‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 3 sur 70 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

choses égales d’ailleurs. Cuvier et Magendie sont d’importantes autorités. £n parlant des lobes cérébraux comme du siège où toutes les sensations prennent une forme distincte et laissent des impressions durables, Cuvier ajoute que l’anatomie comparée ne laisse aucun doute sur la proportion constante qui existe entre le volume de ces lobes et le degré de V intelligence des animaux; proclamant ainsi l’influence du volume des organes cérébraux aussi distinctement que Gall lui-même l’avait fait. Il faut remarquer que dans ce cas Cuvier exprime les sentiments de Portai, de Berthollet, de Pinel et Duméril, qui formaient avec lui une commission , en 1822 , pour examiner les travaux de M. Flourens et en faire un rapport à l’Académie. En vérité , tous les essais antérieurs faits pour découvrir les fonctions du cerveau confirmèrent révidence de ce principe. L’angle facia) de Camper fut inventé pour montrer que plus l’angle se rapproche de l’angle droit , ou en d’autres termes, plus le front est vaste et prééminent, plus les facultés intellectuelles sont développées. La méthode de l’examen comparatif du volume absolu du cerveau dans les différents animaux , comme indice de leurs capacités , repose sur la même supposition. Les expérimentateurs qui estimaient le volume du cerveau relativement à la masse des nerfs, de la moelle épinière et du cervelet, partaient tous du principe que l’énergie do la fonction était uniformément proportionné, tou-

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tes choses égales d’ailleurs, au volume de l’organe.

Le principe de la masse comme mesure des facultés, qui est presque généralement admis relativement au cerveau, est également applicable aux parties qui le composent; ce sujet est au moins digne des recherches du philosophe, et tout le système phrénologique repose sur les connaissances de cette nature obtenues par l’observation.

C’est pourquoi le phrénologiste compare le développement cérébral avec la manifestation des facultés intellectuelles, dans le but de découvrir les fonctions du cerveau ainsi que les organes de l’esprit. Cette méthode d’investigation est conforme aux principes de la philosophie d’induction, et est exempte des objections qui accompagnent les recherches anatomiques et métaphysiques.

Un organe de l’intelligence est un instrument matériel , à l’aide duquel l’esprit devient successivement actif et passif.

L’esprit est généralement regardé comme un être simple, dont la substance ou l’essence est inconnue. La nature l’a doué de facultés précieuses et d’un vaste appareil d’organes qui lui permet de manifester et d’entrer dans dilfférents états. C’est ainsi, par exemple, que l’esprit voit et entend par les moyens des nerfs optique et auditif, qu’il éprouve le sentiment de la peur par l’intermédiaire de l’organe de la circonspection et qu’il

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raisonne à l’aide de l’organe de la causalité. La faculté de voir dépend de la perfection des nerls optiques, comme celle de sentir la beauté est relative à la perfection de l’organe de l’idéalité. Le nerf optique , lorsqu’il est stimulé par la lumière, détermine dans l’esprit l’état actif qu’on appelle voir, de même que l’organe de la bienveillance excité par la vue d’un être souffrant , fait naître l’état qu’on nomme compassion.

Les étals de l’esprit sont simples ou composés. L’état simple provient de l’action d’un seul organe du cerveau sur l’esprit ; l’action de voir est un état simple produit par l’activité des nerfs optiques. Les états composés sont déterminés par l’action simultanée de plusieurs organes sur l’esprit. Je suppose qu’une insulte soit faite à quelqu’un dans une assemblée publique ; l’estime de soi fera naître le sentiment de la dignité offensée, et la destructivité donnera le désir de la vengeance; la vénération produira le respect et la crainte pour les personnes présentes , tandis que la circonspection et l’approbativité occasionneront la peur de les offenser : toutes ces émotions opposées peuvent exister ensemble. L’esprit , simple par lui-même , peut donc , à l’aide de la pluralité des organes, exister dans un état de relation complexe avec les autres organes.

Le mot faculté est consacré pour exprimer l’état particulier dans lequel se trouve l’esprit lorsqu’il est influencé par les organes; il s’applique

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aussi bien aux sentiments qu’à rintelligence; aussi, la faculté de la bienveillance signifie tous les modes de sentiments bienveillants produits par l’organe de la bienveillance.

Les propositions suivantes résultent des faits précédents :

1° Les facultés de l’esprit sont multiples;

2“ Le cerveau est l’instrument matériel par le moyen duquel l’esprit agit et est impressionné ; il est une agrégation d’organes.

Le cerveau consiste en deux hémisphères , séparés par une forte membrane , appelée la faux de la dure-mère. Chaque hémisphère est une agrégation de parties, et chaque partie sert à la manifestation d’une faculté particulière. Les deux hémisphères, sans être exactement symétriques, se correspondent généralement pour la forme et les fonctions; il y a donc deux organes pour chaque faculté , un par hémisphère. Le cervelet de l’homme est situé au-dessous du cerveau; une membrane épaisse, appelée la tente, les sépare l’un do l’autre; mais ils sont liés avec la moelle allongée, et unis entre eux par l’intermédiaire de ce corps.

Chaque organe s’étend de la moelle allongée, ou partie supérieure de la moelle épinière, à la surface du cerveau ou du cervelet; et chaque individu possède tous les organes à un degré plus ou moins fort.

4° La puissance de manifestation de chaque or-

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