MUSCLES DU
Nous renvoyons à la huitième section ce qui concerne l’anatomie des hernies.
lo. Muscle oblique externe, grand oblique. L’oblique externe est un plan musculeux situé sur les parties latérales et antérieures de l’abdomen, et dont les fibres sont dirigées en bas et en avant. 11 s’attache en haut par huit chefs aux huit côtes inférieures, en alternant avec les digitations du grand
bas-ventre.
dentelé et du grand dorsal ; en bas et en arrière il s’insère à la lèvre externe de la crête iliaque; en avant, il se convertit en une large aponévrose qui s’unit à l’aponévrose de l’oblique interne pour se jeter au devant du muscle droit, et s’entrc-croiser ensuite sur la ligne médiane avec l’aponévrose du côté opposé. Il résulte de cet entre-croisement des aponévroses des obliques externes, ainsi que de celui des obliques internes et des transverses , un plan
KOÜVEAD MANUEL
fibreux étroit et très-fort, étendu de l’appendice xyphoïde du sternum aux pubis et appelé Uyne blanche. La partie inférieure de l’aponévrose de l’oblique externe forme un cordon étendu entre l’épine antérieure et supérieure de l’os des iles et l’épine du pubis , et qui a reçu le nom de ligament de Fallope ou de Poupart, ou ^arcade crurale. Ce bord inférieur de l’aponévrose se contourne sur lui-même en se portant en dedans et en haut , et forme par là une gouttière où est logé le cordon spermatique dans l’homme et le ligament rond de la matrice dans la femme. Vers l’extrémité interne de l’arcade crurale et de son bord inférieur , part une lame triangulaire qui s’attache au pubis, et quia été appelée ligament de Gimhernat ; un des bords de ce ligament est confondu avec l’arcade crurale, l’autre s’attache au pubis, et le troisième est libre et dirigé en dehors. C’est ce bord libre qui borne en dedans le canal crural et qui devient si important dans la hernie crurale. Les vaisseaux et les nerfs passent de l’abdomen dans la cuisse derrière l’arcade crurale et en dehors du ligament de Gimbernal. En avant et en bas, l’aponévrose de l’oblique externe se divise en deux faisceaux oppeXés piliers de Vanneau inguinal : le pilier supérieur ou interne se porte sur la symphyse des pubis et s’y entre-croise avec celui du côté opposé , après avoir envoyé sur la verge une expression fibreuse connue sous le nom de ligament suspenseur du pénis ; le pilier inférieur ou externe se porte un peu derrière l’autre et s’attache à l’épine du pubis. Ces piliers, par leur écartement, forment une ouverture triangulaire appelée anneau inguinal, par où sort le cordon spermatique chez l’homme ou le ligament rond de la matrice chez la femme.
2°. Muscle oblique interne , petit oblique. Muscle large, dont les fibres sont en général dirigées en bas et en arrière; les inférieures sont transversales. 11 s’attache en haut aux cartilages des cinq dernières côtes; en arrière, à l’aponévrose du transverse et à celle du grand dorsal , aponévroses qui proviennent des apophyses épineuses lombaires et sacrées; en bas et en arrière, l’oblique interne s’attache à la crête iliaque et à la partie externe de l’arcade crurale ; en avant, il se transforme en une aponévrose , dont la partie inférieure passe en entier devant le muscle droit , mais dont la partie supérieure se divise en deux lames : la lame antérieure s’unit à l’aponévrose de l’oblique externe , pour passer avec elle au devant du muscle droit et pour concourir à la formation de la ligne blanche; la lame postérieure s’unit à l’aponévrose du muscle transverse, pour passer avec elle derrière le muscle droit et se terminer également dans la ligne blanche. Le bord inférieur de l’oblique interne se porte en avant depuis le tiers externe de l’arcade crurale ; ce bord, auquel est uni le bord inférieur du muscle transverse , se loge dans la gouttière que forme l’arcade crurale en se réfléchissant, et la convertit de cette manière en un canal appelé inguinal et que traverse le cordon spermatique. Quelques-unes des fibres du bord inférieur de l’oblique interne, au lieu de se porter directement en avant, se dirigent en bas à travers l’anneau inguinal externe , où elles sont entraînées par le testicule, qu’elles enveloppent, ainsi que son cordon , en formant sur eux des anses très-allongées, dontla concavité estdirigéeen haut, Ceprolon-
gement musculaire reçoit le nom de muscle crémaster.
3". Muscle tbansverse. Plan musculeux, dont les fibres sont dirigées horizontalement. Il provient en arrière d’une aponévrose qui résulte elle-même de l’union de plusieurs lames ; l’antérieure naît des apophyses transverses des vertèbres lombaires , en passant devant le muscle carré des lombes ; la lame moyenne s’attache aux mêmes apophyses transverses , mais en passant derrière le muscle earré des lombes , en sorte que celui-ci est renfermé dans une gaine aponévroiique ; la lame postérieure fournit en même temps l’aponévrose d’origine de l’oblique interne : elle provient des apophyses épineuses sacrées et lombaires , en enveloppant le corps commun du sacro-lombaire et du long dorsal. En haut le muscle transverse s’attache à la face interne des cartilages des sept côtes inférieures, en alternant avec des digitations du diaphragme ; en bas et en arrière il s’insère à la lèvre interne de l’os des îles et à la partie externe de l’arcade crurale; en avant le transverse forme une aponévrose dont la moitié supérieure s’unit à la lame postérieure de celle de l’oblique interne , pour passer derrière le muscle droit, et dont la moitié inférieure s’unit à la partie correspondante de l’aponévrose de l’oblique interne pour passer avec elle devant le muscle droit. Ces deux portions de l’aponévrose se terminent tout en avant dans la ligne blanche. Le bord inférieur du muscle transverse se confond avec celui de l’oblique interne , et concourt avec lui à la formation du crémaster.
4°. BIuscle droit. Longue bande musculeuse, située à la partie antérieure de l’abdomen et s’attachant de chaque côté en haut aux cartilages de la cinquième, sixième et septième côte et à l’appendice xyphoïde du sternum, et en bas à la partie horizontale du pubis. Les fibres de ce muscle sont dirigées verticalement. 11 est partagé dans sa longueur en plusieurs portions par des intersections tendineuses.
Le muscle droit est enveloppé par une forte gaine apo névrotique , qui est formée en avant par l’aponévrose de l’oblique externe et la lame antérieure de celle de l’oblique interne , et en arrière par la lame postérieure de l’aponévrose de l’oblique interne et par celle du muscle transverse : en arrière, cette gaine n’existe cependant qu’à la partie supérieure ; car nous avons vu que la moitié inférieure de l’aponévrose de l’oblique interne et du transverse se jetait en entier au devant du muscle droit , en sorte que la partie inférieure de ce muscle touche presque immédiatement le péritoine.
C’est de l’union et de l’entre-croisement des fibres de la portion tant antérieure que postérieure de la gaine aponévrotique que résulte la ligne blanche, à la formation de laquelle les trois muscles larges de l’abdomen concourent par conséquent,
3°. Muscle pyramidal. Petit muscle, dont le nom indique la forme ; il est situé de chaque côté à la partie interne du muscle droit ; sa base s’attache au pubis et son sommet s’insère à la ligne blanche ; il manque quelquefois , d’autres fois on en voit deux de chaque côté.
Usages des muscles du has-ventre. Ces muscles, attachés à la poitrine, au bassin et à la colonne vertébrale, servent à l’expiration en abaissant les côtes ; en diminuant la convexité du ventre , ils compriment
les viscères et agissent pendant le vomissement , la parturition , l’e-vpnlsion des matières féeales, et en général pendant tous les grand efforts; si ees muscles , et surtout les muscles droits , agissent plus fortement , ils contribuent à fléchir le tronc en avant. La contraction des muscles d’un seul côté , fait fléchir le corps latéralement.
Préparation. Oblique externe. Le cadavre étant couché sur le dos , et quelques morceaux de bois étant placés sous les reins , pour tendre les parois abdominales, incisez la peau sur la ligne médiane , depuis l’extrémité inférieure de sternum jusqu’au pubis , en faisant passer l’instrument à côté de l’ombilic; faites ensuite une deuxième incision transversale, qui de l’extrémité inférieure du sternum se dirige vers les côtés de la poitrine. Disséquez le lambeau cutané en bas et en dehors , en commençant par son angle supérieur ; ayez soin de ne ]ms entamer l’aponévrose brillante, qui se trouve à la jjartie nntérioure de l’abdomen ; enlevez soigneusement et en même temps que la peau le tissu cellulaire serré {fascia superficialis) qui recouvre la partie charnue du muscle; conservez le cordon spermatique ou le ligament rond , qui se trouve à la partie inférieure interne de l’aponévrose. Pour disséquer les attaches postérieures de ce muscle , ainsi que celles des muscles suivants, il faut coucher le cadavre sur le côté.
Oblique interne. Renversez le muscle oblique externe d’arrière en avant , en le détachant successivement de ses insertions aux côtes et à l’ilion , et laissez à sa surface postérieure tout le tissu cellulaire placé entre lui et le muscle sous-jacent ; ne continuez cette dissection que ju.squ’à ce que vous soyez arrivé à quatre travers de doigt environ de la ligne blanche , ou l’ aponévrose de l’oblique externe s’unit intimement à celle de l’oblique interne. Conservez intacte l’arcade crurale , que vous laisserez attachée à l’épine iliaque. Ein écartant simplement l’extrémité inférieure des deux muscles obliques, et en tirant sur le cordon spermatique , on voit distinctement comment le bord inférieur de l’oblique interne se réfléchit sur le cordon pour y former le muscle crémaster.
Transverse. Coupez l’oblique interne au commencement de sa partie charnue vers le dos , en ayant soin toutefois de ne pas intéresser le plan musculeux sous-jacent , que vous en distinguerez par la direction différente de ses fibres , par le tissu cellulaire et les vaisseaux qui sont placés entre eux : separez-le
des côtes et de l’os des îles et renversez le muscle en avant, en laissant le tissu cellulaire adhérer à sa face postérieure ; arrêtez-vous dans la dissection, quand vous trouverez son aponévrose unie à celle du muscle' transverse. Pour voir les trois feuillets aponévrotiques qui servent d’attache postérieure au transverse, on divise ce muscle vers le milieu de sa hauteur et suivant la direction de ses fibres, jusqu’à sa partie postérieure; on verra alors les lames aponévrotiques sur le profil de la section.
Muscle droit. Incisez l’aponévrose de l’oblique externe à un pouce en dehors de la ligne blanche,, depuis le creux de l’estomac jusqu’au pubis ; repliez-en les deux lambeaux , l’un en dehors , l’autre en dedans, en les séparant du muscle qu’ils recouvrent; disséquez cette membrane avec précaution , là où elle est très-adhérente aux intersections tendineuses du muscle droit, afin de ne point couper ces dernières en travers, hepijramidal, s’il existe, se trouve à la partie inférieure interne du muscle droit ; quelquefois il est enveloppé par une gaine particulière, qu’il faut fendre.
Ces muscles étant disséqués , il est facile de se rendre raison du mode de formation de la gaine du muscle droit. C’est surtout vers la partie supérieure de l’abdomen que l’on voit bien comment l’aponévrose de l’oblique interne se fend en deux lames; pour cela il suffit de couper en travers toutes les aponévroses à l’endroit de leur union en dehors du muscle droit, et d’observer leur disposition sur le profil de la coupe.
Pour examiner le ligament de Gimbernat, le fascia transversalis , Vanneau inguinal interne et le cancd inguinal, parties dont nous avons renvoyé la description à la sixième section , on divise en travers les muscles du bas-ventre à un pouce au-dessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure, et l’on coupe la ligne blanche verticalement, de manière à pouvoir abaisser vers la cuisse un lambeau triangulaire de ces muscles avec leurs aponévroses , mais en laissant soigneusement intact le péritoine , que l’on décolle seulement des muscles qu’il recouvre. Le fascia transversalis se trouvera tapisser la face postérieure du muscle transverse (ce qui se voit bien surtout sur des cadavres maigres). On observe l’entrée du cordon spermatique à l’endroit où les fibres du fascia sont plus multipliées pour former l’anneau inguinal interne; puis, en tiraillant le cordon, on voit son trajet se dessiner dans le canal.