PRÉLIMINAIRES
gane (toutes conditions égales d’ailleurs) est en rapport avec le volume des organes. La puissance et l’activité sont deux choses distinctes. Le volume paraît indispensable à la puissance; car on n’a jamais trouvé un très-petit cerveau avec un esprit très-remarquable. On commet fréquemment l’erreur de supposer que le volume absolu , c’est-à-dire le volume indépendant de la santé , de la constitution et de l’exercice, est une mesure de puissance; mais les phrénologistes ne professent point cette doctrine. JVous entrerons dans de plus grands détails dans le cours de cet ouvrage.
Le volume d’un organe se mesure par sa Iongueur et sa largeur. Sa longueur se calcule par la distance de la moelle allongée, à la surface extérieure du cerveau. Une ligne tirée à travers la tête , d’un conduit auditif à l’autre, passerait presque au milieu de la moelle allongée, mais un peu en avant; ainsi la longueur d’un organe se mesure de la ligne de l’oreille à la circonférence. Sa largeur est indiquée par son expansion à sa surface. On peut comparer un organe à un cône renversé, dont le sommet est à la moelle allongée, et la base à la surface du cerveau; plus la base sera large , plus la distance entre celle-ci et le sommet sera considérable, plus le volume ou la quantité de matière qu’il contiendra sera considérable.
Il y a des parties à la base du cerveau, au milieu et dans les régions postérieures , dont le vo-
OBSEBVATIOHS
lume ne peut être découvert pendant la vie» et dont, par conséquent, les fonctions sont encore inconnues. Par analogie et d’après quelques faits pathologiques, on suppose qu’ils sont les organes des sensations de la faim , de la soif, du chaud , du froid, et de quelques autres facultés afifectives de l’esprit, dont les organes cérébraux n’ont point été découverts; mais l’évidence démonstrative manque ici, et cette conjecture n’est établie que pour engager à faire des recherches.
Les phrénologistes considèrent l’homme par lui-même et le comparent aussi avec d’autres animaux. Lorsque les animaux d’un ordre inférieur manifestent les mêmes penchants et les mêmes sentiments que l’homme, les facultés qui les produisent sont dit^ communes aux deux genres.
Une faculté est admise comme primitive :
1° Lorsqu’elle existe dans une espèce d’animaux, et non dans une autre;
2° Quand elle varie dans les deux sexes de la même espèce;
3® Quand elle n’est pas proportionnée aux autres facultés du même individu.
4® Quand elle ne se manifeste pas simultanément avec les autres facultés; c’est-à-dire, lorsqu’elle apparaît ou disparaît de meilleure heure ou plus tard que les autres facultés ;
6“ Quand elle peut agir ou se reposer séparément;
PRiLIVTICAlRSS. 27
6** Quand elle se transmet distinctement dès parents aux enfants;
7“ Enfin, quand elle peut conserver séparément son état propre de santé ou de maladie.
L’histoire de la découverte de chaque faculté et de ses organes est décrite dans l’ouvrage inquarto du docteur Gall, intitulé Physiologie du cerveau, qui contient aussi les preuves de plusieurs de ces facultés. L’ouvrage du docteur Spurzheim ayant pour titre le Nouveau système Physiognomonique, renferme beaucoup de faits; mais on en trouvera un plus grand nombre dans les transactions de la Société phrénologique et dans le Journal de phrénologie d’Édimbourg (1). Les bornes de ce livre ne nous permettent point de les passer en revue. Notre but n’est point ici de rapporter les preuves sur lesquelles la phrénologie est fondée; nous renvoyons le lecteur aux sources que nous venons d’indiquer, et à l’étude de la nature, qui est toujours à sa portée; car la conviction est le résultat de l’observation.
Lorsque les deux organes d’une faculté sont situées immédiatement sur les côtés de la ligne'
(i) Le Joomal de la Société phrénologique de Paris contient aussi des faits intéressants et instructifs. Il est destiné à répandre la phrénologie en France , et à recueillir successivement les nouveaux faits qui se présenteront en faveur de cette science. (F.)
OBSERVATlOnS
médiane que sépare les.hémisphères cérébraux, ils sont réunis en un seul sur les bustes et sur les gravures. Pour éviter des circonlocutions on se servira de l’expression, organe d’une faculté, mais par là on entendra les deux organes.
* Les têtes et les crânes, auxquels nons renverrons le lectenr pendant le conrs de cet ouvrage , pour faire connaître les difTérentes formes de tètes et les organes particuliers , se trouvent dans la Collection de Gall , déposée au Cabinet d'histoire naturelle du Jardin des Plantes de la ville de Paris, et dans celle de la Société Phrénologique de Paris. On peut s’en procurer des exemplaires moulés en plâtre au Cabinet de phrénologie, rue de l’École-de-Médecine, n. 4-
OKsns 1.
FACULTÉS AFFECTIVES
Genre — pENCHAirts.
Les facultés comprises dans ce genre ne forment point les idées; leur seule fonction est de produire un penchant d’une espèce particulière. Elles sont communes à l’homme et aux animaux.
(A.*) Alimetititét
ou organe de Vinstinct de l’appétit.
Dans les moutons, on voit les nerfs olfactifs, qui sont très-gros, se terminer dans des circonvolutions cérébrales, situées à la base du lobe moyeu du cerveau, contiguës et immédiatement au-dessous de la région occupée par les organes de la destructivité dans les animaux carnivores. Le mouton est guidé, dans le choix de sa nourriture
PBSCnAKTS
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par le sens de l’odorat; et pendant plusieurs années, j’ai émis l’opinion, dans mes cours de phrénologie, que ces parties peuvent être considérées comme les organes de l'instinct qui porte l’animal à prendre de la nourriture. M. Crook a communiqué la même idée au docteur Spurzheim, et le docteur Hoppc de Copenhague a publié deux mémoires importants sur ce sujet, dans le Journal phrénologique. « J’ai été conduit, dit le docteur Hoppe, à penser que le lieu où les diflérents degrés du développement de l’organe de l’alimentivité se manifestent pendant la vie, est dans la fosse zygomatique, précisément sous l’organe de l’acquisivité, et au-devant de celui de la destructivité. » Lorsque l’organe est prononcé, la tête est large dans cette partie; mais il faut éviter de confondre ce développement avec celui des os maxillaires. Le muscle temporal couvre l’organe; son épaisseur doit être prise en considération. Il n’y a que des probabilités sur l’existence de cet organe; sa place est marquée, et elle est indiquée sur la gravure par la lettre A.
* L’organe de l’alimentivité est un des nouveaux organes que je suis porté à admettre positivement. Lorsqu’en 182â je moulais pour Gai 1 des cerveaux de moutons et de bœufs, je lui fis la remarque que les circonvolutions antérieures des lobes moyens étaient très -développées dans ces animaux, et j’ajoutai que M. Demangeon, tout
AUMS5TIV1TÉ.
en plaisantant, dans sa critique de l’organe de l’instinct carnassier, pouvait bien avoir raison de • dire qu’il devait rester au fond du sac quelque ‘ organe pour mettre les herbivores et autres en rapport avec leurs aliments. Gall, dans sa réponse (vol. IV, p.'84), écrivit « qu’il n’admettrait un organe frugivore que quand il serait en état d’en préciser les parties cérébrales, ou de démontrer que l’instinct de se nourrir des animaux herbivores n’étaii autre chose qu’une modification, qu’une augmentation d’un instinct général nourricier. » Il n’était pas éloigné d’admettre cet organe. Depuis ce temps-là j’ai observé que généralement les personnes qui aiment labonne chère et les bons dîners ont la tête très-large à la région de l’arcade xygoraatique, et que, pour le contraire, les personnes qui sont indifierentes pour leur alimentation ont la tête rétrécie dans cette région. Spurzheim, dans son Manuel de phrénologie, a admis cette faculté, et l’a placée à la tête des penchants, comme nous venons de le faire. En effet, l’alimentation doit être la première des (acuités instinctives, et ne peut avoir lieu qu’au moyen d’une organisation cérébrale déterminée.
* L’organe est développé chez Mirabeau, Quidant; chez les suppliciés Benoit, Ghoffron, Boutellier, etc.; faible chez Benty-Goss, Airy, Eustache Belin.
PlItCHAIfTS.