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CHAPITRE IV

OREILLE, ORGANE DE l’aUDITION (2).

Art. Oreille externe.

I». Pavillon de l’oreille. Il est formé par une lame cartilagineuse mince, pliée de diverses manières, tapissée par un périchondre fibreux et trèsadhérent, et recouverte par la peau, qui y devient très-mince et .se moule sur tous les contours. Sa forme est en général ovalaire ; la majeure partie du rebord du pavillon fait une saillie qui se recourbe

(1) Si l’on veut étudier toute la splanclinologie sur un seul cadavre, il ne faut passer à l’étude du nei, et surtout à celle des fosses nasales, qu’apres avoir disséqué la langue, le voile du palais et le pharynx.

(2) J. Fr. Cassfrüiim, 2’ractatus IV. de aure humana, in-4« , Halle, 1734, avec fig. — Tract. V et 7 /; ihid., 1735.

U. CoTiTKNi, de aquœdxiClihx^s aur/s humanai infer/irc, în-3®. Vienne, 1774, avec fig.

en dehors et qu’on appelle hélix. Cette éminence occupe les deux tiers du bord postérieur, tout le bord supérieur et le milieu du bord antérieur du pavillon; là elle se dirige en bas et en arrière pour se terminer au centre de la conque. XYunthélix est une saillie concentrique à l’hélix; il commence, par une bifurcation , derrière la portion antérieure de l’hélix , descend le long du bord postérieur de la conque, et se porte enfin en avant, pour se fermi-

A, ScARPA, Artatom. disquisit, de uuditu et olfactu. Padoue, 1789, în-fol., avec üg.

S. Tii. SotwMBni.’^G , Abbilditngen des menschï. Jlœrorgans, Francf., 1806, in-fol.

(». Brfschet , Etudes anatomiques cl physiologîijues sur l’organe de l’oiMC et sur l’audition, etc. Paris, 1833, in-4'’ avec fig. — Et Annales des sciences naturelles, 1833.

lOG

nei‘ au-dessus du lobule , en formant un tubercule dirigé en avant et en haut , qui porte le nom d’a^ititragiis. Au-dessus de l’extrémité antérieure de l’hélix on trouve le tragus , éminence arrondie, située vis-à-vis l’anlitragus, mais un peu plus haut que lui; il forme une espèce de valvule au devant du conduit auditif.

L’extrémité inférieure du pavillon forme le lobule; il est mollasse et ne renferme pas de cartilage dans son intérieur.

Au devant du bord concave de l’anthélix on voit un enfoncement considérable , appelé la conque, qui est divisée en deux par la continuation de l’hélix , et à l’extrémité antérieure de laquelle se trouve l’orifice du conduit auditif externe. Entre l’hélix et l’anthélix il y a un sillon appelé le sillon de l’hélix ; enfin , la dépression comprise entre la bifurcation des branches de l’anthélix reçoit le nom de fosse naviculairc.

2". Musclks de l’oreille. Les uns , extrinsèques , meuvent le pavillon en totalité; les autres, intrinsèques, sont destinés à en mouvoir les différentes parties. Ceux de la première espèce sont ;

1) Le muscle supérieur de l'oreille ; large mince et triangulaire. Il commence sur l’aponévrose du muscle temporal, et descend, en se rétrécissant, pour s’insérer à la face interne du pavillon , au point qui correspond à la bifurcation de l’anthélix. Il relève le pavillon.

2) Le muscle antérieur de l’oreille; beaucoup plus petit. Il commence à l’aponévrose temporale, près de l’arcade zygomatique , et se porte transversalement en arrière , pour s’insérer à la face interne de l’extrémité antérieure de l’hélix. Il tire le pavillon en avant.

3) Le muscle jiostéricur ; ordinairement séparé en deux faisceaux arrondis. 11 commence à l’aponévrose d’origine du muscle slerno-cléido-masloidien, se porte en avant et un peu en bas, et s’insère à la face interne ou postérieure de la conque. Il tire le pavillon en arrière.

Les muscles intrinsèques (voyez PI. II, fig. 1) sont; 1 ) le grand muscle de l’hélix; très -grêle, long d’un demi-pouce. Il est situé sur la partie convexe de l’extrémité antérieure de l’hélix.

2) Le petit muscle de l’hélix; extrêmement petit. Il est placé sur la face externe de l’hélix , derrière le précédent et un peu plus bas.

3) Le muscle du tragus; assez épais, de forme quadrilatérale. Il est situé sur la face externe du tragus.

4) Le muscles de l’antilragus; grêle , long de quatre lignes environ , se dirigeant de la face externe de l’antitragus à la face externe de l’anthélix.

5) Le muscle transversal de l’oreille; situé sur la face postérieure du pavillon de l’oreille , et se composant d’une série de fibres transversales , qui se dirigent de la saillie dorsale qui correspond à la conque , vers celle qui correspond à la fosse naviculaire.

3”. Conduit auditif. Il est dirigé de dehors en dedans et d’arrière en avant, en décrivant un léger arc du cercle à concavité inférieure. Il est elliptique de haut en bas et d’avant en arrière; sa longueur est d’environ dix-huit lignes. En dehors il se continue avec la partie antérieure de la conque et avec le tra-

gus; en dedans il est borné par la membrane <lu tympan. La moitié externe du conduit auditif est cartilagineuse; les cartilages sont fournis en partie par une continuation de Ta conque et du tragus , et ils sont complétés par deux ou trois plaques accessoires distinctes. Ces cartilages laissent entre eux de petites fentes nommés incisures de Saniorini , et ils sont unis entre eux' par une substance fibreuse. Une membrane semblable unit la portion cargilagineuse du conduit au rebord inégal de la portion osseuse, qui est interne, et pratiquée dans le temporal.

L’ensemble du conduit auditif, tant cartilagineux qu’osseux , est recouvert par une continuation de la peau du pavillon, qui devient plus fine à mesure qu’elle s’avance dans le canal , de manière à tenir le milieu entre la peau extérieure et les membranes muqueuses ; elle se termine en cul-de-sac dans le fond du conduit, où elle tapisse la membrane du tympan. L’ouverture du canal auditif est garnie de poils. La face interne de la peau qui le tapisse est doublée d’une bande circulaire de glandes sébacées, large de quelques lignes; ce sont elles qui sécrètent l’humeur jaunâtre et amère , appelée cérumen.

Préparation. On commence par la dissection des muscles extrinsèques. — Muscle supérieur : enlevez' la peau des tempes aussi superficiellement que possible, pour ne pas entamer le plan musculaire situé en dehors de l’aponévrose temporale, et disséquez-la vers le pavillon de l’oreille, que l’on tire un peu en bas. Ce muscle et souvent presque aussi large que le muscle temporal; mais beaucoup plus mince. Quelquefois on peut faire saillir sous la peau la portion du muscle qui s’insère au pavillon , quand on abaisse fortement ce dernier. Muscle antérieur ; on enlève superficiellement la peau qui recouvre le bord supérieur de l’arcade zygomatique, et on la dissèque vers l’oreille , en tirant peu à peu en arrière le bord antérieur du pavillon. Muscle postérieur ; on peut toujours reconnaître le trajet de ce muscle avant de le disséquer , si l’on renverse fortement le pavillon en avant ; il se trouve dans le pli saillant qui se remarque vers le tiers inférieur du pavillon. Dès que la peau est enlevée, le muscle parait.

Les muscles intrinsèques et le cartilage du pavillon seront préparés en même temps ; à cet effet , en enlevant la peau de dessus le pavillon , ou aura soin d’en détacher une couche bien mince sur le bord antérieur de l’hélix et à l’union de l’anthélix avec l’antitragus , où les mu.scles sont extrêmement petits, et souvent à peine appréciables. Le muscle du tragus est plus fort et on le manque difficilement. En enlevant la peau de dessus la partie postérieure du pavillon , on y ménagera les fibres transversales qui s’y trouvent. Comme la peau est assez adhérente aux cartilages , il faut, autant que possible , l’en séparer en un seul lambeau; la préparation serait plus difficile, en l’emportant seulement par parcelles. Quand on aura détaché la peau du pavillon jusqu’à la conque , on pourra s’arrêter sans couper le lambeau , afin de voir plus tard comment cette peau se comporte dans le conduit auditif.

Pour bien voir la direction du conduit auditif, on commence par isoler le conduit cartilagineux des parties voisines, et l’on remarquera en même temps les diverses pièces qui le forment, ainsi que les incisures qui séparent ces dernières; le conduit restera

adhérent au rebord osseux du temporal ; puis, après avoir emporté la portion écailleuse de cet os , on enlève la paroi supérieure du canal osseux au moyen du ciseau; mais il faut avoir soin de ne pas laisser pénétrer cet instrument trop profondément, sans quoi le prolongement cutané qui tapisse le canal serait déchiré; il le serait de même , si l’on n’usait de précaution en enlevant peu à peu les esquilles osseuses détachées. On laisse intacte la paroi supérieure de l’extrémité tout interne du canal, qui entoure la membrane du tympan , sans quoi celle dernière serait endommagée. Si maintenant on souffle de l’air par l’orifice externe du conduit auditif, pour rendre au prolongement interne de la peau sa forme primitive dans tout son trajet le long du canal osseux , on aperçoit très-bien la direction arquée du conduit. Pour voir l’intérieur du canal , on fend en long la membrane et le conduit cartilagineux. On pourra peut-être , si l’oreille n’est plus fraîche , retirer du fond du conduit auditif, le cul-de-sac que forme l’épiderme , et observer aussi vers l’orifice , comment «1 se continue avec celui du pavillon. En pratiquant sur le conduit auditif une coupe en travers , on remarque sur le profil de la coupe la couche des ÿloades sébacées, cérumineuses , qui entourent la peau vers le commencement du conduit. Après avoir étudié la forme et la direction du canal, on peut enlever la portion cartilagineuse , et séparer sur cette pièce quelques-unes des plaques qui recouvrent en dehors la peau qui revêt le conduit, pour voir dans son ensemble le cercle glandulaire.

On démontre mieux encore la continuation de la peau dans l’intérieur du conduit auditif et le cul-desac par lequel elle se termine, en soumettant à la macération une oreille encore unie au temporal; alors , après avoir détaché la peau du pavillon et de la conque , et en tirant doucement à soi celle qui s’enfonce dans le conduit, on peut ordinairement l’en faire sortir intacte.

Un bon moyen, enfin, d’étudier exactement la forme du conduit auditif, c’est d’en prendre l’empreinte avec de la cire ou du plâtre.

AitT. 2. Tympan ou oreille moye?ine.

1°. Cavité ou caisse bu tympan. Cavité irrégulièrement allongée, creusée dans la partie antérieure de la base du rocher , et dirigée obliquement en bas , en avant et en dedans, paroi supérieure offre peu d’intérêt. La paroi inférieure présente à sa partie antérieure la fente de Glaser , qui est traversée par le tendon du muscle antérieur du marteau et par la corde du tympan. La paroi externe est en grande partie formée par la membrane du tympan. Paroi interne : 1° on y distingue la fenêtre ovale, ouverture irrégulièrement ovalaire , occupée , dans l’état frais , par la base de l’étrier et faisant communiquer la caisse du tympan avec le vestibule; 2° au-dessus et derrière celte ouverture se remarque une saillie allongée, dirigée d’avant en arrière, formée par l’aqueduc de FaXlope; 3" au-dessous de la fenêtre ovale on voit le promontoire , saillie se terminant en pointe en arrière , et formée par la rampe externe du limaçon et par une partie du vestibule; 4» la fenêtre ronde , petite ouverture dirigée en arrière , placée au fond d’une cavité irrégulièrement triangulaire, se remarque au-dessous de la partie postérieure du promontoire; cette fenêtre ronde est fermée, à l’état

frais par une membrane mince {lympanum secundarium) , et aboutit à la rampe interne dn limaçon ; 5° derrière l’extrémité postérieure et pointue du promontoire on remarque une petite éminence appelée pnjramide; elle est percée à son sommet d’une ouverture qui livre passage au tendon du muscle de l’étrier.

L'extrémité antérieure de la caisse du tympan présente deux ouvertures , dont l’inférieure livre passage à la trompe d’Eustache , et la supérieure au muscle interne du marteau. Ces deux ouvertures sont séparées par une lame osseuse, saillante et recourbée, appelée bec de cuiller. L'extrémité ÿjostérieure de la caisse du tympan se continue en haut avec les cellules mastoïdiennes , petites cavités nombreuses et irrégulières, communiquant les unes avec les autres , et occupant tout l’intérieur de l’apophyse mastoïde; elles semblent destinées à agrandir la cavité du tympan.

Tout l’intérieur de la cavité du tympan est tapissé, à l’état frais , par une membrane muqueuse très-fine, qui se continue avec celle du pharynx en passant par la trompe d’Eustache.

2». Membrane du tympan. Mince, fibreuse, presque circulaire, concave du côté du conduit auditif, et convexe dans le sens opposé, dirigée obliquement en bas et en dedans; elle forme en dehors l’extrémité interne et (à raison de sa position oblique) une partie de la paroi supérieure du conduit auditif; en dedans elle forme la majeure partie de la paroi externe de la caisse du tympan. Elle est enchâssée circulairement dans une rainure formée par l’extrémité interne du conduit auditif ; dans le fœtus cette portion est remplacée par un anneau osseux séparé. La face externe de la membrane du tympan est recouverte par le prolongement cutané qui revêt le conduit auditif; sa face interne l’est par la muqueuse qui tapisse la cavité du tympan , en sorte qu’elle se compose de trois lames. Le manche du marteau est enchâssé entre la lame moyenne et l’interne. Quant au trou qu’on a vu au centre de la membrane du tympan , il n’existe pas dans l’état naturel.

La membrane du tympan, par ses vibrations, transmet les sons qui viennent la frapper, à l’oreille interne, soit en communiquant ses vibrations à l’air que renferme la caisse, soit par l’intermédiaire de la chaîne des osselets de l’ouïe, dont le dernier appuie sur la fenêtre ovale.

3°. Osselets de l’ouïe (Planche III, fig. 1 ). \ ) Marteau; placé sur la face interne de la membrane du tympan. Son extrémité supérieure , arrondie , porte le nom de tête ; elle s’articule en arrière avec l’enclume. Au-dessous de la tête , l’os se rétrécit pour former le col, qui donne naissance en avant à l’apophyse (jrêle ou de Paiv ; cette apophyse se termine près de la partie antérieure de la rainure qui reçoit la membrane du tympan , par une extrémité aplatie à laquelle s’attache le tendon du muscle antérieur du marteau. Au-dessous de son col. l’os redevient plus épais, et porte le nom de manche; celle partie se termine en pointe, et adhère à la face interne de la membrane du tympan. Dès son origine le manche donne naissance, par sa face externe, à une apophyse courte et plus épaisse , qui donne attache au muscle externe du marteau.

2) Enclume-, on le divise en un corps et deux

branches : le corps offre une poulie qui s’articule avec la tête du marteau j une des branches est courte et épaisse; elle se dirige horizontalement vers les cellules mastoïdiennes, où elle est retenue par des fibres ligamenteuses ; l’autre est longue , grêle , recourbée; elle se dirige en bas , pour s’articuler avec l’os lenticulaire.

3) Os lenticulaire; extrêmement petit; son nom indique à peu près sa forme; il s'articule avec la longue branche de l’enclume et la tête de l’étrier. II se soude souvent à l’enclume , en sorte qu’on a été jusqu’à penser dans ces derniers temps qu’il n’est qu’une apophyse de ce dernier os.

4) jE'tner ; cet os en a assez bien la forme ; on le divise en tête, en branches et en base. La tête , dirigée en dehors, s’articule avec l’os lenticulaire ; elle est placée sur un col ayant la même largeur que la tête, mais rétréci de haut en bas par suite de la présence d’une fossette qui est placée à sa face supérieure et dans laquelle s’implante le muscle de l’étrier. Des deux branches , l’antérieure est moins courbe que la postérieure. La base, dirigée en dedans et un peu en haut , est appliquée contre la fenêtre ovale.

Les osselets sont unis entre eux par des ligaments, et recouverts par une continuation de la membrane muqueuse du tympan , qui leur sert de périoste.

4°. Muscles des osselets de l’ouïe (Planche II , fig. 2 , 3, 4). 1 ) Muscle interne du marteau ou tenseur de la membrane du tympan ; mince et allongé. II naît de la paroi supérieure de la trompe d’Eustache , se dirige en arrière le long de la paroi supérieure du tympan . et forme un tendon qui , après s’être réfléchi en dehors sur l’extrémité du bec de cuiller , comme sur une poulie , s’insère à la partie inférieure du col du marteau.

2) Muscle antérieur du marteau ou grand relâcheur de la. membrane du tympan ; plus petit que le précédent. Il naît de l’apophyse épineuse du sphénoïde , et se convertit en un tendon grêle , qui , après avoir traversé la fente de Glaser, s’insère à l’extrémité de l’apophyse grêle du marteau.

3) Muscle externe du marteau ou petit relâcheur de la membrane du tympan; très-petit, et n’existant même pas toujours. Il nait du bord supérieur du conduit auditif, et se porte de là en dedans et en avant , pour s’insérer à la courte apophyse du marteau.

4) Muscle de l’étrier. Ce petit muscle nait dans l’aqueduc de Fallope ; son corps est renfermé dans la cavité de la pyramide , et son tendon en sort par la petite ouverture que l’on remarque à son sommet , pour s’insérer dans la fossette que l’on remarque au col de l’étrier. Il semble presser l’extrémité externe de la base de l’étrier contre le fenêtre ovale.

Les osselets de l’ouïe ont pour usage de transmettre au labyrinthe les vibrations de la membrane du tyrnpan. La disposition anguleuse de cette chaîne d’osselets permet aux muscles qui les meuvent d’augmenter ou de diminuer la tension de la membrane tympanique, selon que les sons perçus ont plus ou moins d’intensité , sans que pour cela les rapports de la base de l’étrier avec la fenêtre ovale soient changés.

5“. Trompe d’Eustaciie. Canal long de deux pouces environ , commençant par une extrémité étroite à la partie antérieure du tambour, au-dessous du

bec de cuiller et du muscle interne du marteau , et se dirigeant de là en avant, en dedans et en bas, pour se terminer par une extrémité évasée dans la partie supérieure du pharynx, derrière les narines postérieures et à leur côté externe. Cette extrémité évasée porte le nom de pavillon de la trompe. Le conduit d’Eustache se compose d’une portion osseuse postérieure , plus petite , creusée dans le rocher du temporal , et d’une portion antérieure fibro-cartilagineuse plus longue; son intérieur est revêtu par une continuation de la membrane muqueuse du pharynx ; cette même tunique, extrêmement mince, vient tapisser aussi l’intérieur de la caisse du tympan.

La trompe d’Eustache sert à établir une communication entre l’air contenu dans la eaisse du tympan et l’air ambiant.

Préparation. On commence par étudier la disposition de la cavité du tympan sur un temporal desséché ; pour cela on l’ouvre par ses faces supérieure et externe , en enfonçant avec le ciseau la partie de la face antérieure du rocher qui avoisine*la portion écailleuse du temporal ; dès que l’instrument aura ouvert une partie de cette cavité, on en enlèvera peu à peu la paroi supérieure; en avant, cependant, on la ménagera, pour ouvrir plutôt la paroi externe ; puis on enlève la majeure partie de la portion écailleuse du temporal au moyen de deux traits de scie, dont l’un, vertical, aboutira à la paroi postérieure du conduit auditif, et dont l’autre commence immédiatement en dehors de l’orifice du canal qui loge la trompe d’Eustache , en se terminant à la paroi inférieure du conduit auditif. Les parties de la caisse du tympan qui ne seraient pas encore bien ouvertes, le seront plus tard, au moyen du ciseau.

On peut obtenir plus facilement une coupe analogue au moyen d’un trait de scie pratiqué sur la face antérieure du rocher , et dirigé d’avant en arrière , depuis le tiers externe de l’orifice du canal qui loge la trompe d’Eustache, jusqu’à l’angle rentrant de l’échancrure pariétale du temporal. Cette coupe doit être conduite de manière à emporter avec la portion écailleuse du temporal, la paroi antérieure du conduit auditif , et la partie supérieure externe de l’apophyse mastoïde.

Enfin , on verrait déjà une grande portion de la caisse du tympan , si l’on se bornait à enlever la paroi antérieure et inférieure du conduit auditif, en cassant la cavité glénoïde du temporal.

Les éminences et les enfoncements que nous avons décrits dans la caisse du tympan , s’y découvrent facilement, à l’exception de la fenêtre ronde; afin de voir celle-ci sous l’extrémité postérieure et inférieure du promontoire, il faut regarder d’arrière en avant, autant que le permet la saillie de la paroi postérieure du conduit auditif. Mais ce qu’il y a de mieux à faire pour voir cette ouverture, dans le cas où l’on veut sacrifier un temporal , c’est de séparer la. partie antérieure du rocher de sa partie postérieure, au moyen d’une coupe verticale et antéro-postérieure, pratiquée immédiatement au devant de la pyramide. Il est clair que , pour se diriger dans cette coupe , il faut que le tympan soit d’abord ouvert par sa paroi supérieure.

ün se forme une idée de la disposition des cellules mastoïdiennes, soit en divisant l’apophyse mastoïde dans son milieu par un trait de scie vertical, soit en emportant avec la râpe ou avec le couleau-rugine

toute la lame externe de l’apophyse, de manière à en voir l’intérieur, qui est tout à fait celluleux.

Membrane du tympan. On a déjà pu la voir par sa face externe dans la préparation du conduit auditif ; on la voit même sans préparation au fond de ce conduit, en tirant l’oreille en haut, de manière à redresser ce dernier , ce qui est d’autant plus facile, que l’individu est moins avancé en âge, en sorte que sur les fœtus celte membrane se trouve entièrement à découvert, dès qu’on a enlevé le pavillon de l’oreille avec le conduit cartilagineux. La face interne de la membrane se voit quand la paroi supérieure de la caisse du tympan est enlevée , en prenant toutefois garde, au cas que la même pièce dût servir à la préparation des muscles, de ne pas enlever en même temps le muscle interne du marteau , qui longe cette paroi supérieure. On aperçoit mieux encore la membrane , tout en conservant les rapports des osselets de l’ouïe, si , après avoir enlevé la paroi supérieure du tympan, on emporte la paroi interne de cette cavité ( et par conséquent l'extrémité antérieure du rocher) , en ne conservant en arrière que la fenêtre ovale en une très-petite portion du promontoire qui la limite en bas et en avant. Cette préparation doit être faite en grande partie avec le ciseau , et exige beaucoup de précaution.

Osselets. Par la précédente préparation on peut voir toute la chaine des osselets ; mais on fera bien de les étudier d’abord séparément. Il est toujours facile de se procurer de ces osselets, parce que toute la préparation se réduit à enfoncer la paroi supérieure de la caisse du tympan ; mais dans les laboratoires d’anatomie on peut encore s’en procurer plus facilement et en grand nombre , si l’on a soin de les rechercher au fond des cuves dans lesquelles on a fait macérer des têtes de squelette. Quelquefois cependant l’étrier reste adhérent à la fenêtre ovale , et j’en ai déjà souvent trouvé de fort beaux , qu’il était facile d’extraire du conduit auditif, en les saisissant avec des pinces fines ou avec un petit crochet. L’apophyse de Raw du marteau étant très-fragile , il faut user de beaucoup de précautions dans l’extraction de cet osselet, que l’on n’obtient jamais entier que suides têtes bien macérées.

Muscle interne du marteau. On le voit dès qu’on a enfoncé la paroi supérieure du tympan ; puis on le suit en avant, en brisant avec précaution la lame osseuse qui le recouvre avant son entrée dans la caisse du tympan.

L’extrémité tympanique du muscle antérieur se voit par la même préparation , au devant et en dehors du précédent; il faut alors le suivre à travers la fente de Glaser, en enlevant par petites parcelles, avec le ciseau, les parties osseuses qui sont placées en dehors de lui, de manière à obtenir dans la cavité glénoïde du temporal une ouverture faite aux dépens des parties osseuses situées au devant ou en dehors de la fente de Glaser.

Muscle externe du marteau. Ce muscle est trèspetit, souvent il parait même manquer. Pour le voir, il faut couper le pavillon de l’oreille et le conduit auditif cartilagineux, ouvrir le conduit osseux par sa partie inférieure et antérieure, et détacher la membrane du tympan avec beaucoup de précaution, surtout vers sa partie supérieure , contre laquelle est appliqué le muscle. En enlevant la membrane , on fera attention de ne pas déranger dans sa situation le marteau, qui lui est uni par son manche. Par cette

même préparation on peut déeouvrirle trajet du muscle antérieur , et l’on voit dans l’intérieur de la caisse du tympan , le tendon du muscle interne du marteau se réfléchir autour de l’extrémité du bec de cuiller.

Sur la même préparation on voit le tendon du muscle de l’étrier sortir de la pyramide. Pour apercevoir ce muscle en entier , il faut enlever l’extrémité interne de la paroi postérieure du conduit auditif, puis ouvrir avec précaution la pyramide , en suivant le trajet du muscle à commencer de la partie visible de son tendon. Le tendon du muscle de l’étrier s’aperçoit aussi quand on ouvre le tympan par sa paroi supérieure; mais alors il est difficile de découvrir tout le muscle.

Trompe d’Eustache. On en commence l’étude par son pavillon , que l’on voit trè.s-bien sur une tête seiée d’avant en arrière. On introduit dans le canal une soie de porc ou une sonde fine, qui en feront connaître la direction, et permettront ainsi de le disséquer dans toute sa longueur , en l’isolant des parties voisines. Quand on aura mis à découvert toute la portion cartilagineuse de la trompe, on ouvre le canal osseux, soit par sa face inférieure, soit par sa face supérieure ; avant même d’avoir ouvert ee canal , on aura pu distinguer l’orifice tympanique de la trompe , dans un tympan ouvert par sa face supérieure, si l’on fait pénétrer une soie de la trompe dans cette cavité.

Art. 3. Labyrinthe ou oreille interne.

(PI. III, fig. 1, 2).

Situé dans l’épaisseur du rocher entre le tympan et le conduit auditif interne, le labyrinthe se compose de trois cavités communiquant ensemble, et qui sont le vestibule, placé au milieu; les canaux demicirculaires, placés en arrière , et le limaçon, placé en avant. 11 s’ouvre à l’extérieur par deux petits canau.x appelés aqueducs , placés sur son côté interne.

1». 'Vestibule. Il a la forme d’un ovoïde dont le long diamètre est dirigé transversalement. La moitié interne du vestibule présente deux fossettes séparées par une crête qui va jusque vers la fenêtre ovale ; la fossette placée en bas et en avant , est demi-sphérique : l’autre, placée en haut et en arrière, est semi-elliptique. On remarque en outre dans le vestibule plusieurs ouvertures : 1» la fenêtre ovale, placée à la paroi externe ; 20 les cinq orifices qui correspondent aux canaux semi-circulaires; les supérieurs s’ouvrent dans la fossette semi-elliptique , les autres sont placés en bas et en arrière; 3° vers sa paroi interne , plusieurs petits trous qui livrent passage à des nerfs ; 4» à cette même paroi et très-près de l’orifice des deux canaux semi-circulaires verticaux, le petit orifice de l’aqueduc du vestibule; 5» en avant et en bas, l’orifice de la rampe externe du limaçon.

2o. Canaux demi-circulaires. Au nombre de trois, deux verticaux et un horizontal. Le canal vertical antérieur, qui forme une saillie assez notable à la face supérieure du rocher, est le plus grand des trois; il est dirigé en avant et en dehors ; la convexité de sa courbure regarde en haut. Le canal vertical postérieur est placé plus bas que le précédent , et se porte en arrière et en dehors; sa convexité est dirigée en arrière. Le canal horizontal est le plus petit des trois ;

il est.placé dans l’angle que forment ensemble les deux canaux verticaux; sa convexité regarde en arrière.

Ce trois canaux ne s’ouvrent dans le vestibule que par cinq orifices , parce que les extrémités internes des deux verticaux sont réunies. Chacun de ces canaux présente une dilatation ovoide ou ampoule à l’une de ses extrémités ; pour les verticaux , l’ampoule se trouve à leurs extrémités isolées ; l’horizontal la présente à son extrémité antérieure.

3°. Limaçon. C’est un canal qui tourne autour d’un axe horizontal en formant deux tours et demi de spirale. L’intérieur du canal est sous-divisé en deux loges ou rampes, au moyen d’une cloison spirale qui contourne l’axe comme le canal lui-même. La partie de la cloison la plus rapprochée de Ta.xe est osseuse ; l’autre est simplement membraneuse. Cette cloison n’arrive toutefois pas jusqu’à l’extrémité du canal , où les deux rampes communiquent par une petite ouverture arrondie , et même sa portion osseuse est plus courte que ne l’est la partie membraneuse. La cloison est en outre disposée de façon à partager la cavité d’une manière inégale, en sorte que la rampe interne est d’abord la plus large, tandis que dans le reste de sou étendue, la rampe externe l’égale et la surpasse même en largeur. Cette rampe interne, inférieure , ou rampe du tympan, commence à la fenêtre ronde, qui, comme nous l’avons dit, est fermée par une membrane. Près de la fenêtre ronde on voit l’orifice de l’aqueduc du limaçon , qui s’ouvre dans cette rampe. La rampe e.rte/vie, supérieure, ou rampe du vestibule , s’ouvre dans la partie antérieure et inférieure du vestibule, h'axe autour duquel se contourne le limaçon est situé horizontalement en travers ; il a la forme d’un cône dont la base correspond au fond du conduit auditif interne ; son sommet n’est plus qu’une lame mince près du dernier tour de spire , et comme la cloison spirale continue à décrire une courbe régulière , elle abandonne nécessairement l’axe , en sorte que la séparation des deux rampes cesse d’exister à l’extrémité du limaçon. La petite cavité évasée, décrite sous le nom d'entonnoir , n’est autre chose que l’ouverture de communication entre les deux rampes vue par l’extrémité du limaçon qui a été ouverte.

4o. Aqüeducs. On appelle ainsi deux canaux creusés dans le rocher, qui prennent naissance dans le labyrinthe par des orifices extrêmement étroits, et qui s’ouvrent à la face postérieure du rocher par des orifices évasés. La dure-mère s’insinue dans ces aqueducs, en formant leur paroi interne, membraneuse , et elle se continue de cette manière avec le périoste fin qui tapisse l’interieur du labyrinthe.

L'aqueduc du vestibule commence à la partie postérieure de la paroi interne du vestibule , se dirige en arrière en se contournant en bas, et s’ouvre à la face postérieure du rocher, derrière le trou auditif interne , par une fente assez étroite. Cet orifice n’est cependant pas ouvert dans la cavité crânienne, mais il est encore recouvert par la lame interne de la dure-mère.

L'aqueduc du limaçon commence dans la rampe du tambour, près de la fenêtre ronde, se porte en arrière et en bas, et se termine au bord postérieur du rocher, au-dessous du trou auditif interne, par une dilatation triangulaire également située entre les lames de la dure-mère.

L’existence de ces deux canaux dans le labyrinthe osseux ne peut pas êtrecontesiée, mais la plupart des anatomistes modernes révoquent en doute la réalité de la communication que ces conduits établiraient avec les cavités labyrinthiques : ils les considèrent simplement comme des canaux qui livrent passage à des vaisseau.x et surtout à des veines. Je me suis moimême assuré de la présence de ces vaisseaux dans l’intérieur des aqueducs , mais je n’oserais , dès à présent , nier que ces conduits ne communiquent en outre avec l’intérieur du labyrinthe à l’état frais. On conçoit d’ailleurs que, cette communication n’existant pas , les aqueducs devraient être assimilés au.x noinbreuxcanaux vasculaires innorainés qui parcourent les os dans toutes les directions, et qu’ils perdraient l’importance physiologique que l’on y avait attachée.

On appelle improprement aqueduc de Fallope, un canal qui livre passage au nerf facial et dont nous parlerons plus bas.

3" Membranes nerveoses (Planche III, fig. 2). L’intérieur des canaux demi-circulaires et du vestibule renferme des membranes extrêmement fines , pulpeuses, tubulées, et qui représentent toutes les formes des cavités qui les protègent, excepté que les membranes sont moins grandes que les cavités , et que par conséquent il y a un espace libre entre elles et les os; chaque eanal renferme donc un tube demi-circulaire très-étroit, garni d’une ampoule; ces tubes s’ouvrent dans le sinus médian, placé dans la fossette semi-elliptique du vestibule, et ce sinus communique avec le sac logé dans la fossette demisphérique. L’espace qui sépare le labyrinthe membraneu.x du labyrinthe osseux , ainsi que l’intérieur des poches membraneuses, est rempli par un liquide appelé lymphe de Cotunni. Breschet a fait voir que le sinus médian et le sac renferment constamment de petits amas de concrétions calcaires, qu’il appelle otoconies.

C’est sur ces membranes que vient se ramifier le nerf acoustique qui entre dans le rocher par le trou auditif interne , conjointement avec le nerf facial. Le nerf acoustique forme bientôt un petit renflement grisâtre qui reçoit un filet de communication du 'facial ; puis le nerf acoustique donne plusieurs branches qui se dirigent , à travers des canaux osseux , dans le vestibule et dans les canaux demi-circulaires; le tronc se porte ensuite dans le limaçon , où il se termine sur la cloison spirale , mais sans s’y épanouir en poches membraneuses comme dans les deux autres parties du labyrinthe. Le miscroscope ne nous fait découvrir dans les poches membraneuses du labyrinthe qu’un amas de corpuscules arrondis , eux-mêmes formés de globules plus petits.

Préparation. On s’exerce d'abord à faire cette préparation sur un fœtus ou sur un enfant très- . jeune , où toute la partie du rocher qui n’appartient pas au labyrinthe est encore molle et spongieuse, en sorte qu’on peut très-bien en entamer la substance avec un canif ou avec un scalpel à lame courte et étroite , ou bien encore avec un très-petit couteaurugine. On commenee par le canal demi-circulaire vertical antérieur, qui forme vers le bord supérieur du rocher une saillie considérable, au devant de laquelle on remarque un enfoncement ; là le canal est à peu près à nu. On creuse ainsi autour des canaux

semi-circulaires , en se guidant toujours d’après la plus ou moins grande résistance du tissu osseux. Dans le cours de la préparation on détachera peu à peu toute la portion écailleuse du temporal ; on finit par le limaçon. Quand toutes les parties du labyrinthe sont préparées extérieurement , on ouvre les canaux semi-circulaires et le limaçon, en les usant vers leurs bords convexes avec une lime fine. C’est surtout en ouvrant le limaçon qu’il fout travailler avec précaution, pour ne pas briser la cloison des rampes.

Lorsque le labyrinthe a été préparé sur un fœtus, cette pièce pourra servir de modèle à le préparer sur un temporal d’adulte, où les parties ne sont guère plus grandes ; mais elles y sont beaucoup plus difficiles à travailler, parce que la substance osseuse du rocher a fini par acquérir une dureté éburnée , presque égale à celle du labyrinthe lui-même. La lime est alors le meilleur instrument pour achever la préparation; les parties les plus grandes pourront être travaillées au couteau-rugine et au ciseau, mais il fout beaucoup de ménagement, afin que le dernier coup de marteau ne détruise pas l’ouvrage d’une Journée entière.

On ouvre le vestibule par sa face supérieure entre le trou auditif et le canal semi-circulaire vertical antérieur. On en ouvrira un autre par sa face externe , en détruisant la fenêtre ovale et la moitié saillante postérieure de la fenêtre ronde. Toutes ces préparations doivent être faites à la lime.

L’examen des membranes nerveuses du labyrinthe se fait sur des temporaux de fœtus, que l’on a laissés plonger pendant quelque temps dans de l’alcool , avec addition d’une très-petite quantité d’acide nitrique, pour donner plus de fermeté aux nerfs. On commence par enlever autour du labyrinthe la substance spongieuse du rocher , en conservant le conduit auditif interne avec les nerfs qui y entrent; puis on ouvre ce conduit par sa face supérieure; on ouvre de même le vestibule et les canaux demi-circulaires, en suivant toujours les ramifications du nerf. Le limaçon sera ouvert de la même manière pour y faire voir la distribution nerveuse. Cette préparation, qui exige des soins infinis, doit être faite en grande partie avec la lime , et il sera en outre nécessaire de varier les coupes sur plusieurs labyrinthes , parce qu’il est à peu près impossible de voir toute la disposition sur une seule pièce.

Aqueducs. On commence par rechercher celui du vestibule, dont on reconnaît l’extrémité sur une base de crâne encore recouverte de la dure-mère , en promenant la pulpe du doigt d’arrière en avant sur la face postérieure du rocher; on sent dans cet endroit une rainure bornée en avant par une saillie sensible ; c’est là que se trouve l’extrémité évasée de l’aqueduc ; dès qu’on a enlevé la lame interne de la dure-mère qui le recouvre , on tombe dans une petite cavité , et si l’on y introduit une soie prise au museau d’un renard ou d’un chat, on peut en faire parvenir l’extrémité pointue jusque dans le vestibule. Ces soies sont préférables aux soies de porc , parce qu’elles sont très-fines à une extrémité , et qu’elles augmentent peu à peu en épaisseur vers leur base , ce qui les rend assez raides pour pouvoir être glissées dans un canal aussi étroit. Quand on veut sonder cet aqueduc dans une direction opposée, il faut le faire sur une pièce où le veslicule est cou-

vert par sa paroi externe et par une petite portion de sa paroi supérieure.

On peut encore s’assurer de la position de l’orifiee évasé de cet aqueduc , en laissant dessécher une base du crâne , recouverte de sa dure-mère ; toutes les autres portions de cette membrane auront déjà acquis de la transparence et une couleur brunâtre, que la portion qui correspond à l’aqueduc sera encore blanche et humide. Si l’on fait dessécher la pièce complètement, et qu’on incise alors la lame interne de la dure-mère là où elle recouvre l’orifice de l’aqueduc, on peut s’assurer de l’existence de la cavité évasée, et l’on pourra y foire passer une soie plus facilement qu’à l’état frais. On démontre enfin la petite cavité close de l’aqueduc du vestibule, en injectant du mercure par son orifice veslibulaire; le métal la remplira bientôt ; si alors on la comprime avec le doigt , le mercure entre dans de petits rameaux veineux qui s’ouvrent les uns dans les veines de la dure-mère, les autres dans le sinus latéral.

L’orifice crânien de Vaquecluc du limaçon se trouve immédiatement au devant et au-dessus de l’endroit où le nerf glosso-pharyngien traverse la dure-mère; on peut y introduire la soie de la moustache d’un renard, en la dirigeant de dedans en dehors et un peu d’avant en arrière et de bas en haut. On peut encore démontrer l’existence de ce canal , en l’injectant de mercure , que l’on verra bientôt remplir la rampe interne du limaçon, et enfin tout le labyrinthe.

Sur des rochers de fœtus on peut poursuivre les aqueducs, comme les autres parties du labyrinthe, en enlevant peu à peu la substance spongieuse environnante; mais cette préparation exige des soins infinis, parce que leurs parois sont extrêmement minces. On peut se faciliter cette préparation , si l’on introduit préalablement dans les aqueducs des soies dont la couleur noire paraîtra à travers les parois des canaux, et qui guideront ainsi l’anatomiste dans sa recherche.

Il ne suffit pas d’étudier le labyrinthe sur une pièce préparée comme nous l’avons indiqué précédemment; il est encore utile de le faire sur des rochers que l’on a sciés dans diverses directions, pour voir les cavités de l’oreille interne dans des coupes plus ou moins variées. Pour se reconnaître plus facilement dans ces sortes de pièces , on a l’habitude de passer des soies de différentes couleurs dans les canaux qui viennent d’être ouverts , afin de les distinguer au premier coup d’œil.

Des pièces très-instructives sont encore celles où le labyrinthe a été préparé sur une tête d’adulte; les parties écailleuse et mastoide du temporal seront conservées en rapport, le conduit auditif sera ouvert par sa face inférieure , mais en conservant son extrémité interne qui contient la membrane du tympan; enfin, on laissera dans la caisse du tympan la série des osselets dans leur position naturelle.

Art. 4. Vaisseaux et nerfs de l’oreille.

Les artères de l’oreille sont très-nombreuses : 1". L’auriculaire postérieure se distribue au pavillon de l’oreille. 2» La temporale donne plusieurs rameaux à l’oreille externe et au conduit auditif, et un rameau qui pénètre dans le tympan par la fente de Glaser et se distribue à la membrane du tympan

et au muscle antérieur du marteau. 3° La stylomastoïdienne donne des rameaux au conduit auditiF, puis Fournit une branche de communication, Formant, avec un rameau de la temporale, Vartère tympanique, qui se distribue sur la membrane du tympan et sur le périoste de la caisse. La stylo-mastoidienne entre ensuite dans l’aqueduc de Fallope par le trou stylo-mastoïdien , et y donne des rameaux aux cellules mastoïdiennes , au musle de l’étrier, aux canaux demi-circulaires et à la caisse du tympan. 4” La maxillaire interne Fournit des rameaux au conduit auditiF et à la trompe d’Eustache, et un rameau tympanique qui passe par la Fente de Glaser. 3° La branche pharyngienne de la maxillaire interne Fournit encore un rameau à la trompe. 6° "Vartère méningée moyenne donne quelques rameaux qui traversent le rocher et se distribuent à la caisse du tympan et au muscle interne du marteau. 7" La carotide interne donne plusieurs rameaux qui percent le canal carotidien et se distribuent au tympan. 8° Vartère auditive , branche de la basilaire, entre dans le rocher par le trou auditiF interne, pour se distribuer à tout le labyrinthe.

Les veines qui correspondent à ces artères n’étant pas encore toutes assez exactement connues, nous nous dispenserons de les énumérer. Nous sommes dans une ignorance plus complète encore relativement aux lymphatiques de l’oreille interne; mais on connaît ceux de l’oreille externe ; ils accompagnent les artères temporale et occipitale.

Les nerfs de l’oreille externe proviennent du maxillaire inFérieur, de la branche auriculaire postérieure du Facial et du troisième nerF cervical. Il en sera question dans la névrotomie. En parlant des canaux nerveux du labyrinthe , nous avons déjà parlé du nerf auditif, en sorte qu’il ne nous reste plus qu’à indiquer les sources des nerFs de l’oreille moyenne; ceux-ci sont Fournis par le nerf facial ou portion dure de la septième paire qui , pénétrant dans le rocher par le conduit auditiF interne , parcourt Y aqueduc de Fallope, qui n’est autre chose qu’un canal recourbé de dedans en dehors et de haut en bas. Ce canal commence au Fond du conduit auditiF interne , passe au-dessus du vestibule, derrière la Fenêtre ovale, et descend ensuite directement dans l’épaisseur du temporal, pour se terminer au trou stylo-mastoïdien. L’aqueduc de Fallope communique, en haut avec Yhiatus de Fallope, et au-dessous de la pyramide il communique avec un autre petit canal, qui loge la corde du tympan. Dans ce trajet le nerF Facial reçoit le nerf pétreux et Fournit plusieurs filets, dont nous parlons dans la névrotomie. Enfin , nous avons encore à noter ici le rameau anastomotique de Jacobson, dont nous Ferons connaître ailleurs la distribution (Voyez, sur les nerFs de l’oreille, la IV® section , chap. 3, 3, 6, 7 et 9).

Préparation. Artères. Les règles que nous avons indiquées successivement pour préparer les diverses parties qui composent l’oreille, seront également appliquées à la recherche des vaisseaux qui s’y dis-

tribuent; on ouvrira donc peu à peu les dilFérenies cavités qui composent l’oreille , en y suivant avec soin les artérioles qui s’y rendent. On conçoit que ces préparations ne peuvent se Faire que sur des têtes parFaitement injectées.

Nerfs. Nous avons déjà indiqué la manière de suivre le nerf auditif; pour ce qui regarde le facial, on commence par s’assurer du nerF pétreux, placé sur la Face antérieure du rocher, et qui entre dans Yhiatus de Fallope; puis on recherche le nerF lingual du maxillaire inFérieur et la corde du tympan qui vient s’unir à lui. Quand ces deux préparations préliminaires sont achevées , on peut isoler le temporal des parties voisines au moyen de quelques traits de scie, et, pour pouvoir travailler plus commodément, on enlève la portion écailleuse au niveau de son union avec le rocher , puis on fixe la pièce dans un étau , parce que la majeure partie de la préparation se Fera au moyen du ciseau et de la lime. C’est ain.si qu’on ouvre le conduit auditiF interne par sa Face supérieure, en ménageant toute- Fois la dure-mère, qui se réfléchit dans son intérieur, et qui servira très-bien à protéger les nerFs contre les atteintes du ciseau, s’il venait à pénétrer trop proFondément; on enlève ensuite la lame osseuse qui Forme la paroi supérieure du canal auquel aboutit l’hiatus de Fallope, et l’on poursuit ainsi le nerF pétreux jusqu’à son union avec le Facial; puis, après avoir ouvert le tympan par sa Face supérieure , et continuant à ouvrir l’aqueduc de Fallope par son côté externe , toujours en suivant le nerF Facial, on parviendra à voir les rameaux qu’il envoie dans le tympan , et enfin la corde du tympan , qui s’en détache avant sa sortie de l’aqueduc. Dans cette préparation on enlèvera peu à peu la portion écailleuse du temporal , et toute la partie externe du conduit auditiF externe ; mais on aura grand soin de conserver la portion du conduit qui avoisine la membrane du tympan , en dedans de laquelle on verra passer la corde du tympan; enfin on élargit un peu la Fente de Glaser pour voir la sortie du nerF.

Une préparation analogue peut être Faite , si, au lieu d’ouvrir la portion inFérieure de l’aqueduc de Fallope par sa Face externe , on l’ouvre par scs Faces supérieure et postérieure , en travaillant vers la base du rocher entre les canaux demi-circulaires et l’apophyse mastoïde. Les canaux demi-circulaires pourront le plus souvent être ménagés. La partie antérieure de la cavité du tympan ne sera ouverte qu’en dernier lieu.

Pour la dissection de Yanastomose nerveuse de Jacobson, il Faut enlever la partie antérieure de la paroi externe de la caisse du tympan et ouvrir le canal carotique par sa Face externe. Il Faut en outre ouvrir un petit canal osseux placé au-dessus de celui que parcourt le muscle interne du marteau et parallèlement à lui. Cette préparation, une des plus délicates de l’anatomie , exige des soins infinis; car souvent , en détachant une esquille osseuse un peu trop grande, toute la préparation se trouve abîmée.

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