PRÉPARATIONS CONCERNANT LES MUSCLES
Les préparations de rayologie sont ordinairement conservées par dessiccation , à moins qu’il ne s’agisse d’une très-petite pièce , qui pourrait l’être aussi dans l’alcool. Comme les muscles perdent en grande partie leur forme en se desséchant, il faut, autant que possible, remédier à cet inconvénient en les laissant séjourner pendant quelques mois dans un mélange d’alcool et d’essence de térébentine, ou mieux encore dans une dissolution alcoolique (le térébenthine de Strasbourg. Ces liqueurs ont la propriété d’écarter les fibres les unes des autres , en sorte que les parties à sécher ne prennent pas trop de retrait : en outre les pièces desséchées de cette manière conservent un léger degré de flexibilité, en vertu de laquelle les muscles superficiels peuvent être inclinés de côté , pour mieux voir ceux qui sont dans la profondeur; cependant il ne faut pas les manier trop fortement , parce qu’à la longue ils deviennent friables. La (Jessiccation de ces pièces se fait d’ailleurs d’après les règles que nous indiquerons plus tard.
Il serait superflu d’énumérer chacune des préparations de myologie que l’on peut faire; je me bornerai à indiquer celles qui m’ont paru rendre le plus de services aux élèves ;
1«. Les muscles de la main. Ils peuvent tous être préparés sur la même pièce, sans qu’il soit nécessaire d’en détacher un; l’adducteur du pouce restera en place , et l’on dissécjuera les deux premiers
interosseux, en tirant ce dernier un peu de côté et en portant le pouce dans l’opposition.
2o. Les muscles du pied pourront également être tous préparés sur la même pièce.
3°. Les muscles de la face avec les muscles releveurs de la mâchoire. Ces muscles seront préparés des deux côtés; mais un des côtés de la face sera plus spécialement destiné aux muscles superficiels , tandis que de l’autre on détachera quelques-uns de ces muscles par une de leurs insertions , afin de faire voir tous les muscles profonds.
4°. Les muscles profonds du dos. J’ai préparé sur un côté de l’épine les muscles sacro-lombaire , cervical descendant , long dorsal , transversaire de la nuque, petit et grand complexus et épineux du dos ; de l’autre côté j’ai préparé les muscles transversaire-épineux , compliqué de l’épine , grand et petit droits de la tête , grand et petit obliques de la tête; à la partie antérieure de la pièce on trouve les muscles droits antérieurs long et court, droit latéral et long du cou. Tous ces muscles sont desséchés de manière à ce qu’ils soient parfaitement distincts les uns des autres , et à ce que toutes leurs attaches puissent être aperçues d’un seul coup d’œil, en sorte qu’il suffit d’avoir examiné cette pièce pendant un temps très-court, pour connaître exactement la distribution de ces muscles, que l’on a ordinairement tant de peine à apprendre.
Quel que soit le soin que l’on a pris d’emporter
tout le tissu cellulaire qui recouvre les muscles, et de repasser la pièce pendant le temps de son immersion dans la liqueur, on trouvera le plus souvent que la surface des muscles est de nouveau recouverte de débris de ce tissu quand on voudra les sécher : on les rend donc aussi propres que possible ; puis, quand ils sont parfaitement secs, on leur donne une ou même deux couches de vernis, afin d’en rendre la surface bien lisse. Quand le vernis est desséché, on peint les muscles et leurs tendons de manière à leur donner autant que possible la couleur qu’ils avaient à l’état frais ; mais il faut que la couche de couleur soit bien mince et qu’elle représente par des stries la structure fibreuse des parties, et il faut en outre qu’on puisse voir d’une manière insensible la continuation des fibres musculaires avec les fibres tendineuses. Enfin , quand la couleur est bien sèche , on recouvre toute la pièce d’une ou de plusieurs couches de vernis de eopal.
Les tendons , réduits en filaments par la macération, doivent être conservés dans l’esprit de vin.
Les gaines muqueuses des tendons et les capsules muqueuses peuvent être conservées par dessiccation , en les laissant en rapport avec les parties voisines. Les gaines muqueuses seront desséchées après
avoir été insufflées; les capsules le seront après avoir été remplies de coton imprégné d’un corps savonneux ou d’un mélange d’huile d’olives et d’essence de térébenthine, afin de l’empêcher d’adhérer à la capsule; les grandes capsules muqueuses pourraient aussi être desséchées après avoir été remplies d’air. On exécutera ensuite sur ces gaines et sur ces capsules différentes coupes, afin d’en voir l’intérieur.
Les aponévroses d’enveloppe, par exemple, le fascia lata ou le fascia crural , seront conservés par dessiccation : à cet effet, après avoir enlevé exactement la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, on fend l’aponévrose le long de chaque muscle, et l’on enlève alors ces derniers en les divisant à leurs deux extrémités, de manière à ne plus avoir à la fin que l’os entouré des différentes loges aponévrotiques ; on remplace ensuite les muscles par de la baleine râpée, dont on rembourre légèrement les gaines , et pour conserver mieux encore la forme de ces dernières , on recoud les parties de l’aponévrose qui avaient été fendues. Quand la pièce est desséchée, on enlève la baleine, et l’on vernit.