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CHAPITRE XII

MUSCLES DE l’éPAÜLE.

l». Muscle deltoïde. Gros et triangulaire , formant le moignon de l’épaule , eomposé de plusieurs faisceaux juxta-posés , dont les moyens surtout ont une structure penniforme. Ce muscle vient du bord antérieur de la moitié externe de la clavicule, de l’acromion et de l’épine de l’omoplate; il descend en se rétrécissant , pour s’attacher dans l’étendue de plus d’un pouce vers le milieu de la face externe de l’humérus à la surface raboteuse qu’on y remarque. Le bord interne du deltoïde est en rapport avec le bord externe du grand pectoral ; entre eux se trouve la veine céphalique , et plus profondément le plexus brachial et l’artère axillaire. La face interne du deltoïde est garnie d’une capsule muqueuse trèsvaste , qui communique quelquefois avec l’articulation. Au lieu d’une seule capsule on en trouve souvent plusieurs petites , qui ont reçu de leur position les noms d'acromiale externe, d'acrofniale interne, de coracoïdienne et de coraco-hrachiale .

Usagesi II élève le bras en dehors ; la partie antérieure du deltoïde l’élève et le porte en même temps en avant , sa partie postérieure le tire en arrière.

S". Muscle SURÉPINEUX. Ce muscle, logé dans la fosse surépineuse , de laquelle il tire son origine , se porte transversalement sous l’articulation de la clavicule avec Tacromion , et , arrivé à la tête de l’humérus , il passe par-dessus la capsule articulaire, à laquelle il adhère, et s’insère à la facette supérieure de la grosse tubérosité de l’os du bras. Ce muscle est recouvert par une aponévrose dans laquelle plusieurs de ses fibres s’implantent.

Usages. Il porte l’extrémité supérieure de l’humérus en dehors et en arrière , et par là le bras est élevé en dehors et en avant.

3o. Muscle sous-épineux. Ce muscle triangulaire est recouvert par une aponévrose. Il naît de la fosse sous-épineuse et en partie de l’aponévrose , se dirige transversalement et un peu en haut , et se change en un tendon qui passe par-dessus la capsule articulaire de l’humérus , pour s’attacher à la deuxième facette de la grosse tubérosité de cet os.

Son principal usage est d’imprimer au bras un mouvement de rotation en dehors et en arrière ; en même temps il l’élève un peu.

4°. Muscle petit rond. Muscle arrondi , placé au bord inférieur du précédent, auquel il est uni en arrière; il naît du bord inférieur ou antérieur de l’omoplate , monte en se dirigeant en dehors , passe par-dessus la capsule articulaire et s’insère à la facette inférieure de la grosse tubérosité de l’humérus.

Ses usages sont les mêmes que ceux du sous-épineux.

5". Muscle grand rond. Epais et allongé , placé au-dessous du précédent muscle , dont il est séparé par le long chef du triceps. Il provient de l’angle inférieur et de la face postérieure de l’omoplate; de

là il se dirige en dehors et un peu en haut, se transforme en un tendon large et mince, et s’unit à celui du grand dorsal , et s’attache avec lui à la lèvre postérieure de la gouttière bicipitale. En parlant du grand dorsal , nous avons dit qu’il y a une capsule muqueuse entre son tendon et celui du grand rond ; on remarque encore deux autres capsules muqueuses ; la capsule externe du grand rond se trouve entre son tendon et l’humérus; la capsule interne du grand rond se trouve dans l’épaisseur même du tendon.

Usages. Le grand rond porte l’humérus en dedans et en arrière; si l’humérus est fixé , il porte l’angle inférieur de l’omoplate en dehors et l’élève un peu , ainsi que toute l’épaule.

6°. Muscle sous-scapulaire. Muscle triangulaire, placé sur la face antérieure de l’omoplate. Il naît dans toute la fosse sous-scapulaire , se porte en dehors en se rétrécissant et en se convertissant peu à peu en un tendon qui passe sur la capsule articulaire , et s’attache à la petite tubérosité de Thuraérus ; ce tendon semble enter dans l’articulation même , mais il reste réellement en dehors , car la synoviale se réfléchit sur lui en l’enveloppant de toute part. On trouve une capsule muqueuse entre le tendon et la capsule articulaire.

Usages. Il imprime au bras un mouvement de rotation en dedans , le rapproche du tronc et rabaisse quand il avait été élevé. Si le bras est fixé , il tire l’omoplate en dehors.

Préparation. Il est plus facile de disséquer les muscles de l’épaule quand l’extrémité supérieure est séparée du tronc; on scie donc la clavicule dans son milieu , et l’on divise les muscles de la poitrine et du dos , qui retiennent encore l’épaule , mais en conservant un bout en rapport avec la partie que l’on enlève.

On incise circulairement la peau du bras vers le milieu de sa hauteur , mais de manière à ne pas intéresser l’aponévrose brachiale, et l’on fait sur la partie antérieure du moignon de l’épaule une autre incision , qui vient se terminer dans la première. Puis, le muscle deltoïde étant tendu au moyen d’un billot placé sous le creux de l’aisselle, on dissèque la peau de dessus ce muscle , en suivant la direction de ses fibres. Uaponévrose qui le recouvre sera soigneusement enlevée ; mais , quand on sera arrivé aux limites de ce muscle, on la conservera sur ceux du bras. Le deltoïde étant composé d’une série de faisceaux musculeux , quelquefois entièrement isolés les uns des autres et entre lesquels de la graisse est interposée , il ne faut pas pénétrer trop profondément dans ces interstices , pour ne pas diviser ce muscle en entier. On laissera la veine céphalique en rapport avec le bord antérieur du deltoïde.

Les cajjsules muqueuses se voient dans le tissu cellulaire qui recouvre la face interne du muscle, que

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l’on détache en haut et que l’on abaisse vers le bras.

Dans la dissection du surépineux on ne doit enlever ra/joreérrosp qui le recouvre, qu’autant qu’on peut le faire sans diviser les fibres musculaires. L’aponévrose lui est surtout adhérente en arriére. Pour bien voir les rapports du tendon de ce muscle avec l’articulation , ou le détache de la fosse surépineuse et on le fait ressortir sous l’espèce de pont que forment au-dessus de lui la clavicule de l’acroinion, ce qui n’est pas difficile si l’on a d’abord enlevé avec les ciseaux tout le tissu cellulaire qui entoure le tendon. Si cependant on renonçait à la dissection des ligaments , il serait plus facile de découvrir le trajet du tendon, en divisant l’articulation de la clavicule avec l’acromion ; mais toujours faudrait-il finir par séparer le muscle de la fosse surépineuse pour le disséquer ensuite par-dessus la capsule articulaire.

Le sous-épineux sera disséqué d’une manière semblable; Vaponévrose qui le recouvre sera également laissée sur lui, là où elle est adhérente; on finit par couper le muscle en travers pour disséquer son tendon par-dessus l’articulation.

Il faut se garder de prendre le joetit rond pour une portion du sous-épineux, auquel il est intimement uni, surtout en arrière; mais en disséquant

UE L’A^ATÜM1STE.

plus près de l’articulation scapulo-huméralc , on trouvera toujours une ligne déprimée qui correspond à un interstice celluleu.x ou aponévrotique , qui sépare complètement ces deux muscles. D’ailleurs leur tendons sont distincts, en sorte qu’il est toujours facile de séparer ces muscles en disséquant de dehors en dedans, après avoir tourné l’humérus en dehors sur son axe, afin de relâcher les fibres musculaires. L’attache du petit rond ne se voit bien qu’en disséquant son tendon par-dessus l’articulation , après l’avoir coupé en travers.

La dissection du grand rond n’offre pas de difficulté; en séparant son tendon de celui du grand dorsal , après les avoir tirés en sens contraire , on trouve la capsule du grand dorsal. On cherche la capsule externe du grand rond sur sa face postérieure près de son attache à l’humérus ; la capsule interne ne peut être vue qu’après avoir fendu dans sa largeur le tendon, qui se divise en deux lames.

Le sous-scapulaire est facile à disséquer, dès qu’on a replié en arrière le lambeau du grand dentelé qui le recouvre ; les rapports de son tendon avec la capsule articulaire ne peuvent être bien étudiés qu’après avoir disséqué celle-ci et l’avoir ensuite ouverte. La capsule muqueuse du soMs-sco/ju/aiVe se voit quand on a disséqué son tendon par-dessus l’articulation.

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