PRÉPARATIONS CONCERNANT LES OS ET LES LIGAMENTS
Art. 1«'. Périoste.
Le périoste garde très-bien son aspect nacré quand on le tient plongé dans l’alcool. Celui que l’on veut conserver par dessiccation, doit être pris sur un sujet bien injecté. Après avoir dépouillé cette membrane de toutes les parties qui la recouvrent , et avoir divisé à leurs attaches les tendons et les ligaments , on fait dégorger l’os recouvert de son périoste, en le trempant pendant quelque temps dans de l’eau fraîche ; puis on dessèche et l’on vernit.
J. Cloquet conseille d’isoler le périoste injecté sur un os long , le fémur par exemple. A cet effet on divise cette membrane par une incision longitudinale, qui s’étend d’une extrémité de l’os à l’autre; on la détache de l’os avec le manche d’un scalpel , en écartant les lambeaux de l’incision. On sépare ensuite l’os en deux vers sa partie moyenne au moyen de tenailles incisives, en faisant agir l’instrument peu à peu. De cette manière on peut faire sortir les deux bouts de l’os divisé, en les faisant passer par l’incision du périoste , et isoler cette membrane jusqu’au-
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(2) J. Cloquet, De la squelettopée. Paris , 1819 , in-4o.
On possède depuis quelque temps un instrument qui pourrait faciliter plusieurs préparations à exécuter sur les os: cet instrument est Vostéotome de Bbyhb à Würtzbourg. L'idée fondamentale est une scie à chaîne qui tourne sur une pointe mousse par un mécanisme fort ingénieux : on conçoit en effet qu'un pareil instrument puisse permettre de diviser les os, meme dans la profondeur et dans toutes les directions voulues, en sorte qu'il peut remplacer, dans beaucoup d'occasions, la scie ordinaire et le ciseau. Je ne pense pas, toutefois, que cet instrument soit de nature à être introduit dans les ampbitbéâ très d'anatomie, attendu qu'il est fort cher et qu'il ne saurait dispenser de recourir au ciseau, toutes les fois que l'on aura à exécuter une opération délicate.
près des extrémités de l os, que I on scie ensuite le plus près possible de leur surface articulaire. Par là on obtient le périoste sous la forme d’un long canal, dont les extrémités sont insérées sur les extrémités de l’os que l’on a conservées. La pièce ayant été dégorgée , on la dessèche en tirant fortement, en sens contraire , les deux extrémités de l’os pour conserver sa forme tubulée au périoste. Cette préparation est d’autant plus facile à faire que le sujet est plus jeune.
Une préparation analogue à faire sur le péricrâne, consiste à dénuder cette membrane injectée , qu’on laisse appliquée sur les os; à scier la calotte du crâne près de la base , puis à détacher le périoste qui recouvre la calotte , sur laquelle on le réapplique ensuite exactement, après avoir légèrement frotté les os avec du suif. Le périoste étant desséché , il est facile de l’enlever de nouveau de dessus les os qui lui servent de moule.
Art. 2. Parenchyme gélatineux et substance terreuse des os.
Pour obtenir le parenchyme gélatineux bien transparent, on choisit des os secs bien blancs, que l’on plonge dans de l’eau à laquelle on a ajouté environ un vingtième d’acide hydrochlorique; on les laisse dans ce liquide jusqu’à ce qu’ils soient devenus bien diaphanes et flexibles dans toutes leurs parties. On s’assure que l’acide est saturé avant la fin de l’opération , quand on ne remarque plus le moindre dégagement de bulles d’air, ou quand , par l’addition d’un peu de carbonate de potasse , il ne se fait pas effervescence; dans ce cas on ajoute de nouveau une très-petite quantité d’acide. Quand l’extraction de la partie terreuse est terminée , on place l’os dans de l’eau fraîche , que l’on fait souvent renouveler , et on le malaxe légèrement sous l’eau pour entraîner l’acide dont il est imbibé. Le parenchyme gélatineux ainsi préparé , et sur lequel on peut facilement pratiquer des coupes dans diverses directions, sera conservé soit dans l’alcool , soit par dessiccation ; mais ce dernier moyen a l’inconvénient de racornir la préparation; il faut par conséquent veiller à ce qu’elle ne prenne une direction vicieuse. Le parenchyme gélatineux desséché devient beaucoup plus transparent quand on le conserve dans l’essence de-
térébenthine. Si l’on voulait préparer le parenchyme gélatineux d’un crâne de manière à ce que tous les os restassent en rapport, il faudrait soumettre à de l’eau acidulée les os d’une tête fraîche ; car en employant pour cela une tête sèche, les sutures se disjoindraient quand la substance terreuse serait extraite.
On prépare la substance terreuse des os en les calcinant , ou bien en les soumettant à une ébullition prolongée dans le digesteur de Papin. Le premier procédé, plus facile et plus expéditif que l’autre, a l’inconvénient de les faire éclater. En suivant le dernier procédé, on ne doit retirer les os de l’eau que quand celle-ci est complètement refroidie , et que la graisse qui surnage est figée ; sans cela cette substance s’infiltrerait de nouveau dans les os au moment où on les retire. On les plonge alors pendant quelque temps dans l’eau chaude pour enlever la gélatine dissoute, qui, pendant l’opération, s’était infiltrée dans le tissu osseux, et était restée déposée dans ses cellules.
Art. 3. F aisseaux des os.
Pour voir la distribution vasculaire dans la substance des os , il faut naturellement avoir des os parfaitement injectés , et sur lesquels on pratique différentes coupes , comme nous l’avons dit à la page 7. On conseille ordinairement de soumettre ces os à l’action d’un acide étendu, jusqu’à ce que tout le phosphate calcaire en soit extrait , de les sécher ensuite et de les conserver dans l’essence de térébenthine , ou bien de les recouvrir d’un vernis. Par ce moyen les os deviennent parfaitement transparents, et l’on voit très-bien les vaisseaux qui rampent dans leur substance ; mais il a l’inconvénient de les racornir , de détruire par là une partie des rapports des vaisseaux , et d’en faire paraitre le nombre beaucoup plus considérable , relativement au volume de l’os dans lequel ils se distribuent. J’ai remédié à cet inconvénient en y procédant de la manière suivante ; l’os recouvert de son périoste sera divisé par les coupes qui paraîtront les plus convenables; on le fait macérer pendant deux ou trois jours dans de l’eau souvent renouvelée; puis on le plonge dans de l’eau, à laquelle on n’ajoute qu’une très-petite quantité d’acide hydrochlorique ( à peu près un trentième). Le dégagement de l’acide carbonique n’est alors que très-faible , et souvent il ne se fait apercevoir que quelques minutes après l’immersion. Pendant le temps de l’immersion il faut souvent comprimer la substance spongieuse de l’os, afin de faire sortir la moelle qui est contenue dans ses cellules ; on lave de temps en temps la cavité médullaire avec une de ces brosses fines qui servent à peindre à l’huile, pour achever d’enlever la moelle qui s’y trouve; de cette manière on finira par voir la membrane médullaire flotter dans l’eau avec le réseau vasculaire qui s’y ramifie. A mesure qu’une petite couche de phosphate calcaire se trouve dissoute à l’endroit où la section de l’os a été faite, on voit peu à peu de nombreux rameaux vasculaires partir du périoste , pour se distribuer dans l’intérieur de la substance osseuse. L’os restera plongé dans cette liqueur jusqu’à ce que son extrémité spongieuse commence à céder un peu sous la pres- •sion des doigts , ce qui a ordinairement lieu au bout d’un ou de deux jours; quand on juge qu’il a été
suffisamment soumis à l’action de l’acide , on le met pendant un jour dans l’eau fraîche souvent renouvelée, après quoi on le dessèche lentement et on le vernit. Par ce procédé , la couche superficielle du phosphate calcaire est enlevée . tandis que les couches profondes restent ; l’os ne peut donc pas se racornir pendant la dessiccation , et il conserve sa couleur naturelle. On conçoit que si les vaisseaux des os avaient été remplis par une injection gélatineuse , il faudrait remplacer l’eau par de l’alcool dans les procédés que nous venons d’indiquer.
Art. 4. Cartilages.
Pour séparer des os les cartilages qui leur sont très-adhérents, Cloquet indique le procédé suivant : on coupe une surface articulaire au niveau de son union avec l’os, la tête du fémur , par exemple , près de sa jonction avec le col; avec un fort scalpel on creuse une cavité profonde dans le tissu spongieux de l’os , au niveau de la section ; on verse dans cette cavité un mélange de trois parties d’eau et d’une partie d’acide hydrochlorique. Au bout d’un quart d'heure on plonge la pièce sous l’eau, et, avec le manche d’un scalpel , on gratte et l’on détache la portion d’os qui a été ramollie par l’acide. En répétant plusieurs fois cette opération , on enlève entièrement l’os, de manière à obtenir le cartilage isolé sous la forme d’une calotte creuse. Cette préparation doit être conservée dans l’alcool.
Art. 5. Articulations.
Après avoir soigneusement préparé les ligaments ainsi que les capsules synoviales , dont on évitera l’ouverture autant que possible, on fait dégorger ces parties dans de l’eau à laquelle on a ajouté une très-petite quantité d’acide hydrochlorique. On les conserve dans l’alcool , ou bien on les dessèche , après avoir rembourré les capsules articulaires de crin imprégné d’une dissolution alcoolique de savon, ou après les avoir distendues d’air par une ouverture faite avec une aiguille, au moyen de laquelle on a obliquement traversé les parois de la capsule. Cependant, comme les ligaments perdent leur aspect fibreux par les moyens ordinaires de dessiccation , il convient de les laisser macérer dans un mélange d’alcool et d’essence de térébenthine ; par ce moyen les fibres deviennent très-distinctes , en sorte qu’après avoir desséché ces pièces , on peut les rendre très-belles et très-instructives , en les recouvrant d’une couche mince de couleur à l’huile, qui leur rend leur aspect naturel. Nous indiquons plus bas , en parlant de la conservation des parties par dessiccation , les moyens de conserver la souplesse aux articulations; les ligaments perdant alors en partie leur aspect fibreux régulier, ces préparations ne doivent servir que pour la confection de squelettes naturels. Ces pièces flexibles, quoique exposées à être salies par la poussière , attendu qu’il ne faut pas les vernir , sont très-avantageuses pour l’étude des mouvements.
Art. 6. Squelettes naturels.
Les squelettes naturels sont ceux où l’on a laissé les os unis par leurs ligaments. La préparation d’un pareil squelette étant longue et pénible, il faut, si
ccla est possible , ne pas le préparer en été , parce qli’alors la décomposition arriverait avant que la pièce n’ait pu se dégorger suffisamment du sang qu’elle contient. Il faut éviter de choisir pour la confection des squelettes naturels des sujets gras ; ceux morts d’anasarque devront être préférés à tous les autres.
On commence par enlever les viscères abdominaux et thoraciques , en retirant ceux-ci par une ouverture faite au diaphragme. On vide la cavité crânienne , après avoir pratiqué à la partie moyenne du vertex un trou, soit avec le trépan, soit avec le cisçau et le marteau , et en retirant par là peu à peu le cerveau au moyen d’une curette. On introduit par la même ouverture une tige de fer flexible, dont l’extrémité, un peu aplatie au marteau ,~a été recourbée en forme de crochet. Faisant parvenir cet instrument jusqu’à l’extrémité inférieure du canal vertébral, on triture la moelle épinière, et on la retire en partie , au moyen du crochet ; mais comme on ne parvient pas ordinairement à enlever toute la moelle par ce moyen , on fait à la partie inférieure du canal sacré une petite ouverture , qui pénètre jusque dans la cavité de la dure-mère rachidienne, et l’on pousse par là une injection faite avec une dissolution assez concentrée de carbonate de potasse, et qui a pour but d’opérer la dissolution de la moelle et d’en faciliter l’issue.
On dissèque ensuite les articulations, en suivant les règles que nous avons données en parlant de chacune d’elles en particulier , et en commençant par celles de la tête , de la colonne vertébrale, de la partie postérieure des côtes et du bassin. -Après avoir préparé ces articulations , on en vient à celles des pieds et des mains, et l’on termine par la dissection des grandes articulations des membres et de la partie antérieure de la poitrine. En suivant cet ordre , les parties spongieuses du squelette resteront à macérer plus longtemps.
On ne doit découvrir les articulations qu’à mesure qu’on les prépare , afin de préserver de la décomposition celles qui seront disséquées plus tard. On enlève avec soin le périoste sur toute l’étendue des os , après l’avoir incisé dans toute son épaisseur et en circonscrivant l’insertion de chacun des ligaments; mais on conservera le périoste qui recouvre les cartilages des côtes et la partie des os voisine de leur insertion. Enfin on aura soin de laisser entières les capsules articulaires.
Pour avoir une belle préparation, il faut la préserver de la poussière et empêcher qu’elle ne se dessèche avant d’avoir été bien macérée ; et à cet effet , à mesure qu’une articulation est disséquée, on l’enveloppe d’un linge propre, trempé dans l’eau. Dans l’intervalle des séances on plonge le sujet, enveloppé d’une alèze, dans une cuve remplie d’eau, que l’on change tous les jours, afin de faire dégorger les os et les ligaments qui sont déjà préparés.
On a souvent beaucoup de peine à enlever des os les parties tendineuses qui y adhèrent, ce qui a surtout lieu quand on en vient à préparer la tête ; on se facilite ce travail en imbibant les parties très-adhérentes d’une forte dissolution de potasse caustique, qu’on y applique au moyen d’un pinceau.
Quand toutes les articulations sont préparées, on fait macérer le squelette pendant un temps plus ou moins long , suivant la saison , mais dans tous les cas jusqu’à ce que l’eau ne se colore plus. Si l’on a
soin de renouveler l’eau tous les jours, et même deux fois par jour vers la fin de l’opération , on peut prolonger le temps de la macération jusqu’à quinze jours ou trois semaines en hiver. Dès qu’une assez grande quantité de bulles d’air commence à couvrir la surface du liquide ou les ligaments, il est temps de dessécher le sujet ; mais avant il est convenable de le laver exactement avec de l’eau à laquelle on a ajouté de l’acide muriatique, qui, en faisait périr les larves que les insectes pourraient avoir déposées sur les ligaments, contribue en outre à augmenter la blancheur des os. A la place de cet acide quelques anatomistes conseillent de plonger le squelette pendant deux jours dans une solution de carbonate de potasse , et de laver ensuite à grande eau.
On suspend le squelette dans un cadre de bois, formé d’une planche carrée, qui sert de base; des quatre angles de la planche s’élèvent des lattes, qui sont unies en haut par des traverses. Ce cadre sera proportionné à la grandeur de la pièce ; pour un squelette d’adulte, la base aura près de deux pieds carrés, et les lattes auront six pieds de haut. Pour fixer le squelette, on introduit dans l’ouverture faite au crâne , une cheville en bois , retenue vers son milieu par une corde que l’on attache à la partie supérieure du cadre; la cheville, prenant une direction transversale, arrête solidement la préparation. Deux autres cordes servent à fixer chaque calcanéum à la partie inférieure du cadre , auquel elles doivent être attachées solidement pour s’opposer au raccourcissement du squelette pendant la dessiccation. Puis , au moyen de ficelles diversement dirigées , on fixe toutes tes parties dans la position qu’on veut leur donner.
On pratique ensuite au point le moins apparent des grandes capsules synoviales une petite ouverture , par laquelle on introduit de la baleine râpée , imprégnée d’une dissolution alcoolique de camphre et de savon; par là les capsules sont légèrement distendues, ce qui permet de donner une situation naturelle aux ligaments.
Quand le squelette est desséché, on fait bien d’enduire les articulations de quelque liqueur préservatrice , après quoi on le vernit pour le garantir de la poussière.
Art. 7. De l’excarnation et du blanchiment des os.
Pour obtenir des os- bien blancs, on choisit un cadavre maigre, provenant d’un sujet de vingt-cinq à quarante-cinq ans. On trouve ordinairement ces conditions réunies dans les eadavres de phthisiques et d’hydropiques, que l’on emploie le plus généralement à eet effet. En faisant choix d’un cadavre , il ne faut pas oublier qu’à volume égal des membres , les femmes sont ordinairement plus grasses que les hommes, qui souvent ne doivent le développement de leur corps qu’à celui de leur système musculaire. On conseille de s’assurer du degré de blancheur des os , en découvrant une petite portion de la surface interne du tibia, que l’on rugine : on peut espérer d’avoir une belle préparation , si le périoste se détache facilement , si le tissu de l’o$ est très-lisse , et présente une teinte blanche légèrement bleuâtre , que l’on reconnaît avec un peu d’habitude.
On enlève grossièrement toutes les parties molles qui entourent les os, on détache les membres du
tronc , si la cuve n’est pas assez longue pour recevoir tout le squelette en position, et l’on sépare la tête de la colonne vertébrale pour faeiliter l’action de l’eau sur la cavité crânienne. Si l’on craignait de ne plus pouvoir reconnaître à quel côté appartiennent quelques os de la main qui , comme les os métacarpiens du pouce, les phalanges, les os pisiformes, sont peu différents d’un côté à l’autre, on éviterait toute méprise en renfermant chaque main dans un sac, et en marquant en outre par des fils de soie les trois phalanges de l’index, que l’on pourrait confondre avec celles de l’annulaire. On divise les cartilages costaux à l’endroit de leur union avec les côtes, et on les met à part avec le sternum, auquel ils restent unis. Enfin on dépose tout le reste du squelette dans la cuve, qui doit être placée à l’ombre; on la remplit d’eau de manière à ce que tous les os soient submergés, et on la recouvre de son couvercle. Les cuves doivent avoir vers leur partie inférieure une ouverture munie d’un robinet, ou que l’on ferme au moyen d’un bondon. Cette ouverture sera percée à un demi-pouce environ audessus du fond , pour que les petis os qui se seraient détachés du squelette par la macération , ne soient pas entraînés par les eaux. L’eau dans laquelle on fait macérer le squelette, doit être renouvelée tous les jours pendant la première quinzaine, et plus tard au moins toutes les semaines. Il est vrai qu’on hâte le terme de la macération en laissant les os dans la même eau ; mais ils deviennent moins blancs , et souvent les parties molles qui y adhèrent encore, se transforment en adipocire; il est donc préférable de changer souvent d’eau , et même , si l’on avait à sa disposition une eau courante, on obtiendrait des squelettes de toute beauté, en les y submergeant dans de grands paniers exactement fermés par des couvercles.
Pour abréger la durée de la macération et pour dégraisser plus complètement les os , nous sommes dans l’habitude de verser de l’eau bouillante sur ceux qui ont déjà été immergés dans l’eau froide pendant un mois ; cette opération n’a pas besoin d’être répétée une seconde fois. Quand l’eau s’est refroidie , il surnage une grande quantité de graisse , qu’il faut enlever ; on continue ensuite la macération , en changeant d’eau tous les huit jours, comme nous l’avons indiquée.
La durée de la macération varie de trois à huit mois, suivant l’âge du sujet et la saison pendant laquelle se fait l’opération ; on juge qu’elle est assez avancée , quand les ligaments se détachent facilement des os. Alors, après avoir laissé écouler l’eau de macération , on place tous les os dans de l’eau fraîche , et l’on recherche avec soin au fond de la cuve , si l’on n’y a pas laissé quelques osselets au milieu des débris de parties fibreuses qui s’y trouvent. C’est là surtout que l’on peut se procurer sans peine des osselets de l’ouie , qui se perdent toujours si l’on n’y fait pas spécialement attention. On nettoie enfin les os, en enlevant avec une rugine en forme de scalpel , les portions ligamenteuses qui y adhèrent , et en les frottant sous l’eau. avec une brosse très-rude ; après quoi on les fait sécher.
On conseille un procédé plus expéditif, et au moyen duquel les os , dit-on , deviennent plus blancs même que par celui que nous employons ordinairement; il consiste à mettre les os , encore en grande partie recouverts de leurs parties molles , dans un
baquet dans lequel on ne met que deux ou trois litres d’eau, et dont on lute avec soin le couvercle. La dissolution putride des parties molles se fait dans l’air humide qui les entoure, en six semaines ou deux mois. On ouvre ensuite le baquet, on le remplit d’eau , et au bout de huit à dix jours les os sont suffisamment macérés.
Nous avons dit plus haut que l’on met le sternum de côté ; en effet , cet os ne doit pas macérer avec les autres, parce que les cartilages des côtes qui lui sont unis, et qui, dans la confection du squelette, doivent de nouveau être articulés avec les côtes, s’en détacheraient par une macération prolongée. On enlève donc soigneusement le périoste qui recouvre le sternum et les cartilages , à l’exception d’une petite bande que l’on laisse subsister à l’endroit où ceux-ci s’insèrent à l’os. On fait ensuite dégorger la pièce pendant une quinzaine de jours dans de l’eau renouvelée toutes les vingt-quatre heures; puis on la sèche, en tâchant de maintenir les cartilages des côtes dans leur direction naturelle , pour les empêcher de se racornir pendant la dessiccation. On y parvient en suspendant la préparation dans un cadre et en la fixant solidement par des ficelles croisées dans une foule de directions , ou bien on la couche sur une planche, la face antérieure en haut , et l’on rembourre exactement avec quelque corps mou, par exemple du crin, le creux formé par la courbure des cartilages ; puis on fixe solidement toutes les parties de la pièce au moyen de ficelles attachées à chaque cartilage et maintenues en position par des clous enfoncés dans la planche.
En soumettant les os à l’ébullition , on les obtient décharnés au bout de quelques heures; mais on emploie rarement cette méthode, parce que les os ainsi préparés conservent souvent une teinte jaunâtre, et qu’une plus ou moins grande quantité de moelle reste ordinairement déposée dans leur intérieur, finit par suinter par leurs pores, et leur donne en rancissant une odeur désagréable. Ce moyen d’ailleurs ne peut être employé que pour les os d’adultes ; car les épiphyses des jeunes sujets se sépareraient, et leurs os, en général beaucoup plus spongieux, seraient en grande partie altérés. 11 peut se faire cependant que l’on aie besoin de suite d’os préparés , et alors l’ébullition est un moyen précieux pour arriver à ce but. A cet effet on place les os (1) grossièrement décharnés dans une cuve d’eau que l’on renouvelle .souvent, en les faisant macérer pendant quelques jours, jusqu’à ce que la plus grande partie du sang qu’ils retenaient en ait été extraite; puis on les plonge dans une chaudière remplie d’eau , dont on entretient la chaleur au degré de l’ébullition, pendant huit ou dix heures, selon les sujets. On enlève de temps en temps l’écume et la graisse qui surnagent , surtout pendant la première heure. A mesure que l’eau s’évapore, on y verse de nouvelles quantités d’eau chaude , afin que les os ne soient jamais à sec. Une heure avant la fin de l’opération, on peut ajouter à l’eau du sous-carbonate de potasse ou de soude , dans la proportion d’une demilivre à une livre pour un hectolitre de liquide; cette addition a pour but de séparer la graisse que les os retiennent, en formant un savon pour sa combinai-
(1) Comme dans le procédé par macération, te alcrnum sera préparé à part avec les cartilages des côtes.
son avec l’alcali. La potasse ou la soude sont préférables à la chaux , qui décompose le tissu osseux et le rend fragile. Quand on juge que l’ébullition a été assez longtemps continuée, on laisse entièrement refroidir la chaudière; puis on enlève la graisse figée qui surnage , on retire les os , on les lave dans une eau qui tient en dissolution une très-petite quantité d’alcali , on les rugine , on les brosse , et avant de les dessécher , on les met à macérer , pendant un Jour ou deux , dans de l’eau souvent renouvelée.
Avant de laisser séeher les os qui ont été préparés par la macération , quelques anatomistes les soumettent à une ébullition prolongée pendant trois à quatre heures dans une forte dissolution de savon . Les 03 ainsi traités acquièrent , dit-on , une blancheur éelatante.
Pour permettre à la moelle de sortir plus facilement des os , quelques anatomistes font une ouverture à chacune des extrémités des os longs avant de les faire macérer; ce moyen réussit, mais la forme des surfaces articulaires en souffre.
Les os préparés par la maeération ou l’ébullition , ont ordinairement une teinte jaunâtre ou brunâtre, qu’il faut leur enlever par le blanchiment. A cet égard on remarque que, surtout parmi les os que l’on a fait macérer, ceux qui ont été le plus noirs en les sortant de l’eau , sont ceux qui deviennent les plus blancs , quand leur préparation est terminée. Le meilleur moyen de blanchir les os consiste à les soumettre à l’action du soleil et de la rosée , en les étalant sur des mannes d’osier, que l’on place sur un gazon à quelques pouces de terrç. On retourne les os tous les quinze jours, afin qu’ils blanchissent d’une manière bien égale. Deux ou trois mois d’une semblable exposition suffisent , surtout au printemps, pour rendre les os parfaitement blancs ; observons cependant que la pluie prolongée nuit au succès de l’opération ; aussi convient-il de mettre les os à couvert toutes les fois que l’on peut prévoir une pluie de longue durée. En été il est convenable de ne pas exposer les os aux rayons du soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. Dans cette saison on peut beaucoup abréger la durée de l’opération, en faisant arroser les os , plusieurs fois par jour , avec de l’eau de pluie ou de rivière. Un gazon , quoique préférable à tout autre emplacement pour blanchir les os , n’est cependant pas indispensable ; nous obtenons à Strasbourg des os qui laissent peu de chose à désirer quant à leur blancheur, en les exposant au soleil sur un balcon et en les faisant arroser plusieurs fois par jour.
On blanchit enfin les os en moins de temps, mais moins bien aussi , en les plongeant à différentes reprises dans une lessive qui tient du chlore en dissolution, et en continuant ainsi pendant une semaine et plus; mais il faut avoir soin de ne pas trop prolonger l’opération et de ne pas se servir d’une solution trop concentrée , sans quoi les os redeviendraient jaunes, en ce que la couche superficielle du phosphate calcaire est enlevée, et qu’alors l’os estrecouvert d’une légère couche de gélatine, qui jaunit en se desséchant. On obtient un résultat analogue en étalant sur une claie les os préalablement imbibés d’eau , et en les recouvrant d’une toile serrée ou de taffetas gommé ; on place alors au-dessous de la claie un vase qui contient un mélange de muriate de soude et d’oxide noir de manganèse , auxquels on ajoute
de temps en temps de l’acide sulfurique , pour dégager le chlore gazeux. Enfin, on blanchit les os assez bien et à bon marché , en brûlant lentement du soufre sous la claie sur laquelle les os humectés sont disposés.
Il peut se faire que , malgré tout les soins , les os conservent une couleur jaune , due au suc médullaire qui est déposé dans leur intérieur , et qui quelquefois même suinte par leurs extrémités , en répandant une odeur infecte. Il faudrait alors essayer de les plonger dans une forte lessive alcaline, chauffée à 50° ; ou bien on les entoure de quelque poudre absorbante , par exemple d’os calcinés et pulvérisés , de eraie ou de marne desséchées , et on les expose ainsi pendant quelques jours à la chaleur du soleil ou à une chaleur artificielle de 50° et plus , après quoi on les lave dans une lessive alcaline, et on les blanchit sur le pré.
Art. 8. De la désarticulation dos os de la tête.
"Ces os, solidement engrenés les uns avec les autres, ne se séparent pas par la simple macération , à moins que ce ne soit sur une tête de foetus ; il faut donc les disjoindre de vive force. Les têtes qui conviennent le mieux à ce genre de préparation , sont celles de êujets de quinze à vingt ans , parce qu’à cct âge les os ont en grande partie acquis leur développement, sans pour cela être unis d’une manière trop intime.
Les instruments dont on se sert à cet effet, sont de fortes pinces , huit à dix ciseaux de différentes grandeurs et un petit marteau. On fait bien de mettre des gants , pour ne pas être blessé par les pointes des os. Il convient, avant de commencer, de faire tremper la tête dans de l’eau , parce que les os mouillés sont moins sujets à se Ijriser; l’eau sert en outre à ramollir les parties fibreuses qui auraient pu rester entre les os individuels , et qui , desséchées , feraient office de colle. La séparation des os se fait en les ébranlant soit avec les doigts , soit au moyen de pinces , ou bien en enfonçant dans leurs sutures des ciseaux , que l’on fait agir tantôt à la manière des coins et tantôt comme des leviers. Souvent il ne suffit pas d’ébranler un seul os ; mais il faut aussi agir sur ceux avec lesquels il est en connexion.
On commence par enlever les os propres du nez et les os de la pommette ; puis on ébranle un peu les os maxillaires , pour retirer les os unguis et les cornets inférieurs; on enlève ensuite les temporaux, l’occipital et les pariétaux. On détache le vomer en séparant un peu les os palatins; puis en plaçant avec beaucoup de ménagement les ciseaux dans les .sutures de ces derniers os avec les maxillaires supérieurs et le sphénoïde, et en les ébranlant doucement tantôt à tel endroit et tantôt à tel autre, on finit, à force de patience, par les isoler , ainsi que les os maxillaires. Il ne reste plus alors que le frontal , le sphénoïde et l’ethmoïde, que l’on disjoint en enfonçant successivement des ciseaux dans tous les endroits où ces os sont unis. C’est la séparation des os du palais, du sphénoïde et de l’ethmoïde, qui présente le plus de difficultés; faisons donc observer qu’un seul mouvement d’impatience peut suffire quelquefois pour abîmer la préparation.
On réussit souvent à disjoindre les os de la tête, en remplissant exactement la cavité du crâne de pois
ou (le haricots secs, que l’on y relient en fermant le trou occipital au moyen d’un bouchon de liège; on trempe la tête dans de l’eau , et les graines qui la remplissent, venant à se gonfler, exercent une pression très-forte sur son intérieur , en sorte que la plupart des sutures finissent par s’écarter. Mais celte méthode, qui est la seule qui soit applicable aux têtes des sujets avancés en âge, a l’inconvénient de fournir rarement tous les os dans un parfait état d’intégrité ; le plus souvent la lame criblée de l’ethnioide est enfoncée à cause de son peu de résistance, et les petites ailes du sphénoïde sont fréquemment brisées, en sorte qu’il vaut mieux , en général , séparer les os de la tête par la méthode plus pénible, mais plus sûre, que nous avons indiquée en premier lieu. On peut éviter la disjonction trop violente des os du crâne, et prévenir par conséquent la rupture de quelques-uns d’entre eux (à l’exception de la lame criblée de l’ethmoïde) , en entourant exactement la tête de tours de bande serrés , avant de la plonger dans l’eau : les os sont alors seulement ébranlés au lieu d’être écartés.
Art. 9. Squelettes artificiels.
Les squelettes artificiels sont ceux dont les os, désunis par la macération , sont de nouveau rapprochés les uns des autres , retentis en place par des liens de diverse nature , et disposés de manière à permettre aux articulations d’être mues , autant cjiie possible , comme dans l’état naturel. La confection de ces squelettes est donc plutôt du ressort du mécanicien que de celui del’anatomiste. Nous empruntons en grande partie la description des procédés à employer, à la thèse de J. Cloquet ; la plupart de ceux qu’il décrit nous paraissant être supérieurs à ceux que l’on met communément en usage.
1«. Instruments. Les instruments particuliers dont on a besoin pour ce genre de préparations, sont :
1) Des forets de différentes dimensions , faits avec des tiges en acier flexible, aplatis au marteau à l’une de leur extrémités; puis aiguisés en fer de lance et trempés pour augmenter leur dureté. Ces forets servent à pratiquer des trous dans les os ; si ceux-ci sont mous, on les fait à la main avec des forets montés sur un manche ; mais si l’os est dur et épais , on adapte le foret sur un tour à arbre, que l’on fait mouvoir au moyen du pied. Le tour à arbre peut cependant fort bien être remplacé par un tour à archet , fixé sur une table au moyen d’un étau.
2) Des pinces à mors aplatis et qui sont destinées à torcire les fils métalliques qui ont une certaine épaisseur. Des pinces à mors coniques , trempés et taillés en limes- sur leurs faces correspondantes; elles sont destinées à faire les boucles spirales à l’extrémité des goupilles de fil métallique qui traversent les os. On fait ces boucles de la manière suivante : saisissez l’e.xtrémité du fij. métallique avec le bout des mors; tordez-le en demi-cercle sur le mors inférieur de la pince , ressaisissez-le à l’endroit où commence la torsion, cl répétez le même mouvement pour obtenir un anneau complet , qui entoure toujours le mors inférieur de la pince. En continuant à le tordre de la sorte , on forme une petite portion de ressort en boudin. Mais il faut avoir soin de tordre le fil de manière à ce que la première spirale regarde l’ex-
trémité du mors de la pince, et que les .spirales suivantes soient placées vers la jonction de l’instrument.
3) Des tenailles incisives.
4) Des em porte-pièces en acier , destinés à découper des paillettes de cuivre, que doivent traverser les fils métalliques et que l’on place à l’entrée des ouvertures faites sur les os, afin d’empêcher les boucles de les user par leur frottement.
Les substances que l’on emploie pour retenir les os en position , sont de diverse nature : on a tour à tour employé des cordes à boyaux, des cordes de chanvre ou de soie , des fils de fer , de laiton et d’argent, des plaques en corne, en plomb, en fer-blanc , en laiton , en cuivre ou en argent laminé; mais plusieurs de ces substances n’étant pas assez solides et d’autres étant sujettes à la rouille , on ne se sert plus guère aujourd’hui que de liens en laiton , en cuivre ou en argent. Nous employons de préférence des plaques en laiton laminé et des fils en . cuivre argenté , que l’on peut se procurer de tous les calibres.
On emploie souvent des fils métalliques tournés en spirale , convertis en ressorts en boudin , semblables à ceu.x dont on se sert pour les bretelles, afin de tenir certaines parties rapprochées ou éloignées les unes des autres , de permettre ou d’empêcher certains mouvements.
Des pièces de peau de buffle , de forme et de grandeur variables , suivant les articulations , servent à remplacer les cartilages intervertébraux cl celui de la symphyse des pubis.
On se procure une tige de fer -de deux pieds six à huit pouces de longueur; elle est destinée à donner de la solidité à la colonne vertébrale , dans le canal de laquelle on la fixe. Cette lige doit présenter des courbures prises sur celles du rachis avant son excarnalion , et porter dans sa longueur des ouvertures destinées à recevoir des fils métalliques. Son extrémité supérieure doit traverser la cavité du crâne , ressortir par une petite ouverture faite à la réunion des sutures sagittale et coronale , et être taillée en pas de vis pour recevoir un écrou à oreille. Son extrémité inférieure sera aplatie, pointue, et ne devra descendre que jusqu’à la partie inférieure du canal sacré, ou bien se prolongera à quelques pouces au dehors, en descendant verticalement, selon l’espèce de support dont on voudra faire usage.
Enfin, pour soutenir le squelette, on fait construire un support qui se compose d’uu plateau en bois de chêne, de quinze pouces carrés environ, et que l’on peut monter sur des roulettes. Vers le milieu de l’un des bords du plateau s’élève verticalement une tige en bois de chêne, dont la hauteur varie suivant la taille du squelette, et qui est percée dans le centre de son extrémité supérieure d’un trou qui sert à recevoir la pointe prolongée de la tige de fer qui traverse le canal rachidien , et que l’on fixe au moyen de petits coins en bois.
Cloquet fait connaître un autre support, plus commode, en ce qu’il est mobile et qu’il peut s’adapter aux squelettes de diverses graneJeurs. 11 se compose d’un plateau en bois de chêne et d’une tige verticale en fer, longue de trois pieds, et à laquelle s’articule une branche horizontale mobile , terminée par des mors de pince courbes , qui embrassent la colonne vertébrale vers la onzième vertèbre dorsale. A la place de cet appareil , nous proposons d’en employer un autre , construit à peu près comme le fixa-
leur, que nous décrivons en parlant de l’injection des vaisseaux lymphatiques, mais dont le bras horizontal sera naturellement raccourci de beaucoup, et dont les autres proportions seront en rapport avec l’objet auquel on le destine. On obtiendrait enfin un appareil fort simple et néanmoins mobile, en donnant à la tige de fer qui se prolonge au dehors du eanal vertébral, une figure régulièrement eylindrique. Ce cylindre bien poli , est destiné à être reçu dans un C3'lindre creux en laiton , logé dans le haut de la tige du support : la première de ces pièces se mouvant à frottement doux dans la seconde, le squelette peut être tourné circulaireraent suivant un axe vertical.
2». De la manière de monter les articulations en GÉNÉRAL. Il faut, dans la construction des squelettes, ne point multiplier inutilement le nombre des fils , qui nuisent toujours plus ou moins à la beauté de la préparation; il faut les arrêter le plus solidement possible, en les fixant dans les endroits où les os ont le plus d’épaisseur et sont moins susceptibles de se laisser détruire par les frottements. On doit proportionner le volume des fils à celui des artieulations ; mais il vaut mieux les employer trop gros que trop petits, sans quoi ils auraient l’ineonvénient de mal assujettir les os, de les couper et de se briser avee facilité. Les fils métalliques doivent remplir parfaitement les ouvertures que l’on a pratiquées sur les os; il faut en arrêter les extrémités en faisant des boucles bien régulièi’es, à trois ou quatre tours de spirale , au plus et le cacher autant que possible dans les parties profondes , dans l’intérieur des cavités, etc. On doit faire une des boucles avant de pa.sser le fil dans l’os , dont on séparera toujours les boucles par des paillettes.
Pour les articulations orbiculaires ou vagues , on doit faire passer la goupille dans la direction du col qui supporte la tête , et la faire ressortir par le milieu de eette dernière partie. Cependant , par ce procédé, l’articulation est loin de jouir de mouvements aussi étendus que eeux qu’elle exécute dans l’état naturel , la tête de l’os ne pouvant glisser sur la cavité qui la reçoit. Pour obvier autant que possible à cet inconvénient , Cloquet a employé avec succès le procédé suivant , qui consiste à faire du centre de la tête de l’os le centre des mouvements. Pour cela, faites dans la tête de l’os une incision cruciale au moyen de deux traits de scie, qui se coupent à angles droits et pénètrent jusqu’au centre de la tête, de l’humérus, par exemple; prenez une goupille articulée dans son milieu au moyen de deux anneaux qui se pénètrent réciproquement ; percez au-dessous de la grosse tubérosité un trou qui va aboutir précisément au centre de la tête, à l’endroit où les deux traits de scie se croisent dans leur partie profonde ; introduisez la goupille de haut en bas , et faites-en ressortir l’extrémité par l’ouverture forée au-dessous de la tubérosité ; lorsque l’articulation des deux pièces de la goupille est parvenue au centre de l’os , ce dont vous vous assurez en faisant exécuter des mouvements à la pièce supérieure, en la conduisant successivement dans chacun des sillons faits par la scie , arrêtez par une boucle la pièce inférieure ; passez ensuite la pièce supérieure de la goupille par une autre ouverture, faite à la partie moyenne de la cavité glénoïde , et arrêtez-la par une boucle. Ce mode d’articulation permet à l’humérus d’exécuter des mouvements très-étendus dans les quatre sens prin-
cipaux, sans que la tête abandonne ses rapports avec la cavité glénoïde.
La première fois que l’on monte une articulation en ginglyme angulaire , on éprouve beaucoup de difficulté pour faire que les surfaces articulaires se trouvent toujours à égale distance l’une de l’autre dans les divers degrés d’extension et de flexion. Tantôt elles restent trop écartées dans l’extension et tellement rapprochées dans la flexion, qu’elles se touchent et arrêtent les mouvements; tantôt un effet opposé est produit. Cet inconvénient se rencontre souvent pour les articulations fémoro-tibiale, métacarpo-phalangienne , etc. Il dépend de ce que la goupille sur laquelle tourne la lame métallique de la pièce inférieure , n’a point été placée précisément au centre des mouvements ; aussi pour y obvier faut-il , avant de percer le trou , déterminer ce centre pour y placer la goupille , qui doit servir , pour ainsi dire, d’axe à l’articulation. Pour cela, l’on appuie une des branches d’un compas sur l’un des côtés de l’os qui présente les condyles articulaires, et l’on voit si l’on peut suivre exactement la convexité du condyle avec l’autre branche, que l’on maintient à un certain degré d’écartement de la première ; si l’on n’a pas réussi dans un premier essai , on en fait d’autres , soit en changeant le point qu’occupe la branche fixe du compas , soit en augmentant ou en diminuant l’écartement de ses branches. Le centre du segment de cercle étant déterminé , on le marque par un point. On en fait autant de l’autre côté , et l’on passe le foret par les deux points indiqués.
Les articulations planiformes , celles des os du carpe , des vertèbres , du tarse , par exemple , doivent être montées de telle sorte qu’un seul fil serve à réunir plusieurs de ces os.
3». Articulation des dents. Après avoir nettoyé et blanchi ces organes , fixez-les dans leurs alvéoles , en imprégnant leurs racines d’ichthyocolle liquide ou de gomme arabique dissoute. 11 e.st bien difficile de remplacer les dents qui se sont perdues pendant la macération , par des dents prises sur d’autres sujets ; le plus souvent il faudra employer la lime pour leur donner la forme nécessaire.
4°. Articulation temporo-maxillaire. Percez une ouverture, étendue de la partie postérieure du col de la mâchoire inférieure à la partie supérieure et moyenne du cond-yle de cet os ; faites-en une seconde, verticale, étendue du milieu de la fosse glénoide à la partie supérieure et moyenne de la base de l’apophyse zygomatique; passez un fil dans ces deux ouvertures et fixez-le par deux boucles. Percez deux ouvertures très-petites , l’une au sommet de l’apophyse coronoïde , l’autre passant de la partie postérieure de l’apophyse angulaire externe du coronal dans la cavité orbitaire ; prenez un ressort en boudin, d’une ligne et demie de diamètre , long de deux pouces ; fixez par une boucle son extrémité inférieure à l’apophyse coronoïde ; passez par l’ouverture supérieure le fil qui le termine en haut, tirez-le et dévidez le ressort jusqu’à ce qu’il ait acquis un degré de tension convenable; fixez-le dans l’orbite par une seconde boucle. La mâchoire inférieure, étant articulée de eette manière, pourra être mue et abaissée avec facilité , et remontera d’elle-même s’appliquer contre la supérieure.
5°. Articulation bu hachis. Il faut d’abord découper vingt-trois rondelles de peau de buffle , ayant parfaitement la forme des tibro-cartilages intervertébraux, qu’elles sont destinées à remplacer. Pour cela , on applique chacune des vertèbres en particulier sur la peau, afin de découper ces pièces plus exactement ; on donne à celles-ci plus d’épaisseur en avant qu’en arrière dans les régions cervicale et lombaire , et une épaisseur en sens inverse dans la région dorsale, pour qu’elles puissent s’accommoder aux courbures naturelles du rachis. Ces rondelles seront en outre d’autant plus épaisses qu’elles appartiendront à des vertèbres plus inférieurement situées. On perce successivement le corps de chaque vertèbre et chaque rondelle de peau , de deux ouvertures parallèles et latérales , qui les traversent directement de bas en haut; deux ouvertures semblables sont percées de la surface articulaire du sacrum qui se .joint au corps de la dernière vertèbre lombaire , à la face antérieure de la première pièce de cet os. Les deux ouvertures de la seconde vertèbre cervicale sont pratiquées obliquement de telle manière , qu’elles s’étendent de la face inférieure à la face postérieure de son corps.
On plie en deux un bout de fil métallique long de quatre pieds , et l’on fait parvenir au fond de l’anse qu’il représente un morceau de ressort en boudin , dont la longueur doit être égale à la distance qui sépare les deux ouvertures de la face antérieure du sacrum; on engage de bas en haut, dans chacune de ces dernières , les deux extrémités de l’anse métallique, en faisant sortir celles-ci par la face supérieure du sacrum , et en les engageant successivement de bas en haut dans toutes les ouvertures pratiquées aux rondelles de buffle et aux corps des vertèbres. On les fait ressortir par la face postérieure de l’axis, en les tirant fortement avec les pinces plates, de manière à serrer les uns contre les autres, le sacrum, les corps des vertèbres et les rondelles qui les séparent. On retient chacune des extrémités de l’anse métallique par une boucle à la face postérieure de cette seconde vertèbre.
La portion de ressort en boudin que l’on a placée à la partie moyenne de l’anse, et qui est maintenant appliquée transversalement à la face antérieure du sacrum , est destinée à empêcher cet os d’être coupé par l’anse elle-même.
Les vertèbres sont par ces moyens déjà retenues les unes avec les autres ; mais leur extrême mobilité fait que le rachis ne présente aucune solidité; aussi , pour maintenir ces pièces dans leur position naturelle, donner à cette colonne flexible une plus grande fixité et assurer d’une manière stable la disposition de ses courbures , faut-il introduire dans le canal vertébral la tige de fer dont on a parlé à la page 276. On fixe cette lige ou moyen de fils de laiton, qu’on passe dans les ouvertures dont elle est percée, et que l’on attache à la face postérieure du canal sacré et aux lames des vertèbres lombaires, dans lesquelles on a préalablement pratiqué de petits trous.
G». Articulation atloïbo-axoïdif.nne. Pour conserver à cette articulation ses mouvements de rotation , faites à la partie postérieure de la base de l’apophyse odontoïde, avec une petite lame de scie, une rainure demi-circulaire et transversale, profonde d’une ligne. Pratiquez deux ouvertures qui
traversent directement d’avant en arrière le petit arc de l’allas , et soient distantes l’une de l’autre de quatre lignes. Engagez d’arrière en avant, dans ces deux ouvertures , les extrémités d’une anse de fil métallique; mettez la première vertèbre en place sur la seconde; tirez les extrémités de l’anse de telle sorte , que l’anneau qu’elle représente en arrière du petit arc de l’allas, devienne de plus en plus petit , et s’engage enfin dans la rainure transversale de l’apophyse odontoïde , serrez fortement l’anse , et fixez en solidement les extrémitées au moyen de deux boucles. L’apophyse odontoïde forme un axe, autour duquel l’anneau métallique et la première vertèbre tournent avec facilité. On donne plus de fixité à cette articulation, en embrassant en outre l’arc postérieur de l’atlas par une anse de fil assez lâche , dont on fait passer les extrémités par un trou pratiqué verticalement dans la base de l’apophyse fourchue de l’axis , à la partie inférieure de laquelle on les arrête par une double boucle. Dans les mouvements de rotation de la tête, l’arc postérieur de l’atlas joue dans l’espèce d’anneau formé par cette anse métallique.
7°. Articulation sacro-coccygienne. On réunit les pièces du coccyx au moyen d’une lame triangulaire très-allongée, que l’on passe successivement dans leur intérieur , et dont on fait ressortir l’extrémité la plus large du sommet du sacrum à la partie voisine de sa face antérieure. On recourbe en anneau l’extrémité de cette lame au niveau de la dernière pièce du coccyx, et la base sur la face antérieure du sacrum. Au lieu de cette lame on emploie souvent un ou deux fils métalliques, dont on traverse successivement les pièces du coccyx et la partie inférieure du sacrum , et que l’on arrête en haut et en bas par des boucles en spirale.
8°. Articulation de la poitrine. Il faut d’abord articuler les côtes avec la colonne vertébrale en commençant par monter les côtes inférieures; pour cela , on perce la tête de ces os d’avant en arrière, on engage à travers l’ouverture de la dernière côte droite un fil métallique, que l’on conduit transversalement à la partie postérieure de la substance intervertébrale correspondante ; on en traverse la côte gauche , et l’on arrête de chaque côté les extrémités du fil au moyen d’une boucle fort serrée. Ce fil a pour usage de maintenir réunies aux vertèbres les têtes des deux côtes. On fixe à chaque apophyse transverse la partie correspondante de la côte , en les perçant toutes deux d’une ouverture dans laquelle on engage un fil que l’on arrête au moyen de deux boucles, placée l’une en avant sur la face antérieure de la côte, et l’autre en arrière sur la face postérieure de l’apophyse transverse. On pratique la même opération pour chaque côte que l’on monte ainsi par paire.
On articule les côtes avec le sternum , en pratiquant une ouverture à l’extrémité antérieure de chaque côte et à la partie correspondante des cartilages costaux , qui sont demeurés unis au sternum. On engage , d’avant en arrière , dans ces ouvertures , les extrémités d’une anse de fil ; on les fait ressortir par l’intérieur du thorax , on les serre et on les fixe par deux boucles qui se trouvent cachées dans la poitrine.
Il est, enfin , nécessaire de maintenir les côtes à
une égale distance les unes des autres des deux côtés ; pour cela , on les traverse toutes de bas en haut vers leur partie moyenne avec un fil métallique, qu’on passe successivement dans des ouvertures qu’on y a pratiquées. Entre chaque espace intercostal on enferme le fil dans un morceau de ressort en boudin, dont la longueur a été déterminée d’avance, et qui est destiné à s’opposer au rapprochement des côtes. L’extrémité supérieure du fil qui traverse toutes les côtes , est fixée par une boucle à la lame de la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale; .son extrémité inférieure se porte de la dernière côte à l’apophyse transverse de la seconde vertèbre lombaire. Comme par ce procédé on court risque de rompre les côtes , quelques anatomistes préfèrent de se servir d’une anse de fil métallique dont la partie moyenne est engagée dans une ouverture pratiquée à l’apophyse transverse de la deuxième ou troisième vertèbre lombaire. Les deux fils sont ensuite tordus l’un sur l’autre jusqu’à ce qu’ils soient arrivés au bord inférieur de la douzième côte; là ils se quittent pour passer l’un devant et l’autre derrière la côte ; on les tord de nouveau dans l’espace intercostal pour les laisser successivement passer devant et derrière chaque côte , qui par là est comprise dans une anse métallique serrée , et séparée des côtes voisines par la portion tordue des fils. L’extrémité supérieure des fils est , comme dans le procédé précédemment décrit , fixée à une des vertèbres cervicales. Quelquefois on pratique dans la première et la dernière côte un trou par où l’on passe un des fils. Il serait, enfin, facile d’employer les ressorts en boudin , comme on le conseille dans le procédé décrit en premier lieu , en s’abstenant de percer les côtes , à l’exception de la première et de la dernière, et en employant une anse de fil comme dans le second procédé , au lieu d’un fil simple , qui exige que les côtes soient toutes perforées.
9°. Articulation du bassin. Faites de chaque côté de la base du sacrum deux trous placés l’un au-dessus de l’autre, distants d’un pouce, et qui se portent de sa face antérieure obliquement en arrière et en dehors, pour ressortir par la surface articulaire que cet os présente latéralement ; pereez deux autres trous d’avant en arrière sur la partie correspondante de chacun des os iliaques ; réunissez ces os par deux anses de fil dont la partie moyenne répond au sacrum, et dont les extrémités sont fixées par des boucles à la partie postérieure des os coxaux.
Taillez un morceau de peau de buffle qui ait une forme allongée et que vous placez entre les deux pubis ; percez chacun de ces os de deux ouvertures qui en traversent toute l’épaisseur d’avant en arrière , et qui soient situées à la même hauteur de l’un et de l’autre côté; passez une anse de fil dans les deux ouvertures inférieures; réunissez-en les extrémités à la partie postérieure de la symphyse; faites la même chose pour les deux ouvertures supérieures.
10». Articulation occipito-atloïdienne. Enfoncez verticalement dans la partie antérieure de l’un et de l’autre condyle de l’occipital une vis à tête perdue ; que l’extrémité inférieure de celle-ci, saillante de six lignes, soit reçue, comme une sorte de cheville, dans un trou creusé veriicalement à la partie correspondante de la surface articulaire de l’atlas. Lors-
qu’on veut articuler la tête avec la colonne vertébrale , on fait d’abord passer l’extrémité supérieure de la tige de fer qui soutient le rachis , par le grand trou occipital et par l’ouverture pratiquée à la partie supérieure du crâne; on introduit les deux chevilles de l’occipital dans les trous correspondants de l’atlas; puis on serre un écrou à oreille, dont est munie l’extrémité de la tige de fer. Cet écrou est destiné à retenir la tête appliquée sur la première vertèbre. L’aticulation atloïdo-occipitale, étant préparée de cette manière , peut exécuter très-facilement ses mouvements.
11°. Articulation scapulo-claviculaire. On réunit d’abord l’extrémité externe de la clavicule avec la partie eorrespondante de l’acromion, au moyen d’un fil métallique passé dans deux ouvertures verticales faites à ces os, et dont les extrémités sont tournées en boucles à la partie inférieure de l’articulation. On réunit ensuite la base de l’acromion avec la partie de la clavicule qui se trouve audessus , au moyen d’un gros fil dont les extrémités sont passées dans des ouvertures verticales pratiquées sur les deux os , et arrêtées par des boucles , l’une au-dessus delà clavicule, l’autre au-dessous de l’acromion. On empêche le rapprochement trop grand de ces deux parties , au moyen d’un petit cylindre de ressort en boudin.
12°. Articulation sterno-claviculaire. Percez une ouverture étendue du milieu de la surface articulaire du sternum, à la face postérieure de cet os. Passez à travers , et de haut en bas , les deux extrémités d’une anse de fil ; arrêtez-les en arrière par une double boucle ; passez dans l’espèce d’anneau que forme en haut du sternum la partie libre de l’anse, un autre fil métallique, dont vous engagerez également les bouts dans une ouverture pratiquée sur la face correspondante de la clavicule. De celte manière , le sternum et la clavicule présentent deux anneaux qui se pénètrent mutuellement et permettent tous les mouvements.
Mais il faut aussi fixer l’épaule contre la poitrine. Pour cela, on ajuste aux angles inférieur et supérieur interne de l’omoplate , deux agrafes qui s’ouvrent à volonté , et traversent l’une la deuxième côte et l’autre la septième ou la huitième, dans les endroits qui correspondent aux angles.
13°. Articulation scapulo-uumérale. Il en a été question dans les généralités sur les articulations , pag. 277.
14o. Articulation iiuméro-cubitale. Percez un trou qui passe transversalement de la partie antérieure du condyle interne à la partie externe et moyenne de la petite jête de l’humérus ; cette ouverture se trouve placée suivant l’axe des mouvements de l’articulation. Faites avec une scie une fente verticale, dirigée d’avant en arrière, laquelle, suivant le sillon de séparation entre la poulie et l’humérus qui est reçue entre le cubitus et le radius, vient se terminer dans la fosse olécranienne. Faites avec un ciseau étroit une fente large de cinq lignes, profonde de huit à dix , à la partie moyenne de la crête saillante qui sépare en deux la grande échancrure sigmoïde du cubitus. Enfoncez dans celte fente une lame métallique longue de quinze à di.x-huil lignes.,
large de cinq ; fixez celte lame dans le cubitus au moyen d’une goupille qui la traverse ainsi que l’os , en passant de la partie externe à la partie interne de la base de l’olécrane. Cette lame étant fixée, introduisez sa partie libre dans la fente de l’humérus, et lorsque le rapport des os est exact , passez un foret par le trou fait au-devant du condyle interne ; percez la lame métallique , et remplacez le foret par une goupille à boucle. Cette goupille , passant par l’ouverture de la lame, retient celle-ci et forme son axe.
15°. Articulation radio-cdbitale. Afin de conserver à cette articulation la liberté des mouvements de pronation et de supination , percez transversalement un trou qui, partant de la partie supérieure de la face externe du cubitus (quatre lignes au-dessous de la petite cavité sigmoïde), vienne ressortir par la partie correspondante de la face interne de l’os. Passez de dehors en dedans par cette ouverture les deux extrémités d’une anse de fil métallique, tirez-les, et formez avec la partie libre de l’anse un petit anneau d’une ligne de diamètre , placé verticalement au-dessous de la petite cavité, sigmoïde. Arrêtez en dedans les extrémités de l’anse par une boucle commune. Percez une ouverture transversale à la partie postérieure du col du radius , à la hauteur de l’anneau que présente le cubitus. Introduisez d’abord dans l’anneau du cubitus une anse métallique , dont vous faites ensuite passer les extrémités en sens contraire dans le trou du col du radius ; après quoi , vous les arrêtez chacune par une boucle. Par ce procédé , le col du radius est embrassé en avant et transversalement, dans les trois quarts de sa circonférence, par un grand anneau métallique, qui passe dans le petit anneau du cubitus, et permet à la tête du radius , qu’il retient , de tourner avec facilité sur la petite cavité sigmoïde.
Pour l’articulation inférieure du radius et du cubitus , on dispose les liens en sens inverse , c’est-àdire, qu’on fait porter le grand anneau horizontal au cubitus, et qu’on place le petit anneau vertical qui est destiné à le maintenir , sur la partie interne de l’extrémité inférieure du radius. Le procédé est le même que dans le cas précédent, il suffit de l’indiquer.
On obtient un résultat analogue, au moyen d’une anse de fil qui traverse le cubitus et dont les extrémités .sont arrêtées à la face interne de cet os par tleux boucles, taudis que la partie moyenne de l’anse qui forme un petit anneau, se trouve placée dans le centre du radius, où on l’introduit par une fente pratiquée horizontalement vers la face interne du col de l’os ; cette anse est fixée au moyen d’une goupille qui la traverse verticalement suivant l’axe du radius. A la place d’une anse de fil quelques anatomistes emploient une lame métallique que l’on dispose de la même manière.
IC". Articulations carpiennf.s Pour monter les os du carpe , il faut d’abord articuler séparément entne eux ceux de chaque rangée ; pour cela, percez transversalement le scaphoïde , le semi-lunaire le pyramidal, et , d’avant en arrière, le pisiforme ; ayez soin que vos trous se trouvent placés précisément à la partie moyenne des surfaces articulaires de ces os; passez successivement à travers chacun d’eux un fil métallique , que vous arrêterez par deux boucles
placées l’une en dehors du scaphoïde , et l’autre en avant du pisiforme : la première rangée étant articulée, réunissez entre eux les os de la seconde, en perçant également dans une direction transversale , le trapèze, le trapézoïde, le grandes et l’os crochu, que l’on réunit par un fil commun, comme dans le cas précédent.
Chaque rangée des os du carpe étant articulée isolément, il s’agit de les réunir l’une à l’autre ; pour cela , faites un trou qui, partant de l’extrémité supérieure du scaphoïde , vienne ressortir par la facette articulaire du même os qui est jointe au trapèze. Reportez le foret par l’ouverlure supérieure du même trou , et faites-le sortir par la facette articulaire qui est unie au trapézoïde; percez de haut en bas, dans les endroits correspondants, le trapèze et le trapézoïde. Prenez une anse de fil métallique, introduisez par la partie supérieure du trou fait au scaphoïde, les deux extrémités de cette anse de telle sorte qu’elles s’écartent au milieu de l’os pour ressortir séparément par les deux ouvertures qui correspondent au trapèze et au trapézoïde ; passez l’une des extrémités de l’anse à travers le trapézoïde et l’autre à travers le trapèze , et conservezles sans les tordre , afin de vous en servir pour l’articulation de ces deux derniers os avec les deux premiers du métacarpe , tout comme le petit anneau qui surmonte le scaphoïde sera conservé pour l’articulation de cet os avec le radius.
Percez une ouverture de la partie moyenne de la face supérieure du semi-lunaire à la partie correspondante de sa face inférieure; continuez cette ouverture à travers toute la longueur du grand os, depuis la partie moyenne de la tête, jusqu'au niveau de la facette inférieure qui se joint au troisième os métacarpien. Passez un fil à travers ces deux os, arrêtez son extrémité supérieure par une boucle, et conservez son extrémité inférieure pour l’articulation du troisième métacarpien avec le grand os.
Faites une ouverture qui , simple supérieurement, et commençant à la partie la plus élevée du pyramidal , se divise à sa partie inférieure en deux branches qui ressortent l’une à côté de l’autre , par la surface de l’os qui est unie à l’os crochu. Creusez verticalement dans ce dernier os deux trous , qui , commençant à sa face supérieure , viennent ressortir, l’un par la facette qui le joint au quatrième os du métacarpe , et l’autre par la facette qui l’unit au cinquième. Passez de haut en bas dans l’ouverture bifurquée du pyramidal et dans les deux ouvertures de l’os crochu , les extrémités d’une anse de fil , comme nous l’avons indiqué pour l’articulation du scaphoïde avec les deux premiers os de la deuxième rangée.
17.0. articulation carpo-mÉtacarpif.nne. On pratique à l’extrémité supérieure de chacun des os du métacarpe, une ouverture oblique , qui, parlant du milieu de leur surface articulaire carpienue, vienne ressortir, après six lignes de trajet, sur la ligne médiane de leur face palmaire. Introduisez dans chacun de ces trous les extrémités des fils métalliques qui ont servi à l’articulation des os de la première rangée avec ceux de la seconde , et qui ressortent par les faces inférieures du trapèze , du trapézoïde, du grand os et de l’os crochu ; arrêtez par une boucle serrée l’extrémité de chacun de ces fils.
Les quatre derniers os du métacarpe doivent être réunis les uns aux autres à leur extrémité inférieure; pour cela, percez-les transversalement à l’endroit où leur tête se réunit avec leur corps ; passez un Fd métallique successivement par chacun d’eux, en ayant soin, toutefois, de les tenir écartés à une distance convenable , par trois petits cylindres de ressort en boudin , que l’on place au niveau des espaces interosseux ; arrêtez les extrémités du fil par deux boucles, placées , l’une en dehors du second os métacarpien, l’autre en dedans du cinquième.
18o. Articdlations métacarpo-phalangiennes. Il faut conserver à ces articulations leurs mouvements d’extension et de flexion ; pour cela, faites sur la facette articulaire supérieure de la première phalanf^e une petite fente dirigée d’avant en arrière sur la ligne médiane , et longue de deux lignes. Introduisez avec force dans celte fente , et à la profondeur de sept à huit lignes , une lame métallique large de trois lignes et longue de douze à quinze; percez transversalement la base de la phalange et la lame qui est dans son intérieur, et fixez celle-ci au moyen d’une goupille que vous rivez sur les deux côtés de l’os ; arrondissez avec des ciseaux l’extrémité de la lame métallique qui sort de la phalange et qui doit être reçue dans l’os du métacarpe. Faites avec une lame de scie très-mince une fente qui s’étende depuis la partie inférieure et moyenne de la tête de l’os du métacarpe, jusqu’à la partie antérieure de son corps, et qui divise par conséquent la moitié antérieure de la tête de l’os. Déterminez le point central des mouvements de l’articulation , comme nous l’avons indiqué; percez dans cet endroit , et transversalement , la tête de l’os , ainsi que la lame métallique de la première phalange, préalablement introduite dans cette fente ; fixez-la par une goupille rivée sur les côtés de l’articulation. L’articulation étant montée par ce procédé , la première phalange peut se fléchir à angle droit sur l’os du métacarpe correspondant, mais ne peut point être étendue au delà de la direction de son axe , vu que la lame métallique se trouve arrêtée dans ce mouvement d’extension par la partie inférieure de la fente del’os du métacarpe.
19». Articulations piialangiennes. Ces articulations seront montées d’après le procédé qui vient d’être indiqué pour les articulations métacarpophalangiennes ; mais il convient de remarquer qu’il est plus commode d’articuler d’abord les phalanges entre elles et avec les os du métacarpe , avant de réunir ceux-ci entre eux et au carpe.
20». Articdlations radio -carpienne et cubito- CARPiENNE. Ces articulations, qui se feront par deux attaches , ne doivent être montées qu’après que toute la main l’aura été. Faites, à cet effet, une ouverture dirigée de la partie moyenne de la facette du radius, qui se joint au scaphoïde, au milieu de la gouttière du même os , qui reçoit les tendons des muscles radiaux externes; passez un fil métallique dans le petit anneau qui surmonte l’os scaphoïde , formez-en une anse dont vous introduisez les extrémités réunies, et de bas en haut, dans le trou que vous venez de pratiquer au radius ; tirez les extrémités de l’anse et fixez-les par une double boucle ;
employez le même procédé pour unir le cubitus à l’os pyramidal.
21'’. Articulation coxo-fémorale. Percez un trou depuis la partie moyenne de la tête du fémur, jusqu’à la. partie postérieure de la base de son col ; introduisez par l’orifice supérieur de ce trou les deux extrémités d’une anse de fil métallique , que vous retiendrez par une double boucle; la partie moyenne du fil doit former au-dessus de la tête du fémur une anse très-allongée de six à huit lignes de longueur; on pratique au fond de la cavité cotyloïde une ouverture, par laquelle on fait passer cette anse, afin de la retenir dans l’excavation pelvienne au moyen d’une grosse agrafe.
22o. Articulation fémoro-tibiale. Percez transversalement les deux coudyles du fémur , d’une ouverture qui occupe le centre des mouvements de l’articulation , et qui doit répondre de l’un et de l’autre côté un peu au-dessous des tubérosités de cet os. Pratiquez au tibia deux ouvertures qui s’étendent de la partie postérieure de chacune des facettes articulaires de cet os , à la partie supérieure de sa face postérieure, et qui sont distantes de .six lignes l’une de l’autre à leur partie supérieure. Prenez un gros fil métallique , tordez-le par la partie. moyenne sur une broche d’acier , en lui faisant exécuter sept ou huit spirales très-rapprochées les unes des autres, comme pour en faire un ressort en boudin ; portez ces spirales au fond de la cavité qui sépare les deux condyles du fémur et faites-les traverser par une grosse goupille , que vous introduisez dans l’ouverture taraudée dans les condyles de l’os , et que vous rivez sur les eôtés de l’artieulation. Les spirales étant ainsi fixées par la goupille entre les condyles, saisissez les extrémités du fil qui les forme, introduisez-les de haut en bas dans les ouvertures pratiquées sur la surface articulaire du tibia , et relenezles chacune par une boucle au niveau de la faee postérieure de cet os. Au lieu d’un fil retourné en spirale, on emploie quelquefois une lame métallique longue de quatre pouces et large de trois quarts de pouce, que l’on replie sur elle-même dans son milieu , de manière à en former à cet endroit un eanal par où passe la goupille qui traverse les condyles du fémur ; les deux extrémités réunies de la lame sont enfoncées dans le tibia.
On peut , enfin , articuler ces deux os au moyen de deux lames métalliques longues de deux à trois pouees, arrondies à leur partie supérieure, et que l’on enfonee verticalement dans les centres de chacune des deux facettes ovales de la surface articulaire du tibia. On les retient dans cette position par deux goupilles qui les traversent toutes les deux; on fait ensuite sur chaque condyle du fémur une incision verticale qui n’intéresse que sa partie inférieure et postérieure, et qui s’étend au delà du centre des mouvements; ces incisions, qui correspondent aux deux lames enfoncées dans le tibia , sont destinées à les recevoir. Quand les os sont suffisamment rapprochés, on passe le foret dans l’ouverture faite suivant l’axe des mouvements pour percer les deux lames, puis en le retirant on le remplaee par une grosse goupille que l’on rive sur les côtés de l’articulation.
Pour articuler la rotule de telle sorte qu’elle conserve toujours ses rapports avec l’articulation , en-
foncez dans la partie inférieure de cet os une lame métallique longue de trois pouces, large de cinq lignes , et dont vous fixerez l’extrémité inférieure dans une fente pratiquée sur la tubérosité du tibia qui reçoit l’insertion du ligament rotulien.
23°. Articulation péronéo-tibiale. On fixe l’extrémité supérieure du péroné contre la partie correspondante du tibia, par une anse de fil qui traverse la tête du premier os , la tubérosité externe du second, et dont les extrémités sont fixées en boucle h la partie postérieure de l’articulation. Les extrémités inférieures du tibia et du péroné seront réunies par une goupille transversale, mais qui ne devra être placée que quand le pied aura été articulé à la jambe.
24°. Articulations tarsiennes , métatarsiennes et piiALANGiENNES. L’astragalc sera réuni au calcanéum au moyen d’un fil qui passera par la partie supérieure de son col, viendra sortir par la partie inférieure de la petite apophyse du calcanéum , et dont les extrémités seront retenues en haut et en bas, chacune par une boucle. Les trois os cunéiformes et le cuboïde seront maintenus les uns contre les autres au moyen d’un fil qui les traversera dans une direction transversale , et dont les extrémités seront retenues par des boucles , l’une à la face interne du premier cunéiforme , l’autre dans la gouttière du cuboïde qui reçoit le tendon du long péronier latéral.
Le cuboïde sera fixé au calcanéum par deux fils dont les extrémités postérieures sortiront par la face inférieure du calcanéum, et les antérieures, par les deux facettes du cuboïde qui se joignent au quatrième et au cinquième os du métatarse. Les extrémités de ces fils seront fixées en arrière par des boucles; en avant elles seront conservées pour servir à l’articulation du métatarse.
On articule le scaphoïde en arrière avec la tête de l’astragale, et en avant avec les trois os cunéiformes, au moyen de trois fils garnis de boucles en arrière. Le premier de ces fils passe par la partie externe du col de l’astragale, traverse d’avant en arrière la partie externe du scaphoïde , la partie moyenne du troisième cunéiforme, par la face antérieure duquel il ressort; le second pénètre par la face supérieure du col de l’astragale, et traverse successivement d’arrière en avant la partie moyenne du scaphoïde et le second os cunéiforme , au delà duquel il se prolonge ; le troisième , enfin , pénètre par la partie interne du col de l’astragale , traverse d’avant en arrière la partie correspondante du scaphoïde , passe à travers le premier cunéiforme , et ressort par sa face antérieure.
Les os du tarse étant articulés entre eux , on leur réunit ceux du métatarse au moyen des fils métalliques qui sortent par les faces antérieures des trois os cunéiformes et du cuboïde, en suivant le procédé indiqué pour les articulations carpo-métacarpiennes. Quant aux autres articulations du pied, on les monte de la même manière que celles de la main.
23°. Articulation tibio-tarsienne. On conseille de déterminer le centre de l’articulation , et de faire passer de la malléole externe à la malléole interne une forte goupille qui traverse l’astragale , le retient, et lui permet de rouler dans l’espèce de mor-
taise que lui forment les os de la jambe ; mais j’ai trouvé qu’il était le plus souvent impossible d’exécuter ce procédé , du moins pour ce qui regarde la malléole interne, parce que celle-ci se trouve en dehors de l’axe des mouvements , qui seront nécessairement gênés toutes les fois que la goupille traversera cette malléole. L’articulation de ces os se fait plus facilement au moyen d’une lame métallique enfoncée dans la surface articulaire du tibia, où elle est solidement retenue par une ou deux goupilles; cette lame est reçue dans une fente faite d’avant en arrière sur la poulie de l’astragale , au moyen d’une scie ; une grosse goupille placée dans le centre des mouvements retient cette lame et permet à l’os de se mouvoir sur le tibia. Il est à observer que cette articulation est difficile à monter de cette manière , si le péroné est déjà uni au tibia , parce que la malléole externe, très-longue, empêche de river la goupille sur les côtés de l’astragale. On pourrait cependant mettre en usage le premier procédé , mais en le modifiant; c’est ainsi qu’il faudrait faire une ouverture qui de la face interne de la malléole interne se dirigerait en bas vers l’extrémité inférieure de cette malléole et un peu vers sa face externe; on passe par cette ouverture un gros fil métallique , qui est arrêté en haut par une boucle et qui forme en bas , soit un petit anneau, soit une boucle ; mais dont l’ouverture est dirigée en travers : l’astragale est foré suivant l’axe des mouvements , et cette ouverture est continuée à travers le péroné ; l’articulation se fait ensuite au moyen d’une grosse goupille qui traverse le péroné , l’astragale et le petit anneau que l’on a placé à l’extrémité de la malléole interne.
Art. 10. Des squelettes à ressort.
Il est très-utile, pour étudier les luxations et la manière de les réduire , de monter un squelette dont les os sont unis au moyen de ressorts en boudin cousus dans de la peau molle, comme on le fait pour la confection des bretelles. Les ressorts seront disposés autour des articulations aux endroits où se trouvent les principaux ligaments qui les affermissent, seulement faut-il avoir soin de laisser ces liens artificiels un peu plus longs que ne le sont les ligaments dans l’état naturel. Le nombre et la force de ces ressorts seront proportionnés au volume et au poids des os qu’ils supportent. Sur les squelettes ainsi préparés il est facile de déplacer les os dans toutes les directions voulues; l’élasticité des ressorts les y retiendra d’une manière fixe. C’est, je crois, le professeur Seiler, de Dresde , qui le premier a fait exécuter une pareille préparation ; j’ai pu me convaincre de son utilité lors de mon séjour en cette ville. Ceux qui désirent monter un squelette à ressorts consulteront avec fruit une notice que cet anatomiste a publiée il y a quelques années, le plan que je me suis tracé ne me permettant pas de m’étendre davantage sur cet objet-là.
Art. 11. Préparations et coupes servant à faire voir la configuration du squelette.
1°. De la coupe verticale nu squelette. On emploie à cet effet un squelette naturel desséché avec grand soin, afin que toutes les parties qui le composent aient conservé leur situation naturelle. On
pratique cette coupe au moyen d’une scie ordinaire et d’une lame de scie de dix-huit à vingt pouces, terminée à chaque extrémité par un anneau dans lequel on puisse passer quatre doigts. 11 faut être à deux pour se servir de ce dernier instrument.
On commence par tracer au crayon le trajet de la section, qui doit se faire exactement sur la ligne médiane , à l’exception de la partie antérieure de la tête, où on la fera soit un peu à droite, soit un peu à gauche , à cause de la cloison du nez , qui serait brisée. Avant donc que de tracer cette ligne sur la tête, 011 examinera la position de la cloison du nez : si elle n’est pas déjetée il est indifférent de faire la section à droite ou à gauche ; dans le cas contraire , on opère un peu en dehors de la ligne médiane et du côté de la concavité de la cloison. La ligne étant tracée sur tout le corps , on commence par diviser le sternum , la symphyse des pubis , le coccyx et le •sacrum, avec la scie ordinaire; puis on continue de bas en haut la coupe de la colonne vertébrale, en se servant de la lame de scie ; la section de Iq tête se fait de haut en bas avec une scie ordinaire à lame très-mince.
Le squelette ainsi divisé sera fixé sur deux supports unis par des charnières, de manière à ce que les deux moitiés puissent être réunies ou séparées à volonté.
2“.' Coupes de la tête. Nous venons d’indiquer la manière de faire la coupe verticale antéro-postérieure; la coupe horizontale se fait suivant une ligne qui part de la bosse nasale , à un pouce au-dessus de la suture fronto-nasale , passe sur la partie supérieure de la suture écailleuse, et se termine à un pouce ou quinze lignes au-dessus de la protubérance occipitale externe. On trace cette ligne au crayon et on la suit exactement avec la scie , en tournant la tête à mesure que les os sont divisés dans toute leur épaisseur. Les coupes verticales transversales seront faites dans différents points, de manière à partager le crâne en plusieurs zones.
Nous possédons depuis longues années à Strasbourg deux têtes où sont réunies un grand nombre de coupes instructives , en sorte que l’on peut étudier sur chacune d’elles la tête dans son ensemble , la cavité crânienne , les fosses nasales et leurs dépendances , les cavités orbitaires et l’oreille interne.
Pour faire cette préparation, on choisit un sujet adulte, chez lequel la cloison du nez est parfaitement droite et qui ait toutes ses dents. On pousse dans les vaisseaux de la tête une injection pénétrante, faite avec du vernis à l’alcool coloré par le vermillon. On sépare la tête, que l’on rugine avec soin ; on détache la mâchoire inférieure , on fait la coupe horizontale ordinaire du crâne, et l’on enlève avec soin la dure-mère. Puis on fait à la base du crâne trois coupes d’avant en arrière : 1<> Une postérieure située sur la ligne médiane et qui s’étend depuis la protubérance occipitale jusqu’au grand trou de ce nom; 2» deux autres , antérieures, parallèles, situées de chaque côté de la ligne médiane et distantes de quatre lignes l’une de l’autre. Ces deux dernières coupes devront comprendre une tranche épaisse de quatre lignes et qui se composera de toutes les parties qui sont situées près de la ligne médiane en avant du grand trou occipital. Toutes ces coupes seront préalablement tracées au crayon ,
et l’on y conduira la scie avec la plus grande attention. Les deux coupes antérieures se termineront entre les dents incisives latérales et moyennes. Par là , la base du crâne est séparée en trois pièces, une moyenne très-mince et deux latérales. On conserve sur ces pièces la membrane pituitaire avec tous ses prolongements , et l’on prépare sur les pièces latérales la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache.
Sur la partie droite de la tête on prépare du côté de la cavité du crâne les canaux demi-circulaires, le limaçon , le vestibule, le tympan avec les osselets et leurs muscles. On fait encore du même côté une coupe transversale qui ouvre le sinus maxillaire , l’orbite, et divise transversalement les trois méats de la fosse nasale de ce côté : pour cela , le trait de scie doit passer entre la deuxième dent petite molaire et la première des grosses, par la crête qui sépare les fosses canine et zygomatique , par la partie moyenne de l’os malaire et par l’échancrure cthmoïdale du coronal, à six lignes de son extrémité antérieure.
Sur la partie gauche de la tête on enlève une pièce triangulaire de l’os temporal au moyen de deux traits de scie : l’un , antérieur et transversal , passe par la racine horizontale de l’apophyse zygomatique, la partie postérieure (1) de la cavité glénoïde immédiatement au-devant clu conduit auditif osseux , et vient tomber à la partie postérieure de l’orifice inférieur du canal carotidien : l’autre trait de scie est postérieur et dirigé obliquement en avant et en dedans ; il coupe l’apophyse mastoïde par sa partie moyenne, tombe sur le trou stylo-mastoidien, passe entre l’apophyse styloïde qui reste en dehors et la fosse jugulaire qui se trouve en dedans, et vient rencontrer le trait précédent entre la fosse jugulaire et le canal carotidien. Cette coupe permet de voir la membrane du tympan, les cellules mastoïdiennes, l’aqueduc de Fallope, le limaçon et une partie de la caisse du tympan.
Toutes ces pièces sont unies de la manière suivante : 1° réunissez la pièce osseuse qui a été enlevée au temporal gauche, au moyen de deux lames métalliques qui viennent s’enchâsser dans des entailles faites aux parties correspondantes de l’os voisin, ou mieux encore par une vis qui traverse les deux portions de l’apophyse mastoïde , et qui soit retenue par un écrou. 2» Unissez les deux pièces de la coupe transversale du côté droit de la tête , d’abord par une cheville de cuivre fixée dans la pièce antérieure au-dessus de la deuxième dent molaire , et reçue dans un trou pratiqué sur la partie correspondante de l’os appartenant à la pièce postérieure ; joignez encore ces deux portions par une vis à tête perdue, fixée dans la partie antérieure au niveau de la coupe faite à l’apophyse angulaire externe du coronal , et passant par une ouverture oblique pratiquée sur la pièce postérieure , pour ressortir dans la cavité du crâne , où l’on fixe son extrémité par un petit écrou à queue. 3° Les deux pièces précédentes étant réunies, on visse au niveau de la coupe antéro-postérieure de la pièce gauche de la tête quatre tenons en cuivre , qui , mis en place , doivent dépasser de sept
(1) Si le trait de scie passait au milieu de la cavité glénoïde, on n’ouvrirait pas en avant la caisse clu tympan, et en outre on ne pourrait plus placer l’écrou qui devra fixer la mâchoire inferieure.
lignes la surface de la coupe. Ces quatre tenons seront fixés horizontalement, et dans une direction parfaitement transversale : le premier au niveau de la suture qui réunit l’épine nasale à l’os propre du nez , le second à la partie moyenne de l’apophyse basilaire, le troisième à la réunion du tiers antérieur et des deux tiers postérieurs de l’apophyse palatine , le quatrième derrière le grand trou occipital. Les trois premiers tenons doivent traverser la pièce moyenne qui supporte la cloison des narines , et s’engager au dehà dans des ouvertures étroites creusées sur la pièce du côté droit qu’ils retiennent; le quatrième réunit les deux pièces de l’occipital , qui sont forées pour le recevoir. Le troisième et le quatrième tenon sont formés d’une lame métallique large de deux lignes et épaisse d’une demi-ligne ; ils portent une ouverture dans laquelle s’adapte une vis à queue; une de ces vis traverse une ouverture faite à la voûte palatine et fixe les pièces en avant ; l’autre les fixe en arrière, en traversant une ouverture pratiquée dans la moitié droite de l’occipital. 4“ Toutes les pièces de la base du crâne étant réunies , on enfonce à la partie supérieure de chaque condyle de la mâchoire inférieure une vis qui doit traverser deux trous que l’on pratique au fond des cavités glénoïdes et que l’on retient dans le crâne au moyen d’écrous à qüeue. 3° On articule la voûte du crâne avec sa base, au moyen d’une forte charnière retenue par trois vis sur la portion écailleuse du temporal droit, au-dessus de la base de l’apophyse zygomatique. Du côté opposé on ferme la pièce par un crochet.
J. Cloquet décrit une pièce analogue aux nôtres et préparée par Duverney ; nous avons donc cru pouvoir transcrire en grande partie ses propres expressions. La pièce dont parle Cloqdet diffère de la nôtre, en ce qu’on y a laissé d’un côté de la tête le périoste richement injecté , et qu’on y a ouvert le canal dentaire inférieur par deux traits de scie, l’un étendu du bord parotidien de l’os au trou mentonnier , et l’autre , obliquement en haut et en dedans, du bord inférieur du maxillaire à la même ouverture. La pièce qu’on détache, se trouve par sa forme enchâssée dans le corps de l’os , et un simple crochet, placé en dedans et en arrière, suffit pour la retenir.
3o. SÉPARATION DU CRANE ET DE LA FACE. On emploie pour cela une tête d’un jeune sujet, comme pour la désarticulation de la tête , avec la différence qu’on n’enlèvera que les os propres du nez , ceux de la pommette, les os unguis, et les cornets inférieurs; puis, après avoir écarté les os maxillaires supérieurs par leur partie inférieure, on enfonce des ciseaux dans leur suture avec le frontal pour les détacher doucement; on en fait autant pour les os du palais, dans leur articulation avec le sphénoïde , et l’on finit par les enlever avec les os maxillaires et le vomer.
On articule de nouveau les os de la face entre eux, en les liant soit au moyen de goupilles en fil métallique, soit en leur interposant un peu de colle de poisson ou de gomme arabique. Cette préparation fait très-bien voir les rapports des os de la face avec ceux du crâne.
Pour étudier les rapports de tous les os de la tête entre eux , ainsi que leur position relative , on fixe chaque os individuel d’une tête désarticulée à une
certaine distance des os voisins, moyennant des liges métalliques implantées sur un support et terminées par des espèces de pinces , qui peuvent être serrées par une vis ou par un coulant. On conçoit que des préparations analogues pourront être faites sur tous les autres os composant le squelette.
4°. Les vertèbres crâniennes, admises par les anatomistes , seront démontrées au moyen de têtes désarticulées dont on aura de nouveau réuni les os individuels qui forment chaque zone vertébrale, tandis que chaque zone sera fixée sur un support commun , de manière à être à une certaine distance des zones voisines. Ou bien chaque zone vertébrale sera disposée sur un support particulier , en même temps que les os qui la composent sont maintenus à une petite distance les uns des autres au moyen de tiges métalliques. Ou bien encore on se contente de peindre en couleurs différentes chaque zone vertébrale sur une tête entière : on fera bien alors de tracer en outre en noir les limites de séparation des vertèbres crâniennes.
Art. 12. Préparation des os d’ embryon , de fœtus et de jeunes sujets '.
Ces préparations servent à l’étude du développement des os, et à cet effet on fait pour chaque espèce d’os des séries prises sur des sujets de différents âges , et on les expose sur des tablettes. Les os euxmêmes seront préparés par macération et séchés avec soin. Comme les élèves ne peuvent pas toujours disposer de fœtus humains, ils étudieront facilement le développement des os sur des embryons ou des fœtus d’animaux.
On examine le mode d’union des épiphyses avec le corps de l’os en y pratiquant une coupe longitudinale : ces pièces seront conservées dans l’alcool. D’autres fois on conserve ces épiphyses par dessication , soit en ménageant un peu de périoste à l’endroit de l’union des différentes pièces, afin qu’elles restent accolées, soit en fixant ces épiphyses à une certaine distance du corps de l’os au moyen de fils métalliques qui les retiennent.
Les injections que l’on fait sur les jeunes sujets, pénètrent avec facilité tout le tissu osseux, et nous possédons sur ces organes de fort belles préparations, qui sont déposées au musée de la faculté de médecine. Les préparations qui nous ont paru être les plus instructives, sont celles où, le périoste ayant préalablement été enlevé, les os ont été soumis à l’action de l’acide hydrochlorique très-étendu, puis desséchés et conservés dans l’essence de térébenthine : cette huile essentielle, en leur donnant la transparence du verre , permet de suivre parfaitement dans leur intérieur la distribution des vaisseaux. Sur plusieurs os longs on a conservé le périoste, et les os eux-mêmes ont été divisés longitudinalement en plusieurs lames, dans la majeure partie de leur étendue, en sorte que l’on peut trèsbien y voir la distribution vasculaire tant dans l’os que dans le cartilage : ces préparations sont conservées dans l’alcool. D’autres os de fœtus injectés, pourront être séchés avec le périoste et placés dans l’essence de térébenthine.
Relativement aux os rougis par l’usage de la garance, il convient de faire observer qu’ils doivent être conservés dans l’alcool et à l’abri de la lumière,
qui les ferait bientôt pâlir. Les plus belles préparations de ce genre que j’aie vues , se trouvent au musée de J. Hunter; elles sont faites sur des jeunes porcs. Dans ces animaux la coloration est déjà trèsintense au bout de quinze jours.
Le développement des (lents sera étudié sur des séries de ces organes , pris à différentes époques de la vie et déposés sur des tablettes de cire noire. C’est surtout sur des foetusbien injectés que l’on observera les germes des dents : à cet effet, on enlève toutes les parties molles et même le périoste qui recouvrent les os maxillaires supérieurs et inférieur , en ne conservant que la portion des gencives qui répond au bord alvéolaire ; puis on emporte peu à peu avec un scalpel la table antérieure (les os maxillaires vers le bord alvéolaire : on ne tardera pas à voir les germes des dents de lait, et même, sur des sujets un peu plus avancés en âge , les germes des secondes dents. Sur l’os maxillaire inférieur on verra tout le trajet du canal dentaire inférieur, et il ne sera pas très-difficile d’isoler les rameaux artériels et nerveux qui se portent à chaque dent. A cause de la ténuité de tous ces objets , il est convenable de conserver la pièce dans l’alcool.
Il est, enfin, très-utile d’étudier le développement des dents sur les grands animaux, sur une tête de veau par exemple. Là les dents sont très-volumineuses , ainsi que les germes qui les sécrètent ; on fera bien d’injecter préalablement la tête avec soin. La préparation pourra être conservée par dessiccation. Si la dissection a été faite sur une tête
non injectée, où d’ailleurs les germes des dents sont très-visibles aussi, et parcourus d’une infinité de vaisseaux, il faudra conserver la préparation dans l’alcool. J’ai vu dans les galeries d’anatomie comparée du Jardin du Roi plusieurs séries de préparations de ce genre parfaitement exécutées.
On ne fait jamais que des squelettes naturels d’embryons et de fœtus, et on les prépare à peu près comme ceux des adultes, excepté qu’il faut se garder d’enlever le périoste aux endroits où les épiphyses tiennent aux os. La macération ne doit durer qu’autant que l’eau rougit, et celle-ci sera renouvelée deux fois par jour , pour retarder autant que possible la putréfaction. Le cerveau sera extrait par une incision que l’on pratique au ligament occipitoatlantoïdien postérieur ; sa sortie sera facilitée si l’on incise la tente du cervelet au moyen d’un scalpel porté profondément dans la cavité crânienne. L’extraction de la moelle épinière se fait par les trous de conjugaison. Comme ces squelettes sont encore en grande partie cartilagineux, on ne devrait jamais les conserver que dans l’alcool ; cependant, si l’on se déterminait à les dessécher , il faudrait , pour s’opposer autant que possible au retrait des os par le racornissement des cartilages, rembourrer de baleine râpée les cavités crânienne et thoracique , et même la eavité pelvienne ; il serait en outre convenable d’empêcher la colonne vertébrale de se courber en avant, en fixant à sa partie postérieure une pièce de bois qui s’adapte à sa forme et que l’on retient au moyen de plusieurs fils.