mois. C’est à la même époque que deux légères saillies indiquent l’apparition des paupières; celles-ci forment des replis distincts dans la neuvième semaine, et dans la onzième elles sont assez allongées pour qu’elles se touchent et s’accolent ; mais elles se séparent de nouveau dans le cinquième mois. Le lac et le sac lacrymaux se forment dans la dixième semaine, ïea points lacrymaux sont déjà trèsdéveloppés dans le quatrième mois , et la caroncule,. visible dès la fin du deuxième mois , est très-volumineuse au cinquième. Dès le commencement du troisième mois on voit se développer la membrane pupillaire, qui ferme l’ouverture de ce nom. Cette membrane est formée d’un tissu cellulaire qui se continue avec la face antérieure et avec la petite circonférence de l’iris , et elle est tapissée en devant par un prolongement de la membrane de Demours. La membrane pupillaire a d’abord très-peu de consistance , mais elle devient peu à peu plus ferme jusqu’au septième mois lunaire , où elle a acquis son plus grand développement. Passé cette époque ses vaisseaux se flétrissent et la membrane s’amincit et se rompt. Les vaisseaux de la membrane pupillaire ont une disposition rayonnée ; ils sont fournis par ceux de l’iris , mais nous ne pensons pas que ses vaisseaux forment plus tard le petit cercle de l’iris , comme le soutient J. Cloquet; bien au contraire, il nous a semblé que ce petit cercle existe en même temps que tes vaisseaux de la membrane pupillaire;

et de plus la pupille est visible sur un iris encore garni de sa membrane pupillaire , que l’on examine par sa face postérieure. Au surplus , cette membrane ne se rompt pas seulement à son centre, d’une manière régulière , par une simple réaction de ses bords, mais elle se déchire en lambeaux, que l’on voit facilement flotter dans l’œil des fœtus de neuf à dix mois , et qui sont peu à peu résorbés.

Ho. Organe de l’aüdition. 'L'orifice du conduit auditif devient visible après la sixième semaine, et bientôt après un petit bourrelet indique le pavillon de l'oreille , qui ne se développe que très-lentement; les éminences du pavillon se dessinent au troisième mois et il s’y dépose un peu de substance cartilagineuse ; la conque ne se développe qu’au cinquième mois , et le lobule au sixième. Le conduit auditif est très-court , sa portion osseuse n’étant formée que par un simple cercle osseux, en sorte que la membrane du tympan est presque à fleur de tête; ce n’est qu’après la naissance que le conduit auditif osseux commence à se former réellement ; un bouchon cérumineux ferme le conduit au troisième mois. Le cadre du tympan, cartilagineux, se forme dans la huitième semaine ; il commence à s’ossifier au troisième mois et il l’est complètement au quatrième; dans le mois suivant il se soude au rocher. La cavité du tympan est très-petite, et les cellules mastoïdiennes manquent, parce que l’apophyse qui les renferme ne commense à se développer qu’après lanaissance. Les osselets de l’ouïe existent déjà à l’état cartilagineux , au commencement du troisième mois , et leur ossification commence dans la douzième semaine , en sorte qu’ils sont formés bien avant la naissance ; leur substance, chez le fœtus à terme , est toutefois encore moins compacte que chez l’adulte , ils sont un peu plus petits et leurs apophyses surtout sont plus grêles. Le rocher est encore cartilagineux dans le troisième mois; on aperçoit déjà alors les canaux qui le traversent, et les membranes qui les revêtent intérieurement sont entièrement formées. La substance du rocher est encore distincte de celle du labyrinthe dans le fœtus à terme; la première est spongieuse, l’autre est dure, lisse et séparée de la substance du rocher qui l’entoure, par des cellules osseuses trèsfines. La substance du rocher commence à s’ossifier vers la fin du troisième mois. Le labyrinthe, à cette époque , est en partie cartilagineux et en partie formé d’une membrane épaisse. On aperçoit dans la douzième semaine des points d’ossification près de la fenêtre ronde, et aux canaux demi-circulaires verticaux. Le limaçon est ossifié au quatrième mois , et le canal demi-circulaire horizontal l’est au cinquième. Au septième mois, l’ossification de l’organe de l’ouïe est complète. Le nerf acoustique est d’abord un prolongement creux du quatrième ventricule; la cavité du nerf se ferme bientôt à l’endroit qui correspond à la moelle allongée , en sorte qu’il subsiste à l’autre extrémité une cavité isolée, qui se transforme en membranes nerveuses du labyrinthe.

12". Organe de l’odorat. Les narines paraissent ilans la septième semaine , et le nez commence à faire une petite saillie dans la huitième ; mais en général il reste très-petit pendant toute la vie fœtale , et même dans les premières années de la vie de l’enfant. Au troisième mois, les narines sont très-écarlées, à cause de la grande épaisseur de la cloison du

nez, et elles sont fermées par un bouchon membraneux. Les fosses nasales , d’abord très-petites et qui avaient été réunies à la cavité de la bouche , s’en sont séparées dans le courant du troisième mois. Le premier point d’ossification des os propres du nez paraît dans la douzième semaine, et le vomer s’ossifie au quatrième mois ; c’est alors aussi que se forment les ailes du nez. L’ossification de l'ethmo'ide et des cornets se fait au cinquième mois , en même temps que les narines s’ouvrent de nouveau. Au sixième mois l’épaisseur de la cloi-son des narines a beaucoup diminué.

Les nerfs olfactifs ne sont d’abord que des prolongements creux des hémisphères cérébraux ; leur cavité se continue avec celle des ventricules latéraux ; elle a disparu au huitième mois.

13°. Peau ; tissu cellulaire. Dès le troisième mois on commence à apercevoir la peau, qui, à cette époque, est extrêmement mince, molle, transparente , semblable à une membrane muqueuse : elle ne paraît pas alors être recouverte d! épiderme; celui-ci n’est bien visible aux mains et aux pieds qu’au septième mois, et bientôt après sur le reste du corps. Les ongles commencent à paraître à quatre mois et demi ; mais ils sont encore membraneux; au sixième mois ils sont plus cornés , mais mous, et ce n’est qu’au huitième mois lunaire qu’ils acquièrent de la dureté. Au cinquième mois on remarque au cuir chevelu, aux sourcils et aux paupières de petites élévations percées d’ouvertures par où passeront les gioils dans le mois suivant. C’est aussi dans le sixième mois que toute la peau se recouvre d’un duvet , qui tombe ordinairement pendant le dernier mois de la grossesse ou peu après la naissance. Ce n’est que vers le neuvième mois que la peau perd sa transparence , quoiqu’elle soit encore plus mince et plus vasciileusc qu’après la naissance. A partir du sixième mois la peau se recouvre d’un enduit , d’abord muqueux , mais qui devient peu à peu plus tenace et qui est connu sous le nom de vernis caséeur.

Le tissu cellulaire du fœtus est mou , transparent, rempli de sérosité dans les premiers temps de la formation; ce n’est que vers le sixième mois qu’il commence à s’y déposer de la graisse, en sorte que les formes du fœtus deviennent d’autant plus arrondies qu’on se rapproche davantage du terme normal de la gestation.

14". Organes de la digestion (1). La bouche cl le nez forment d’abord une seule cavité fermée. L'ouverture buccale se forme dans la sixième semaine et elle grandit très-promptement. Les lèvres commencent à paraître dans la huitième semaine sous forme de petits replis; la supérieure , par l’allongement successif de trois papilles, une moyenne et deux latérales; l’inférieure, au moyen de deux papilles. Dans la neuvième semaine la bouche est largement béante et la langue en sort ; mais les lèvres continuant à s’accroître, elles ferment la bouche dans la douzième semaine. Dans le courant du cinquième mois la bouche diminue en grandeur et elle s’entr’ouvre. Vers la fin du deuxième mois ,

(1) Mbcrel’, Bildungsgeschichte des Datmlianals ; yirchix' /wr Physiol. Tom. llï, pag. 1,

Rolardo , sur la formation du canal alimentaire et des viscères qui en dépendent, etc. Journal compl., tom. X\I,

pog. 53.

la bouche se sépare du nez par la formation de la voûte palatine et du voile du palais , qui croissent d’avant en arrière et de dehors en dedans vers la ligne médiane ; leur formation est achevée dans la dixième semaine. La langue paraît dans la septième semaine et grandit rapidement ; l’os hyoïde est visible dans la neuvième semaine. Dans le troisième mois on aperçoit les glucides salivaires sous forme de vésicules qui sont groupées sur des canaux ramifiés dont le tronc part de la muqueuse buccale.

La formation du tube digestif est due à un étranglement qui s’établit dans la vésicule ombilicale , en sorte que cette vésicule est alors sous-divisée en deux loges : celle qui tient à l’embryon se convertit en canal intestinal ; celle qui en est éloignée conserve le nom de vésicule ombilicale, et le point étranglé s’oblitère bientôt.

On distingue fort bien le tube dige.stif vers la fin du premier mois ; il est uniformément cylindrique depuis le pharynx jusqu’à l’anus , et il est parfaitement droit, à l’exception d’un angle qu’il forme vers son union avec la vésicule ombilicale , avec laquel»? il communique par un canal court et étroit. Dès la cinquième semaine ce canal s’est oblitéré. Il y a un mésentère , et le cæcum est visible en rudiment. Le tube digestif est alors en grande partie contenu dans le cordon ombilical , dont l’extrémité attenant à l’embryon est creuse, évasée, et directement continuée avec les parois abdominales. Dans le courant du deuxième mois , l’intestin commence à se retirer vers la cavité abdominale, en même temps que la vésicule ombilicale s’éloigne en sens opposé. L’estomac , dont la direction est toujours verticale, est un peu plus gros que l’intestin grêle; ce dernier forme quelques circonvolutions : le. gros intestin, dont le calibre ne surpasse pas encore celui de l’intestin grêle, est tout droit. Le cæcum s’est développé davantage. L’anus n’est qu’une fossette borgne dans la septième semaine; il s’ouvre de suite après. Dans le troisième mois , l’estomac se place plus transversalement ; l’extrémité cardiaque se forme et la petite courbure se dessine. Le duodénum est très-large et mal séparé de l’estomac. L’intestin grêle forme au commencement du mois plusieurs circonvolutions en spirale ; dans la dixième semaine il est tout à fait logé dans l’abdomen, dont il occupe la partie moyenne et gauche; son extrémité inférieure, plus rétrécie, est invaginée dans le commencement du gros intestin , ce qui donne lieu à la formation de la valvule du colon. L’iléon contient du méconium. L’appendice vermiforme , d’abord aussi gros que l’intestin grêle, se forme dans la dixième semaine. Le calibre du gros intestin a un peu augmenté dans sa moitié supérieure; vers la dixième semaine il se porte d’abord transversalement à gauche , puis en bas : ce n’est qu’à la fin du mois qu’il commence à se courber en haut. A la même époque on voit la muqueuse intestinale former des plis et des villosités. L’anus forme une ouverture arrondie, béante, placée immédiatement derrière l’orifice génito-urinaire ; mais le coccyx se portant ensuite en arrière , l’anus , tiré dans le même sens, forme une fente longitudinale, et le périnée se développe au-devant de lui. Au quatrième mois, l’estomac est tout à fait transversal et son extrémité cardiaque très-arrondie. Le pylore se forme. L’intestin grêle acquiert un calibre plus uniforme. Le duodénum a beaucoup de villosités, mais pas en-

core de valvules conniventes. L’appendice vermiforme devient plus grêle. Le cæcum se fixe et le colon ascendant est formé. Le rectum se plisse en long. Dans le cinquième mois , l’estomac a des rides et des villosités, et le duodénum est rempli de valvules conniventes. Les villosités de l’extrémité inférieure de l’intestin grêle et celles du gros intestin deviennent plus petites que celles de la partie supérieure. On remarque des cellules au colon transverse, et plus tard elles se développent sur le reste du colon. La courbure iliaque du colon se forme. L’anus est resserré. Le tube digestif a maintenant à peu près la forme qu’il conservera pendant toute la vie; il convient toutefois de faire remarquer, que chez le fætus à terme encore , l’S romain du colon forme des inflexions plus considérables , et que le cæcum et l’appendice vermiforme, pris ensemble, ont la figure d’un cône dont la base répond au premier et le sommet au second.

Le foie est originairement formé par une ramification de la cavité de l’intestin qui pousse vers l’extérieur et dont les divisions sont aussitôt réunies par de la matière animale; la consistance de cette glande est toutefois très-peu considérable dans les premiers temps. On aperçoit le foie dès le premier mois; son volume relatif est alors énorme, car il pèse le tiers du corps entier. Peu à peu ce volume relatif diminue , bien que le foie continue à grandir beaucoup. Il est d’abord également étendu des deux côtés du ventre ; mais dans le quatrième mois il s’étend moins à gauche , parce que le lobe de ce côté s’accroît moins rapidement ; mais à droite il descend encore presque jusqu’à la crête iliaque. Au sixième mois le foie remonte davantage et soulève le diaphragme; son lobe droit ne descend plus si bas. La vésicule biliaire apparaît au deuxième ou au troisième mois sous la forme d’un canal , qui n’est d’abord qu’un appendice borgne du conduit excréteur du foie et qui ne se dilate que plus tard. Elle contient du mucus incolore au quatrième mois, et du mucus verdâtre dans le mois suivant. Les orifices des conduits cholédoque et pancréatique dans le duodénum sont distants d’une ligne et proéminent sous forme de mamelons dans le quatrième mois ; au sixième mois , la distance de ces orifices a beaucoup diminué , ainsi que leur saillie. Chez le fætus à terme la vésicule est davantage enfoncée dans la substance du foie que chez l’adulte.

On aperçoit le pancréas au commencement du troisième mois; il est d’abord vertical, mais il change de position avec l’estomac. Au quatrième mois , il forme une masse plus unie par le rapprochement de ses granulations; son canal est trèslarge. Cette glande , dont le volume était d’abord relativement très-considérable, diminue en proportion à partir du sixième mois.

La rate apparaît dans la dixième semaine ; elle est très-petite et blanchâtre : elle s’accroît lentement et ne prend qu’assez tard sa couleur foncée; même chez le fœtus à terme elle est relativement beaucoup plus petite que chez l’adulte.

15°. Corps de Wolff (1). On donne ce nom à deux organes , un de chaque côté , situés le long de la face antérieure de la colonne vertébrale , et

(1) J. ^ Bildungsgeschichte der Geniiaîien J etc.

seldorf, 1830, in-A®., avec fig.

n’exist.int , chez l’horaine et le.s inammiFères du moins, que dans les tout premiers temps de la vie embryonnaire. Ces corps de AA’'ollî paraissent avant les reins et les organes génitaux ; ils ont acquis leur plus grand développement quand ceux-ci se forment ; mais bientôt après ils diminuent en volume relatif, bien qu’ils s’accroissent pendant quelque temps encore; plus tard ils se flétrissent. Ces corps sont relativement très-volumineux ; ils ont une forme allongée et ils se composent d’une grande quantité de petits conduits borgnes , parallèles, qui s’ouvrent à angle droit dans un conduit excréteur très-large lequel s’abouche à côté de celui du côté opposé dans le sinus uro-génital commun. Les corps de Wolff sont déjà extrêmement petits et sur leur déclin chez les embryons humains de huit semaines ; cependant on en trouve ordinairement encore des traces après la naissance dans le sexe féminin , où on les rencontre dans les ligaments larges de la matrice. Les usages des corps de Wollf sont totalement inconnus ; mais leur structure démontre que ce sont des organes sécréteurs, et leur grand volume semble indiquer leur importance dans les premiers temps de la vie.

16o. Organes urinaires. Les capsules surrénales sont visibles, dans la septième semaine, à la partie supérieure et interne des corps de Wolff. Elles sont très-volumineuses, mais leurs contours ne sont pas encore bien dessinés. Dans la neuvième semaine elles sont bien formées , deux fois plus grandes que les reins , et elles se touchent par leurs extrémités inférieures , lesquelles ne tardent pas à s’écarter. Les capsules surrénales sont alors formées d’un tissu granuleux, qui est devenu moins distinct dans le quatrième mois ; leur volume relatif a diminué peu à peu , en sorte qu'à cette époque les reins les égalent en grandeur; elles n’en forment plus que le tiers dans le fœtus à terme , et chez l’adulte elles se sont flétries au point que les reins les surpassent vingt à trente fois en volume. C’est à partir du sixième mois que la surface des capsules surrénales est rendue inégale par des scissures profondes et que l’on rencontre dans leur intérieur un liquide brunâtre.

Les reins paraissent également dans la septième semaine à la partie supérieure interne des corps de Wolff. Ils sont d’abord extrêmement petits et entièrement cachés derrière les capsules surrénales. Nous avons vu , en parlant de ces dernières , comment leur volume relatif change en rapport inverse avec celui des reins. Les reins ont d’abord une structure granuleuse et ce n’est qu’à la fin du troisième mois qu’on les voit composés de sept à huit lobules séparés, correspondant aux cônes que forme la substance tubuleuse, mais qui commencent à s’unir entre eux au quatrième mois, en sorte qu’au sixième mois ils ne sont plus séparés qu’à la surface; disposition qui ne s’efface entièrement qu’après la naissance.

Les uretères, qui sont visibles à la même époque que les reins et qui sont d’abord extrêmement gros, se terminent dans le sinus uro-génital commun , cavité à laquelle aboutissent à la fois les uretères , les conduits excréteurs des corps de Wolff et des organes de la génération , ainsi que l’extrémité inférieure de l’intestin , et de la partie antérieure de laquelle s’élève l’oMrague, qui n’est autre chose que

le col de l’allantoïde. Cette cavité subit peu à peu des transformations importantes. Il s’y établit d’abord une cloison transversale , rudiment du ^émiée, et qui sépare ainsi l’intestin du sinus uro-génital , lequel est maintenant fermé en arrière. Les nouveaux changements qui surviennent diffèrent selon le sexe. Chez l’embryon femelle, l’ouraque avec la portion du sinus uro-génital où s’abouchent les uretères, se sépare du sinus commun, en ce que son point d’insertion , qui se rétrécit de plus en plus , se porte toujours davantage en avant. Ce rétrécissement du point d’insertion de l’ouraque coïncide avec la dilatation de la portion de ce canal placée audessus, ce qui donne lieu, dans la huitième semaine , à la formation du canal de l’urètre et de la vessie. Cette dernière a longtemps encore l’air d’une simple dilatation allongée de l’ouraque , qui ne devient plus arrondie qu’au troisième et au quatrième mois , en se limitant en bas et en haut. Dans ce dernier point elle se sépare enfin entièrement de l’ouraque, qui, encore ouvert jusqu’à l’ombilic au troisième mois, s’oblitère complètement après le quatrième ; mais même chez le fœtus à terme la vessie est encore un peu conique et placée plus haut que chez l’adulte. La vessie, d’abord vide, contient au quatrième mois du mucus, qui est remplacé par de l’urine au cinquième mois. Chez l’embryon mâle les rapports sont un peu différents : le conduit étendu entre la vessie et l’orifice uro-génital , conduit qui n’est autre chose que le canal de l’urètre, reste le canal principal, dans lequel s’ouvrent le.s conduits excréteurs rétrécis des organes génitaux , tandis que chez la femme les voies urinaires et génitales se séparent peu à peu complètement.

17°. Organes génitaux. On aperçoit dans la septième semaine, sur le côté interne du corps de Wolff, au-dessous de la capsule surrénale et sur la partie externe et antérieure du rein , un corps allongé qui est le germe du testicule ou de l'ovaire, car il est impossible alors de reconnaître le sexe. Le long du bord externe du corps de Wolff, on trouve un conduit qui s’ouvre en bas dans le canal excréteur de ce corps, lequel canal est d’ailleurs beaucoup plus gros que le premier. C’est ce conduit qui, suivant le sexe, deviendra soit épididyme, soit trompe àe Fallope. On aperçoit en outre à la même époque , ou peu de temps après, un faisceau fibreux qui, partant de l’anneau inguinal , se' fixe à l’extrémité inférieure du conduit qui longe le bord externe du corps de Wolff; ce faisceau deviendra soit gouvernail de Hunter, soit ligament rond de la matrice, et la partie du conduit située au-dessous de l’insertion du faisceau formera, selon le sexe, le canal déférent ou bien la corne de la matrice. Nous avons déjà fait remarquer que les organes génitaux s’ouvrent d’abord , sans distinction de sexe, dans le sinus uro-génital. Quant aux parties externes, on aperçoit dès la .sixième semaine , au-dessous de l’ombilic et au-devant de l’orifice uro-génital , une papille qui se transformera en verge ou en clitoris, et qui , dans la septième semaine , se creuse d’une gouttière à sa face inférieure. Un pli cutané, que l’on aperçoit des deux côtés au-dessous de cette papille, donnera naissance au scrotum ou au# grandes lèvres. Nous entrerons dans quelques détails sur ces diverses transformations , en parlant des organes individuels.

Les ovaires ont au coininencement une structure cil grappe , qu’ils perdent dans le quatrième mois ; leur volume relatif, qui d’abord avait été très-considérable, diminue à partir de la même époque. Dès le troisième mois ils ont commencé à descendre, en sorte qu’au quatrième mois ils sont déjà placés à quelques lignes au-dessous des reins , et qu’on les trouve dans le bassin dans le courant du cinquième ou du sixième mois.

Les trompes de Fallope résultent de l’évolution du canal qui longe le bord externe du corps de WolflF. Leur extrémité supérieure, fermée , d’abord très-rapprochée de l’ovaire , s’en sépare dans le troisième mois en devenant plus épaisse, et elle s’ouvre dans le quatrième , en même temps que le canal commence à décrire quelques inflexions ; changements qui sont encore plus prononcés dans le mois suivant. Au sixième mois le pavillon de la trompe est garni de larges franges.

La matrice n’existe pas encore comme cavité distincté du sinus uro-génital , avant la fin du deuxième mois; mais alors il s’élève de la partie toute supérieure du sinus un prolongement médian sur lequel les trompes sont implantées, et c’est ce prolongement qui est la matrice, tandis que le reste du sinus se transforme en vagin La partie des trompes de Fallope étendue entre leur insertion dans la matrice et l’attache du ligament rond , grossit dans le courant du troisième mois , ainsi que le corps de la matrice elle-même, en sorte que cet organe est alors surmonté de deux longues cornes, à l’extrémite desquelles s’attachent les ligaments ronds. Ces cornes disparaissent au quatrième mois, en se confondant avec le fond de la matrice, dont le bord supérieur, encore concave alors , ne devient convexe qu’au sixième mois , après avoir été droit dans le cinquième, époque à laquelle la matrice, d’abord placée plus haut, descend dans le petit bassin. Les cornes de la matrice rentrant dans le fond de cet organe , les ligaments ronds , qui d’abord s’étaient insérés à l’extrémité des cornes , s’attachent maintenant à la matrice elle-même, sans avoir changé de rapports.

Le vagin a d’abord le calibre de l’utérus; mais il commence à se rétrécir dans le courant du troisième mois. Très-allongé à cause de la position élevée de l’utéi’us , il se raccourcit dans le cinquième mois , quand ce dernier organe descend, et ses rides intérieures paraissent, ainsi que Vhymen, qui se forme de deux plis latéraux-

Le clitoris est très-long et saillant jusqu’à la fin du troisième mois, époque à laquelle il grandit moins rapidement que les téguments qui l’entourent, en sorte qu’au quatrième mois cet organe est retiré et recouvert d’un prépuce; les bords de la gouttière que l’on avait remarquée à la face inférieure du clitoris , se sont allongés et transformés en nymphes. Au cinquième mois le clitoris se recourbe en bas et il est caché par les nymphes au sixième mois. Les grandes lèvres, qui , au troisième mois, sont encore très-peu développées , augmentent peu à peu de volume , en sorte qu’elles cachent plus tard le clitoris et les petites lèvres. Le piénil se voûte au einquième mois.

La formation de Vépididyme est due aux changements qui ont lieu dans le conduit qui longe le bord externe du corps de Wolff. L’extrémité supérieure de ce conduit , qui d’abord n’avait aucune connexion

immédiate avec le testicule , s’unit aux vaisseaux efférents qui sortent de ce dernier ; c’est des inflexions de plus en plus nombreuses de ces parties que résulte la tête de l’épididyme. La formation du eorps de l’épididyme est également due à de nombreuses inflexions de la partie du conduit qui s’étend jusqu’à l’insertion du gouvernail de Hunter, et la partie à laquelle s’attache ce dernier prend le nom de queue de l’épididyme; enfin , l’extrémité du conduit , à partir du point d'insertion du gouvernail, ainsi que le canal excréteur du corps de Wolff, jusqu’à sa terminaison dans le sinus uro-génital , devenu lui-même canal de l’urètre, reste droite et devient canal déférent. Toute cette transformation est très-avancée à la fin du troisième mois , bien que les inflexions de l’épididyme augmentent encore dans le quatrième. On aperçoit au cinquième mois les vésicules séminales qui se sont successivement élevées de l’extrémité des canaux déférents ; la prostate , extrêmement petite , parait à la même époque.

Le volume relatif des testicules (1) est très-considérable dans les premiers temps ; mais il diminue dans le courantdu quatrième mois ; pas autant, toutefois, que celui des ovaires. L’épididyme est placé en dehors et en arrière du testicule , et le canal déférent descend directement dans le petit bassin. L’extrémité inférieure de l’épididyme et du testicule donne attache à un cordon fibro-celluleux, cylindrique , appelé gouvernail de Hunter , gubernaeulum teslis. Ce cordon traverse en bas le canal inguinal et se continue avec le tissu cellulaire du scrotum et avec le fascia superfcialis abdominal , dont il est un prolongement interne canaliculé. Nous avons vu que le testicule est d’abord placé sur le côté externe du rein ; cette position change vers la fin du troisième mois , en sorte qu’il est alors placé au-dessous du rein; au quatrième mois il est à quelques lignes plus bas que cet organe et touche l’ilion ; au sixième mois il est placé plus bas encore .sur le muscle psoas ; il correspond au septième mois à l’orifice interne du canal inguinal , traverse ce canal dans le courant du huitième mois, et il est enfin arrivé jusqu’au fond du scrotum à la fin du neuvième mois lunaire. On explique cette marche du testicule , soit par les contractions successives du gouvernail de Hunter, qui l’entraine après lui, soit , avec quelques anatomistes modernes , par le plus grand développement des parois abdominales ; celles-ci étant en effet étendues et poussées en avant par l’accroissement des viscères de l’abdomen , le fascia superfcialis est étendu dans la même proportion : or , comme, d’après cette opinion, le gubernaeulum testis n’est autre chose qu’un prolongement interne et canaliculé de ce dernier, ia tension du fascia réagit sur le gubernaeulum , en sorte qu’il est peu à peu tiré au-dehors du bas-ventre , afin que sa partie inférieure puisse, pour ainsi dire , fournir l’étoffe nécessaire à l’agrandissement ûn fascia, avec lequel elle se continue immédiate-

(1) J. et W. Bv»ter , Of the rupture in uihich the testis is in contact icizh the intestine-, Medic* comment., 70. Londres, 1762, in-4®., avec fiff .

J. P. Lobstein , Recberches et observations sur la position des testicules dans le bas-veutre du fœtus et sur leur descente dans le scrotum, dans SciiNVEiciiiEDSfiH , Arcb. des accouchements , 1801, tom. 1er, pûg. 269.

J. CtoQUET, Uechcrclies anatomiques sur les hernies de Tab' domen. Pniis, 1817, in-4^, avec fig.

ment. Par ce dernier mouvement le jjouvernail entraîne en même temps le testicule auquel il adhère , en sorte qu’il se renverse peu à peu comme un doigt de çant , et finit par former une des enveloppes du testicule (le dartos) , quand celui-ci s’enfonce dans les bourses. Dans ce trajet le testicule entraîne plusieurs couches fibreuses du pourtour de l’anneau inguinal , et surtout le bord inférieur du muscle oblique interne , qui lui fournit une tunique musculeuse {\e. crémaster). Mais outre ces diverses couches, qui forment autant de tuniques au testicule, il faut eonsidérer ses rapports avec le péritoine, qui donnera naissance à sa tunique vaginale. Le péritoine forme un repli vertical , aplati transversalement , de forme triangulaire , dont la base adhère au muscle psoas et dont le sommet renferme le testicule et l’épididyme. Ces organes sont par conséquent tapissés par la séreuse , en avant et sur les côtés, tandis que leur face postérieure correspond à l’intervalle des deux lames qui constituent le repli. Le testicule est donc retenu par un petit mésentère, dont le bord supérieur renferme en outre les vaisseaux spermatiques , la partie moyenne le eanal déférent, tandis que le bord inférieur loge le gouvernail de Hunter. Le péritoine adhère fortement au testicule, à l’épididyme et à l’extrémité supérieure du gouvernail, tandis qu’il n’est uni aux parties circonvoisines que par du tissu cellulaire lâche. Il résulte de cette disposition que le gouvernail venant à se raccourcir, il tire le testicule en bas, et que le péritoine qui recouvre ces parties , continue à conserver avec elles les mêmes rapports, tandis que la laxité de son union avec les autres parties voisines lui permet de céder aux tractions. Le péritoine adhérant fortement à l’extrémité supérieure du gouvernail , cette membrane doit former dans l'intérieur du canal inguinal une petite poche séreuse , communiquant à travers l’anneau avec la cavité générale du péritoine , dès que le gouvernail s’est retiré du bas-ventre. Cette poche précède donc toujours la descente du testicule , lequel y flotte librement , à l’exception de son bord postérieur, qui est toujours encore retenu par le petit repli mésentérique dont nous avons parlé en premier lieu. Le testicule étant arrivé dans le scrotum, est par conséquent toujours encore tapissé dans la majeure partie de son étendue par la séreuse qui, de plus, lui forme une poche communiquant à travers l’anneau avec la grande cavité péritonéale. Cependant bientôt la portion de cette poche qui traverse le canal inguinal se rétrécit et s’oblitère à l’époque de la naissance, en sorte que plus tard on trouve le testicule enveloppé dans un sac séreux , qui ne communique plus avec la cavité du péritoine. Ces changements dans la position du testicule en ont entraîné d’autres dans celle de ses vaisseaux et du canal déférent; car tandis que ces parties étaient primitivement très-éloignées les unes des autres ; parce qu’elles se portaient les unes en dedans et les autres en bas, elles se dirigent au contraire toutes en haut quand le testicule , arrivé

dans le scrotum , est lui-même venu occuper la position inférieure ; en sorte que ces parties sont alors réunies depuis le testicule jusqu’à l’anneau en un faisceau appelé cordon spermatique.

An troisième mois, la verge est érigée; la gouttière de la face inférieure se ferme et se convertit en canal de l'urètre, en sorte que ce canal s’ouvTe maintenant à l’extrémité de la verge, tandis qu’il se terminait d’abord à la partie inférieure de sa base. A la fin du quatrième mois la verge s’allonge davantage et se recourbe en bas. he prépuce parait sous la forme d’un pli annulaire qui entoure le gland , et qui, très-distinct au cinquième mois, acquiert bientôt un développement tel qu’il est impossible de dénuder le gland; cet état du prépuce persiste pendant toute la vie intra-utérine. Les deux plis cutanés dont .se forme le scrotum , se réunissent sur la ligne médiane dans le cinquième mois, et forment un rajihé au point de leur union. Dans le dernier temps de la gestation , chez le fœtus à terme et quelquefois plus tard encore, on trouve une petite lame membraneuse semi-lunaire qui ferme la moitié postérieure de l’orifice de l’urètre , de la même manière que Vhymen ferme en partie l’orifice du vagin.

18». Mamelles. On aperçoit l’endroit qu’occupera le mamelon dès le troisième mois sous forme d’un cercle qui devient peu à peu plus distinct; mais le mamelon ne fait pas saillie et il n’est indiqué que par les orifices galactophores considérables disposés en cercle. A l’époque de la naissance , les mamelles dans les deux sexes renferment souvent une humeur laiteuse , quoique la glande mammaire ne soit que peu développée. Jusqu’à l’âge de la puberté , ces organes restent rudimentaires dans les deux sexes ; mais alors ils se développent considérablement chez les filles.

Préparation. Nous ne pouvons pas nous étendre sur la manière de préparer les organes de l’embryon et du fœtus , les méthodes devant nécessairement varier suivant l’objet que l’on a en vue. On conçoit d’ailleurs qu’il faudra se servir d’instruments d’autant plus délicats que l’embryon est plus jeune ; et à cet effet on emploiera avec avantage des aiguilles fines montées sur un manche, des aiguilles à cataracte , etc. Si l’objet à examiner est très-petit, il est très-avantageux de disséquer sous l’eau. On se sert pour cela de vases larges , à rebords peu élevés , dans lesquels on place une lame en liège , retenue au fond de l’eau au moyen d’une plaque en plomb , qui y est fixée par sa faee inférieure. Au lieu de liège on emploie quelquefois des plaques formées par un mélange de cire et de térébenthine de Venise , et coloré en noir avec du noir de fumée. C’est sur ces plaques que l’on fait la dissection , en y fixant avec des épingles les objets à examiner, et en ayant soin de verser assez d’eau pour que le liquide recouvre entièrement la partie sur laquelle on fait des recherches.

HUITIÈIKIE SECTION.

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