SOS
amour de l’approbation et une conscienciosité très-faibles, l’individu est porté à satisfaire des sentiments intéressés, sans égard pour la bonne opinion ou les justes droits de la société. L’estime de soi unie à l’amour de l’approbation et à la conscienciosité, également prononcée, produisent ensemble ce respect de soi qui est essentiel à la dignité du caractère, et cette indépendance de sentiments sans laquelle la vertu même ne saurait se soutenir.
Si un large organe de la circonspection est uni à un organe faible de la combativité, l’individu sera extrêmement timide. La combativité est-elle large et la circonspection petite, une intrépidité irréfléchie en sera le résultat, La combativité et la circonspection également développées produisent un courage réglé par la prudence; si la eirccmspection, la conscienciosité, l’estime de soi, la secrétivité et l’approbativité sont larges, la timidité ou la mauvaise honte en sera la conséquence. Ce sentiment découle de la crainte de ne pas se conduire convenablement et de compromettre sa dignité personnelle.
Lorsque la vénération et l’espérance sont larges, la conscienciosité et la bienveillance petites, l’individu aimera naturellement les actes d’un culte religieux, mais il sera détourné de pratiquer la charité et la justice. Si les proportions sont changées, le résultat sera une disposition naturelle à la charité et à la justice, sans
COHBlNAISOn
grande tendance à l’exercice de la dévotion. Si les quatres organes sont larges, l’individu sera naturellement porté à rendre hommage à Dieu, et à remplir ses devoirs enversleshommes. Si les organesde la vénération, de l’acquisivite et de l’amour de l’approbation sont développés, le premier sentiment se dirigera vers les supérieurs en rang et en puissance, comme moyens de satisfaire le désir des richesses et d’obtenir l’influence qui est attachée aux dernières facultés; si la vénération est petite, l’estime de soi et la fermeté larges, l’individu fera peu d’attention aux supérieurs.
Les facultés intellectuelles tendent naturellement à satisfaire les penchants et les sentiments dominants. Lorsque les organes qui constituent le génie de la peinture sont eombinés avec une grande acquisivité, l’individu peindra pour devenir riche ; si l’acquisivité est petite et l’amour de l’approbation grand, il travaillera pour la réputation, et mourra de faim pour l’obtenir.
Les talents pour les différents travaux intellectuels dépendent de la combinaison des facultés perceptives et réflectives dans certaines proportions. La forme, l’étendue, le coloris, l’individualité, l’idéalité, l’imitation et la secrétivité très-développés , unis à un petit organe des localités , constitueront un peintre de portraits , mais ne feront point un paysagiste. Diminuez la forme et l’imitation , augmentez la localité; vous
Elf VOLOHE.
aurez un peintre de paysages. L’individualité , la comparaison, la causalité et l’organe du langage également développés, produisent un auteur ou un orateur ; si l’organe du langage est petit, les autres facultés seront plus portées à se livrer aux affaires de la vie, ou à la philosophie abstraite.
Le principe de cette règle résout des cas qui paraissent souvent inexplicables à l’observateur superficiel. Chez le quaker Geddes, peint par l’auteur de Waverley, dans Redgauntlct (et il y abeaucoup d’individus semblables dansla nature) la combativité et la destructivité sont tenues en échec par les sentiments moraux et la réflexion, qui ne leur permettent , dans aucun cas , de repousser la violence par la violence. On demande souvent alors ce que deviennent les organes? la réponse est facile; ils sont présents et remplissent leurs fonctions accoutumées. L’individu dont il s’agit, est représenté eomme un type d’intrépidité morale et d’énergie de caractère : tel est en effet le résultat de la combativité et de la destructivité, dirigées par des facultés supérieures; si ces organes étaient petits et ceux des facultés plus nobles très-développés, il y aurait défaut dans les qualités actives et énergiques de l’esprit. Ainsi donc , dans aucun cas il n’est indifférent pour les dispositions et le caractère de l’individu, que les organes soient grands
COMBin&ISON
ou petits. Pour apprécier l’effet produit sur le caractère pur un grand organe , dont les manifestations paraissent supprimées, nous devrions considérer ce qui aurait lieu si l’organe était petit, tandis que tous les autres conserveraient leurs proportions originales.
Troisième règle. Lorsque tous les organes paraissent dans des proportions égales, l’individu, s’il est abandonné à lui-même , présentera des contrastes dan^ sa conduite, suivant que les penchants animaux ou les sentiments moraux feront pencher la balance. 11 passerasa vie à commettre des fautes et à se repentir. Si une influence extérieure agitsur lui, sa manière d’être en sera considérablement modifiée; si par exemple, il est placé sous une discipline sévère et sous un frein moral, la balance sera alors en faveur d^ sentiments nobles; s’il est exposé aux sollicitations de compagnons débauchés, les penchants animaux triompheront à leur tour. Maxwell, qui a été exécuté pour vol avec efl'raction, est un exemple de cette combinaison. Cher lui les trois ordres d’organes sont très-développés; aussi, pendant tout le temps qu’il fut soumis à la dicipline militaire, il conserva une belle réputation; mais lorsqu’il tomba dans la compagnie des voleurs, il adopta leurs mœurs et fut pendu.
Les principes qui viennent d’être posés écartent une objection qu’on a fréquemment faite , et que nous allons reproduire. Puisque, dit-on,
EN VOItBE.
les combinaisons différentes modifient la manière dont les fiicultés se manifestent, et que d’ailleurs les fonctions des parties situées à la base du cerveau ne sont pas encore connues, il ne peut y avoir de certitude relativement aux fonctions mêmes des parties plus élevées ; parce que , continuent les critiques , toutes les manifestations actuellement perçues peuvent être le résultat de l’action des parties connues et inconnues, et que, par conséquent , il est impossible de déterminer les fonctions spécifiques de chaque organe. — Voici notre réponse : la fonction de chaque organe reste invariable, quelle que soit la direction de ses manifestations, par suite de sa combinaison avec les autres organes. Si donc nous supposons que les parties inconnues de la base du cerveau sont les organes de la faim et de la soif, comme plusieurs faits tendent à l’indiquer, alors le ton, combiné avec ces organes bien développés, portera l’esprit aux chansons bachiques; s’il est uni avec ces organes faiblement prononcés, tandis que la vénération est développée , les hymnes deviendront les objets de ses manifestations , mais, dans l’un et l’autre cas, le ton n’accomplira que sa fonction primitive de produire la mélodie.
COHBUIAISON
Combinaisons en activité.
Lorsque plusieurs organes sont développés chez le même individu, ils ont une tendance naturelle à entrer dans une combinaison d’activité , et à diriger cette activité dans une ligne de conduite calculée pour les satisfaire tous. Si tous les organes ou la plupart d’entre eux existent chez lui dans des proportions à peu près égales, d’importants eÉFets pratiques peuvent être produits, on établissant des combinaisons d’activité parmi les organes en particulier ou groupes d’organes. Par exemple, si l’individualité, la causalité, la comparaison et le langage, sont tous prononcés, ils tendront naturellement à agir ensemble, et le résultat de leur activité combinée sera un talent naturel pour les harangues ou la composition littéraire. Si l’organe du langage est petit , il sera extrêmement difficile d’établir cette combinaison d’activité, et le talent naturel n’existera point. Mais si l’on prend deux individus chez lesquels ce groupe d’organes soit d’un volume égal, et si l’on met l’un dans les arts mécaniques et l’autre dans le barreau, chez le dernier les organes des facultés réflectives et du langage agiront ensemble, et la conséquence sera une faculté exquise d’écrire oude discuter, tandis que chez le