TÊTE
pavillon de l’oreille ; elle y est placée sous le fascia superficialis; la veine, plus superficielle, que l’artère, croise sa direction et se place derrière elle audesstts de l’arcade zygomatique. Il convient de se rappeler que l’artère se divise en deux branches , la frontale et l’occipitale. Les veines accompagnent en général les artères , à l’exception de la veine préparate , simple ou multiple, que l’on voit descendre vers la ligne médiane du front , et qui ramène une partie du sang du cuir chevelu. Les veines de l’extérieur du crâne communiquent avec celles de l’intérieur par une foule de veines émissaires qui traversent les diverses sutures ou des trous particuliers, parmi lesquels on notera les trous pariétal et mastoïdien. Les nerfs nombreux , mais fins , ne donnent pas lieu à des considérations chirurgicales particulières.
Le squelette, formé par les os frontal , pariétaux , temporaux , occipital et par les grandes ailes du sphénoïde , présente de grandes diversités dans son épaisseur : très-épais aux bosses frontales et pariétales , aux angles postérieurs et supérieurs des pariétaux , à la protubérance occipitale , etc. , il est an contraire fort mince dans les tempes et aux bosses latérales de l’occipital , surtout aux inférieures. A la partie moyenne et inférieure du frontal , les bosses sourcilières indiquent l’emplacement des sinus frontaux, dont elles forment la paroi antérieure; ces sinus, qui , dans des cas plus rares , sont beaucoup plus étendus en hauteur , offrent une cavité à base inférieure large et à sommet très-rétréci. Cette forme des sinus est due à l’écartement inégal de leurs parois antérieure et postérieure , qui , réunies en haut , se séparent graduellement en descendant. De ees deux parois , c’est la postérieure qui est la plus mince. L’apophyse mastoïde renferme dans son intérieur les cellules de ce nom, qui, dans des cas rares, ne communiquent pas avec la cavité tympanique. Chez l’enfant, les cellules n’existent pas, et l’apophyse elle-même est rudimentaire. Quelquefois la paroi de l’apophyse est très-épaisse; rarement elle est formée de deux lames. Les points par où la dure-mère adhère le plus au crâne, eorrespondent aux sutures. Les principaux sinus qui touchent la voûte du crâne sont le longitudinal supérieur , qui occupe la ligne médiane depuis la racine du nez jusqu’à la protubérance occipitale; de là partent les
■sinus latéraux , qui s’étendent vers les angles postérieurs et inférieurs des pariétaux. Le pariétal , vers son angle antérieur et inférieur , offre ordinairement sur sa face interne un canal complet, qui loge l’artère méningée moyenne.
Art. 2. Régions sourcilière et nasale.
La jwau, extensible et d’une épaisseur moyenne sur l’arcade sourcilière, augmente en épaisseur et en densité vers le nez. La couche sous-cutanée est épaisse et graisseuse au sourcil et à la racine du nez, tandis que sur le corps de cet organe elle est mince, dense, serrée et dépourvue de graisse; son adhérence est le seul muscle important de la région ; n’étant pas entouré par des aponévroses , les liquides qui s’épanchent dans son voisinage se portent avec la plus grande facilité dans la paupière supél'ieure , à la faveur du tissu cellulaire délié qui unit ces parties.
Les artères de la région, quoique nombreuses, sont facilement comprimées dans les hémorrhagies , parce qu’elles appuient sur des parties résistantes. Les veines se rendent pour la plupart dans l’angulaire , qu’il serait facile d’ouvrir si l’indication s’en présentait. Le nerf le plus important , c’est le nerf frontal qui traverse l’échancrure orbitaire supérieure; il est côtoyé par l’artère susorbitaire, qu’il serait difficile d’éviter dans les opérations à pratiquer sur le nerf.
Le squelette nous offre , vers le tiers interne de l'arcade sourcilière, une petite dépression très-sensible à travers les téguments, laquelle indique l’échancrure orbitaire supérieure et guide dans la recherche à faire du nerf frontal. La partie externe de l’arcade sourcilière se continue avec l’apophyse orbitaire externe , que sa saillie non protégée rend assez sujette aux lésions extérieures. C’est à une disposition analogue qu’il convient d’attribuer les fractures du nez , dont la fréquence est toutefois diminuée par la résistance que lui donne sa forme voûtée. Bien que la portion antérieure du nez soit soutenue par des cartilages , il importe de ne pas perdre de vue que tous les tissus y sont fort minces , en sorte qu’une légère perte de substance peut perforer l’organe.
Art. 3. Région orbitaire.
Les patqnères sont recouvertes extérieurement par une peau dont la délicatesse extrême et l’extensibilité rendent raison de la facilité avec laquelle ont lieu les sugillations et le renversement des paupières en dedans. La finesse et la laxité de la couche souscutanée ^ dépourvue de graisse, donnent lieu aux mêmes considérations. Les cartilages tarses étant le seul tissu qui maintienne la forme des paupières, on conçoit les inconvénients de leur ablation totale ou partielle qui a été proposée dans certains cas. Ces cartilages adhèrent fortement à la peau vers le bord libre des paupières, et à la conjonctive jusqu’à deux ou trois lignes plus loin, en sorte qu’il faut éviter de choisir ces points pour exciser des portions de cette dernière membrane. Les vaisseaux et nerfs des paupières sont évidemment trop ténus pour donner lieu à des considérations pratiques.
Il importe de bien se rappeler la direction des conduits lacrymaux ; leur origine près des points
lacrymaux est d’abord perpendiculaire au bord libre des paupières dans l’espace d’une ligne environ ; alors seulement les conduits se recourbent à angle droit pour se diriger en dedans vers le sac lacrymal ; ces conduits , n’étant formés que par une muqueuse très-mince, sont facilement perforés par le stylet. C’est au grand angle de l’œil que l’on remarque le tendon de l’orbiculaire , ou ligament palpébral, transversalement placé au-devant du sac lacrymal, sur lequel il envoie des expansions fibreuses. Le sac lacrymal dépasse un peu en haut le tendon ; on arrive mieux encore à lui au-dessous du tendon , entre ce dernier et le bord concave de la gouttière lacrymale. En dedans , le sac lacrymal correspond à la gouttière lacrymale , qui est très-mince ; en dehors il est séparé de la caroncule lacrymale par une lame fibreuse; au-dessous de la caroncule on rencontre un peu en dehors le plancher de l’orbite, très-mince , et qui , étant perforé , pourrait conduire dans le sinus maxillaire, si l’on mettait de la maladresse dans l’opération de la fistule lacrymale. Le canal nasal , qui se continue en bas du sac lacrymal , est entouré en dedans , en arrière et en dehors par des lames osseuses très-fragiles, qui sont aisément perforées dans les opérations que l’on exécute sur cette partie.
Muscles. C’est à trois lignes en dedans de l’échancrure sus-orbitaire que se trouve la poulie de l’oblique supérieur; de là le tendon du muscle se réfléchit vers le globe de l’œil : sa position superficielle l’expose à des lésions, par exemple dans la section du nerf petit frontal. L’insertion de l’oblique inférieur à deux lignes en dehors du sac lacrymal , l’expose à être divisé dans l’opération de la fistule, si l’on porte l’instrument trop en dehors. Comme ces deux muscles embrassent le globe de l’œil, ils peuvent, en se contractant simultanément, vider l’humeur vitrée dans l’opération de la cataracte par extraction. Le même résultat peut être produit par la compression qu’exerceraient les quatre muscles droits en se contractant en même temps. Tous les muscles de l’orbite, à l’exception de l’oblique inférieur, viennent s’insérer au fond de la cavité orbitaire; c’est à ce point aussi que correspondent les troncs nerveux , en sorte que ces parties devront être divisées avec soin lors de l’extirpation du globe de l’œil.
L'artère ophthalmique entre dans l’orbite par le trou optique ; il est d’autant plus facile d’en faire la compression lors de l’extirpation de l’œil , qu’elle se trouve correspondre au sommet de la pyramide creuse que représente l’orbite, et que le nerf optique qu’elle accompagne n’est pas doué de sensibilité générale. Les veines accompagnent en général les artères; l’une d’elles fait communiquer le .sinus circulaire de la selle turcique avec la veine angulaire.
La glande lacrymale, placée dans la fossette et protégée par l’apophyse orbitaire externe, n’est que difficilement emportée en même temps que l’œil lors (le l’extirpation de ce dernier. Une grande quantité de tissu cellulaire mou et graisseux entoure tous les organes qui sont placés dans l’orbite.
Le globe de l’œil a 10 à 12 lignes de diamètre d’avant en arrière, et 9 à 11 dans les autres sens. La cornée transparente , un peu plus étendue transversalement que de haut en bas , se compose d’une série de lames entre lesquelles l’instrument pourrait passer dans l’opération de la cataracte par extrac-
lion , au lieu de pénétrer dans la chambre antérieure. La sclérotique , formée de fibres qui sont en général dirigées suivant Taxe de l’œil , est plus facilement percée par une aiguille dont les tranchants sont portés dans la même direction. C’est sur la choroïde que l’on voit s’avancer les vaisseaux et nerfs ciliaires , dont la direction est en général d’arrière en avant suivant Taxe de l’œil. Il y aura donc le plus de chances à ne pas les blesser dans l’opération de la cataracte par dépression , en enfonçant l’aiguille de manière à ce qu’un tranchant regarde en avant , l’autre en arrière. Les artères ciliaires longues qui sont les plus fortes , étant placées sur les extrémités du diamètre transversal de l’œil, seront évitées si l’on enfonce l’aiguille au-dessous de ce diamètre.
Comme l’érîs reçoit ses vaisseaux et nerfs par sa grande circonférence, il importe d’éviter les blessures de ce dernier point , toutes les fois que cela pourra se faire. Le cercle et le ligament ciliaires s’étendent au moins à une ligne en arrière de l’union de la cornée avec la sclérotique, l’aiguille doit donc être enfoncée au moins à une ligne et demie en arrière de ce point, pour éviter la blessure de ces organes.
La chambre antérieure de l’œil, étendue de la cornée à l’iris , a deux lignes environ de profondeur d’avant en arrière au milieu ; sa capacité diminue graduellement vers les bords , parce que la cornée, en se courbant en arrière , se rapproche de l’iris , qui est de beaucoup moins courbé, en sorte que, pour éviter la blessure de ce dernier, il faut enfoncer le couteau à une demi-ligne au-devant de la sclérotique. Elle est remplie par l’humeur aqueuse , qui s’étend encore à travers la pupille dans une petite portion de la chambre postérieure entre l’iris et le cristallin , espace qui a environ une demi-ligne de profondeur. Le cristallin est librement placé dans sa capsule , qui est assez résistante et qui adhère au corps vitré. Ce dernier n’étant plus solidement retenu quand le cristallin est extrait et sa capsule détachée , la moindre pression peut le faire sortir de l’œil.
Jj’orbite, formée d’un grand nombre d’os, offre à peu près la forme d’une pyramide quadrangulaire à base antérieure. Ses parois sont en général minces , surtout la supérieure , l’interne et l’inférieure , en sorte que les instruments que l’on porterait vers ces points avec peu de précaution , pourraient facilement être poussés dans les cavités crânienne , olfactive ou maxillaire. Il convient en outre de se noter la position des fentes sphénoïdale et sphéno-maxillaire , parce que le bistouri , venant à s’engager dans la première . pourrait blesser le cerveau ; ou bien l’artère maxillaire interne et le nerf maxillaire supérieur , en traversant la seconde.
Art. 4. Régions mentonnière et labiale.
hOipcau, épaisse au menton, un peu moins aux lèvres, très-mince là où elle s’infléchit vers la bouche, est dense, serrée, très-adhérente à la couche musculaire, sans que l’on puisse distinguer de couche cellulaire intermédiaire. Les muscles assez nombreux , à direction variée, entremêlés de beaucoup de tissu cellulaire graisseux et serré , adhèrent fortement à la peau et à la muqueuse vers le bord libre des lèvres; tandis que cette dernière membrane
ne leur est que faiblement unie au moyen d’un tissu cellulaire lamelleux là où elle s’approche de la base des rebords alvéolaires. Aussi les abcès de la région s’ouvrenl-ils ordinairement dans la bouche. Le frein de la lèvre supérieure retient davantage cette partie contre l’os de la ligne médiane que sur les côtés ; il importe donc de se rappeler cette disposition dans l’opération du bec de lièvre, où le frein doit être incisé , afin de pouvoir convenablement rafraîchir les bords de la division.
Les principales artères de la région sont : la mentonnière , qui sort par le trou de ce nom ; appuyée sur des parties solides, sa compression est facile. Les artères coronaires entourent l’orifice buccal à 3- 4 lignes du bord libre des lèvres ; elles sont plus rapprochées de la muqueuse que de la peau ; leur position en rend la compression ou la ligature aisée. L’artère de la cloison , fournie par la coronaire supérieure , est assez volumineuse pour que sa division ne soit pas à négliger. Parmi les nerfs , le mentonnier seul donne lieu à des considérations chirurgicales ; on arriverait facilement à lui en décollant la muqueuse au niveau de la dent première petite molaire.
Le squelette est formé par une portion des os maxillaires supérieurs et inférieur ; ce dernier , épais et compacte , résiste presque toujours aux causes fracturantes, malgré la saillie du menton, qui l’expose aux lésions extérieures. Les os maxillaires supérieurs , moins résistants , sont par contre moins exposés. Creusés intérieurement de l’antre d’Highmor , on arriverait aisément dans cette cavité en décollant la base de la lèvre supérieure derrière la dent canine, et en perforant l’os, qui dans ce point est très-mince. En décollant un peu plus haut, on arriverait au nerf sous-orbitaire , toutefois seulement après avoir divisé le muscle canin , qu’il serait difficile de ménager.
Art. 5. Cavité buccale.
La langue, libre dans la majeure partie de son étendue, est adhérente dans les deux tiers postérieurs de sa face inférieure. La membrane qui la revêt, serrée et peu extensible au dos de l’organe, devient mince, souple, peu adhérente à la face inférieure ; là elle forme en avant sur la ligne médiane le frein, qui, disait-on, est quelquefois trop court chez les enfants nouveau nés , ce qui les empêche de téter. Le tissu musculaire de la langue se composant surtout de fibres longitudinales , c’est de préférence dans ce sens qu’on y pratiquera les incisions. Les artères , dont la lésion pourrait avoir les suites les plus graves , sont les ranines , qui s’avaneent sous la langue jusqu’à la pointe, recouvertes seulement par la muqueuse , et enveloppées par du tissu cellulaire mou et extensible, qui leur permet de sc rétracter fortement lorsqu’elles ont été divisées. Les veines ranines, cjui, à cause de leurs anastomoses avec les veines des amygdales et du pharynx, peuvent être ouvertes avec avantage dans les cas d’inflammation de ces organes , sont placées sous la langue plus superficiellement et plus en dehors que les artères correspondantes.
Les glandes sublinguale et sous-maxillaire sont placées sous les côtés de la langue , recouvertes par la membrane muqueuse de la bouche, qu’il suffirait d’inciser pour mettre ces glandes à découvert, sur-
tout la première. Les (jlandes lymphatiques qui se iroiivent dans ce point, en se gonflant, peuvent d’ailleurs en imposer pour une tuméfaction des glandes salivaires. C’est sur les côtés du frein de la langue que s’ouvrent les conduits de Wharton, qui , venant à se dilater dans la grenouillette , soulèvent la pointe de la langue; l’artère ranine n’est rapprochée que de la partie du kyste qui touche la langue.
Les rebords alvéolaires, recouverts d’une muqueuse serrée , peu sensible , servent à l’implantation des dents. La paroi interne des alvéoles est plus courte et plus épaisse que la paroi externe , laquelle laisse quelquefois même voir les racines des dents à jour ; en sorte qu’en basculant les dents en dehors dans leur extraction, on risque beaucoup plus de briser l’os qu’en les renversant vers l’intérieur de la bouche. Au reste , la nature spongieuse du rebord alvéolaire supérieur explique pourquoi les fractures y sont plus fréquentes lors de l’extraction des dents , qu’<à la mâchoire inférieure. Les racines de la première ou de la deuxième grosse molaire supérieure s’élèvent vers l’antre d’Highmor, dont elles perforent souvent la paroi inférieure, en sorte que ces alvéoles offrent un moyen aisé de parvenir dans cette cavité.
La voûte du palais est recouverte d’une muqueuse très-dense, au-dessus de laquelle se trouve une couche de tissu cellulaire fibreux, entremêlé de glandes. La structure spongieuse des os dç la voûte palatine explique la facilité avec laquelle ils sont perforés par la carie.
En arrière , les parties molles de la voûte donnent naissance au voile du palais , dont la face postérieure est recouverte par une muqueuse qui se continue avec celle des fosses nasales. La muqueuse du voile du palais est molle et épaisse; au-dessous d’elle on trouve un tissu cellulaire dense , entremêlé de beaucoup de follicules et adhérent tant à la muqueuse qu’à la couchg musculaire qui est placée au centre du voile. La densité de tous ces tissus est une circonstance qui influe favorablement sur la réussite «le l’opération de la staphyloraphie. L’extrémité de la luette 'offre des tissus beaucoup plus lâches, en sorte qu’on la voit fréquemment s’infiltrer, se gonfler et s’allonger.
piliers du voile du palais logent dans leur intervalle les glandes amygdales , dont il importe de se rappeler ies rapports avec les gros vaisseaux du cou. La carotiile interne, dans l’état normal, est placée à 8-10 lignes en arrière et en dehors de l’amygdale; quand celle-ci est gonflée, elle petit s’en être rapprochée. Entre l’artère et la glande on trouve de dehors en dedans un plexus veineux, quel- ([ues filets nerveux, du tissu cellulaire et la paroi musculaire du pharynx. Il importe donc de ne pas incliner la pointe de l’instrument en dehors, dans les operations à pratiquer sur les amygdales; les nombreuses artères et veines que reçoivent les ton- .silles, fournissent une hémorrhagie assez considérable.
Art. g. Cavités nasale et pharyngienne.
La cloison du nez n’est pas toujours parfaitement droite; «luelquefois on la voit inclinée au point de toucher les cornets d’un côté. 'V ouverture des narines antérieures est dirigée en bas, comme aussi la portion la plus antérieure de la cavité nasale, qui re-
présente ici un canal de plusieurs lignes de long , ce qu’il importe de se rappeler quand on veut introduire des instruments dans le nez. La forme de la cavité du nez a été indiquée dans l’anatomie descriptive; mais nous avons à faire remarquer ici l’e.xtrême fragilité de la cloison du nez , des cornets du milieu de la paroi externe formée par l’os unguis et la lame papyracée de l’ethmoïde , et de la portion de la paroi supérieure qui correspond à la lame criblée de Tethmoïde : l’introduction des instruments dans le nez exige donc les plus grandes précautions; on les y glissera de préférence le long de la paroi inférieure, entre le cornet et la cloison médiane.
orifice de la trompe d’ Eustache se trouve à la partie supérieure et latérale du pharynx au niveau du méat moyen; on y arrive donc facilement par le méat inférieur au moyen d’une sonde dont le bec peut être relevé quand on a franchi les fosses nasales. On trouve au-dessus du pavillon de la trompe une fossette, dans laquelle la sonde s’engagerait si l’instrument avait été trop relevé. La longueur de l’espace compris entre la luette et les dents incisives supérieures, est à peu près la même que de celui qui s’étend des narines antérieures à la trompe d’Eustache.
Il est beaucoup plus facile de faire pénétrer par la bouche une sonde que l’on veut introduire ilans l’estomac , qu’en la passant par le nez, parce que les narines antérieures sont dirigées en bas, ce qui augmenterait beaucoup la courbure de l’instrument.
V ouverture laryngienne est placée à la partie antérieure du pharynx , au-dessous de l’isthme du gosier. On serait guidé dans la recherche de celte ouverture en se rappelant que la saillie du bord postérieur du cartilage thyroïde et celle des cartilages cricoïde et aryténoïde laissent entre eux de chaque côté de la glotte une gouttière notable , dans laquelle une sonde arrive aisément par les côtés de l’isthme du gosier. Alors, en remontant avec cette sonde qui glisse le long de la partie interne de la gouttière, on s’aperçoit que l’on est arrivé dans l’ouverture inférieure du larynx dès que le bout de l’instrument cesse d’éprouver la résistance de la gouttière ; il n’y a plus alors qu’à faire descendre la sonde dans la glotte.
Art. 7. Région de la joue.
La peau, fine , vasculaire du côté des pommettes , devient successivement plus épaisse à mesure qu’on se rapproche de la mâchoire. Le tissu cellulaire sous-cutané est dense , filamenteux . adhérent sur les pommettes. Dans la région massétérine il est divisé en deux lames, une superficielle, graisseuse, extensible, et une profonde, dense, fibreuse, adhérente au muscle. Dans la joue proprement dite cette couche est lâche , très-graisseuse ; elle s’étend autour de tous les muscles voisins, et elle se continue profondément avec le tissu cellulaire de la fosse temporale. La rayologie fait connaître les muscles de la région , dont il importe de se rappeler les directions lors des opérations que l’on y pratique.
Le canal de Sténon est à 8-9 lignes au-dessous de l’arcade zygomatique , en arrière ; en avant il est à 4 lignes au-dessous de l’os de la pommette ; l’artère faciale transverse le longe en haut; quelques rameaux du nerf facial l’accompagnent. Il perce le buccinateur à 4-5 lignes au-devant du masséler;
l’orifice buccal correspond ordinairement à la troisième dent molaire supérieure , à 4-!5 lignes au-dessous du point où la muqueuse des joues se replie sur les gencives.
'V artère, qui, dans la région, offre le plus d’intérêt chirurgical, c’est la faciale , qui passe dans la joue par-dessus le bord de la mâchoire , au-devant du masséter. On la trouve aisément en se guidant d’après la partie antérieure de la dépression que l’on remarque au bord inférieur de la mâchoire. La veine faciale recouvre l’artère en dehors ; quelquefois elle est placée un peu en arrière. On se rappellera que cette veine , au lieu d’accompagner l’artère dans la face, provient en droite ligne du grand angle de l’œil. On trouverait le nerf sous-orhitaire , à son entrée dans la face, à 3-4 lignes au-dessous du rebord orbitaire inférieur, à peu près vers le milieu de ce rebord ; l’artère correspondante est placée plus superficiellement; quelquefois cependant elle est située entre les faisceaux du nerf. Les autres nerfs de la joue , bien que nombreux, ont une position trop peu constante pour que nous ayons à nous en oecuper ici. Il suffit de se rappeler et la marche tortueuse de X'artère maxillaire interne et le grand nombre de branches qui en partent , et les nerfs importants qui occupent avec elle la fosse ptérygomaxillaire, pour concevoir la gravité des plaies qui y pénètrent et l’impossibilité d’y pratiquer des opérations.
Le squelette nous offre l’os de la pommette que sa saillie non protégée expose à des fraetures assez fréquentes, malgré sa solidité. Cette dernière circonstanee manquant pour l’arcade zygomatique, ses fractures sont plus fréquentes encore. Au-dessous et en devant nous trouvons la paroi antérieure et mince de l’antre d’Highmor , qui est parcourue par les nerfs dentaires antérieurs. L’os de la mâchoire inférieure venant à être fracturé dans sa portion horizontale , le fragment postérieur est tiré en haut par les élévateurs qui y restent fixés, tandis que les abaisseurs insérés en avant tendent à tirer le fragment antérieur en bas. Les attaches du masséter empêcheraient les déplacements des os dans les fractures de la branche de la mâchoire. Si le col de l’os était rompu , le ptérygoïdien externe entraînerait l’extrémité inférieure du fragment supérieur en avant; l’artère maxillaire interne qui passe en dedans du col , pourrait alors être déchirée. L’apophyse coronoide venant à être fracturée , le temporal l’entraînerait en haut. Quant aux luxations de la mâchoire, elles ne peuvent pas avoir lieu en arrière, parce que le condyle est arrêté par l’apophyse styloïde; ni en dedans à cause de l’épine du sphénoïde; ni en dehors, par la même raison, parce que les deux branches sont liées entre elles, à moins qu’il y ait fracture. Mais en avant, les luxations sont faciles dans la fosse zygomatique, parce que dans l’abaissement le condyle tend à se mouvoir autour de la racine transverse de l’apophyse zygomatique.
Art. 8. Oreille.
L’angle que forme en arrière le pavillon de l’oreille avec la tête, influe beaucoup sur la finesse de l’ouic ; l’angle le plus favorable est de 45“ : il est rare que l’ouïe soit bonne si l’angle a moins de 20“.
La peau du pavillon est mince et fine. La couche
sous-cutanée , celluleuse , dépourvue de graisse , adhère plus profondément à une lame cellulo-fibreuse très-dense , qui s’insère sur le périchondre. Le cartilage, flexible, élastique, .donne la forme au pavillon. Le lobule, toutefois, offre cette différence, que les tissus y sont plus motis, plus vasculaires, que le tissu cellulaire y contient de la graisse, et qu’il n’y a pas de cartilage.
Le conduit auditif est long d’un pouce, courbé à concavité inférieure , plus étendu de haut en bas qu’en travers , plus ample à ses deux extrémités qu’au milieu. Cette dernière cireonstance fait que les corps étrangers , une fois introduits , tendent à rester dans le fond du conduit. Les incisures de Santorini livrent parfois passage au pus d’abcès situés dans le voisinage du conduit , après la destruction du tissu fibreux qui les ferme.
Le marche du marteau étant enchâssé dans la moitié supérieure de la membrane du tympan , et la corde du tympan passant en dedans de la moitié postérieure de la membrane, c’est le quart antérieur et inférieur qu’il faut ehoisir pour perforer celte dernière sans courir le risque de léser d’autres parties.
Les autres parties de l’oreille sont trop reculées pour être soumises à des opérations. D’ailleurs l’anatomie descriptive en indique la disposition.
Art. 9. Région parotidienne.
La peau y est fine et assez extensible. La couche sous-cutanée offre une lame superficielle assez dense, parcourue par quelques fibres du peaucier , et une lame profonde, très-dense, fibreuse, continuée de celle qui recouvre le masséter, le temporal et le sterno-cléido-mastoïdien ; cette lame profonde adhère à la parotide, qu’elle enveloppe en entier et autour des lobes de laquelle elle envoie autant de prolongements qui les brident. La parotide est traversée de part en part par le nerf facial ; en bas et en arrière elle l’est par l’aceessoire de Willis. La veine faciale postérieure la recouvre en dehors , et quelquefois elle en traverse la partie la plus superficielle. La plupart des ramifications et le tronc luimême de la carotide externe la touchent en avant ou en dedans; ce dernier est même quelquefois enveloppé par un prolongement profond de la glande, qui appuie alors sur le nerf glosso-pharyngien , sur la jugulaire interné et la carotide interne. Plus profondément se trouvent les. nerfs grand hypoglosse , vague, grand sympathique, etc., mais qui n’ont plus de rapports aussi directs avec la glande.
Le nerf facial peut être trouvé au sortir du trou stylo-mastoïdien , entre la parotide et l’apophyse mastoïde , au milieu d’une ligne tirée entre l’extrémité de eette apophyse et le conduit auditif; il est à si.x lignes de profondeur et obliquement dirigé en bas, en avant et en dehors. L’artère auriculaire postérieure sera évitée en ne pas trop se rapprochant de l’apophyse mastoïde sur laquelle elle est appliquée. La branche supérieure du facial remonte comme pour se porter sur le milieu de l’arcade zygomatique; on la découvrirait par une petite incision oblique en bas et en arrière , faite sur le col de la mâchoire à huit lignes au-dessous de l’arcade zygomatique ; l’artère faciale transverse est sur le trajet de l’incision; le nerf n’est d’ailleurs recouvert
que par la peau , l’aponévrose et une couche mince de parotide.
La parotide est environnée de toutes parts par de nombreuses ijlandes lympathiques , qui venant à se tuméfier , peuvent en imposer pour un gonflement de la glande elle-même.
Le grand nombre de vaisseaux, tant artériels que
veineux, de la région parotidienne, explique les fortes hémorrhagies qui suivent les plaies de cette partie. A ce sujet il est bon de faire remarquer que , la parotide n’appuyant pas en dedans sur des parties résistantes , le tamponnement ne réussit pas ordinairement.