II. Muscles postérteurs de l’avant-iiras
A. Couche superficielle.
Les muscles de la couche superficielle, à l’exception des deux premiers , naissent tous du condyle externe de l’humérus par un corps musculeux commun. Ils sont séparés par des intersections aponévrotiques qui leur adhèrent fortement.
1°. Muscle long supinateur. Situé au bord externe de l’avant-bras; il naît du tiers inférieur de la face externe de l’humérus et de la face antérieure du ligament intermusculaire externe, descend le long du radius et se termine à l’apophyse styloïde de cet os. Le bord interne de ce muscle est en rapport avec l’artère radiale.
Usages. Il fléchit l’avant-bras sur le bras. Si Tavant-bras se trouve dans la pronation , il le porte dans la supination ; quand, au contraire, le membre est dans la supination , ce muscle tend à le porter dans la pronation , si les autres muscles pronateurs viennent le soutenir dans son action.
2°. Muscle long (premier) radial externe. Situé au bord externe et à la foce postérieure de l’avantbras; il commence derrière le précédent muscle au condyle externe de l’humérus et au ligament intermusculaire externe , descend le long de la face postérieure du radius , se change en un tendon vers le milieu de l’avant-bras, traverse une gaine que lui fournit le ligament dorsal du carpe, et se termine à la base du deuxième os du métacarpe.
Usages. Il porte la main en arrière et en dehor.s . et contribue à la flexion de l’avant-bras.
3". Muscle court (second) radial externe. 11 est le plus e.xternc des muscles qui naissent par un corps commun du condyle externe de l’humérus ; il tire encore des fibres de la lame aponévrolique qui l’entoure. Ce muscle descend à côté et en dedans du long radial, et se transforme en un tendon qui passe avec lui par la même gaine du ligament dorsal du carpe et se termine enfin à la base du troisième os du métacarpe. Les tendons des muscles radiaux externes sont entourés par une gaine muqueuse.
Usages. Il dirige la main en arrière et en dehors.
4». Muscle extenseur commun des doigts. Il provient , à côté et en dedans du muscle précédent, du corps musculeux, inséré au condyle externe de Thumérus; en descendant il est renforcé par des fibres qui s’implantent dans l’aponévrose qui l’enveloppe , et vers le milieu de l’avant-bras , ou plus bas, il se divise en quatre portions qui deviennent peu à peu tendineuses. Ces tendons passent par une gaine fournie par le ligament dorsal du carpe , s’écartent sur le dos de la main , où ils sont unis par des bandelettes obliques, et se portent à chacun des quatre derniers doigts ; sur la première phalange ils s’unissent aux tendons des lorabricau.x et des interosseux; puis ils se divisent en trois portions . la moyenne passe sur la deuxième phalange et se ler-
NOUVEAU MANUEL DE L’ANATOailSTE.
mine à sa base, les deux portions latérales passent par-dessus la deuxième phalange et s’unissent de nouveau pour se terminer sur la troisième. Le plus souvent le tendon pour le cinquième doigt reste uni à celui pour le quatrième, et ne s’en détache que vers la tête des os du métacarpe, sous la forme d’une bandelette mince , mais assez large. Le muscle extenseur commun est enveloppé par une gaine muqueuse.
Usages. Il étend les quatre derniers doigts. La disposition des bandelettes qui unissent les tendons sur le dos de la main, fait qu’il est impossible d’étendre le quatrième doigt sans le troisième et le cinquième , et qu’il est assez difficile d’étendre le médius sans remuer un peu l’index, à moins que ces doigts ne soient fixés.
o°. Muscle extenseur propre do doigt auriculaire. Petit muscle qui nait en dedans du précédent, du corps musculeux commun; son tendon, enveloppé par une gaine muqueuse , traverse une gaine particulière du ligament dorsal du carpe et s’unit , par son bord externe, au tendon de l’extenseur commun, qui se dirige vers le petit doigt ; ils se terminent ensemble à la deuxième et à la troisième phalange, qu’ils étendent en se contractant. Ce muscle, au lieu de provenir du condyle externe de l’humérus, nait quelquefois du cubitus et du ligament interosseux ; mais cette disposition est loin de pouvoir être considérée comme normale , comme le pensent quelques auteurs. Le tendon du muscle est fréquemment divisé en deux cordons.
6". Muscle cubital externe ou postérieur. Situé au bord interne de la face postérieure de l’avantbras. Il provient du corps musculeux commun en dedans de l’extenseur propre de l’auriculaire, et descend en continuant à prendre des fibres de l’aponévrose d’enveloppe et du ligament interosseux; il se transforme en un tendon qui traverse une gaine formée en partie par la gouttière qui se trouve derrière l’apophyse styloide du cubitus, passe par une autre gaine, fournie par le ligament dorsal du carpe, et s’insère enfin à la base du cinquième os du métacarpe. Ce muscle est enveloppé par une gaine muqueuse.
Usages, il porte la main en arrière et en dehors.
7". Muscle anconb. Petit muscle triangulaire, placé obliquement à la partie toute supérieure et postérieure de l’avant-bras. 11 est le plus interne des muscles qui proviennent par un corps commun du condyle externe de l’humérus, et se dirige de là vers l’extrémité supérieure du cubitus , sur laquelle il s’épanouit. Le bord supérieur ou interne du muscle est confondu avec le triceps du bras.
Usages. Il étend l’avant-bras sur le bras.
B. Couche profonde.
8". Muscle court supinateur. Profondément situé à la partie supérieure , postérieure et externe de l’avant-bras. 11 commence au condyle externe de l’humérus, à l’extrémité postérieure du cubitus et aux ligaments qui les unissent; de là les fibres se dirigent obliquement en bas, contournent l’extrémité supérieure du radius, et se terminent sur la face
antérieure de cet os. Comme son nom l’indique, il porte l’avant-bras de la pronation dans la supination.
9“. Muscle long abducteur du pouce. Placé obliquement à la moitié inférieure de la face postérieure et du bord externe de l’avaut-bras. 11 commence audessous du court supinateur sur la face postérieure du radius, du cubitus et du ligament interossenx, forme un tendon qui se porte sur le bord externe du radius , en croisant la direction des muscles radiaux externes, passe par une gaine particulière du ligament dorsal du carpe , et se termine à la base du premier os du métacarpe. Le tendon se divise en deux vers le milieu de son trajet ; quelquefois cette séparation se fait très-haut , et alors un des tendons s’unit souvent à celui du petit abducteur du pouce. Le long abducteur du pouce est entouré par une gaine muqueuse , qui lui est eommune avec le petit extenseur du pouce.
Usages. Il porte l’os métacarpien du pouce en dehors.
lO". Muscle petit extenseur du pouce. Petit muscle, placé obliquement à la face postérieure et au bord externe de l’extrémité inférieure de l’avantbras. 11 nait à coté et au-dessous du précédent muscle, du radius, du ligament interosseux et un peu du cubitus. Son tendon accompagne celui du long abducteur du pouce , passe avec lui par la gaine du ligament dorsal du carpe (quelquefois cependant il passe par une gaine particulière), et se porte sur la première phalange du pouce, à laquelle il se termine; quelquefois il parvient jusqu’à la dernière phalange.
Usages. 11 étend la première phalange du ponce, et même sa dernière phalange , s’il parvient jusqu’à elle.
11". Muscle long extenseur du pouce. Placé à côté du précédent, sur la face postérieure de l’avantbras. Il commence au tiers supérieur de la face postérieure du cubitus et du ligament interosseux, se transforme en un tendon entouré par une gaine muqueu.se, et qui passe obliquement en dehors par une gaine du ligament dorsal du carpe, en croisant la direction des tendons des muscles radiaux ; il s’unit souvent au tendon du petit extenseur , et se fixe enfin à la base de la dernière phalange du pouce. Quelquefois le tendon de ce muscle est divisé en deux.
Usages. Il étend le pouce et spécialement la deuxième phalange.
12". Muscle extenseur de l’index. Petit muscle , commençant au-dessous du précédent à la face postérieure de l’extrémité inférieure du cubitus et du ligament interosseux; il se convertit en un tendon qui passe sous le ligament dorsal du carpe, en traversant la même gaine fibreuse que l’extenseur commun , se place vers le bord externe du tendon de ce muscle qui se porte à l’index , s’unit à lui quand il est arrivé à la première phalange et se termine à la deuxième. Le tendon de ce muscle est entouré par une gaine muqueuse.
Usages. 11 étend le doigt indicateur.
Préparation. Pour sc faciliter la préparation . on
GO
peut couper le bras un peu au-dessous du milieu de sa longueur , mais pas plus bas , parce cpUil y a des muscles de l’avant-bras qui s’insèrent au tiers inférieur de l’humérus.
11 convient avant tout de préparer \' aponévrose antibrachiale avec les liyaments dorsal et palmaire du carpe et Vaponévrose palmaire. A cet effet, prali- (juez le long de la face antérieure de l’avant-bras et lie la main une incision qui se termine à la base du doigt médius; faites une seconde incision transversale dans la direction des commissures des doigts , disséquez les lambeaux de la peau , l’un en dehors , l’autre en dedans , et continuez à enlever la peau de même sur la face dorsale de l’avant-bras et de la main , en ménageant avec soin l’aponévrose. Quand on en sera arrivé à détacher la peau qui recouvre la partie interne de la face palmaire de la main, il faut y conduire le scalpel très-superliciellement, pour ne pas enlever le muscle palmaire cutané, dont les fibres pâles sont plongées dans la graisse; on le laisse attaché à l’aponévrose palmaire et couché sur l’aponévrose qui recouvre les muscles du petit doigt. U’est également par une dissection superficielle de la peau que Ton procédera à la recherche du muscle palmaire cutané externe.
Après avoir examiné la disposition extérieure des aponévroses , et avant de les inciser , on va à la recherche des gaines muqueuses des muscles de l’avantbras , qui sont situées au-dessous de l’aponévrose ; à cet effet on fait à l’aponévrose et aux gaines de petites ouvertures vers la partie inférieure de l’avant-bras , et l’on y introduit des soies de porc ou bien on y souffle de l’air avec un syphon ; par ce dernier moyen on distend la gaine et l’on en voit tout le trajet. Ces petites ouvertures doivent pénétrer jusque sur les tendons des muscles, pour qu’on soit bien sur d’en avoir incisé les gaines. On trouve des gaines muqueuses pour la face antérieure de l’avant-bras, aux muscles cubited interne , jialmaire grêle, fléchisseur superficiel et radial interne. Les muscles de la couehe profonde ont aussi des gaines muqueuses, qu’il faut voir avant d’avoir disséqué les muscles superficiels et dès que l’aponévrose de l’avant-bras est incisée; alors, en recherchant le tendon du fléchisseur profond et du long fléchisseur du, pouce, on fait sur leurs gaines une petite ouverture vers la partie inférieure de l’avant-bras et l’on y introduit l’air comme nous l’avons indiqué. .V la face postérieure de l’avant-bras on trouve des gaines muqueuses pour le long abducteur et le petit extenseur du pouce, le long extenseur du qoouce , les deux radiaux externes , Vextenseur commun des doigts, Yexteiiseur de l’auriculaire et de l’index , et pour le cubital externe.
Pour disséquer les muscles de la couche superficielle de la face antérieure de l’avant-bras, on sépare leurs tendons en incisant l’aponévrose de lias en haut, ce qui est plus facile que de haut eu bas, parce que les tendons des muscles sont distincts .à la partie inférieure de l’avant-bras , tandis que leurs corps sont confondus à la partie supérieure. Dans la séparation de ces muscles de bas en haut , on écarte toujours fortement deux muscles l’un de l’autre avec la main gauche, et l’on suit alors exactement avec le scalpel l’interstice celluleux ou fibreux que Ton remarque. Il faut avoir soin de laisser une portion de l’aponévrose sur la partie supérieure de chaque muscle, fasit qu’elle lui est ad-
hérente, sans cela les muscles auraient un aspect haché, parce qu’une partie de leurs fibres tirent leur origine de cette aponévrose même , et seraient par conséquent coupées en travers. On sépare les muscles jusqu’à ce qu’on soit arrivé au corps commun dont ils prennent leur origine.
Pendant cette préparation on aura pu voir comment l’aponévrose aniibrachiale envoie dans la profondeur, entre les muscles , des lames secondaires , qui les retiennent en position.
On incise le ligament palmaire du carpe et Ton détache l’aponévrose palmaire en dehors et en bas , en la réclinant vers le bord cubital de la main, et en la laissant attachée aux muscles palmaire grêle et palmaire cutané. Cette dissection met à découvert le ligament propre du carpe. On trouve alors sous Taponévrose palmaire les divisions du nerf médian , qu’il faut enlever; mais il faut se garder de confondre ces nerfs avec les tendons des muscles lombricaux , qui suivent la même direction et que Ton en distinguera par leur éclat nacré. C’est pendant que Ton détache l’aponévrose palmaire, et avant que d’avoir coupé ses quatre prolongements digitaux , que Ton voit , en disséquant entre ces derniers et la main , comment chacun d’eux se sous-divise en deux languettes, entre lesquelles passent les tendons fléchisseurs.
Pour ne pas détruire le rapport des tendons , il faut conserver des gaines llljreuses qu’ils traversent, une portion large d’un travers de doigt environ. On conservera également le ligament propre du carpe.
Dans la préparation du cubital interne , on ne le séparera pas du cubitus dans toute sa longueur , attendu qu’il lui est attaché dans les deux tiers supérieurs au moyen de l’aponévrose qui le recouvre.
Avant de mettre à découvert l’extrémité des tendons des fléchisseurs sublime et profond des doigts , il faut étudier les liens ligamenteux qui les retiennent en plaee ; pour cela on incise la peau le long du milieu de la face palmaire des doigts, et Ton en dissèque les lambeaux de chaque côté ; on ne tarde pas alors à voir les bandes ligamenteuses qui recouvrent les tendons : on les prépare en disséquant suivant la direction de leurs fibres, et Ton finit par les travailler à jour, en passant le scalpel au-dessous d’eux. De cette manière on trouve les ligaments annulaii’es , vaginaux, croisés et obliques. Après avoir étudié ces gaines, on les fend le long du doigt, et Ton voit ensuite la disposition des tendons fléchisseurs. Dans le creux de la main et au poignet, les tendons de ces muscles sont entourés d’une gaine muqueuse, que Ton enlève successivement avec les ciseaux, ayant soin de ne pas couper les muscles lombricaux ou leurs tendons.
On ne prépare, pour le moment du moins, le tendon du radial interne que jusqu’à son entrée dans la gaine aponévrotique; son insertion sera étudiée en préparant les ligaments de la main , qui seraient sans cela coupés.
Après avoir étudié les muscles superficiels , on examine l’insertion des tendons du biceps et du brachial interne avec leurs capsules, si Ton n’a pas déjà fait cette dissection.
Pour parvenir à la couche profonde des muscles antérieurs de Tavant-bras , il suffit de lever eT d’écarter ceux de la couche superficielle, sans en rien couper.
Quant aux muscles postérieurs de l’avant-bras, on les dissèque comme ceux de la face antérieure. On a quelquefois de la peine à trouver Vextenseur jiropre de l’auriculaire , parce qu’il naît conjointement avec l’extenseur commun des doigts; il s’en distingue par son tendon propre , qui passe par une gaine particulière sous le ligament dor.sal du carpe.
L’anconé est un petit muscle placé tout en dehors entre l’humérus et le cubitus; pour bien le voir, il faut séparer l’aponévrose de l’avant-bras , qui du triceps se jette sur lui.
Pour voir le court supinateur , qui est placé trèsprofondément, il suffit de séparer l’extenseur commun des doigts et l’extenseur de l’auriculaire , jusqu’au condyle externe de l’humérus , sans en rien couper; on trouve ensuite le muscle en tirant ceu.xci de côté.
Les muscles qui se rendent au pouce sont au nom-
bre de trois : Vahducteur et le extenseur du
pouce marchent ensemble; on les trouve placés obliquement au bord externe de l’avant-bras et du poignet ; on les distingue en ee que l’abducteur se termine à l’os du métacarpe , tandis que le petit extenseur va jusqu’à la première phalange. Le long extenseur se distingue facilement des autres en ce qu’il est placé à la face postérieure de la main et du poignet. Du reste ees muscles, et surtout les extenseurs, sont souvent divisés en deux portions, qu’il faut se garder de prendre pour autant de muscles différents.
L’extenseur do l’index se reconnaît, enfin, en ce qu’il nait par un corps musculeux séparé de celui de l’extenseur commun , quoique passant avec lui par la même gaine fibreuse , et quoique son tendon soit souvent uni au tendon correspondant de l’extenseur eommun.