DU MATÉRIALISME
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notre cause; et le jugement que nous porterons de sa conduite sera une détermination de l’intel-' ligence et de la conscienciosité, troublée et égarée par les sentiments d’un ordre inférieur.
Du matérialisme.
L’objection que la phrénologie conduit au matérialisme a souvent été faite à cette science ÿ mais elle parait bien peu philosophique, lorsqu’on l’examine même très-superficiellement.
La phrénologie, considérée comme l’expression de certains fait physiques, si elle n’est pas fondée, ne peut mener à d’autres résultats logiques qu’à la confusion et à la honte de ses partisans. D’après cette supposition , elle ne peut renverser la religion, ni aucune antre vérité, parce que, d’après la constitution de l’intelligence humaine, l’erreur tend constamment vers le néant et l’oubli, tandis que la vérité, ayant une existence réelle, reste immuable et inébranlable. Sous ce rapport, l’objection que la phrénologie conduit au matérialisme est absurde. Si, d’un autre côté, la science est regardée comme la véritable interprétation de la nature, et qu’on prétende néanmoins qu’elle conduit évidemment et logiquement au matérialisme, alors la folie de l’objection
ou HATÉBIALI8ME.
est également manifeste, car elle se résout en ceci, que le matérialisme est la constitution de la nature, et que la phrénologie est dangereuse parce qu’elle fait connaître cette constitution.
L’objection est encore plus maladroite d’après la manière dont elle est souvent présentée. Ainsi, l’on soutient que l’esprit se sert du corps comme d’un instrument de communication avec le monde extérieur, et l’on assure que ce fait ne conduit pas nécessairement au matérialisme. J’admets cette proposition, mais je ne puis voir comment elle conduirait plutôt à ce résultat que chaque faculté se manifeste par un organe particulier, que de croire que l’esprit agit sur les objets extérieurs par le moyen du corps ou de tout le cerveau. Enfin, sous quelque point de vue qu’on considère le système, qu’il soit vrai ou faux, l’objection de matérialisme est futile et contraire à la philosophie. On doit regretter qu’elle ait été faite au nom de la religion , parce que chaque attaque ridicule dirigée contre la philosophie, faite au nom sacré de la religion, tend à diminuer le respect dont elle doit toujours être environnée.
La question de matérialisme elle-même cependant, comme point de discussion abstrait, a dernièrement excité une grande attention : je ferai quelques remarques sur ce sujet. Avant d’entrer en matière, il convient de parler de la nature et de l’étendue de la question controversée, et de
DU HATÉHIALISXE.
l’effet réel de notre opinion sur elle. La question est donc celle-ci : la substance dont le principe pensant est composé est-elle matière ou esprit? Nous ferons observer que l’effet de notre décision n’est point de changer la nature de cette substance, quelle qu’elle soit, mais d’adopter simplement une opinion qui soit conforme ou contraire à un fait naturel, sur lequel nous ne pouvons exercer de contrôle. L’esprit, avec toutes ses facultés et fonctions, a existé depuis la création, et existera jusqu’à l’extinction de la race hamaine; et quelle que soit l’opinion de l’homme concernant la cause de ses phénomènes, elle ne peut avoir la moindre influence sur la cause ellemême. L’esprit est doué par la nature de toutes ses propriétés et essences; il les possédera, les manifestera, et les soutiendra, bien que les hommes pensent, parlent et écrivent ce qu’ils veulent touchant sa substance. Si l’auteur de la nature a donné à l’esprit la qualité d’une existence sans fin, il jouira sans nul doute d’une jeunesse immortelle, malgré toutes les apparences d’une décrépitude prématurée. Si, d’un autre côté, la nature a limité son existence sur cette scène de passage, et arrêté qu’il périra pour toujours lorsque le principe vital quittera le corps, alors toutes nos conjectures, arguments, discussions et assertions, concernant son immortalité, n’ajouteront pas un jour à son existence. C’est pourquoi les opinions de l’homme, sur la substance de