Esprit au Gaîté
Chacun sait ce qu’on entend par esprit, et cependant aucun mot ne présente plus de difficulté dans sa définition. — Le docteur Gall fait la remarque, que pour donner une juste idée de la faculté, il n’a point trouvé de meilleure méthode que de la décrire comme le caractère intellectuel prédominant de Rabelais, Cervantes, Boileau, Racine, Swift, Sterne et Voltaire. Dans tous ces auteurs et dans beaucoup d’autres qui ont montré un talent semblable, les parties antérieures supérieures latérales du front sont proéminentes et bombées. — Lorsque le développement de l’organe est très-considérable, la faculté est accompagnée d’une disposition irrésistible à considérer tous les objets sous un jour plus gai. Unie avec de larges organes de la combativité et de la destructivité, elle porte à la satire ; les amis même sont alors sacrifiés au goût de la plaisanterie. Elle fait aussi la base du talent pour les épigrammes. Les individus chez lesquels cet organe est petit , regardent l’esprit comme une impertinence et s’en trouvent même offensés. Elle est fortement aidée par la comparaison, qui suggère des analogies et des ressemblances.
Cette faculté est regardée comme intellectuelle
IMITATIOIT.
dans Fourrage anglais de Spurzheim ; mais dans son ouvrage français, imprimé postérieurement, il la considère comme un sentiment. Il pense qu’elle détermine la gaîté , et produit la tendance à représenter les objets sous cet aspect, de la même manière que l’idéalité donne le sentiment du beau , et la tendance à élever et à embellir toutes les conceptions de l’esprit. Sous ce point de vue, l’esprit consisterait dans des conceptions formées par les plus hautes facultés intellectuelles, unies avec ce sentiment. M. Scott a donné une belle analyse de Vamour. Ge talent résulte de la sécrétivité combinée avec l’esprit ; la première donnant la finesse, la seconde la gaîté, qui, combinées, constituent f amour . — L’imitation est d’un puissant secours pour ces facultés, coproduisant des effets de gaîté. L’organe de l’esprit est large chez Henri IV, Sterne, Voltaire, Gall, et il est petit chez Grébillon, JII. Hume , M. Cousin , et les Indous , etc.