ARTERE CARO
Après s’être séparée de la carotide primitive, l’artère carotide interne monte directement sous l’apophyse styloïde et ses muscles vers le canal carotidien ; là , elle forme une inflexion en se dirigeant horizontalement en avant et en dedans. Au sortir du canal carotidien , elle entre dans le sinus caverneux en se recourbant à angle obtus , de manière à monter d’arrière en avant ; bientôt après elle se dirige un peu en dehors , et, arrivée à la partie inférieure de l’apophyse clinoïde antérieure , elle se dirige en haut et un peu en dedans et en arrière , pour traverser la dure-mère près du bord externe des nerfs optiques. Avant que d’entrer dans le canal caro tique, l’artère est accompagnée en arrière par le nerf vague, le ganglion cervical supérieur et par la veine jugulaire interne ; elle ne donne que trèsrarement un petit rameau pharyngé dans cette première partie de son trajet. Dans l’intérieur du canal , où elle est entourée par les filets ascendants du grand sympathique , elle donne de très-petits rameaux à l’oreille interne. Dans le sinus caverneux , elle est côtoyée par le nerf de la sixième paire, et elle y fournit de petites artérioles à la dure-mère et aux nerfs voisins. Près de sa dernière inflexion, enfin, la carotide interne se divise en deux branches , dont Tune est l’artère ophthalmique , l’autre la continuation du tronc.
1°. Artère ophthalmique.
Cette artère assez considérable entre dans l’orbite par le trou optique, au-dessous (quelquefois audessus ) du nerf de ce nom , et se distribue en un grand nombre de rameaux , qui présentent une foule de variétés quant à leur mode d’origine.
1) Artère méningée antérieure. Cette petite artère n’existe que très-rarement. Elle est fournie par Tophthalmique avant qu’elle ne soit parvenue dans l’orbite ; elle se ramifie dans la dure-mère qui tapisse la fosse antérieure du crâne , et s’anastomose avec la méningée moyenne.
2) Artère lacrymale. Elle s’avance entre la paroi externe de l’orbite et le muscle droit externe, auquel elle donne des rameaux , ainsi qu’au droit supérieur et au releveur de la paupière. Elle se distribue dans la glande lacrymale et donne un rameau malaire qui traverse Tos de la pommette, et se ramifie dans le muscle temporal et dans Torbiculaire ; un autre rameau de l’artère lacrymale sort de l’orbite par l’angle externe de l’œil, se ramifie dans Torbiculaire et s’anastomose avec la palpébrale. L’artère lacrymale est rarement fournie par la méningée moyenne .
3) Artère elhmoïdale postérieure. Manque souvent. Quand elle existe, elle passe dans le nez par le trou ethmoïdal postérieur , et se ramifie dans les cellules ethmoïdales postérieures , les sinus sphénoïdaux et le sinus maxillaire; quelquefois elle fournit
riDE INTERNE.
une méningée antérieure qui remonte dans le crâne près de la lame criblée de Tethmoïde , et se ramifie dans la dure-mère.
4) Artères ciliaires. Ces artères proviennent, soit du tronc , soit des branches de Tophthalmique. Elles sont de trois espèces : (1) Artères ciliaires postérieures ou courtes ; on en trouve quelquefois une trentaine; elles percent la sclérotique tout près de l’insertion du nerf optique , et se ramifient dans la face externe de la choroïde et dans les procès ciliaires. (‘i) Artères ciliaires longues , au nombre de deux, une interne et une externe ; elles traversent la sclérotique un peu au-devant de l’insertion du nerf optique , et s’avaneent entre la sclérotique et la choroïde sur le diamètre transversal de Tœil ; arrivées près du cercle ciliaire, elles se divisent chacune en deux rameaux qui s’en écartent à angle droit , et qui s’anastomosent entre eux et avec les ciliaires antérieures, de manière à former un cercle artériel appelé grand cercle de l’iris. Ce cercle , situé sur la grande circonférence de Tiris , donne , par sa concavité , des rameaux qui forment un autre cercle artériel autour de l’ouverture pupillaire et appelé petit cercle de l’iris. (3) Artères ciliaires antérieures ; leur nombre varie de quatre à douze. Elles percent la sclérotique non loin de son union avec la cornée , et s’unissent au grand cercle de l’iris. Elles sont presque toujours fournies par les artères musculaires.
5) Artère centrale de la rétine. Fournie par le tronc de Tophthalmique, par une des ciliaires ou par la musculaire inférieure. Elle pénètre dans l’intérieur du nerf optique et entre avec lui dans Tœil , où elle se ramifie sur la rétine ; un petit rameau traverse le corps vitré , arrive sur la face postérieure de la capsule cristalline , et s’y distribue par un grand nombre de rameaux rayonnés.
6) Artère musculaire inférieure. Elle se ramifie au côté interne de l’orbite dans les museles droits interne et inférieur, obliques supérieur et inférieur.
7) Artère musculaire supérieure ou sus-orbitaire. Souvent elle manque , et alors elle est remplacée par des rameaux provenant isolément des artères voisines. Si elle existe, elle s’avance entre le releveur de la paupière et le périoste de Torbite, et se ramifie dans les mu.scles droits supérieur et externe, releveur de la paupière supérieure et oblique supérieur; elle envoie un rameau qui sort par l’échancrure orbitaire supérieure pour se distribuer au front.
8) Artère ethmoïdale owférïeMre. Elle sort de l’orbite par le trou ethmoïdal antérieur, donne quelques rameaux qui montent dans le crâne par les trous de la lame criblée, et se distribuent à la dure-mère ; le reste de Tartère se ramifie dans les cellules ethmoïdales , dans les sinus frontaux et sur la cloison du nez, en s’anastomosant fréquemment avec les artères nasales postérieures.
9) Artères palpébrales inférieure et supérieure. Elles naissent séparément ou par un tronc commun, et sortent de l’orbite près du tendon du muscle orbiculaire ; chacune d’elles se porte de dedans en dehors dans l’épaisseur des paupières, en formant une arcade parallèle au bord libre des paupières , et dont partent une foule de rameaux pour le muscle orbiculaire, pour les glandes de Meibomius , les cartilages tarses, la conjonctive et la peau. Ces rameaux artériels s’anastomosent avec les artères voisines.
Après avoir fourni les rameaux que nous venons d’indiquer , Uartère ophthalmique se termine au grand angle de l’œil , en s’y divisant ordinairement en deux rameaux , savoir ;
10) Artère nasale. Elle passe au-dessus du tendon de l’orbiculaire , donne des rameaux au sac lacrymal , au releveur de l’aile du nez et de la lèvre supérieure , et se ramifie sur le dos du nez en s’anastomosant avec les artères dorsales du nez fournies par la faciale.
TI) Artère frontale. Elle se dirige en haut et se divise en trois branches : Vartère sourcilière entre dans le muscle sourcilier et dans l’orbiculaire ; l’artère frontale cutanée se ramifie dans la peau du front, où elle monte pour s’anastomoser avec l’artère temporale superficielle ; l’artère f rontale profonde se distribue aux muscles sourcilier et frontal , aux sinus frontaux , et s’anastomose avec les temporales profondes.
2". Artère carotide interrie ou cérébrale.
Après avoir fourni l’artère ophthalmique, elle envoie de très-petits rameaux au nerf optique , à la tige pituitaire , etc. ; puis elle donne les artères suivantes ;
1) Artère communiquante postérieure ou de JFilUs. Elle se dirige en arrière et s’anastomose avec l’artère cérébrale postérieure , branche de la vertébrale. Dans ce trajet , elle donne des rameaux au plancher du troisième ventricule , aux éminences mamillaires, au nerf optique et aux cuisses du cerveau.
2) Artère du plexus choroïde ou choroïdienne. Se porte en dehors et en arrière, contourne la cuisse du cerveau , et pénètre dans la corne inférieure du ventricule latéral , où elle se ramifié sur le plexus choroïde , pour distribuer le sang artériel aux parties contenues dans le ventricule latéral.
L’artère carotide cérébrale se divise ensuite en deux branches : l’ortère calleuse et Vartère sylvienne.
3) Artère calleuse, cérébrale antérieure ou carotide antérieure. Cette artère se dirige en avant et en dedans au-devant de l’entre-croisement des nerfs optiques , en se rapprochant de celle du côté opposé , avec laquelle elle communique par une branche transversale très-courte appelée artère communiquante antérieure ; quelquefois on trouve deux de ces artères. L’artère calleuse s’avance ensuite avec celle du côté opposé, et arrivée près du genou antérieur , elle se contourne en haut et en arrière, en marchant sur la face supérieure du corps calleux
jusque vers son extrémité postérieure. Pendant ce trajet, elle donne une foule de rameaux, qui se distribuent, soit au corps calleux, soit aux hémisphères du cerveau , où ils s’anastomosent avec les branches de l’artère sylvienne et de la cérébrale postérieure.
4) Artère sylvienne ou cérébrale moyenne. Elle se dirige en dehors dans la scissure de Sylvius , et se divise en une foule de rameaux pour les lobes antérieur et moyen du cerveau. Les divisions de cette artère s’anastomosent avec celles de l’artère calleuse et de l’artère cérébrale postérieure.
Préparation. La coupe latérale du crâne, telle qu’elle a été pratiquée pour la préparation de l’artère maxillaire interne , sert aussi pour celle de la carotide interne ; il ne reste plus qu’à ouvrir le canal carotide avec le ciseau , en observant les précautions nécessaires pour empêcher la lésion du vaisseau qui le parcourt. On ouvre ensuite le sinus caverneux , en incisant la dure-mère vers la partie latérale du corps du sphénoïde. On conserve soigneusement les rapports du nerf delà sixième paire avec la carotide , dans l’intérieur du sinus caverneux.
Artère ophthalmique. Les coupes à faire dans l’orbite ont déjà été indiquées en parlant de l’artère maxillaire interne. On arrive aux divisions de l’artère ophthalmique , après avoir incisé d’avant en arrière le périoste qui tapissait la paroi supérieure de l’orbite ; ou en renverse les lambeaux à droite et à gauche, puis, après avoir divisé l’aponévrose qui unit les attaches postérieures des muscles droit supérieur et droit externe, on arrive au tronc de l’artère ophthalmique. La dissection des branches se fait en enlevant peu à peu la graisse à l’aide du scalpel , ou , mieux encore , avec des ciseaux bien effilés. Dans cette dissection on ne conservera que le globe de l’œil avec le nerf optique, les muscles et les artères. On peut, il est vrai , préparer tous les nerfs et les artères en même temps; mais cette préparation est très-difficile à faire. On aura soin de ménager jusqu’aux plus petits rameaux artériels , en se gardant toutefois de confondre avec eux des veines qui seraient injectées, comme cela arrive souvent.
Ij'artèro méningée antérieure sera laissée dans le lambeau de la dure-mère , dans lequel elle se ramifie.
Artère lacrymale. Il faut agrandir le trou malaire, afin de voir le passage du rameau malaire dans la face.
Vartère musculaire supérieure est ordinairement une des premières artères qu’on dissèque; comme elle est placée immédiatement sous le périoste, il faut éviter de couper l’artère en fendant celui-ci.
Les artères ciliaires ne seront suivies pour le moment que jusqu’à leur entrée dans la selérotique. Plus tard , on pourra en examiner le trajet dans le globe de l’œil , d’après les procédés que nous avons indiqués pour la préparation de cet organe.
Va centrale de la rétine ne sera également suivie que jusqu’au point où elle pénètre dans le nerf optique.
Artères ethmoïdales. Après avoir un peu agrandi les trous qui leur livrent passage , on en suit la distribution dans le nez, en observant les préceptes qui
ont été donnez en parlant de l’artère nasale posté- carotide interne dans le cerveau , jusqu’à ce qu’on rieure. ait disséqué l’artère vertébrale ; nous reviendrons
On différera l’étude de la distribution de l’artère donc sur cet objet en parlant de cette dernière.