ANATOMIE GÉNÉRALE DES VEINES
Les veines sont des canaux irrégulièrement cylindriques, qui rapportent au cœur le sang de toutes les parties du corps , où elles sont continues aux
( 1) On l’appelle quelquefois arcaHc plantaire profonde ; mais je ne connais pas d’arcade plantaire superficielle.
(2) P. C\nvtB , Démons Italiones anatomico-pathulogicœ , liv. I. Amsterdam, 176U, iü-fol.,avec fip;.
J. G. 'Waltbr , Ohservatiüues anatomicoe, Berlin, 1775, în-fol. avec fig. — Hj. Dpistola de tonis ocu^t. Berlin, 1778 , in-4°.
G. Lautii , SpicUegium de vena cara superiori. Strasbourg, 181(5, in.4o.
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dernières ramifications artérielles. En s’unissant entre elles, les veines forment peu à peu des rameaux , des branches et des troncs , qui se rendent dans les oreillettes du cœur. Les troncs veineux sont beaucoup plus nombreux que les troncs artériels ; on compte quatre veines pulmonaires , deux veines caves , une veine coronaire et la veine porte. Cette dernière présente une disposition toute particulière, en ce qu’elle nait des organes de la digestion par une multitude de rameaux , qui se réunissent peu à peu en un tronc unique ; ce tronc entre dans le foie et s’y divise, à la manière des artères, en branches et en rameaux , qui se continuent avec les ramuscules des veines hépatiques.
Les veines forment entre elles des anastomoses multipliées, même parmi les veines d’un gros calibre; disposition que l’on remarque moins généralement dans les artères. Relativement à leur distribution, on divise les veines en deux espèces : 1) les veines profondes sont celles qui accompagnent les artères ; on trouve en général deux veines pour une artère; mais cette disposition n’existe pas pour les troncs ou pour les branches volumineuses. Cependant il y a des veines profondes qui n’accompagnent pas des artères, par exemple les veines du cerveau, du canal vertébral , de l’œil , la veine azygos , etc. 2) Les veines superficielles rampent dans la couche sous-cutanée; elles ne sont pas accompagnées par des artères , et elles s’anastomosent fréquemment entre elles et avec les veines profondes.
La capaeité du .système veineux est de beaucoup supérieure à celle du système artériel : car le calibre des veines est en général plus grand que celui des artères qu’elles accompagnent; en outre on trouve dans beaucoup de cas deux veines pour une seule artère; enfin, les veines sous-cutanées n’ont pas d’artères correspondantes. Haller pense même que cette différence de capacité des veines aux artères est dans la proportion de neuf à quatre.
Les veines ne forment pas, comme les artères, une série de cylindres régulièrement décroissants ; bien au contraire , elles présentent souvent des dilatations ou des rétrécissements dans leur trajet, et il n’est pas rare de trouver un tronc composé de deux branches, chacune plus volumineuse que lui.
A l’extérieur , les veines sont entourées par une gaine celluleuse; leurs parois elles-mêmes sont formées par trois tuniques ; la tunique externe ressemble à celles des artères; elle est assez mince et formée de fibres cellulaires et aponévrotiques. La tunique moyenne ne se voit que dans les gros troncs; elle y forme des fibres rougeâtres molles et extensibles, pour la plupart longitudinales, que l’on n’a pas hésité, à raison de ces caractères, à considérer comme musculeuses. L’examen microscopique ne nous a toutefois pas offert la moindre analogie entre ces fibres et celles des muscles ; elles ressemblent presque en tout point aux fibres du tissu cellulaire; même la direction longitudinale que l’on y reconnaît à l’œil nu , ne parait exister que pour les faisceaux des fibres; car ces dernières elles-mêmes se croisent irrégulièrement lorsqu’on les examine suffisamment grossies. Cette tunique étant beaucoup plus mince que la tunique moyenne des artères, les veines elles-mêmes sont en général moins épaisses que celles-ci, et ne restent pas béantes comme elles, quand elles sont vides. La tunique interne, mince, transparente, diffère de celle des artères par son extensibilité, par sa texture filamenteuse et par son adhérence plus intime à la tunique externe là où la tunique moyenne a disparu.
Dans leur intérieur , la plupart des veines sont
garnies dç valvules paraboliques, formées par des replis de la tunique interne. Un des bords de ces valvules est convexe , et il adhère aux parois de la veine du côté de ses raeines ; l’autre bord est concave et flottant du côté du cœur. Ces valvules , en s’abaissant , empêchent le sang veineux de rétrograder. Selon le calibre des veines , les valvules sont disposées trois à trois ou par paires ; dans les petites veines elles sont uniques. Les endroits des veines où sont placées des valvules , se font remarquer à l’extérieur par des nodosités. On ne trouve pas de valvules dans les veines de l’encéphale, du canal vertébral , dans la veine porte , dans les veines caves , dans les veines utérines , ni dans celles de la plupart des autres viscères (1). On en trouve peu dans la veine azygos et dans les veines du cou et de la tête. En général on trouve plus de valvules dans les veines profondes que dans les veines superficielles , dans les veines des extrémités inférieures, que dans celles des extrémités supérieures.
Les sinus de la dure-mère sont des conduits veineux d’une structure particulière. Au lieu d’être cylindriques comme les veines, ils sont triangulaires , leur intérieur est tapissé par une continuation de la tunique interne des veines , et l’on y remarque des brides transversales , qui paraissent être des valvules rudimentaires. Les tuniques externe et moyenne des veines manquent dans ces sinus , et elles y sont remplacées par la dure-mère elle-même.
Les veines, comme les artères, reçoivent un grand nombre de vasa vasorum, qui y arrivent des vaisseaux circonvoisins. Elles reçoivent aussi des nerfs , mais en plus petit nombre que les artères : ces nerfs sont pour la plupart fournis par le système ganglionnaire.
Préparation. On examine la structure des veines par des procédés analogues à ceux que nous avons indiqués en parlant des artères. Cependant, comme la tunique moyenne est très-mince et assez adhérente aux autres , on ne peut que difficilement l’isoler ; mais on l’aperçoit très-bien en regardant contre le jour une veine ouverte : on choisit pour cela une portion des veines caves près de leur entrée dans le cœur. On voit les valvules sur des veines fendues en long.
La dissection des veines se fait à peu près comme celle des artères ; seulement faut-il user de plus de précaution encore, parce que les tuniques veineuses sont en général beaucoup plus minces que les tuniques artérielles, ce qui les expose naturellement davantage à être déchirées.
(1) Cette loi n’est cependant pas gcncrnlc; le professeur Ma.Y£r a trouvé des valvules très-petites , il est vrai , dans les veines pulmonaires de l’homme et du Lœii 1; j’en ai trouve dans celles du cheval, ainsi que dans les veines du roeur de l’honjme et du cheval .