‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 58 sur 70 · EN ACTIVITÉ · texte numérisé non relu

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premier , l’organe du langage n’étant pas habitué à agir de combinaison avec ceux de l’intelligence, cette facilité manquera entièrement. D’après ce principe, si une personne ayant un beau développement des organes des penchants, des sentiments et de l’intelligence, était introduite pour la première fois dans une société plus distinguée que celle qu’elle a coutume de fréquen- ‘ ter, il pourrait arriver qu’elle perdît pour un moment l’exercice de ses facultés, et qu’elle se montrât gauche et embarrassé : ceci résulterait de l’action irrégulière des divers organes et facultés. La vénération, puissamment excitée, la porterait à manifester un respect profond; l’amour de l’approbation lui inspirerait un vif désir de montrer un extérieur agréable et engageant; la circonspection ferait naître en elle la crainte de paraître manquer d’éducation. Mais lorsque, familiarisés avec la situation, les sentiments agiraient d’une manière moins énergique et plus régulière, l’intelligence reprendrait alors la suprématie, régulariserait et dirigerait les sensations qui l’avaient autrefois subjuguée, et l’individu pourrait alors devenir l’idole et l’ornement du cercle où il avait fait d’abord un début maladroit.

C’est en vertu de ce principe que l’éducation produit ses effets les plus importants. Si, par exemple, on prend deux individus dont les organes soient développés à un degré égal, et que l’un

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d’eux ait été élevé par des personnes sordides et mercenaires, l’acquisivité et l’estime de soi se montreront chez lui dans un haut degré d’activité, et l’intérêt personnel et l’amour de l’agrandissement seront alors consi dérés comme les bats principaux de la vie. Si l’amour de l’approbation entrait en combinaison d’activité avec ces facultés, il désirerait les distinctions que donnent les richesses et le pouvoir; si la vénération agissait de concert avec elles, il admirerait les riches et les grands; et si la conscienciosité n’avait pas une énergie prédominante, elle lui ferait seulement comprendre que de tels desseins, sans en avoir le pouvoir d’elle-même, ne peuvent vaincre ou surveiller toutes les combinaisons des facultés contraires. Si un autre individu, offrant le même développement, était conduit dans une société morale et religieuse, qui aurait pour principe immuable de conduite la pratique de la bienveillance et de la justice envers les hommes, et la vénération envers Dieu, l’amour de l’approbation, agissant avec cette combinaison, ferait paaître en lui l’estime pour les actions honorables jet vertueuses, et l’acquisivité serait considérée comme le moyen de satisfaire ces nobles facultés. La conduite pratique de ces deux individus serait très- différente par suite de la diversité des sociétés.

Le principe contesté n’est donc pas contraire à l’influence du volume, puisque ce n’est que chez

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les individus qui ont des organes égaux pour le volume ou à peu près égaux , que les combinaisons d’activité peuvent produire d’aussi grands effets. Dans ces cas, le phrénologiste, en appréciant les effets du volume, s’informera toujours du genre d’éducation.

La doctrine des combinaisons d’activité explique plusieurs autres faits intellectuels d’une na* ture intéressante. En examinant les têtes des classes élevées et inférieures de la société, nous ne voyons pas les organes animaux l’emporter à un degré sensible, sous le rapport du volume, cher les derniers, et les sentiments moraux chez les premiers. La politesse exquise qui caractérise les rangs élevés est le résultat d’une harmonie soutenue dans l’action des différentes facultés, et snécialement dans celles des sentiments moraux

long temps cultivés; tandis que la rudesse qu’on observe dans quelques-unes des classes inférieures provient de la prédominance de combinaison active dans les penchants animaux; la maladresse qui les caractérise souvent, naît des penchants, des sentiments et de l’intelligence qui ne sont pas habitués à agir ensemble. Si cependant un individu est dépourvu d’organes nobles , il restera un personnage vulgaire, quoiqu’il soit né et qu’il ait été élevé dans la meilleure société, et malgré tous les efforts qu’on fera pour le polir et le perfectionner; tandis qu’au contraire , si l’individu possède un développement favorable des

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organes des sentiments nobles et de l’intelligence, dans quelque rang qu’il se trouve, il portera le cachet de la noblesse.

Plusieurs phénomènes moraux , qui étaient des énigmes complètes pour les anciens métaphysiciens, sont expliqués par ce principe. Le docteur Adam Smith , dans sa Théorie , chapitre II, « De V influence de la fortune sur les sentiments du genre humain, relativement au mérite ou au démérite des actions, » établit le cas suivant ; Une personne jette une grosse pierre par-dessus la muraille dans la rue, sans avertir ceux qui passent, et sans regarder où elle peut tomber; si elle touche la tête d’une personne et qu’elle lui brise la cervelle, l’offenseur sera sévèrement puni; mais si elle tombe sur le paré, sans faire mal à personne, la même punition nous révoltera, quoique nous la regardions comme juste dans le premier cas ; et cependant le délit est le même dans les deux exemples. Le docteur Smith n’explique point ces différences de détermination morale. Le phrénologiste , au contraire, cherche à les faire comprendre. Si la pierre tombe sur un malheureux passant, la bienveillance est indignée chez le spectateur; si le blessé a une femme et une famille, la philogéniture et l’affectionivité sont offensées. L’estime de soi et la circonspection sont également excitées, par l’idée que nous aurions pu partager le même sort; elles éveillent la destructivité, et toutes ensemble demandent

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hautement qu’une forte punition soit infligée au coupable. Dans l’autre cas, lorsque la pierre tombe à terre et ne blesse personne, les seules facultés mises en jeu sont l’intelligence, la conscienciosité, et probablement la circonspection, celles-ci examinent tranquillement le motif du coupable, qui probablement n’a agi que par légèreté, et elles ne réclament contre lui qu’une faible punition. La sentence, dans ce cas, est celle qui serait prononcée par l’intelligence et les sentiments moraux agissant en combinaison, sans être influencée par les penchants animaux.

De même, lorsqu’une personne devient juge dans sa propre cause , l’estime de soi, 1 acquisivité, et probablement la combativité et la de^ tructivité, excitées par la conduite de la partie opposée, unissent leur influence à celle de la conscienciosité, et leur résultat est souvent une détermination contraire à la justice. Si un individu neutre est désigné comme juge, la conscienciosité et l’intelligence sont seules mises en activité, et une justice absolue est la conséquent d’un sentiment énergique de conscienciosité, éclairé par une intelligence fine et bien informée. Dans les partis politiques, l’affectionivite, l’amour de l’approbation, et la bienveillance, sans foire mention de la combativité et de la destructivité, sont très-portées à entrer dans une grande activité, pour surveiller la conduite d’un homme qui s’est distingué par son lèle pour

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