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CHAPITRE VIIL

DE LA manière de RESTAURER LES PIÈCES ANCIENNES.

Les variations dans la température et dans l’état hygrométrique de l’air, la poussière, les insectes, etc., sont autant de causes qui exercent leur action nuisible sur les préparations desséchées. Celles conservées dans les liquides se détériorent par l’évaporation, par l’action de la lumière, et quelquefois même par leur séjour prolongé dans la liqueur destinée à les conserver. Il est donc nécessaire d’examiner de temps en temps toutes les pièces déposées dans un Musée, afin de remettre en état celles qui commencent à se dégrader , pendant qu’il en est temps encore. Les préparations sèches doivent recevoir tous les ans une couche de vernis.

Les préparations desséchées, qui sont devenues noires et poisseuses, seront plongées pendant quelques heures dans de l’eau, tiède ; cette immersion est surtout nécessaire pour les préparations d’angiologie , afin de ramollir la matière à injection , et de l’empêcher de se casser pendant que l’on manie les pièces. On les lave ensuite à plusieurs reprises avee une eau savonneuse, ou une dissolution alcaline, au moyen d’un pinceau ou d’une brosse douce , que l’on fait pénétrer dans tous les interstices des parties. Quand la préparation est bien propre , on la fait tremper pendant plusieurs heures dans de l’eau claire, afin d’enlever le savon. Si la pièce avait été rongée par les insectes, il faudrait, avant de la faire sécher , la laisser séjourner dans une dissolution alcoolique de sublimé corrosif ou dans de l’essence de térébenthine. Au besoin , on fait aussi pénétrer de ces liqueurs dans les petits trous formés par les insectes : on emploie avec succès, pour faire ces sortes d’injections , des tubes en verre tirés à la lampe. On fait ensuite sécher la pièce avec soin, puis on peint les vaisseaux et au besoin les muscles avec une couleur appropriée. Quand la couleur est sèche, on vernit.

Les parties qui se seraient perdues , comme , par exemple, des branches vasculaires, des muscles, etc., seront remplacées au moyen d’un peu de mastic de vitrier; si les parties qui manquent ont été grandes, il faut les modeler en cire. Ces parties doivent être surajoutées avant que la pièce n’ait été peinte et vernie.

Les préparations membraneuses qui auraient été en partie détruites par les insectes , seront d’abord exactement nettoyées; puis on y collera des morceaux de vessie , ou des portions de membranes semblables, prises sur un autre sujet, et auxquelles on donne la forme convenable. Ces pièces seront collées avec de la gomme arabique dissoute. On vernit quand la préparation est bien sèche.

Si la portion membraneuse détruite avait été injectée, il faudrait tâcher de peindre les vaisseaux manquants en imitant la distribution vasculaire des parties voisines.

Dès que l’alcool des préparations déposées dans un Musée commence à prendre une teinte jaunâtre, il convient de le remplacer par de l’alcool frais; ce liquide, dans un Musée bien tenu , doit toujours être transparent et parfaitement incolore. L’alcool que l’on met ainsi de côté n’est pas perdu; car, en le soumettant à la distillation, il pourra servir de nouveau. Une simple distillation n’est cependant pas suffisante, parce que l’alcool entraîne alors des matières grasses , qui lui donnent une couleur opaline, dès qu’on y ajoute un peu d’eau. Le professeur Sœmmering a fait connaître la méthode de rendre l’alcool propre à servir de nouveau. On filtre celui devenu trouble , à travers de l’alumine ou de la terre de pipe, afin de le dépouiller de la graisse et des autres matières grossières; on ajoute de l’acide hydrochlorique à l’alcool ainsi filtré, afin de convertir l’ammoniaque libre qu’il contient , en hydrochlorale d’ammoniaque qui, dans la distillation, s’attache au haut de la cornue : on filtre sur de la chaux , afin de neutraliser l’excès d’acide hydrochlorique, s’il y en a : enfin , on distille à feu doux , sans cependant pousser jusqu’à siccité.

Les préparations conservées dans l’alcool, qui ont peu à peu pris une couleur brunâtre ou terreuse, seront placées dans de l’alcool auquel on a ajouté quelques gouttes d’acide hydrochlorique ; elles reprennent par là très-souvent leur couleur naturelle.

Eu changeant les préparations qui avaient été plongées dans l’alcool avec addition d’un peu d’acide nitrique ou hydrochlorique, il ne faut pas les

l’emeürc dans la même liqueur, qui serait alors trop mière fois. Si la liqueur s’était seulement évaporée forte; il faut les mettre soit dans l’aleool seul, soit en partie, sans qu’elle ait changé de couleur, il dans de l’alcool auquel on ajoute de l’acide dans suffirait d’y ajouter de l’alcool sans addition d’acide, une proportion beaueoup plus faible que la pre-

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