Les voyelles composées ou diphthongues sont au
Manuel. — R. Supérieurs. I
$ 1 . Des Éléments de la Lecture.
nombre de quatorze, savoir : ia, te, iè, io, ieu , ian, ien , ion, io, oin, oi, oui , ui, uin.
iî- — On appelle consonnes ou articulations les sons modifiés par l’organe vocal. Les consonnes sont simples ou composées.
G- — Les consonnes simples sont au nombre de dix-neuf, savoir : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z, qu’on peut ranger ainsi d’apres l’analogie du son : b, p, f , v y c , k, q y g , j y d, t y l, m , n, r y
Il faut y joindre quatre autres consonnes qui ne sont composées que dans la forme; ce sont : ch, ph (f), ill, gn. Hors les cas de ch, ph, et ceux d’aspiration, le À n’influe en rien sur les lettres qui l’accompagnent.
Il y a deux sortes de consonnes composées, savoir : les consonnes doubles et les consonnes triples.
Parmi les consonnes doubles, il y en a treize qui équivalent généralement à une consonne simple; ce sont: bb, pp , ff, cc, gg, tt , II, mm, nn, rr, sc , sv (devant e, i,
y), oq x .
Les autres consonnes doubles et les consonnes triples se prononcent toutes deux ou toutes trois.
7. — On appelle sons équivalents ceux qui se prononcent de la même manière que certaines voyelles. Les voici :
y o y elle s.
Sons équivalents.
eu (eux, eus, etc.), œu, heu.
er, et, ez, ai.
ei, ey, cgs, et, est, ai, aie.
ao, aû, au (aux, aus, etc.), eau,
oa (toast).
eu. . .
ou (oû).
eue, eou, aou, aoû.
an. . .
am, ean, aen, aon, em, en.
io. . .
yn, im, ym, ain, aim, ein.
on. . •
eon, om.
un. . .
uni, eum.
oi. . .
eoi, oe.
Remarques . 1
0 La voyelle eu se prononce
u dans
1. Ces consonnes doubles cessent d’équivaloir à des consonnes simples, lorsqu’elles sont précédées de l’e muet, auquel elles donnent le son de l’e ouvert. Ainsi épellation se prononce é-pèl-la-ti-on et non é-pe • lla-ti-on ; quant aux articulations doubles mm, nn, elles ne deviennent simples que lorsqu’elles devraient former avec la voyelle antérieure une voyelle nasale. — L’articulation ce n’est simple que devant a, o, u. L'usage apprendra le reste.
temps du verbe rtcotr où elle se rencontre, et dans les mots gageure, ver genre, etc.; — 2° ai se prononce e dans les temps du verbe faire où il est suivi de s. Ex. : Nous faisons (pron. fesens), faisant (pron. fesanl).
0- — On appelle consonnes variables celles dont la prononciation varie dans quelques circonstances. Ainsi :
t sc pron ance comme s devant e , é, è, é, i, y. ç. ...... s devant a, o, u.
» . i devant e, é , è , é, i, y.
ce. ...... J devant a, o , u, au, oi.
s z entre deux voyelles ‘ .
t . ...... s devant ion, ie, ieux, ient, ial ', etc.
. es et z dans certains mots (§ 3, n° 4, 10°).
Quelques lettres ont des valeurs exceptionnelles qui seront indiquées plus loin (p. 9 et suiv.).
§ 2. IJes différentes Méthodes de Lecture.
1. Combien y a-t-il de méthodes de lecture? — 2. Méthode d’ancienne épellation; quels en sont les procédés? — 3. Quels en sont fés inconvénients? Offre-t-elle quelque avantage?— 4. Méthode de nouvelle épellation; quels en sont les procédés? — 5. Quels en sont les avantages? — G. Méthode moderne ou méthode sans épellation ; quels en sont les procédés? — 7. Laquelle de ces trois méthodes mérite la préférence ?
i. — Il y a un grand nombre de méthodes de lecture; mais elles peuvent toutes rentrer dans l’une des trois suivantes : la méthode d’ancienne épellation, la méthode de nouvelle épellation, et la méthode moderne ou méthode sans épellation.
1° Méthode d'ancienne épellation.
2- — La méthode d’ancienne épellation considère, dans la lecture, non le mot parlé, mais le mot écrit. Or, les élé-
1. Exceptions : désuétude, parasol, préséance, tournesol, vraisemblable, contresigner, entresol, harresac, monosyllabe , présupposer, etc.
2. Exceptions : bastion. Combustion, gestion et scs Coin [Misés congestion, digestion, etc., mixtion, question et leurs dérivés ou composés. Dans les verbes, t suivi de ions conserve toujours sa valeur primitive ; t est dur dans bestial et ses dérivés ; t est encore dur dans partie, départie, repartie, repartie , garantie , sacristie, eucharistie, modestie, ortie , hostie, etc.
menls du mot écrit sont les lettres. Celle méthode s'attache donc d'abord aux lelties, puis aux syllabes, eniiu aux mots.
Les lettres, au nombre de vingt-cinq , ont, dans la méthode d’ancienne épellation, les dénominations suivantes :
a, bè, cé,
dé, é, eJJ'e,
hache.
i, ji, ka,
1, ni,
elle, emme,
cnnCy o y pèy
ku.
erre.
esse, lêy u.
ve, icse, igrec, zede.
Exemple d’ancienne épellation :
Notre père , qui
enne-o té-erre-é pé-c (accent grave sur l’e} erre-é, ku-u-i no tre pè re , qui (ki)
êtes aux cicux.
ê (acc. cire, sur l’e) te-é-essc a-u-iese cc-i-e-u-icse . ê les aux cieux.
3. — Les dénominations des lettres, dans la méthode d'ancienne épellation , présentent uu grave inconvénient lorsqu’on vient à les appliquer aux syllabes. Eu effet, la s’épelait elle-a, la; ma,emme-a, ma; sa, esse-a, sa, etc. Or, les sons articulés la, ma, sa, ne reproduisent pas les éléments elle, emme, esse, etc. C’est donc une contradiction continuelle entre l’élément et le composé ; de sorte que, pour arriver au second, il faut oublier le premier, et que, pour revenir au premier, il faut oublier le second.
La difficulté se complique lorsqu’on vient aux accents. La chose passe pour bé ; mais pour bè , on épelait bé-ê (accent grave sur l'e) et l’on prononçait bè ; pour bè, on épelait bé-ê (accent circonflexe sur l’e), et l’on prononçait bè. La prononciation est donc ici le contraire de l’épellation .
La difficulté devient encore plus grande lorsqu’on s’occupe des mots. La confusion y est extrême. Le seul mot, lyre, qu’on épelait elle, i grec, erre, é, n’offre à l’élève, dans la prononciation , aucun des éléments de l’épellation.
En outre, cette méthode présente, après les lettres simples, des assemblages plus ou moins barbares, plus ou moins ridicules de deux et de trois lettres ; il n’y a nul ordre dans la disposition des syllabes, nulle règle pour la syl labation : aucune méthode ne saurait donc être pins vi cieusc.
Le seul avantage, toutefois contestable et contesté,
qu’offre l’ancienne méthode , ce serait d'aider à la connaissance de l’orthographe par la fréquente répétition des lettres qui composent les mots. Mais cet avantage, fût-il certain, ne prouverait rien en faveur de la méthode, puisqu’il est entièrement étranger à la lecture. En outre, on n’a jamais vu que les enfants instruiis d’après celte méthode en connussent beaucoup mieux l’orthographe, et d’ailleurs un si mince avantage ne saurait compenser la perle de temps qu’elle entraîne.
2“ Méthode de nouvelle épellation.
4. — La méthode de nouvelle épellation, due aux célèbres grammairiens de Port-Royal , donne aux consonnes les dénominations suivantes :
b, p, f, v ; — c dur, k, q ; —
be, pe, fe, ve ; — e/e ; —
g doux, j, — d, t; — I, m, n, r;
je ; — de, le; — le, me, ne, re ;
Xj — 2.
cse ; — ze.
Exemple de nouvelle épellation :
Notre père qui êtes aux cieux.
N e o t e r*e ^ e è-r®e q e ui él e es e aux c e ieux.
No-tre pè-re qui (ki) é-tes aux cieux.
On a soin, dans cette méthode, de faire prononcer Ve muet très-légèrement et d’une manière presque insensible; ce qui se fait en habituant l’élève à s’arrêter, après qu'il a mis en jeu la partie de l’organe vocal destinée à articuler telle ou telle consonne.
La méthode de nouvelle épellation considère la syllabe comme formée d’un élément ou de deux éléments , selon que le son des voyelles constituantes n’est pas ou est modilié par l’articulation, comme a, eu, eau, et ma, jeu, beau.
Dans les syllabes articulées, les deux éléments s’épellent séparément. L’articulation se prononce rapidement, et rapidement s’unit à la voyelle simple ou composée qu'elle modifie.
lî. — La méthode de nouvelle épellation a pour avantages tous les inconvénients de la première; elle n’offre point de coptradiction entre l’élément et le composé; elle fait servir le premier à la formation du second , et reproduit dans lu prononciation tout ce qui sert à l’épellation.
g dur ; —
gue; —
— c doux , S ;
— se ;
S’ Méthode sans épellation.
6 . — La méthode moderne oh méthode sans épellation adopte, pour les consonnes, les dénominations de la méthode précédente; mais elle en diffère en ce qu’elle rejette toute décomposition des syllabes. La syllabe est chez elle un élément indivisible qui, de prime abord, se prononce par une seule émission de voix.
D’après ce principe, la méthode moderne doit consister et consiste en effet dans une classitication raisonnée de syllabes, de manière à ne présenter d’abord que des syllabes très-simples, puis des syllabes plus compliquées, puis enfin des syllabes devenues difficiles , soit par le nombre des lettres constituantes, soit par les lettres muettes, soit par l'équivalence des sons et des articulations, soit par la valeur exceptionnelle de certaines lettres et de certaines syllabes.
Exemple sans épellation :
No tre pè re qui êtes aux cieux.
Pour lire ces mots sans épellation, il faut que l’élève ait préalablement appris à prononcer chacune des espèces de syllabes dont ils sont composés, et il n’y en a pas moins de neuf :
tr e
t es
aux cieux .
7 . — L’ancienne méthode ne saurait entrer en concurrence avec les deux autres. Il ne reste donc de choix à faire qu’entre les deux dernières méthodes.
La méthode sans épellation reste conséquente à son principe fondamental, savoir, que la syllabe est l'élément des mots. Ce principe est vrai pour celui qui sait lire et qui lit ; mais il ne l’est pas pour celui qui apprend à lire. Or une méthode de lecture doit être faite non pour celui qui sait , mais pour celui qui ne sait pas. Celui qui sait n’en a plus besoin.
Dans la méthode de nouvelle épellation , il suffit, pour lire, de connaître les éléments des syllabes, c’est-à-dire ce qu’il y a de voyelles et ce qu’il y a de consonnes. Dans la méthode sans épellation, il faut apprendre et retenir toutes les syllabes possihles, puisque toutes ces syllabes sont au-
tant d’éléments. Or, cela est plus difficile qu’on ne se l’imagine et plus long qu’on ne le dit. En outre, on a remarqué que l’enfant instruit d’après celte méthode ne lit bien que dans son livre habituel de lecture • qu’il se trouve dérouté dès qu’il passe à un autre, et qu’il lui faut en quelque sorte un nouveau travail pour y reconnaître ce qu’il a précédemment appris.
La méthode préférable est donc, à notre avis, la méthode de nouvelle épellation, dont les procédés, perfectionnés par différents auteurs, sont à la fois plus faciles et plus expéditifs.
§ 3. Des Procédés généraux de Lecture et de la Syllabation ; des principales irrégularités que présentent la syllabation et la prononciation des mots.
I . Quels sont les procédés généraux de lecture pour les articulations et les sons P — 2. En quoi consiste la lecture des syllabes? — 3. En quoi consiste la lecture des mots, et quelles sont les règles de syllabation ou séparation des syllabes? Quelles sont les exceptions à la 3 e règle de la syllabation? Quelles sont les exceptions à la 4 e règle de la syllabation ? — 4. Quelles sont les autres principales irrégularités ?
1. — La lecture des sons (voyelles) n’offre aucune difficulté. Quant aux articulations (consonnes), on les fait prononcer de manière que le son de Fc muet soit presque insensible ; il en résulte que l’élève peut lui substituer sans
K eine une voyelle quelconque. Le travail fait pour une :ltre est le même pour toutes les autres , puisque la lecture de toute syllabe se réduit à la connaissance de ses deux éléments.
2. — Dès que l’élève sait lire une syllabe quelconque isolée, il ne lui manque plus, pour pouvoir lire les mots, que d’y reconnaître les syllabes dont ils sont composés, non pas toutes à la fois, mais successivement, c’est-à-dire d’y reconnaître deux à deux les éléments de cette syllabe.
Or, dans la première syllabe ( on suppose qu’elle commence par une articulation ) , le premier élément est toujours déterminé; c’est tout ce qui précède la première voyelle. Le second élément est tantôt une voyelle (simple ou composée) sans consonne , tantôt une voyelle (simple ou composée) avec consonne. Toute la difficulté se réduit donc à savoir: 1° en quels cas deux voyelles qui se suivent font
une voyelle composée et appartiennent à la même syllabe ; 2° en quels cas il faut joindre à une voyelle la consonne qui la suit.
3. — La lecture des mots consiste à lesbien syllaber, c’està-dire à les séparer convenablement par syllabes.
Il y a quatre règles principales de syllabation. Les voici :
1 re règle. Quand deux voyelles se suivent dans le même mot, il faut les séparer, si , réunies, elles ne doivent point former une voyelle composée dans la forme ou dans la réalité. Ex. :
Suite se lit sui-le, — cruauté se lit cru-au-te.
Cette règle se réduit donc à la connaissance des voyelles composées (§ 1, n # i).
2 e règle. La syllabe finit à la voyelle qui est accentuée ou suivie d’une seule consonne. Ex. :
Aisément se lit ai-sé-ment , — Simeon se lit Si-mo-on.
l-'acilité sc lit J'a-ci-li-lé, — dégénéré se lit dé-gé-né-ré.
La raison de cette règle est, d’une part, que la voix trouve un repos suffisant sur la voyelle accentuée; de l’autre, que la consonne placée entre deux voyelles est nécessaire pour articuler la seconde.
Remarque. Toute voyelle marquée d’un tréma ( “ ) commence la syllabe. Ex.: haïra, Moïse, Esaït, ciguë, etc., se lisent ha-ï-ra, Es-a-ii, etc.
3 e règle. Si la voyelle non accentuée est suivie de plusieurs consonnes , on prend la première de ces consonnes pour la joindre h la voyelle. Il faut en excepter les consonnes doubles dans la forme, et celles où les lettres h, l, n et r occupent la seconde place. Ex. :
Constantinople se lit Con-stan-ti-no-ple , — lecture se lit lec-tu-re, — orthographe se lit or-tho-gra-phe, — monseigneur se lit mon-sei-gneur , — enseignement se lit en-sei-gne-ment.
Exception*. l u tin se prononce en deux articulations (g-n) dans les mots suivants :
Ag-nat, cog-nat, ag-nus, ig-né, stag-nant, iocxpug-nablc, mageolier, reg-nicole, etc.
2° Ll se prononce séparément (1-1) dans
Al-légorie, al-Iusion, Apol-lon, llagel-laiion, gal-licisme, Gil-lcs, hel-lénisme, Hel-lespont, il-lisible, il-lusion, il-lustrc, imbécil-lité, intel-ligence, pusil-lanimc, vacil-lant, etc.
3° Les articulations redoublées cc,dd, gg, mm, nv, rr, II, etc., se prononcent aussi séparément dans
Ac-cent, ac-cident, etc. ; — ad-dilion, red-dilion, etc.; — suggérer, suggestion, etc.; — im-mortel , mam-mifére, etc.; — annuler, an-nexer, in-né, in-nover, etc.; — er-rer, je cour-rai, etc.; — gut-tural , pit-toresque, etc.
I e règle. On ne joint à la dernière voyelle d’un mot que la première des consonnes qui la suivent , si toutefois cette consonne est l’une des six lettres c, f, l, m, n, r, auxquelles il faut ajouter x pour les mots tirés du grec et quelques autres tirés du latin; sinon, on les néglige toutes. Ex. :
Sacs se lit sac-s , — neufs se lit neufs, — sels se lit sel-s, — prompts se lit prom-pts, — ponts se fit pon-ts, — accords se lit accor-ds,— doigts se lit doi-gls,— coups se lit cou-ps, etc.
Sphinx, lynx, index, phénix, etc., se lisent sphinx, lynx, index , phénix, etc.
Exceptions. 1° C ne se prononce pas dans
Broc , croc , accroc , raccroc , escroc , cric , estomac , almanach , lacs (filets), échecs (jeu), etc. — On dit en prononçant c dur: croc-en-jambe, estomac épuisé, almanach illustré, échec au roi.
2° F ne se prononce pas dans
Chef-d’œuvre, et les pluriels bœufs, œufs, cerfs, etc.
5° L ne se prononce pas dans
Outil, fusil, persil, baril, coutil, gril, chenil, gentil, sourcil, soûl (saoul), pouls, pluriel (plurié), Gis [fis), etc.
1° M précédé de u se prononce ome dans
Album, décorum, factotum, maximum, muséum , opium, pensum, rum, sensorium, Te Deum, ultimatum, etc.
;i° Nt ne se prononce pas dans les 3*' personnes plurielles des verbes : la voyelle simple ou double qui précède ni conserve alors le son qui lui est propre. Ex. ;
Ils aiment {aime), ils aimaient [aimé).
0° R ne se prononce pas dans
Monsieur, dans presque tous les substantifs en er et dans tous ft*s infinitifs en er.
7° Les articulations se prononcent généralement loule» dans les syllabes finales en
Act, aps, arc, ars, ect, ept, eps, erf, est, inet, isc, ult, urc (urk), use. — Il en est de même de rs dans ours.
On prononce : Jésus-C.hrist (chrî) et le Christ (Christ) ; instinct ( instin ) et distinct (distinct).
8° I.a consonne finale se prononce dans
Aconit, Adonis, albinos, alocs, argus, as, aspergés, allas, bis, brut, calus, cap, cens, choléra-morbus, chorus, chut, Cid, cinq (suivi d’une voyelle), déficit, dot, fat, gaz, granit, gratis, harem, hermès, hiatus, huit, ibis, iris, idem, item, intérim, jadis, jalep ou julep, joug, kermès, knout, lis, luth (lut), mat (terme de jeu), mérinos, métis, Midas, mœurs, Mons (ville), net, neuf, obus, occiput, Pallas, papyrus, parisis (sou), pathos, Phébus, prospectus, radoub, rapt (rapt), requiem (messe de), rit, sept, strict, subit, sud, sus, tournevis, transit, typhus, Vénus; vis, vivat, zénith, zigzag, etc.
N, B. Ces règles, avec les exceptions qu’elles comportent , suffisent à toute lecture, et un enfant de six ans, d’une intelligence ordinaire, est parvenu, sous la direction de l’auteur de cet ouvrage, à lire couramment dans l'espace de deux mois.
fi. — Les principales irrégularités, autres que celles qui sont mentionnées dans les exceptions, sont : 1° E suivi de m ou de n se prononce a dans un grand nombre de mots. Ex. :
Femme (Jame) , solennel ( solanel ), couenne ( couane ), nenni ( nani ), etc.
Es se prononce è dans les monosyllabes et dans les mots où ces monosyllabes forment la syllabe initiale ; Ve reste muet dans les autres cas. Ex. :
Les (lé), des (de), mes (me), tes (tè), ses (sè), — lesquels (i lèquels ), desquels (dètjuels), Destouches ( Dètouches), Sesmaisons (Sèmaisons) , etc.
Merles, har des, la rmes, perles, messes.
2° C se prononce g dans
Second (segond), cicogne (cigogne), etc.;
et ch dans
Vermicelle (vermichelle), violoncelle (violonchelle), etc.
Ch se prononce k dans
Achéen, Anachorète, archange , archiépiscopal , archoVite, arehonlat, bacchante, Bacchus, catéchumène, Chaldée, chaos, Chéronée , Chersonèse, chiromancie, chœur, écho, eucharistie, exarchat, inchoatif, lichen, loch, Machabée, manichéen, Michel- Ange, orchestre, polytechnique, tecffhique, yacht, etc.
5° G se prononce c dur (k) dans
Canfe rêne (kangr'ene) , gangréneux , se gangrener, bourg (bourk, quelquefois bour), etc.
LECTURE. Il
G ne se prononce pas dans
Sangsue ( sansue ), signet ( sinet ), etc.
4° I ne se prononce pas dans
Oignon ( ognon ), encoignure ( encognure ), etc.
5° III ( l mouillé) se prononce comme ie dans un grand nombre de mots :
Mouillé se lit mou-illé (mou-ié) ;
mais il serait plus logique de faire entendre le son du l précédé et suivi du son i.
Il se prononce comme ill ( l mouillé) dans
Avril, babil, fénil, gentilhomme, grésil, mil (millet), péril, etc.; accueil, cerfeuil, fenouil, orgueil, soleil, travail, etc.
Il en est de même de g li dans imbroglio, Broglie , etc., et de //dans Sully.
6° P ne se prononce pas dans
Baptême ( baté/ne ), compte, dompter, exempter, prompt, sept et leurs dérivés ou composés.
7° S se prononce z dans
Alsace (Alzace ) , balsamine ( balzamine ), transiger ( iraazi ger), etc.
8° Th ne se prononce pas dans
Asthme ( asme ), asthmatique ( asmatique ), etc.
Tz se prononce ss dans
Metz ( Mets ), Retz (Rèss), Olonetz ( Olonèss ), etc.
9° U ne se prononce pas après q dans
Que (qe), qui (qi), quelconque (qelconqe), etc.
10° X se prononce es, gz, ss, z, k, s. Ex. :
Extrême (eestréme), index, lynx, etc. — Exemple ( egzemple examen, exil, etc. — Auxerre (A us serre), etc. — Deuxième (i deuxième ), sixain, etc. — Exception (ekeeption), excès, exciter, excéder, etc. — Six (sis), dix, etc.
\\° Y, précédé d’une voyelle dans le corps des mois, se prononce Ex. :
Citoyen ( citoi-ien ), crayon ( crai-ion ), paysan (pai-isan), tutoyer ( lutoi-ier ), voyageur ( voi-iageur ), etc.
12° Z se prononce s dans
Rodez (Rodes), Sanchez, etc.
S 4. De la Liaison des mots dans la lecture.
I . Qu’esl-ce que lier les mots ? — 2. Combien y a-t-il de sortes de liaisons? Quand l'clision et la liaison proprement dite ont-elles lieu? — 3. Quelles sont les deux règles générales de liaison ? — ■i. Quelles sont les quatre règles particulières de liaison ?
I . — Lier deux mois , c’est les prononcer comme s’ils n’en faisaient qu’un seul.
La lecture simple et la conversation, où doivent régner le naturel et la grâce, admettent peu de liaisons, et tolèrent beaucoup d’hiatus que rejettent la lecture des vers et le discours soutenu.
2- — Il y a deux sortes de liaisons, savoir : V élision et la liaison proprement dite.
L’élision a fieu lorsque le premier mot linit par un e muet et que le second commence par une voyelle ou un h muet. Ex. :
Douze enfants; — pron. douzenfants.
Douze hommes; — pron. douzhommes.
La liaison proprement dite a lieu quand le premier mot finit par une consonne et que le second commence par une voyelle. Ex. :
Un petit enfant; — pron. un petilenfant.
3. — Les deux règles générales de liaison sont : l re règle. Le plus léger repos entre deux mots dispense de lier ces mots entre eux. Ainsi :
Soldat», avancez ; — pron. sol-da-a-van-cez.
2 e règle. La consonne qui précède Ve muet et la consonne finale qui se prononce conservent, en se liant air mot qui suit, la valeur qu’elles auraient si la liaison n’avait pas lieu. Ex. :
1 Une grande affaire ; — pron. une grandaflaii e.
Un chef intrépide ; — pron. un chéfintrépide.
Remarque. F prend quelquefois le son de ve dans neuf. Ainsi neuf ans se prononce neuvans.
— Les quatre règles particulières de liaison sont :
1 te règle. Dans les cas de liaison, le d linal prend I»
LECTURE. f 3
valeur du t; le q, celle du cdur (ft); le s et le x, celle du z. Ex.:
Un grand homme ; — pron. un gran-lhomme.
Un rang élevé; — pron. un ran-kélevé.
Les enfants;— ■ pron. lc-zenfants.
Deux heures ; — pron. deu-zheures.
Remarques. 1° d et t, précédés d’une consonne sensible, ne 6e prononcent pas, et la liaison se fait par cette consonne. Ex.:
Un poignard aigu; — pron. un poignaraigu.
Une mort all'reuse ; — pron. une moraffreuse.
2° et vaut k dans la liaison des mots respect, suspect , etc-, avec un mot suivant. Ex. :
Respect humain ; — pron. respè-kbumain.
Aspect horrible ; — pron. aspè-khorrible.
2 e règle. Les mots en er qui se prononcent é ne se lient jamais. Ex. :
Un danger imminent ; — pron. un dangé-imminent.
5 e règle. N, consonne finale d’un monosyllabe, se lie au mot suivant, en se redoublant comme articulation au commencement de ce mot. Ex. :
On arrive; — pron. on-narrive.
Mon amie ; — pron. mon-namie.
Bien aimable ; — pron. bien-naimable.
I e règle. T final se lie presque toujours ;p ne se lie que dans beaucoup et trop. Ex. :
C’est un excellent homme ; — pron. cè-iun-nexcellen-thomnie.
Il a beaucoup étudié ; — pron. il a beaucou-péludié.
11 est trop envieux ; — pron. il est tro-penvieux.
JY. B. L’usage apprendra les autres règles. En toute circonstance, il faut fuir l’aliectation et le pédantisme dans la lecture. Celui-là lit le mieux, qui plaît le plus à l’oreille par l’oubli ou l’emploi opportun des liaisons.
$ 5. De la Prosodie.
I. Qu’est ce que la prosodie? — ?. Qu’esi-ce que la quantité ? Qu’est-ce qu’une syllabe brève et une syllabe lupgue ? Qu’esl-ce qu’une syllabe douteuse?— 3. Quelles sont les (neuf) règles principales de la quantité? — 4. Quels sont les avantages de la quantité prosodique ?
i. — La prosodie est l’art qui détermine d’une manière fixe la valeur locale des syllabes, c'est-à-dire le ton qu'il
faut leur donner et les inflexions que la voix doit prendre pour les prononcer.
Ce ton et ces inflexions dépendent de la quantité.
2. — La quantité est la mesure de temps que l’on met à prononcer une syllabe.
Sous le rapport de la quantité, les syllabes sont brèves , longues ou douteuses.
La syllabe brève est celle qui se prononce rapidement , plus ou moins; elle se marque ainsi (“J : mttde.
La syllabe longue est celle qui se prononce lentement , plus ou moins; elle se marque ainsi (") : voïx.
La syllabe douteuse est celle dont l’usage n’a pas encore décidé la quantité, il y a en français beaucoup de syllabes douteuses, telles sont oin, oir, dans besoin, espoir, etc.